[Logo TidBITS]

TidBITS#347/30-Sept-96
(version française)

Si vous faites partie de ces milliers d'abonnés à Internet agacés par les publicités-rebuts électroniques, vous saurez désormais pourquoi ils atterrissent dans votre boîte aux lettres, comment leurs expéditeurs obtiennent votre adresse et comment vous en sortir de manière raisonnable. Au sommaire de ce numéro également : des nouvelles des logiciels 28.8 pour les utilisateurs de GeoPort et de la dernière mouture de MkLinux, un point de vue démontrant comment les mises à jour successives peuvent éroder la confiance des clients, et la première partie d'un compte-rendu de Matt Neuberg sur QuicKeys 3.5.

Ce numéro de TidBITS est commandité en partie par:

Copyright 1990-1996 Adam & Tonya Engst. Plus d'informations à la fin.
Informations: <info@tidbits.com>. Commentaires: <editors@tidbits.com>.

Ce numéro est traduit de l'américain par:

Coordination et mise en page par :


Thèmes:

Vous pouvez trouver ce numéro en v.o. à:
<http://www .dartmouth.edu/pages/TidBITS/issues/TidBITS-347.html>

[-----]

MailBITS/30-Sept-96

MkLinux DR2 -- La semaine dernière, Apple a livré la DR2 de MkLinux. Cette version du système d'exploitation Linux pour Power Macintosh est présentée comme étant une version de "qualité bêta". Cette DR2 de MkLinux comporte des améliorations notables par rapport à la DR1 en offrant de meilleures performances et une plus grande stabilité avec les communications série, SCSI et en réseau (y compris AppleTalk ). Elle intègre aussi de nombreuses corrections de bogues, mais on attend toujours la compatibilité avec les Power Mac PCI. MkLinux DR2 est disponible par FTP et sur CD-ROM, mais vu sa taille, je vous recommande le CD-ROM de 20 $ produit par Prime Time Freeware. [GD]

<http://www.mklinux.apple.com/> <http://www.ptf.com/ptf/products/MKLP/>

Apple Telecom 3.0... Peut-être bien -- "Quand Apple fournira-t'elle une version 28.8 kilobits/seconde des logiciels GeoPort?" C'est une des questions les plus courantes que nous recevons. Réponse : nous sommes tout aussi dans le brouillard que les autres en ce qui concerne les logiciels 28.8, mais récemment, des sources individuelles et publiques semblent se diriger vers un certain consensus. Après une série de promesses concernant des dates de livraison, des démonstrations au salon MacWorld de Boston et des apparitions fugitives sur des serveurs australiens et suédois il y a quelques semaines, il semblerait qu'Apple lancerait Apple Telecom 3.0 à la fin octobre.

Ces logiciels permettraient aux adapteurs GeoPort de communiquer selon les protocoles V.34, incorporeraient des fonctions de poste de conférence à duplex intégral ("full duplex speakerphone") et d'identification de l'appelant, et seraient livrés avec un logiciel de boîte vocale mis au point par Apple (à la place des logiciels de Cypress Research livrés actuellement). Apple Telecom 3.0 aurait cependant quelques contraintes : on entend dire qu'il ne fonctionnerait que sur les Power Mac (bien qu'il y aurait une dégradation importante des performances dans le cas de vitesses de transmission élevées), laissant ainsi sur le carreau les détenteurs de 660AV et de 840AV. Par ailleurs, il semblerait que le premier adaptateur GeoPort pourrait avoir des problèmes de connexion à vitesse maximale, pour des raisons d'ordre matériel - une nouvelle version de l'adaptateur GeoPort affranchi de ces limitations serait prévue pour bientôt pour environ 100 $. En ce qui concerne les prix, certaines sources disent qu'une partie ou la totalité du logiciel sera gratuite, alors que d'autres prétendent qu'il ne sera disponible que sous forme commerciale. Nous vous tiendrons au courant à mesure que nous recevrons des informations supplémentaires et fiables. [GD]

<http://www.macweek.com/mw_1037/gw_geoport.html>

[-----]

Une "mise à jourite" aiguë

par Marc Zeedar <zmarc@designwrite.com>

Dans le TidBITS-345, l'article de Matt Neuburg à propos de Now Utilities 6.5 traitait d'une situation sur le point de devenir un grave problème dans la mise en marché des logiciels. La "mise à jourite" infecte de plus en plus d'entreprises de logiciel et menace la stabilité, la facilité d'utilisation, et la valeur à long terme des logiciels.

Autrefois, vous pouviez compter sur une mise à jour majeure d'un logiciel une fois tous les deux ou trois ans. Maintenant c'est un an et bien souvent moins que ça. Habituellement, une mise à jour majeure demande plus du système d'exploitation (RAM, puissance, mémoire, etc.), comporte un nouveau format de fichier, des incompatibilités potentielles avec les autres programmes ainsi qu'une nouvelle période d'apprentissage.

Avec tous ces aspects négatifs, il n'est pas surprenant de voir les entreprises ajouter des fonctions plutôt clinquantes pour convaincre les utilisateurs de faire une mise à jour. Pire, le coût d'une mise à jour ne représente parfois qu'une réduction du prix en magasin ou une offre afin d'aller chercher des clients chez les concurrents. Cette pratique m'éc&brkbar;ure. Je soutiens un produit en achetant une copie légale et en envoyant fidèlement ma carte d'enregistrement et, si je suis chanceux, j'économise 5 $ sur le prix en magasin du logiciel! (Plus bête encore est la pratique de beaucoup d'entreprises qui consiste à facturer 10 $ de frais d'expédition et de manutention pour une mise à jour coûtant 25 $ alors que vous pouvez aller au magasin et acheter cette mise à jour neuve pour 29,95 $.)

Un excellent exemple de cette tendance est ma copie de la version 3.0 du logiciel WordPerfect. Je l'ai payé 99 $ il y a un an ou deux, et il fonctionne à merveille (je n'ai pas de Power Mac). Je ne trouve aucune des nouvelles fonctions très attrayantes, mais bien sûr ce serait bien d'avoir la version 3.5. Mais Corel veut me faire payer 89,99 $ pour la mise à jour! Je pourrais tout aussi bien en acheter une nouvelle copie. (Le prix pour attirer les clients de la concurrence est maintenant 89,99 $.)

Je ne mords plus que rarement à l'hameçon. J'ai cessé de faire des mises à jour d'After Dark il y a de cela trois versions. J'utilise toujours Now Utilities 4.0; Quicken 3, qui fait toujours du bon boulot, et je ne pense même plus à mettre à jour Kai's Power Tools ou Bryce (les mises à jour sont trop dispendieuses). Ma copie de FreeHand est la version 4.0, quoique j'irai probablement à la version 7.

Je vois pourtant quelques solutions. Des mises à jour vraiment abordables pour les utilisateurs actuels du produit par exemple. (Je parle ici de 10 $ à 25 $ pour le matériel de support ou pour une diffusion électronique (le numéro d'enregistrement servant de mot de passe), et les manuels pourraient être vendus à part.) Mon idée favorite est un système d'abonnement similaire à celui utilisé par Metrowerks pour la distribution de CodeWarrior. Cela donnerait au producteur (et à l'utilisateur) la chance de s'adapter à des changements réguliers et conséquents, et lui éviterait de devoir inclure toutes les nouvelles fonctions d'un seul coup. Celles-ci sont introduites sur une base trimestrielle au cours d'une année de sorte que l'utilisateur n'est pas confronté à une interface complètement nouvelle. L'utilisateur sait à l'avance qu'il obtient un certain nombre de mises à jour gratuites et que par la suite il devra se réinscrire. [Certaines personnes ont indiqué que ces systèmes d'abonnement peuvent être problématiques, surtout si l'entreprise promet des fonctions qui ne sont pas incluses, ou s'ils livrent un logiciel bogué afin de respecter une date promise de lancement. -Adam]

Les problèmes associés aux mises à jour de logiciels ne découlent pas seulement de quelques plaintes sans importance ou d'incidents isolés; ils prennent des proportions épidémiques dans toute l'industrie. (Pensez seulement aux problèmes avec Microsoft Office ou Word 6.)

Le développement des logiciels est à un carrefour. Faire d'un logiciel un banal bien de consommation dévalue le produit. Les producteurs doivent agir maintenant afin de conserver la valeur de leur travail. S'ils ne le font pas, les utilisateurs auront de moins en moins d'incitation à acheter des copies légales et à faire des mises à jour. Les nouvelles technologies comme les extensions (plug-ins), et les LiveObjects associés à OpenDoc, ne font que mettre le problème en lumière. (Par exemple, est-il acceptable qu'une extension ou un LiveObject soit plus dispendieux que le programme original?)

Pour ma part, je continue à utiliser la version 4.0 de Now Utilities.

[-----]

La forme, la fonction et QuicKeys 3.5, 1ère partie

par Matt Neuburg <matt@tidbits.com>

"La question, dit Humpty Dumpty, c'est : qui sera le maître? -- C'est tout." (Lewis Carroll)

Perfectionner le rapport entre forme et fonction, ce n'est pas chose facile pour le producteur de logiciels. Il ne fait aucun doute que même la plus belle apparence graphique ne peut compenser pour des fonctions mal conçues. Néanmoins, on ne peut nier qu'une belle interface peut faire une différence -- et quelle différence! La valeur d'une fonction importe peu si, pour utiliser celle-ci, l'utilisateur doit passer par un grand nombre d'étapes obscures, contraires à l'intuition, répétitives, agaçantes ou intimidantes (c'est là une résistance bien ancrée aux confins de l'esprit humain), et personne ne va utiliser cette fonction à moins d'y être obligé (si c'est le cas, l'utilisateur le fera avec beaucoup d'ennui).

Le programme QuicKeys (QK), de CE Software, a été lancé en 1987. Dans TidBITS, nous en parlons depuis la version 2.0, qui est sortie vers le milieu de 1990 (c'est-à-dire depuis le numéro 16!). [Ceci est en partie dû au fait que QuicKeys a joué un rôle extrêmement important dans la distribution hebdomadaire de TidBITS pendant nos cinq premières années d'existence. -Adam] La fonction de ce logiciel est d'aider l'utilisateur à contourner les limitations des autres programmes. Il est réjouissant de voir que CE Software a récemment annoncé la version 3.5 de QK, même si cette version est principalement un "remodelage" de l'interface. La version actuelle de QK, la version 3.0, est disponible depuis le milieu de 1993. Dans cette première partie de notre article, qui en comptera deux, nous allons donner une description générale de QK 3.5; la semaine prochaine, nous examinerons cette nouvelle mise à jour au microscope.

QuicKeys au volant de votre ordinateur! -- La fonction de QK est centrée sur une extension qui est capable d'effectuer un certain nombre d'actions fondamentales sur votre Macintosh : enfoncer une touche, choisir un article de menu, cliquer ou déplacer avec la souris, ouvrir un fichier, etc., comme s'il y avait un utilisateur invisible aux commandes de votre machine. La forme de QK se compose des diverses façons que vous avez d'accéder à cette fonction ou de la "déclencher" -- comme par exemple enfoncer une combinaison particulière de touches -- ainsi que des boîtes de dialogue qui vous permettent de configurer QK en associant un "déclencheur" particulier à une action particulière.

En quoi tout ceci est-il utile? Il y a quatre raisons principales qui me viennent à l'esprit. Mais, avant de les décrire, je devrais sans doute expliquer qu'une action effectuée par QK peut être soit "universelle", pour le système en général, soit "réservée" à un programme précis. Une action réservée et sa combinaison de touches ne sont disponibles que lorsque cette application se trouve au premier plan. Ceci signifie entre autre qu'on peut utiliser la même combinaison de touches pour deux actions QK différentes effectuées dans deux applications différentes, ou bien qu'on peut avoir une combinaison qui déclenche la même action QK quelle que soit l'application dans laquelle on se trouve. Vous pouvez aussi avoir des combinaisons de touches réservées à une application qui annulent ou supplantent les actions des combinaisons de touches universelles : ainsi, une combinaison universelle peut être active dans toutes les applications sauf une.

Ces séquences peuvent également vous aider à contourner les défauts d'une mauvaise interface. Quand j'utilisais QuickMail 3.5 de CE, par exemple, les étapes qu'il fallait effectuer pour envoyer un message sur Internet étaient nombreuses et fastidieuses. Pour autant que je me souvienne, il fallait adresser le message, cliquer sur le bouton intitulé "Spécial", taper quelque chose dans le champ "Prénom", remplacer le contenu du champ "Serveur" par "Internet", taper l'adresse dans le champ "Adresse", cliquer sur "OK" et cliquer sur "OK" une deuxième fois. Avec QK, d'une simple combinaison de touches, je déclenchais une séquence qui créait un nouveau courrier électronique pour Internet et définissait l'adresse à partir du contenu du presse-papiers.

Le logiciel qui "dégaine" plus vite que son ombre -- Tôt ou tard vous manquerez de combinaisons faciles à retenir. QK a d'ailleurs acquis au fil des années de nombreuses autres façon de déclencher des actions.

Une d'elles s'appelle "Time" : L'action est exécutée à un certain moment dans le temps. Pour QK, l'action "Time" peut être lancée en temps absolu ou relatif (c.-à-d. en temps par rapport au démarrage d'une application [ou du Mac lui-même]. Grâce aux actions en temps "absolue", votre Mac pourra exécuter des actions de routine (comme l'optimisation du disque ou l'exécution d'une copie de secours une fois par semaine pendant la nuit) sans votre concours. Grâce aux actions en temps relatif, vous pouvez automatiser vos actions suite au lancement d'une application comme faire disparaître un écran d'accueil ou une boîte de dialogue.

Vous pouvez également lancer des actions en utilisant le menu spécial QuicKeys. Ce menu peut apparaître dans votre menu Pomme, dans la barre de menu et même comme menu local. Vous décidez quelles actions QK vont apparaître dans le menu; celui-ci présente toujours les actions universelles ainsi que les actions spécifiques au programme se trouvant au premier plan.

Il y a également la carte de référence, une action QK qui affiche une boîte de dialogue modale contenant une liste de toutes les actions pouvant être effectuées à ce moment précis. Il suffit de cliquer sur l'action désirée pour la lancer. La carte vous rappelle aussi les combinaisons de touche associées aux actions (ce que le menu QK ne fait pas!).

Vous pouvez également créer une petite application qui permet de lancer une action QK en y cliquant deux fois. Une telle application est un peu comme un alias et elle peut être identifiée et lancée de la même façon.

À la mi-92, la version 2.1.2 de QK introduisait un nouveau type de "déclencheur" : les SoftKeys. Ceux-ci était en fait des actions QK qui, une fois déclenché, affichaient une boîte de dialogue modale préconfigurée contenant dix boutons (numérotés de 1 à 0 comme la première ligne de votre clavier) et le nom de l'action QK associée à chaque bouton. En cliquant sur le bouton ou en entrant le numéro de la touche correspondante, l'utilisateur faisait disparaître la boîte de dialogue et lançait l'action QK. Puisque l'action lancée par SoftKeys pouvait faire apparaître une autre boîte de dialogue SoftKeys, vous pouviez faire apparaître une série de ces boîtes de dialogue reliées entre elles jusqu'à ce que vous atteignez l'action voulue. Les SoftKeys devaient vous permettre de regrouper plusieurs actions QK par catégories de commandes, mais ces commandes ravivaient le pénible souvenir du DOS et de ces horribles successions de menus modaux qui ont contribué à fair passer bon nombre d'utilisateur DOS au Mac.

Dans sa version 3.5, QK a sagement abandonné les SoftKeys en faveur de barres d'outils bien implémentées. Ces dernières peuvent être universelles ou réservées à une application. Une application peut comporter plusieurs barres d'outils. Vous pouvez en personnaliser les icônes, et une "aide en contexte" est disponible (elle affiche le nom de l'action QK quand le curseur pointe sur l'icône de cette action). Il y a trois types de barres d'outils. Les deux premiers sont les barres "flottantes" (petites fenêtres) et les barres encastrées (amovibles mais ne pouvant dépasser le bord de l'écran); on peut les afficher à l'aide d'une commande clavier ou du menu QK (on peut aussi faire disparaître les barres flottantes à l'aide d'un clic). Leur présence est contextuelle, c.-à-d. qu'une barre d'outils réservée disparaît quand vous quitter l'application et réapparaît quand vous retourner dans l'application. Le troisième type de barre d'outils est ponctuel et ressemble, par son fonctionnement, aux SoftKeys : vous devez effectuer une combinaison de touches pour les faire apparaître, et elles disparaissent quand vous cliquez sur une icône.

Certains utilisateurs Mac n'aiment pas les barres d'outils en général, mais personne n'est forcé de les utiliser. D'autres seront heureux de pouvoir ajouter des barres d'outils personnalisées dans n'importe quelle application. J'espère cependant que ces utilisateurs seront capables de décoder l'interface d'édition des barres parce qu'elle est confuse et gauche. Par exemple, vous ne pouvez créer ou modifier une action pendant que vous personnalisez une barre d'outils, et vous pouvez installer dans une barre d'outils destinée à une application une icône appartenant à une autre application (si vous cliquez sur l'icône, rien ne se produit).

À suivre -- Mais assez parlé des possibilités de QK 3.5. Comment le configure-t-on? Comment QK se compare-t-il face aux autres façons de faire travailler votre Mac pour vous, comme AppleScript? Que vaut la mise à jour 3.5? Vous aurez les réponses à ces questions dans la deuxième partie de cet article qui paraîtra la semaine prochaine!

[-----]

A propos des envois en nombre de courrier électronique.

Par Geoff Duncan <geoff@tidbits.com>

Si vous êtes un vétéran du réseau Internet, vous avez sûrement à plusieurs occasions reçu du courrier et de la publicité non désirés. L'importance et le sujet de ces messages varient beaucoup; de la parfaite petite trousse pour devenir riche du jour au lendemain à la publicité d'un nouveau fournisseur de service Internet. Certains sont controversés, d'autres simplemenent pernicieux, alors que d'autres sont de simples messages de plateformes politiques en passant par des messages de haines sur un sujet particulier. Il y a aussi bien sûr des messages bizarres comme une publicité pour des souliers en tricot pour chat ou même ( et celle-ci est réelle ! ) un message annonçant que des extra-terrestres en provenance de Saturne veulent mettre sur pied un centre de recyclage pour bouchons de bouteilles au New-Jersey (USA).

Ce problème a toujours existé sur Internet. Toutefois la rapide expansion du réseau, ces derniers temps, à été accompagnée d'une expansion similaire des envois en nombre de courrier électronique ainsi que des courriers à répétition (spam), le tout suivi ces derniers mois, par des réactions brutales sur le réseau. Une industrie se développe présentement autour des envois en nombre de courrier électronique et se retrouvera sûrement bientôt en justice. Le présent article ne peut répondre à toutes les questions concernant les envois en nombre, mais donne des solutions pour répondre de façon convenable à ces courriers indésirés.

Ceux qui sont pour -- Comme les envois en nombre me déplaisent au plus au point, je ne peux prétendre représenter adéquatement le point de vue de ces distributeurs. Pour ce faire, j'ai consulté des personnes utilisant les envois en nombre, et certains de leurs points de vue m'ont surpris.

Pour ces personnes, ces envois sont un service rendu aux destinataires et visent à leur donner accès à de l'information leur permettant de prendre de meilleures décisions. Aux États-Unis, particulièrement, cette activité est considérée comme une extension à la liberté d'expression. Pour le reste du monde, il s'agit d'une libre entreprise qui ne peut être contrôlée que par des ententes internationales--entente qui serait de toute façon presque impossible à faire respecter. Les distributeurs de ces courriers considèrent d'ailleurs aux États-Unis que l'Internet est un service publique (créé grâce aux dollars des contribuables) et qu'une adresse de courrier électronique est aussi publique qu'une adresse postale. Ils considèrent aussi que leurs activités devraient être encouragées puisqu'ils offrent un service amélioré aux publicités véhiculées par les services postaux; les récipiendaires sont mieux ciblés, le traitement des messages est plus rapide (les messages pouvant être éliminés en quelques secondes) et comme ils n'utilisent aucun papier, ils ont donc un meilleur impact sur l'environnement de par leur livraison électronique (pas d'essence ni de papier d'utilisé pour leur livraison).

La majorité des distributeurs croient que leur activité est justifiée. Encore plus, si comme certains, ils prennent la peine de bien sélectionner leurs récipiendaires et de ne pas envoyer de messages à des adresses ou des noms de domaines qui demandent à être retirés des listes.

Bien sûr, certains sont moins consciencieux, méprisant ceux qui osent questionner leurs activités ou arguant fortement que s'opposer aux envois en nombre n'est rien de moins que de l'élitisme écono-techno-culturel. D'autres sont nouveaux sur Internet et n'ont aucune idée des implications de leurs actions.

Un point que font valoir certains distributeurs des envois en nombre, est que la majorité des personnes qui s'opposent à ces envois sont des usagers de longue date d'Internet. Les nouveaux utilisateurs d'Internet s'opposent rarement à ces envois. Un autre point intéressant à remarquer est qu'un message reçu par un particulier est considéré réussi si aucune objection n'est soulevée, et le récipiendaire devient alors un client potentiel pour de futurs envois. Le fait de savoir si le récipiendaire est réellement intéressé par le message importe peu.

Ceux qui sont contre -- Les arguments des opposants aux envois en nombre sont variés et bien connus : je ne ferais qu'en résumer quelques-uns ici. Primo, la plupart des abonnés à Internet payent un prix forfaitaire pour recevoir leur courrier électronique, forfait basé sur le temps de connexion ou le volume en kilo-octets; de fait, dans de nombreux cas, le courrier indésiré est littéralement payé par le destinataire. De plus, comme le coût des envois en nombre par courrier électronique est nettement plus bas que celui des envois de publicités par poste, les premiers peuvent facilement atteindre des niveaux considérables et abusifs. Par rapport aux publicités reçus par voie postale, ils présentent plus de risques de s'avérer inadéquats ou préjudiciables sur un plan personnel, ou encore de violer les législations locales ou nationales. Le fait d'être constamment la cible des expéditeurs des envois en nombre peut même être assimilé à du harcèlement.

L'argument le plus courant contre les envois en nombre reste, cependant, la gêne. La plupart des usagers d'Internet trouvent que les envois en nombre sont agaçants et un des principaux désagréments d'Internet. Ils considèrent sans doute que les courriers non sollicités violent leur vie privée ou parasitent l'usage efficace qu'ils font du réseau.

Le scénario le plus catastrophique est probablement celui d'un processus de multi-postage qui a mal tourné. S'il est mal géré, il se peut que ce dernier se mette à expédier des milliers de copies d'un message à un seul compte. Autre scénario gênant : celui d'un mailing qui arrose un site Internet ou l'oblige à se déconnecter. De tels cas sont considérés par la plupart comme des aggressions de particuliers ou de sites entiers, et provoquent en général des réactions hostiles, excessivement consommatrices en bande passante, avec des conséquences potientiellement négatives sur des milliers d'utilisateurs d'Internet non avisés.

Du multi-postage à l'échelle industrielle -- Les deux dernières années ont vu émerger des entreprises et des produits logiciels construits autour du concept du multi-postage. Aprés les premières tentatives commerciales d'experts qui se présentaient comme les porte-canons pour répandre un message aussi largement que possible, on trouve désormais dans ce secteur des programmeurs et des sociétés en quête de "coup" rentable et facile. Certains écrivent des programmes permettant de collecter des adresses électroniques ou d'envoyer des mailings à des milliers de personnes en quelques heures. Certains collectent et vendent des listes d'adresses, et d'autres proposent de véritables services de multi-postage,en mettant en place des sites Internet qui servent de quartier général du multi-postage. Nombre de ces tentatives sont visibles et publiques, et au moins l'une d'elle est poursuivie en justice.

Ces "multi-posteurs" trouvent votre adresse de plusieurs façons :

Cumulées, ces différentes techniques de collecte d'adresses produisent des milliers de listes d'adresses, avec de nombreux doublons. Le fait de retirer votre adresse d'une de ces listes ne garantit pas automatiquement qu'elle sera retirée des autres listes, et votre adresse peut facilement être rajoutée. Certains multi-posteurs s'efforcent de gérer les retraits des listes de manière responsable. Ces listes ont cependant tout simplement tendance à s'allonger de manière considérable.

Que faire? -- Malheureusement, il n'y a pas de moyen sûr d'éliminer ces envois en nombre. Et au rythme auquel les problèmes empirent, vous pouvez vous attendre à ce que des fournisseurs proposent des comptes E-Mail à 0% de pub comme un service supplémetaire, et à des logiciel de filtrage de courrier électronique de plus en plus incroyablement sophistiqués. En attendant, le moyen le plus sûr pour ne plus être victime de ces messages, c'est de faire connaître votre mécontentement:

Bien que vous ne recevrez probablement jamais de réponses à vos plaintes, les fournisseurs d'accès Internet donnent un avertissement aux coupables pour qu'il stoppent ce genre d'activité. Si le multi-posteur incriminé récidive, le fournisseur fermera certainement son compte Internet.

Si par hasard, vous recevez des messages abusifs provenant d'un nom de domaine créé uniquement dans le but de faire du multi-postage, toutes ces tactiques de contre-offensives échoueront probablement. Mais si vous savez comment vous servir d'outils comme Whois et Traceroute, vous allez peut-être pouvoir être capable de trouver leur fournisseur d'accès et vous pourrez donc vous plaindre à eux. Mais tout cela est bien trop long pour être expliqué ici.

Le futur du multi-postage abusif -- L'incapacité actuelle d'arrêter les multi-posteur abusifs mène à des appels à la régularisation, voire en modifiant les lois existantes concernant le service postal et la télécopie. Malgré tout la situation est très complexes, ici aux États Unis d'Amérique, les experts de la législation sur les communication avec qui j'ai parlé sont généralement pessimistes sur la façon dont les lois existantes pourraient d'adapter au courrier électronique, et cela concerne en particulier les lois contre l'utilisation abusif des fax. Bien sur, les lois qui pourraient être votées seraient difficiles à faire respecter en pratique et ne seraient pas applicables ailleurs dans le monde.

Les premieres affaires concernant l'usage abusif du courrier électronique pour faire du multi-postage vont être étudiés de près par la communauté en ligne. Quelque soit l'issue des procès, le succès des services de multi-postage électronique engendrera des services créés dans le seul but d'éradiquer ces messages abusifs. Déjà, on parle de filtres authentifiés dans les lecteurs de courrier électronique - chaque fois que vous vérifiez votre boite au lettre électronique, votre client E-Mail se mettrait à jour automatiquement avec des filtres anti-abus mis en place par votre fournisseur d'accès ou par une société de service quelque part sur l'Internet. Avec une petite équipe de rédaction et une connectivité décente, proposer des mises à jours de filtres anti-abus n'est vraiment pas un défi technologique.

En attendant, si vous faites partie des quelques personnes qui apprécient le courrier électronique "sauvage", je sais où vous pouvez vous procurer de superbes bottes fait-main pour votre chat.

[-----]
Les publications non-commerciales àbut non-lucratif peuvent reproduire des articles dans la mesure qu'ils sont attribués. Tout autre doit nous contacter. L'exactitude de nos articles n'est pas assurée. Caveat lector. Les noms de publications, de produits et de sociétés peuvent être des marques deposées.

Pour en savoir plus sur TidBITS: comment s'abonner, ou trouver des anciens numéros, et autres informations utiles, envoyez un message a: <info@tidbits.com>. Autrement, contactez-nous a: <editors@tidbits.com>.

Tous les numéros (en anglais) sont disponibles soit en utilisant FTP soit sur le Web:
<ftp://ftp.tidbits.com/pub/tidbi ts/issues/>
<http://www.dartmouth. edu/pages/TidBITS/TidBITS.html>

Pour rechercher les anciens numéros avec WAIS, utilisez cet URL avec un logiciel de navigation:
<http://wais.sensei.com.au/searc hform.html>