![[Logo TidBITS]](images/tblogo.gif)
La semaine qui vient de se terminer a été le théâtre d'un "vendredi noir": Apple a annoncé des licenciements et une nouvelle réorganisation. Dans ce numéro, Adam examine ce que la société a décidé de conserver, ce qu'elle a décidé de mettre de côté et ce qu'elle a choisi de mettre en mode "simple entretien". Nous vous donnons également des nouvelles des problèmes de sécurité de Java et de Shockwave, ainsi que de la mise à jour en version PowerPC de QuicKeys. Nous vous proposons aussi un examen détaillé de Digital Chisel, un outil de création multimédia et de publication sur le Web simple à utiliser et destiné aux enfants.
Thèmes:
Copyright 1996 TidBITS Electronic Publishing. Tous droits réservés.
Plus d'informations
à la fin.
Informations:
<info@tidbits.com>.
Commentaires:
<editors@tidbits.com>.
Ce numéro de TidBITS est commandité en partie par:

Ce numéro est traduit de l'américain par:
Coordination et mise en page par :
Vous pouvez trouver ce numéro en v.o. à:
<http://www
.dartmouth.edu/pages/TidBITS/issues/TidBITS-370.html>
![[-----]](images/tbrule.gif)
Sécurité de Java et de Shockwave -- Alors que les médias grand public sont en ce moment saturés de nouvelles concernant les problèmes de sécurité de la version Windows de Microsoft Internet Explorer, ils accordent relativement peu d'attention à un problème de sécurité différent concernant le langage Java de Sun. En deux mots, il est possible pour une application Java de désactiver les protections de sécurité d'une machine locale et d'y obtenir plein accès. Il est important de noter que ce problème est très difficile à exploiter, mais qu'il affecte tout de même en théorie tous ceux qui décident d'utiliser sous licence la technologie Java de Sun. Microsoft vient de sortir une mise à jour de 500 Ko de son implantation de Java dans la version Macintosh de Internet Explorer. Netscape 3.0 n'utilise pas la version Sun de Java et n'est pas affecté par le problème.
<http://www.microsoft.com/ie/security/java.htm>
<http://www.javasoft.com/sfaq/index.html>
Il y a également un autre problème de sécurité, plus facile à exploiter, avec le module d'extension Shockwave Director de Macromedia, lorsqu'il est utilisé conjointement à un navigateur Web tel que Netscape Navigator. Il est, en deux mots, possible de créer une animation Shockwave qui est capable de lire en toute clandestinité le courrier électronique ou les fichiers de l'utilisateur de la machine, ainsi que les documents résidant sur d'autres serveurs Internet, même derrière la cloison pare-feu protégeant le réseau d'une société. La simplicité relative de ce problème négligé montre qu'il est possible qu'il existe des failles analogues dans divers autres produits. Il semble que la version préliminaire de Streaming Shockwave 6 ne pose pas ce problème, mais sinon, la seule façon de vous assurer que vous n'êtes pas vulnérable est de désinstaller Shockwave.
<http://www.webcomics.com/shockwave/>
<http://www.macromedia.com/shockwave/download/plugin.cgi>
QuicKeys plus rapide -- CE Software vient (enfin) de sortir une version PowerPC de QuicKeys, leur puissant outil de création de raccourcis clavier et d'automatisation des tâches (voir TidBITS-347_). Cette mise à jour comprend également des barres d'outils toutes prêtes pour diverses applications très populaires, comme Photoshop, PageMaker et Netscape Navigator, en plus d'une barre d'outils pour le Finder. Les personnes qui possède la version 3.5 de QuicKeys peuvent télécharger une mise à jour de 1,8 Mo auprès de CE Software.
<http://www.cesoft.com/quickeys/qkppc.html>
Fetch 3.0.3 -- Nous relevions, la semaine dernière, la sortie de Fetch 3.0.2, qui permettait de reprendre un téléchargement interrompu et améliorait la compatibilité avec Open Transport. Peu après, Fetch 3.0.3 est apparu. Cette nouvelle version règle un problème qui apparaissait de l'affichage des noms de fichier.
<http://www.dartmouth.edu/pages/softdev/fetch.html>
![[-----]](images/tbrule.gif)
Il est maintenant probable que vous ayez entendu parler du régime amaigrissant qu'Apple a choisi de s'appliquer pour essayer de revenir à une situation bénéficiaire en 1997. Voici un bref aperçu de ce qui a été arrêté, ce qui vit avec un coeur artificiel, et ce qui a survécu. Si vous voulez lire les déclarations officielles d'Apple, examinez ces communiqués de presse, et revenez pour l'analyse.
<http://product.info.apple.com/pr/press.releases/1997/q2/970314.pr.rel.restructure.html>
<http://product.info.apple.com/pr/press.releases/1997/q2/970314.pr.rel.faq.html>
2.700 Employés -- Apple a décidé de licencier 2700 personnes sur ses 11000 employés à plein temps et 1400 personnes sur ses 2400 contractuels et employés temporaires. Nombre de ces employés travaillaient sur des technologies qu'Apple a décidé d'arrêter, même si le groupe de technologie avancée (Advanced Technology Group, ou ATG) a été apparemment particulièrement touché. Environ 55% des licenciements porteront sur les effectifs basés aux Etats-Unis et le reste sur ceux des groupes internationaux. Il est intéressant de noter que, en répondant à une question posée à la téléconférence avec des analystes vendredi, les dirigeants d'Apple ont dit qu'Apple Japon ne souffrira pas de licenciements.
Les licenciements ne sont jamais porteurs de nouvelles positives, à l'exception des chiffres marqués en rouge, mais je crois que ces employés de Apple auront peu de difficulté à trouver de nouvelles places. J'ai entendu dire que le célèbre groupe Macintosh de MS Bay de Microsoft (ceux qui sont responsables d'Internet Explorer pour le Mac) embauche à tour de bras.
ATG -- En parlant de l'ATG, Apple a arrêté une bonne partie de ses projets en recherche fondamentale, ce qui risque de se révéler problématique dans quelques années. Les dirigeants d'Apple ont déclaré que 90% de la recherche et du développement sera consacré à l'éducation, l'édition et la conception de l'interface utilisateur. Ils ont prétendu viser un budget pour l'ATG équivalent à 5% des ventes (il était de 6% en 1996). Présenté comme cela, la situation ne semble pas sévère, mais quand vous tenez compte de la baisse des ventes actuelles, les coupes représentent un tiers du budget de l'ATG. Les dirigeants d'Apple ont fait remarquer que Compaq et les autres grands vendeurs du PC ne dépensent qu'1 ou 2% des ventes pour la recherche et le développement.
Performa -- A mon avis, la décision la plus intelligente qu'Apple a faite concerne l'arrêt de la ligne Performa (mais Apple continuera à vendre les Performas actuellement en stock, puis les Power Macs prendront leur relais). Je n'ai jamais aimé la ligne Performa; à leur arrivée au marché, j'écrivais dans Tidbits-142: "Le nom, qui est bientôt arrivé après la ligne Prolinea de Compaq, ne m'a pas fait bonne impression et je m'inquiète de ce recyclage de la technologie dans un nouveau produit ... Cela montre que la ligne Performa est avant tout une décision marketing." A ce moment-là je pensais que ce nom allait semer la confusion parmi les utilisateurs, parce qu'il n'était pas évident qu'un Performa était un Macintosh, et avec la prolifération rapide des modèles, même ceux d'entres nous qui connaissions le Mac de prés avions du mal à s'y retrouver. Vendredi, Apple a enfin admis qu'embrouiller les acheteurs de Mac n'était pas une bonne chose.
La Vidéoconférence -- Apple a cessé ses produits et ses technologies de vidéoconférence en faveur des produits des autres sociétés. De manière générale, je pense que c'est une bonne décision : la vidéoconférence n'a pas décollé à cause du niveau de bande passante qu'elle requiert et d'autres sociétés ont bien plus d'expérience et d'intérêt dans ce domaine. Apple ne peut pas tout faire et la vidéoconférence doit être complètement multi-plateforme pour être un succés commercial. Laissez quelqu'un d'autre le faire.
AIX et les serveurs de réseau -- Les puissants serveurs qu'Apple vient d'introduire utilisent le système AIX, une version d'Unix d'IBM. Même si les utilisateurs d'applications intensives de l'édition ont bien accepté ces serveurs, Apple a décidé de ne pas utiliser l'AIX dans ses nouveaux serveurs, qui utiliseront dorénavant MacOS ou Rhapsody, le nom de code de la première version du MacOS basé sur la technologie NeXT. Apple continuera à assister ses clients existants et je crois que ces machines continueront à bien marcher. Encore une fois, il ne s'agit pas là d'une mauvaise décision - Apple ne peut gaspiller de l'énergie à supporter trop de systèmes d'exploitation.
Mise à jour semestrielle du Système -- Il y a quelque temps, Apple promettait une mise à jour majeure du Mac OS tous les six mois avec une mise à jour partielle pour corriger les problèmes mineurs tous les trois mois. Il s'agissait d'une annonce importante et j'espère que celui qui l'a fait en a savouré chaque mot. Après Tempo, maintenant appelé Mac OS 8, qui doit nous parvenir en juillet, la procédure de mise à jour bi-annuelle de Apple fera partie du passé. Les dirigeants d'Apple ont enfin compris que les programmeurs ne pouvaient travailler à un tel rythme. La nouvelle stratégie prévoit maintenant la première version de Rhapsody pour la fin 1997, suivie par la suite de mises à jour majeures tous les ans entrecoupées de mises à jour mineures à tous les six mois. Je crois qu'il s'agit là de simples gesticulations. Les calendriers prévisionnels dans le monde de l'informatique, c'est un secret de polichinelle, sont une vue de l'esprit. Pour Apple, il n'y a rien de mal à annoncer sa stratégie de mise à jour et de tenter de la respecter, toutefois toute personne qui y croirait vit dans un monde utopique.
Mode maintenance minimum -- Les points mentionnés plus haut font maintenant partie du passé. Par contre plusieurs autres technologies ont été placées en "mode maintenance". Personne ne sait vraiment ce que ceci veut dire, mais j'estime que des corrections de bugs ainsi que des mises à niveau pour le support de nouvelles architectures peuvent être, envisagées au minimum, mais rien de plus. Le communiqué de presse de Apple dit: "La majorité des éléments présents actuellement dans le Mac OS sont supportés de cette façon, et pourtant les développeurs et utilisateurs les utilisent de façon quotidienne. Apple continue d'améliorer et de supporter des technologies qui n'ont pas reçu de mises à jour majeures depuis des années. De plus, ces technologies se retrouveront dans Rhapsody comme éléments de la partie MacOS (la boîte bleue) qui permettra de faire fonctionner les applications d'aujourd'hui sur une fondation des plus solides et ce, pour plusieurs années encore." Prière de garder ceci en tête en lisant ce qui suit.
Open Transport -- Justement, je crois que mettre OpenTransport en mode de maintenance minimum pour opter pour un système de réseau dérivé d'Unix, le Berkeley Standard Distribution (BSD) fonctionnant au dessus du Kernel Mach, est une décision stupide. Apple avait réussi une transition difficile pour passer d' AppleTalk-MacTCP à Open Transport. Malgré une première version très instable (rendue obligatoire à cause du PowerMac 9500) , Open Transport s'est avéré comme une application solide répondant aux besoins divers et variés des utilisateurs de Macintosh.
Les questions concernant cette décision abondent à propos de Rhapsody. Par exemple, comment AppleTalk sera-t-il supporté avec une architecture de réseau basée sur BSD? Et qu'arrivera-t-il de la notion brancher-utiliser (plug and play)? Quid des notions de sécurité (il est rare de voir un défi de sécurité proposant un prix de 10000$ sur les serveurs Unix-BSD)? Qu'adviendra-t-il des nouvelles fonctions prévues et déjà démontrées d'Open Transport 1.5 (qui est maintenant annulé), dont IPv6 et le support pour l'accès à des noms de domaines multiples? J'écrirai un article sur ce sujet dans un prochain numéro, car si l'interface est le coeur du Mac, la technologie réseau en est l'esprit.
OpenDoc -- Pour Apple, il semble que OpenDoc et Java remplissent des rôles similaires dans l'univers des technologies de logiciels par composants. Comme je ne suis pas à même de vérifier cela, (un programmeur aimerait-il écrire un article?), le sentiment semble être que c'était du gachis de mettre autant d'énergie sur OpenDoc alors que tant de développeurs considèrent que Java est le nouveau joujou prévu à un brillant avenir et OpenStep offre déjà un modèle de logiciels par composants performant. OpenDoc sera supporté dans la boîte bleue de Rhapsody, mais je ne vois pas pourquoi des programmeurs indépendants devraient continuer de développer des composants pour OpenDoc. Je crois que c'est une honte, alors même que celui-ci commencait à réellement démarrer, comme mentionné dans TidBITS-365. Surtout après qu'Apple ait mis tant de temps et d'énergie à promouvoir OpenDoc auprès des programmeurs. Si j'étais un programmeur converti à OpenDoc, je serais fortement déçu par Apple.
Cyberdog -- Parlant de désillusion, j'imagine que Joe Kissel et David McKee, auteurs du livre "Cyberdog: Live Objects on the Internet"", doivent avoir un moral trés bas, maintenant. Cyberdog était l'application majeure démontrant le potenciel d'OpenDoc (si on peut parler d'application dans un environnement centré sur les documents), et Apple le met dans le même mode de maintenance minimum que OpenDoc. Cyberdog 2.0 présentement en version béta ainsi que OpenDoc seront livrés avec Tempo (Mac OS 8) en juillet prochain, et seront donc disponibles pour les utilisateurs. Mais il est difficile de conseiller l'utilisation de Cyberdog à la place d'une autre technologie avec un avenir. J'imagine que la version OpenDoc de Netscape Navigator peut, elle aussi, être oubliée.
Game Sprockets -- Game Sprockets était une suite de librairies et d'outils permettant de faciliter la programmation des jeux sur Macintosh. Tout comme OpenDoc et Cyberdog, il continuera à vivre dans la boîte bleue de Rhapsody, dans sa forme actuelle. Ironiquement, ceci signifie que les jeux utilisant les fonctions de Game Sprockets ne fonctionneront que dans la boîte bleue, tout comme certains jeux ne fonctionnent que sous DOS dans le monde du PC. Même si je ne connais pas beaucoup Game Sprockets, je sais que les jeux constituent un important créneau pour tout ordinateur visant le particulier et le marché domestique, et Apple a intérêt à faire quelque chose pour s'assurer que les programmeurs de jeux continueront à développer pour le Mac.
Outils de développement Mac OS -- Au fil des années, Apple a créé de nombreux outils pour programmer le Mac OS. Et, bien que ces outils resteront disponibles, Apple se concentre maintenant sur de nouveaux outils pour programmer Rhapsody. Bien qu'une quantité faramineuse de code sur des programmes existantes ait été écrit avec des outils Apple comme MPW et MacApp, les programmeurs étaient déjà conscients du fait qu'ils allaient avoir besoin de nouveaux outils pour le développement sur Rhapsody, et plusieurs d'entre eux emploient déjà des outils de développeurs indépendants, comme Metrowerks et Symantec.
Toujours vivant -- Tous ces nuages et ténèbres ne devraient pas vous donner l'impression que Apple ferme boutique pour devenir (comme une blague dans la presse voulait le suggérer) une association à but non lucratif. Apple gagne toujours pas mal d'argent (estimé à $8 milliard pour 1997), et Amelio et Cie. donnent du répit à quelques produits et technologies, vraisemblablement pour les revenus qu'ils génèrent.
Newton -- Je suis certain que les possesseurs et les développeurs Newton ont eu un soupir de soulagement quand Apple a annoncé que la division Newton resterait indemne. Les Newton MessagePad 2000 et le eMate 300 sont en vente maintenant et sont bien reçus, donc ils survivent...pour le moment. Le communiqué de presse d'Apple note: "Apple est en train d'explorer une vaste gamme d'options pour le futur de la gamme Newton. A ce moment-ci nous ne pouvons malheureusement donner plus de détails". A mon avis, ceci peut signifier une de ces trois choses, et,à vrai dire, je ne suis pas trés intéressé par l'option qui sera retenue, du moment que la technologie Newton continue d'exister et d'avancer. Faites votre choix :
Claris -- Je crois que Claris n'a jamais été en danger, et la filiale, entièrement dans les mains de Apple, continue à faire des bénéfices pour Apple. Claris annonce un revenu de $67 million pour le premier trimestre de 1997, et un revenu de $236,2 million pour 1996. Les produits restent fort demandés, dans le monde Mac comme dans le monde Windows, avec FileMaker 3.0 pour Windows qui se place en numéro deux sur le marché des base de données pour PC. La version Mac a été longtemps la base de données la plus vendue.
Licences Mac OS -- Des rumeurs laissent entendre qu'Apple envisagerait d'augmenter les redevances pour l'utilisation du Mac OS par les fabriquants de clones. D'aprés les annonces de la conférence de vendredi dernier, il n'y aurait rien de changé pour le moment. Toutefois les redevances seront augmentées à un moment donné, et ce, principalement parce que la licence comprend également le droit d'employer le système matériel de Apple, plus précisément la carte-mère "Tanzania". Dès qu'il sera possible de construire des machines-CHRP (Coomon Hardware Reference Platform), les fabriquants de clones n'auront plus besoin de la licence sur le matériel Apple, et Apple a toujours envisagé d'adapter le coût des licences pour tenir compte de cette nouvelle situation.
Des clients loyaux? -- Je voudrais terminer en notant que, pendant la conférence avec les analystes, les représentants d'Apple ont beaucoup insisté sur le fait que la loyauté de ses clients a toujours été son principal atout. Cela a été vrai dans le passé et il est possible que ce soit toujours le cas, maintenant que la société a perdu tant d'argent, a licencié tant d'employés et a discontinué tant de technologies. Toutefois, aprés avoir parlé à plusieurs utilisateurs et développeurs, il me semble que, même si la loyauté envers le Macintosh et tout ce qui s'y rapporte pourrait perdurer, ce sentiment vis à vis d'Apple en tant que société a atteint le plus bas niveau de son histoire. Cela fait une grande différence, et je ne suis pas sûr que la direction d'Apple s'en rende compte. Un membre de cette direction indiquait qu'Apple récompenserait ses clients fidèles en continuant à fabriquer des produits extraordinaires. Je me demande si cela est possible dans le futur proche, ou plus important encore, si cela suffira pour récompenser les années de loyauté affichée par tant de gens, face au manque d'attention et aux obstacles continuels.
![[-----]](images/tbrule.gif)
Digital Chisel HTML 2.1.3, connu affectueusement sous le nom du "Biseau", est une production de Pieran Springs Software. Ce programme est utilisé par des enseignants et des étudiants pour faire des présentations multimédia, des travaux dirigés ou même des tests. Digital Chisel HTML a ajouté récemment "HTM"L à son nom. Intriguée par cet aspect HTML, j'ai voulu évaluer cette nouvelle version. Je pensais qu'il serait instructif d'expérimenter une différente approche pour la création des sites Web : différente par rapport à celles offertes par les programmes reprenant la métaphore de la page comme PageMill ou encore basés sur les balises HTML comme BBEdit.
J'ai trouvé qu'il s'agissait là d'un produit amusant et élégant dont les présentations peuvent être visionnées grâce à l'utilitaire de lecture Digital Chisel (disponible gratuitement) ou être converties en sites Web. Des projets complétés avec Digital Chisel ressemblent à des piles Hypercard, avec des écrans reliés les uns aux autres par des boutons. Les développeurs n'ont pas à se préoccuper du code et l'utilitaire de lecture s'occupe de toutes les opérations d'arrière plan tel l'enregistrement des scores de tests.
Enfants et enseignants créent des projets de toute sorte en utilisant le Biseau : le cycle de la vie des saumons, des pubs imaginaires faisant la promotion de missions vers Mars et des collections d'images numériques. De plus, des étudiants font des questionnaires pour les autres étudiants tandis que les enseignants produisent des tests trés sérieux.
Objets de Désir -- Lorsque vous travaillez avec Digital Chisel, vous travaillez sur un écran à la fois, même si il est facile de changer d'écran. Chaque écran peut contenir du texte, des graphiques, des animations et des sons. Tous ces éléments sont considérés par le Biseau comme des "Objets". Il est possible de positionner des objets n'importe où,et même les faire chevaucher d'autres objets. Tout objet peut être animé soit sur un tracé ou tel un livre feuilleté. Les objets peuvent être créés avec Digital Chisel ou importés d'un disque ou disponibles à partir d'une librairie de Biseau qui donne un accès rapide à plusieurs groupes d'objets.
Digital Chisel comprend plus ou moins 25 sons, comprenant des sons tels Aooga et le cri d'un dinosaure. Le programme comprend aussi des films Quick Time, une multitude d'images et une librairie d'environ 70 boutons originaux et utiles.
J'ai commencé mon premier écran en décrivant un objet texte et en écrivant à l'intérieur. Le texte peut être formaté grâce à une panoplie raisonnable de styles, polices de caractères, dimensions et couleurs. Dans certains programmes pour enfants, j'ai vu certains formats tels les bulles de texte ou l'ajout de pétillants, mais Biseau n'a pas de tels formats. Un texte peut être changé en lien pop-up à des notes. Par exemple, un lien peut définir un mot de vocabulaire.
Après m'être attardé sur le texte, je me suis aventuré dans le graphisme. Les graphiques peuvent être définis comme des images vectorielles (une image est alors constituée de formes dont la dimension et la couleur peuvent être changées) ou peintes sous forme d'une collection de pixels localisée dans un objet défini par l'auteur. J'ai particulièrement aimé la possibilité d'insérer des objets pré-dessinés tels des flèches et des étoiles. Mais j'ai rencontré beaucoup de frustration avec la palette de couleurs. La palette a beaucoup de couleurs arrangées sur un carré de 16 par 16. J'ai trouvé difficile de me rappeler quelle couleur j'avais utilisée et le Biseau n'offre ni pipette, ni palette personnalisée pour rafraichir ma mémoire.
Ne voulant pas m'arrêter au texte et aux graphiques, j'ai décidé d'ajouter du son. Digital Chisel permet d'importer des sons mais j'ai utilisé l'interface toute fournie par le programme pour enregistrer mes propres sons. (Plusieurs enseignants m'ont dit que les enfants adorent cette possibilité car ils aiment réécouter leurs voix). J'ai produit des sons qui jouaient lorsque les usagers cliquaient sur des boutons et d'autres qui jouaient automatiquement lorsque des écrans s'ouvraient pour la première fois. De la même façon, il est possible de créer et d'insérer des films QuickTime. Vous produisez un film QuickTime une image aprés l'autre et il est recommandé de ne pas faire d'erreur car il est impossible de retourner en arrière pour éditer certaines images. De plus il est impossible d'ajouter du son aux films QuickTime.
Cible mouvante -- Une fois que vous avez mis en place quelques objets, vous pouvez vous arrêter là, ou alors vous dire que c'est maintenant que vous allez commencer à vous amuser. Double-cliquez sur n'importe quel objet et surgit une palette qui vous permet d'indiquer les événements à déclencher lorsque la souris passe sur cet objet, lorsque le bouton de la souris est enfoncée à son passage sur cet objet, ou encore lorsque le bouton est relaché sur cet objet.Les objets peuvent changer de couleurs, s'animer le long d'un tracé, jouer des son, dire des mots, déclencher la lecture d'une partie d'un CD ou d'un vidéodisque, et bien plus. Vous pouvez déclencher un seul événement, ou jusqu'à 24. Pour prendre un exemple, dans mon projet (qui portait sur la coupe d'un arbre mort par Adam et son père dans notre jardin [une entreprise techniquement ardue et téméraire, qui implique l'usage de scies et qui a fini par faire des dégats mineurs à deux pieds de la rampe de notre balustrade, au lieu de la défoncer complètement, comme on aurait pu s'y attendre - Adam]), je suis parvenue à créer quelqu'un qui s'approchait de l'arbre mort, et qui disait "oh!non!". En réalité, tout objet est un bouton en puissance.
Les boutons peuvent se lier à d'autres écrans, et vous pouvez aisément concevoir et mettre en place votre propre barre de navigation ou alors utiliser des boutons pour que les utilisateurs fassent le tour de votre projet, d'un écran à l'autre (Ceux qui ne veulent pas batir leur propre dispositifs de navigation peuvent toutefois se servir de la barre d'outils par défaut). Si vous envisagez d'exporter le tout au format HTML, vous pouvez aussi relier les boutons à des adresses URL.
Changement d'écrans -- Outre le fait de personnaliser les objets en fonction de la position de la souris, vous pouvez définir le déclenchement de certains événements à l'ouverture d'un nouvel écran. Tout écran peut s'ouvrir avec un effet de transition comme un zoom ou encore une ouverture "venetian blind". De plus, vous pouvez jouer des sons et des séquences animées à l'ouverture d'un écran.
Quiz -- Tout écran peut faire partie d'un quiz en ligne,et Digital Chisel est fourni avec des modèles facultatifs destinés à accélérer le processus de création d'un quiz. Dans le cas de tests pourvus de réponses fixes (comme des choix multiples ou vrai/faux), vous pouvez indiquer au préalable à l'écran quelle est la bonne réponse, de telle sorte qu'il réagisse en fonction de la validité de la réponse donnée,lorsqu'un étudiant exécute le test. Les étudiants faisant ces quiz peuvent s'identifier et tout projet Chisel peut enregistrer les résultats dans une simple base de données.
Sur le seuil du Web -- Digital Chisel a fait le grand saut en intégrant des fonctions d'export au format HTML. L'export fonctionne d'un seul coup sur la totalité d'un projet, mais vous pouvez alternativement exporter des pages individuelles. La fonction convertit chaque écran en page Web, et la barre de navigation en boutons adhoc. Les liens texte sont reliés à des ancres plus loin dans la page. Afin de placer les objets correctement, Digital Chisel se sert des tableaux et indique les largeurs des cellules en pixels. Afin de laisser aux polices un semblant de ressemblance (avec l'aspect dans le projet Digital Chisel), le programme emploie la balise <FONT> avec des attributs de taille et de couleurs. Les pages contenant des questions de test ne sont pas converties au format HTML.
Bien qu'en règle générale, je ne sois pas partisane des mises en page à base de pixels (lire TidBITS 362), à ma grande surprise, je n'étais pas génée par l'approche pixel adoptée par Digitel Chisel. Les auteurs Chisel sont en permanence en train de concevoir des pages pour affichage à l'écran, et peuvent donc définir une taille d'écran prédéterminée. Digital Chisel appelle ses composants "écrans" et non "pages" et les affiche au format Paysage (du fait que la plupart des écrans sont plus larges que hauts). Cette prédisposition signifie que le Digital Chisel arrive sur le Web avec un état d'esprit complètement différent de la foule des "shock-blink-frame". Le transfert des présentations Digital Chisel sur le Web est une bonne chose, dans la mesure où cela leur permet de sortir de la relative obscurité à laquelle les cantonnerait Digital Chisel Player.
Je n'étais pas satisfaite de l'export HTML parce que les objets tendaient à être mal alignées, et le fait de travailler avec des balises de tableaux dans les documents HTML générés par Digital Chisel s'est avéré frustrant. Je trouvais aussi que les liens textes auraient dû ouvrir une nouvelle page ou une nouvelle fenêtre au lieu de passer au bas de la page. Par ailleurs, en tant qu'initiée au langage HTML, je désirais avoir plus de pouvoir de décision quant à l'usage de la balise <FONT>. Dans cette version de Digital Chisel, je pense toutefois qu'il est important de considérer l'export HTML comme un accessoire commode, plutôt que comme une véritable raison d'être. Contrairement à d'autres outils d'édition HTMl équivalents, dont les promoteurs admettent les limitations fonctionnelles pour prétendre qu'ils fonctionnent parfaitement pour les enfants et les adultes non avertis, ce produit a été conçu pour les bambins. Reste encore à savoir quelles sont les fonctions qui doivent rester dans un outil d'édition à l'intention des enfants, mais je soupçonne Pierian Springs de travailler dur sur ce sujet, puisque leur prochaine version 3.0 est censée offrir encore plus de fonctions liées au Web.
Pour conclure -- J'ai peu d'expérience vécue pour apprécier ce qu'un enfant de douze ans pourrait trouver comme insuffisances dans ce programme. Mais les fonctionnalités qui m'ont manqué étaient des feuilles de style pour le texte et une grille pour l'alignement des éléments d'écrans. (Il est possible d'avoir une grille temporaire en fond d'écran - chaque écran peut avoir un fond et les fonds peuvent être partagés, comme les pages maîtresse de PageMaker). J'ai passé beaucoup de temps à travailler avec des logiciels comme Claris Home Page et Symantec Visual Page, et la liberté d'importer des objets par glisser/déposer à partir du Finder m'a donc manqué. Aussi, il n'est pas possible d'avoir aperçu préalable projet. Une palette vous montre les écrans du projet, les uns aprés les autres vous pouvez utiliser le glisser/déposer pour changer l'ordre des écrans, mais j'aurais aimé avoir une vue miniaturisée du projet, avec la possibilité de glisser/déposer des objets sur l'écran de cette vue miniaturisée.
Mis à part ces quelques plaintes, Digital Chisel m'apparait comme un logiciel de premier plan. Les enseignants avec lesquels j'ai parlé appuient mon impression, avec des commentaires comme "conçu pour les étudiants" et "le Biseau t'amène aussi loin que ton imagination peut aller". L'interface est facile à apprendre et séduisante en apparence, et je le recommande fortement à toute personne de moins de 16 ans qui voudront faire des présentations en vitesse tout en prenant du plaisir. L'agencement des menus, des palettes, des commandes, l'ensemble du programme dégagent une impression de facilité et d'élégance, que l'on trouve rarement sur les logiciels. Pour toutes ces raisons, j'apprécie ce logiciel tel qu'il est actuellement bien plus que je ne le ferais si l'ajout de nouvelles fonctionnalités devait se faire au détriment de l'interface.
J'ai eu une expérience trés positive avec le support technique de Pierian Spring - la personne du support technique ne se contentait pas de me donner un tas de bons conseils pour régler mon problème, il m'a aussi aidé à éviter des problèmes futurs. Tous les enseignants ont fait l'éloge du personnel de support sans même que j'en parle.
Pour faire fonctionner Digital Chisel, Pierian Springs dit qu'idéalement il faut avoir un 68040 - ou un Macintosh PowerPC, avec 5 Mo de mémoire disponible pour l'application et un moniteur de 256 couleurs. La configuration minimale est un Macintosh 68030 à 25 MHz avec 3 Mo de mémoire disponible, une version 7 du système et au moins un écran 12 pouces avec 256 couleurs. Vous aurez aussi besoin de 5 Mo d'espace sur le disque dur. Pierian Springs travaille sur Digital Chisel 3.0 (il va en être bientôt à la version bêta), et ils travaillent aussi sur une version Windows.
Le coût de Digital Chisel est de 109 $ pour un usager, des configurations pour les écoles coûtant 149 $. Il y a également différentes formes de licences de site. De plus, jusqu'au 30 avril 1997, Strata et Pierian Spring offrent un ensemble qui inclut Vision 3D 4.0, Media Paint 1.2, deux copies de VideoShop 3.0, Digital Chisel 2.1.3, un tutoriel de Vision 3D, et un t-shirt. Cet ensemble coûte 379 $; 239 $ au tarif Education.
<http://www.netschool.com/oasis/news/hotdeal.html>
Pierian Springs Software -- 800/472-8578 -- 503/222-2044
503-222-0771 (fax) -- <info@pierian.com>
![[-----]](images/tbrule.gif)
Tous les numéros (en anglais) sont disponibles soit en
utilisant FTP soit sur le Web:
<ftp://ftp.tidbits.com/pub/tidbi
ts/issues/>
<http://www.dartmouth.
edu/pages/TidBITS/TidBITS.html>