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| Dernière mise à jour: mardi, le 12 mai 1998 |
TidBITS#428/04-Mai-98 :
Alerte au maliciel! Cette semaine ne ratez pas notre article sur Autostart-9805, un maliciel destructeur de données qu'il convient de garder à l'oeil. De son coté, Adam constate avec amertume le triste état dans lequel se trouve l'industrie de la documentation de logiciels et propose quelques solutions pour y remédier. Par ailleurs, nous notons la sortie d'une mise-à-jour pour Eudora Internet Mail Server, d'un nouvel accord entre Apple et HP concernant les imprimantes Mac, la sortie de la version 1.4 du pilote Retrospect de Dantz, de la licence gratuite offerte aux développeurs de graticiels et de contributiels de la part de MindVision pour son logiciel Installer VISE, et pour finir nous attirons votre attention sur le ridicule des problèmes rencontrés par ZipPlus.
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Un grand moins pour ZipPlus -- Iomega a révisé récemment les spécifications de compatibilités du lecteur ZipPlus, et ces spécifications suggèrent, soit que Iomega a atténué les résultats des tests du lecteur, soit qu'elle fait preuve d'un mépris flagrant à l'égard des faits. Le ZipPlus peut détecter si le lecteur est raccordé à un port SCSI ou parallèle grâce à un câble bleu spécial AutoDetect. Que vous ne parveniez pas à utiliser ce câble, que vous ayez recours un convertisseur de câble ou mâle-femelle, ou que vous utilisiez un chaîne SCSI comportant plusieurs éléments, tout cela peut être source d'incompatibilités avec le système et de perte de données. Iomega signale également que le ZipPlus ne peut être utilisé avec un Powerbook, quel que soit le câble. Ajouter à cela l'exigence que les utilisateurs rangent le le ZipPlus dans un endroit sûr, à l'abris de la lumières et des bruits forts ? Nous espérons que Iomega apportera rapidement une solution technique à ces problèmes. [JLC]
<http://www.iomega.com/product/zip/zipplus.html>
<http://www.iomega.com/support/techs/zip/zpluswp.html>
Boum! Ma bande de sauvegarde fait boum! -- Dantz Development vient de sortir la mise-à-jour gratuite de la version 1.4 du pilote pour Retrospect 4.0. Cette nouvelle version permet à Retrospect de reconnaître de nouveaux modèles de graveurs de CD, lecteurs à bandes et de modules de sauvegardes automatiques qui remplacent automatiquement les cartouches. Première application de sauvegarde dans l'univers Macintosh Retrospect 4.0 est capable de gérer les sauvegardes vers la plupart des supports disponibles; pour une liste complète referez vous au document "Dantz's Backup Mechanism Compatibility List". La version 1.4 du pilote pour Retrospect 4.0 est disponible sous la forme d'une fichier de 111K à télécharger. [ACE]
<http://www.dantz.com/upgrades_and_updates/rdu.html>
<http://www.dantz.com/backup_hardware/mech_list.html>
Tout juste sorti de l'usine, MailSmith -- Bare Bones software a annoncé aujourd'hui la disponibilité immédiate de son logiciel de courriel tant attendu, MailSmith 1.0. Bien que la panoplie des logiciels de courriel soit déjà importante, avec entre autres, Emailer, Eudora, Netscape Communicator, Outlook Express, QuickMail Pro, etc., MailSmith se distingue par des fonctions introuvables chez ses concurrents. Ces principales fonctions sont ainsi le multitâches, MailSmith pouvant recevoir, envoyer et filtrer vos messages pendant que vous en préparez un autre; vous pouvez filtrer vos messages à l'aide de filtres possédant plusieurs critères et plusieurs actions possibles; des recherches à critère "floue"; liaison entre les critères de recherche et de filtres; un classement des messages en format base de données; des enregistrements et scriptages de type OSA; et pour éditer vos textes les fonctions de base de BBEdit. Mailsmith est disponible pour 79$US (prix public conseillé). Les usagers de BBedit peuvent le commander pour 59$US et des remises sont offertes aux usagers des autres logiciels de courriel. Une version de démonstration est disponible sur le site FTP de Bare Bones Software, mais celui-ci est injoignable pour l'instant.. [ACE]
<http://web.barebones.com/press/msmithpr.html>
<http://web.barebones.com/products/msmith/msmith.html>
Intégrez VISE à vos graticiels ou contributiels -- MindVision Software vient d'annoncer la création d'un contrat de licence gratuite pour leur logiciel d'installation Installer VISE a destination des développeurs de contributiels et de graticiels. Installer VISE 5.0.1 offre de nombreuses fonctionnalités avancées, tel qu'un installeur orienté Web, un positionnement précis des icônes, des formulaires définissables par l'utilisateur, l'intégration avec la technologie de l'Updater VISE de MindVision, et la possibilité de réaliser une interface d'enregistrement en ligne. A l'heure où Apple recentre ces programmes de support aux développeurs vers les 100 plus grands développeurs Macintosh (voir "La colère gronde autour du Programme Développeurs et des licences Quicktime" dans TidBITS-425), il est bon de voir d'autres acteurs de l'industrie Macintosh porter soutenir les petits développeurs. [ACE]
<http://www.mindvision.com/Pricing/shareware.html>
<http://www.mindvision.com/News/Mac5.0/ComingSoon.html>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04821>
Eudora Internet Mail Server 2.1 est sorti -- Qualcomm vient d'annoncer la disponibilité de la version 2.1 d'Eudora Internet Mail Server sous la forme d'une application de mise à jour fonctionnant à partir des versions 2.0 ou 2.0.1. On peut constater de nouvelles fonctionnalités importantes comme le support de noms de domaine multiples (multihoming) sous Open Transport 1.3, la visualisation et la manipulation à distance de la liste des messages sortants, l'import et l'export des utilisateurs ainsi que la possibilité de restreindre certaines adresses IP pour la fonction de transfert de courrier. Vous trouverez également une nouvelle interface, une correction de bogues ainsi qu'une amélioration des performances, entre autre lors de la récupération des informations venant du programme d'administration de EIMS. Eudora Internet Mail Server 2.0.1 est disponible uniquement en ligne pour 199$, ou pour 299$ avec la version 5 utilisateurs d'Eudora Pro. La taille de l'application de mise à jour gratuite est de 1.6 Mo en téléchargement. [ACE]
<http://eudora.qualcomm.com/eims/>
<http://eudora.qualcomm.com/eims/updaters.html>
par Mark H. Anbinder <mha@tidbits.com>
Près de trois ans après la dernière apparition d'un virus spécifique au Mac, un nouveau maliciel (programme informatique écrit avec l'intention de nuire) est apparu dans l'univers Macintosh. La chenille 'Autostart', conçue pour écraser les données, s'est rapidement propagée dans la communauté PAO de Hong Kong où elle a fait sa première apparition. (Contrairement à un virus, qui doit s'attacher à un autre logiciel pour pouvoir agir, une chenille fonctionne de manière autonome.)
La chenille, que les spécialistes de la lutte anti-virale ont appelé Autostart-9805, tire profit d'une fonction de QuickTime 2.0 (et suivants) qui permet aux Cédéroms de lancer un programme dès l'insertion du disque. Dans QuickTime 2.5 (et suivants), le tableau de bord Réglages QuickTime permet à l'utilisateur de désactiver cette fonction.
Comment ça marche ? -- D'après les spécialistes, la chenille peut être transmise par presque tous les volumes HFS ou HFS+. C'est-à-dire : les disquettes, la plupart des cartouches amovibles, les disques magnéto-optiques, les CD enregistrables, les disques durs, et même les images de disque crées par DiskCopy ou ShrinkWrap. La chenille n'agira que sur un PowerPC tournant sous Mac OS, et n'infectera que les ordinateurs utilisant QuickTime 2.0 (et suivants) dont la fonction Lecture automatique des CD-ROM a été activée.
Les disques infectés contiennent, à la racine de leur répertoire, un programme invisible appelé DB, de type APPL et de créateur ???? ; l'attribut AutoPlay est activé dans les blocs de démarrage. Quand un disque infecté est monté sur le bureau, le programme DB se lance et se copie dans le dossier Extensions du dossier Système actif. Cette copie, également invisible, s'appelle Desktop Print Spooler et est de type 'app' (à ne pas confondre avec l'extension d' Apple "Desktop Printer Spooler" qui est, elle, légitime. (NdT : pour nous autres, utilisateurs d'un Système français, aucun risque de confusion : la bonne extension s'appelle Gestion Services d'impression.)
La chenille procède ensuite au redémarrage de l'ordinateur et se charge en mémoire vive grâce au Desktop Print Spooler, un programme invisible, sans interface, qui tourne toujours en arrière plan et n'apparaît pas dans le menu des Applications.
P>A peu près toutes les 30 minutes, la chenille examine tous les volumes montés et tente d'infecter ceux qui ne le sont pas encore en se copiant elle-même au niveau du répertoire racine en tant que fichier DB, alors que la fonction AutoPlay est activée. Ensuite, sur les volumes montés, elle recherche les fichiers portant l'extension "data", "cod" ou "csa" et dont les 'data forks' dépassent 100 octets, de même que les fichiers au suffixe "dat" dépassant 2MB. Ayant trouvé l'un d'entre eux, le virus écrase le premier MB contenu dans 'data fork' avec des données aléatoires.
Êtes-vous infecté(e) ?Jusqu'à présent, les experts de la lutte anti-virale estiment qu'AutoStart-9805 ne s'est pas disséminé beaucoup plus loin que Hong Kong. Il devrait donc être possible d'empêcher une propagation plus importante. Vérifiez auprès de votre éditeur afin d'obtenir les toute dernières mises à jour, en sachant bien que les anciens fichiers de définition de virus ne valent plus rien ! Soyez méfiants dans les cas suivants :
Prévention -- Le risque d'infection peut être facilement éliminé en désactivant la fonction CD-ROM AutoPlay dans le tableau de bord QuickTime Settings (QuickTime 2.5 et ultérieurs) sauf, bien sur, si le système est déjà infecté. Cependant, il faut savoir que cette désactivation ne préviendra pas un Mac infecté de créer des fichiers invisibles DB sur un système dont les volumes sont partagés via un réseau. Les versions de QuickTime antérieures à la version 2.5 ne permettent pas de désactiver la fonction AutoPlay. Apple recommande donc une mise à jour vers QuickTime 2.5 si votre version est plus ancienne. Par contre, la désactivation de la fonction Audio CD AutoPlay n'est pas nécessaire puisque les CD audio ne peuvent transmettre ce type de virus.
Utilitaires -- Dr. Solomon's Anti-virus Toolkit et Virex ont été mis à jour afin d'inactiver ce virus. Symantec espère faire de même prochainement pour SAM. Par contre, le freeware Disinfectant ne peut détecter Autostart-9805. John Norstad recommande donc l'utilisation d'un anti-virus commercial. Il nous dira prochainement si Disinfectant pourra ou non être mis à jour.
<http://www.drsolomon.com/
products/avtk/ps_mac.html>
<http://www.drsolomon.com/products/vi
rex/>
<http://www.symantec.com/sam/>
<ftp://ftp.nwu.edu/pub/disinfectant/>
Charles Wiltgen, évangéliste QuickTime, se fait l'écho de la satisfaction d'Apple devant la réaction rapide des éditeurs d'anti-virus. Il encourage les utilisateurs de QuickTime à désactiver, sauf besoin spécifique, la fonction CD-ROM AutoPlay ainsi qu'à mettre à jour leur logiciel anti-virus.
par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>
Une chanson me trotte dans la tête, avec les paroles légèrement modifiées, et je ne cesse d'entendre Léo Ferré chanter "Que Sont Mes Manuels Devenus, Que J'avais De Si Près Tenus, Et Tant Aimés?" (NdT : sur l'air de "Pauvre Ruteboeuf"). Je crains qu'il ne s'écoule un bon moment avant que je ne cesse de la fredonner intérieurement.
Mis à part cette semaine, qui m'a apporté la surprise de l'excellent manuel d'utilisation de WebSTAR 3.0 écrit par Avi Rappaport, j'ai du mal à me souvenir de la dernière fois où j'ai été vraiment impressionné par la documentation d'un logiciel. En fait, de nombreux produits de nos jours sortent sans même un manuel imprimé. Qu'est-il donc advenu de nos "docs" d'antan, ces livres qui nous apprenaient des choses pas évidentes du premier abord et nous menaient au delà de la simple exploration de l'interface? J'admets que les manuels bien conçus ont toujours été l'exception plutôt que la règle, mais je me souviens de quelques-uns qui sortaient du lot. Le premier manuel de Suitcase comportait une excellente présentation de la façon dont le Mac gère les polices de caractères. Et les versions anciennes des manuels de Norton Utilities proposaient des informations détaillées sur la structure des disques Macintosh.
Les manuels d'aujourd'´hui, lorsqu'ils existent en format papier, sont plus souvent des brochures que des livres. La taille n'est évidemment pas à elle seule une garantie de qualité, mais personne ne peut produire une source de référence aussi précise et complète que la société qui a créé un programme. Les livres proposés par des tiers peuvent être mieux écrits, mieux organisés, et plus honnêtes concernant les faiblesses d'un programme, mais la plupart des auteurs ne peuvent avoir le même accès aux informations internes détenues par les développeurs et aux testeurs, privilège dont jouissent les auteurs "maison".
Prenez par exemple le tout nouveau Microsoft Office 98. Il contient trois programmes complexes et puissants, c'est à dire Word, Excel et PowerPoint, et pourtant, la seule documentation écrite fournie avec cet ensemble de logiciels se limite à trois manuels rachitiques du type "Getting Results" (248 pages pour Word, 244 pages pour Excel et 160 pages pour PowerPoint) qui s'adressent aux utilisateurs déjà expérimentés et ne présentent que quelques exemples d'application commentés. L'introduction du manuel de Word l'avoue d'emblée : "Ceux qui apprécieront le plus ce livre sont ceux qui ont déjà utilisé Word pendant un certain temps et qui arrivent généralement à faire ce qu'ils veulent avec cette application." Les débutants sont renvoyés au chapitre de 50 pages "Premiers contacts", lequel ne couvre que le strict minimum, tandis que les utilisateurs avancés et les administrateurs de systèmes sont renvoyés au "Microsoft Office Resource Kit" sur Internet (par ailleurs vendu 60$ chez Microsoft Press).
<http://www.microsoft.com/office/ork/>
<http://mspress.microsoft.com/prod/books/1329.htm>
Malgré une lègère erreur de style (sur un Mac on ne clique pas sur un menu, on sélectionne un élément dans un menu) la documentation d'Office n'est pas mauvaise du tout - l'aide qui part des besoins de travail est tout à fait efficace. Elle est simplement incomplète, il manque les informations de base que Microsoft fournissait auparavant, et que bon nombre de lecteurs de TidBITS ignorent encore. La documentation de Microsoft Office n'est qu'un des nombreux exemples illustrant cette situation.
Alors, où sont passés les manuels d'antan, et pourquoi ont-ils disparu ? Tout d'abord, pour des raisons de coût. Payer de talentueux rédacteurs à rédiger un manuel clair et efficace coûte cher, sans parler du prix de l'impression. Une épaisse brochure alourdit donc non seulement la boite d'emballage mais aussi le prix du logiciel. C'est ainsi que le correcteur grammatical de Casady & Greene vous coute 80$ pour une édition téléchargée et 15$ supplémentaires pour une édition avec emballage et documentation.
http://www.casadyg.com/products/grammarian/
Mais si l'excellence dépendait des limitations financières de la version papier, on pourrait espérer une production électronique "en-ligne" de qualité. Or, dans la plupart des cas, celle-ci est aussi mauvaise, sinon pire, que la version imprimée. Les raison de la baisse de qualité des documentations sont donc à chercher ailleurs.
Apple porte une part de responsabilité dans cet appauvrissement de la documentation, à cause de l'obligation imposée aux programmes Macintosh, d'avoir tous la même apparence et le même fonctionnement en ce qui concerne les fonctions de base, les rendant ainsi plus facile à utiliser. Un système qui manque de cohérence, et qui ne permet pas une exploration à travers l'interface graphique (pensez aux lignes de commande du DOS ou d'UNIX) nécessite davantage la présence d'une documentation, . Nous autres, utilisateurs, sommes également responsables. Car après tout, l'avis général des utilisateurs du Macintosh a toujours été "Pas besoin de lire le manuel !". Et la plupart du temps, on ne le lit effectivement pas. L'utilisateur s'attend à avoir un logiciel si simple que le manuel est pour lui qu'un "fichier attaché" parfaitement superflu. Ca marche bien pour quelques produits, pas pour tous, et on a fini par considérer superflu de fournir une brochure qui facilite l'usage d'un logiciel, même si c'est un programme complexe et puissant.
La même tendance se dessine pour la littérature informatique. Étant l'auteur d'un pavé - Internet Starter Kit for Macintosh - j'ai été frappé de voir combien de personnes ne savaient que faire d'une telle quantité d'informations. Ce n'est pas le prix qui fait fuir ces gens mais le fait qu'ils n'apprécient guère de devoir sauter des chapitres clairement identifiés mais dont ils n'ont aucun usage. Je trouvais cela fascinant et je me suis même dit qu'en poussant cette logique à l'extrême le gens seraient prêt à payer $30 pour n'avoir aucune information !
Je pense que l'Internet en est aussi partiellement responsable. Autant je crois à la force de l'Internet comme outil de publication démocratique, autant une grande partie des textes que l'on y trouve manque de professionnalisme dans l'organisation, l'écriture et l'édition. J'arrive parfaitement à vivre avec une présentation déficiente à condition que l'information reste de qualité. Mais la majeure partie de ce qui est accessible sur Internet, tout particulièrement la documentation électronique, est tellement médiocre que cela nous force d'abaisser la barre de nos attentes.
Les auteurs qui rédigent des manuels maîtrisent leurs sujet et sont compétents et même inspirés. Mais ils ne sont pas pédagogues. Ils ne passent par leur vie à chercher le meilleur moyen d'expliquer simplement à une large audience un concept ardu et complexe. Il n'est pas facile d'imaginer le meilleur moyen de rédiger et d'organiser l'information et il ne faut jamais perdre de vue le besoin du lecteur. Ceux qui oublient d'aider le lecteur dans sa quête de savoir publient inévitablement des manuels médiocres.
Passer en automatique -- Loin de moi l'idée de me lamenter sur l'état de la documentation sans proposer de solution pour l'améliorer.
Pour commencer, les commentaires qui m'ont été adressés pour mes livres me font penser qu'une publication doit avoir un visage, démontrer une attitude et laisser transparaître une personnalité. Un exemple passionnant à ce sujet est la documentation de Microsoft Office 98. Les manuels imprimés et l'aide en ligne sont plutôt secs. Mais un des points positifs est l'apparition de Max, l'assistant d'Office au visage de Macintosh. Bien que sa rhétorique peut agacer par moments ceux qui l'apprécient le font parce qu'il est drôle. Les manuels et l'aide en ligne auraient un grand besoin d'un zeste de cette drôlerie.
En second lieu, une bonne documentation en ligne demande soin et attention. La première décision concerne le format électronique du document, auquel il faut penser avant même d'engager la procédure documentaire. Par exemple, plusieurs compagnies se contentent de transformer leur manuels en documents PDF et de joindre Acrobat Reader au logiciel. C'est un pis-aller et dans la plupart des cas la documentation résultante est quasi inutilisable.
Si vous utilisez PDF, créez une maquette qui puisse être affichée à l'écran ainsi qu'une autre qui puisse être imprimée. La version dédiée à l'affichage devra utiliser les polices d'affichage courantes et exploiter les fonctionnalités de PDF comme les signets de navigation et les hyper-liens. Ces fichiers PDF doivent aussi mentionner les fonctions de recherche d'Acrobat - vos lecteurs ne les connaissant pas forcément. Pouvoir effectuer une recherche dans le document est important, si vous utilisez un autre format de document électronique, assurez vous que cela sera possible! Un exemple de bonne documentation électronique en format PDF est le manuel du nouveau Retrospect Express de Dantz Development. Bien qu'on soit un peu déçu que la documentation imprimée ne fasse que 12 pages (aussi bien en anglais et français qu'en allemand), le manuel en ligne est complet, bien écrit et conçu pour l'affichage (bien qu'il soit imprimable également). Il fournit ainsi des signets de navigation et même une table des matières et un index "interactifs" dans lequel un click sur un en-tête vous amène directement à la page correspondante.
<http://www.dantz.com/sp/808.html>
Bien que PDF soit de conception relativement simple, particulièrement pour la version électronique d'un manuel papier, HTML est actuellement plus répandu. Cependant, une version au format HTML d'un manuel n'est pas forcément la meilleure solution. Les navigateurs Internet ne peuvent effectuer de recherche dans plusieurs pages web à la fois (par contre, on peu mettre un lien vers un moteur de recherche en ligne sur son site). Donc, ne lésinez pas sur les outils de navigation, sous peine de rendre frustrante l'exploration du manuel.
Gardez votre chéquier ouvert -- Les grosses sociétés sont inexcusables de nous livrer des manuels anémiques, surtout quand on pense que leurs logiciels sont vendus souvent plus d'un milliers de francs à l'utilisateur. Certes, une bonne documentation peut augmenter les frais de développement, mais ces sociétés ont de toutes façons déjà un important budget affecté au chapitre documentation.
Pour ce qui est des grosses sociétés, je pense que la solution est simple: faire appel à un auteur professionnel pour écrire le manuel. Prenons par exemple les livres indépendants traitant d'un logiciel grand public. Bon nombre de ces livres ne dépasseront pas 10.000 voire 15 000 exemplaires vendus, rapportant à l'auteur entre $10 000 et $20 000, avant impôts. Une importante société en phase d'expansion peut sans problème investir $40 000 ou $50 000 pour engager une personne (ou même un groupe), afin de produire un manuel de haute qualité. Bien sûr, l'auteur ne percevra pas les droits d'auteur d'un best-seller, mais de nombreuses maisons d'édition poussent les auteurs à écrire des livres "sur commande," ce qui ne leur rapporte aucun droit d'auteur de toute façon.
Ne négligeons pas pour autant l'argument selon lequel la rédaction d'un manuel d'utilisation implique plus qu'un simple talent littéraire. Les auteurs expérimentés font souvent bien plus que rédiger la documentation. Certains éditeurs chargent leurs auteurs de constituer le glossaire et l'index (les indexateurs professionnels sont toujours meilleurs que les amateurs - voir l'article de David Holzgang "The All-Important Index" dans TidBITS-333) et demandent aux auteurs de leur fournir des fichiers PostScript Ainsi, pour mon livre "Eudora Visual Quickstart Guide", j'ai écrit en respectant le style standard de la maison d'édition Peachpit (NDT: maison d'édition) et placé le texte dans un fichier gabarit QuarkXPress, puis j'ai convaincu Tonya de faire la relecture et payé un indexateur professionnel pour compiler l'index.
<http://db.tidbits.com/getb its.acgi?tbart=00963>
Si les tractations avec un auteur de documentation n'intéressent pas la dite société, pourquoi ne pas passer un contrat avec une maison d'édition qui se chargerait de le faire? Bien sur, déléguer à un éditeur professionnel entraîne des frais, augmente les coûts, mais il est probable que cela aurait pour conséquence d'aboutir à un manuel de meilleure qualité, car les maisons d'édition sont dotées de rédacteurs professionnels et de services de production. Sans parler du fait que bon nombre de maisons d'édition publient déjà ce genre de livres. Je remplacerais avec bonheur nombre de manuels que j'ai lu récemment, par des ouvrages de la collection "Visual Quickstart Guide" de PeachPit, bien qu'ils soient conçus pour une application directe et n'incluent pas d'informations de référence détaillées.
Faire un bon manuel peut réduire le coût de l'assistance technique, mais de nombreuses grandes sociétés font payer cette assistance, réduire le besoin d'assistance peut donc ne pas les intéresser. En fait, les théoriciens du complot susurreront justement que fournir un torchon en guise de manuel augmentera la demande pour une assistance technique payante.
Documentation à peu de frais -- Qu'en est-il des petites compagnies? Autant les possibilités peuvent paraître limitées, elles ne rencontrent pas les mêmes contraintes car leurs produits sont moins complexes à mettre en oeuvre. Cela ne veut pas dire pour autant que les petits logiciels peuvent s'en tirer sans documentation. Un bon fichier "lisez-moi" est essentiel, particulièrement pour les logiciels distribués exclusivement via Internet. Tonya a écrit plusieurs articles à ce sujet au cours de ces dernières années, nés de son irritation face à des fichiers "lisez-moi" inconsistants.
<http://db.tidbits.com/getbi té.acgi?tbser=1039>
Bien qu'essentiel, un fichier "lisez-moi" ne suffit pas. La plupart des programmes nécessitent par ailleurs un manuel d'utilisation. Puisque les petits éditeurs ne peuvent probablement pas s'offrir les services d'un écrivain professionnel, permettez-moi de suggérer ces quelques recommandations. Ne vous en sentez pas prisonniers mais si vous respectez ces quelques règles, vous devriez certainement arriver à en faire quelque chose d'acceptable.
Je ne prétendrais pas que la création d'une documentation efficace est facile, mais c'est un effort qui en vaut la peine, surtout pour accroître la satisfaction des clients et réduire le coût de l'assistance technique, qui peut être important, surtout pour des petites entreprises et pour des développeurs indépendants.