Le bogue de l'an 2000 vous gratouille ? On vous dit partout que le Mac n'en sera pas affecté mais cela ne signifie pas pour autant que vos bases de données maison, feuilles de calcul ou applications personnalisées sont à l'abri... et ce même si elles tournent sous Mac. De son côté, dans un nouvel épisode de notre série "les Outils de la Rédaction", Jeff Carlson nous parle de Default Folder. Au chapitre "Annonces", la sortie chez Bare Bones de Mailsmith 1.1.3 ainsi que l'arrivée chez Keyspan d'un adaptateur USB-Port série visant le marché des utilisateurs de l'agenda électronique Palm.
Sommaire:
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Ce numéro est traduit de l'américain par:
Un adaptateur USB pour connecter son Palm --Si vous êtes l'heureux propriétaire d'un agenda électronique Palm, vous êtes peut-être heureux mais sûrement frustré par l'absence de connexion USB directe qui vous permettrait de connecter un "sabot" HotSync à votre iMac ou à votre Power Macintosh G3 blanc et bleu. Réjouissez-vous, vous pouvez désormais acheter, pour 40$, l'adaptateur USB PDE de Keyspan. Actuellement, les propriétaires de Mac dotés du bus USB doivent réaliser de savants montages en enchaînant un adaptateur USB-Port Série et adaptateur MacPac de Palm Computing pour être en mesure de synchroniser les données entre leur portable Palm et leur Mac. L'adaptateur USB PDA leur offre une connexion directe du port USB du Mac au connecteur série DB-9 qui se trouve sur le sabot HotSync de Palm et au câble HotSync. (Pour en savoir plus sur les agendas électroniques Palm, voir la série d'articles "Reading the Palm" dans TidBITS). D'après Keyspan, leur adaptateur fonctionne également avec les tablettes de numérisation Wacom équipées de connecteurs série. [JLC]
http://www.keyspan.co m/products/usb/pdaadapter/
http://www.palm.com/macintosh/
http://db.tidbits.com/g etbits.acgi?tbser=1030
Mise à jour de Mailsmith 1.1.3 par Bare Bones -- Bare Bones Software a sorti la version 1.1.3 de Mailsmith, leur programme sophistiqué de gestion de serveurs de courrier électronique POP et SMTP. La version 1.1.3 comprend une nouvelle fenêtre "POP Monitor" qui permet aux utilisateurs de télécharger ou de supprimer des messages à volonté directement sur le serveur POP distant, sait mieux gérer les textes entre guillemets dans des messages et apporte de nombreuses améliorations à la base de donnée d'enregistrement de courriels de Mailsmith, ainsi qu'à l'interface. En outre, de nouvelles fonctions voient le jour (une liste complète des modifications est disponible). La mise à jour 1.1.3 de Mailsmith est un fichier de 3 MB, téléchargeable gratuitement si vous disposez déjà de Mailsmith. Mailsmith coûte $79 si vous l'achetez directement chez Bare Bones, mais si vous utilisez BBEdit et BBEdit Lite, ou si vous avez acquis Eudora de Qualcomm ou Claris Emailer, vous bénéficierez du prix réduit de 59$. Vous pouvez télécharger une version de démonstration gratuite de Mailsmith (3.6 MB) depuis le site web de Bare Bones. [GD]
http://web.barebones.com/products/msmith/msmith.html
par Jeff Carlson jeffc@tidbits.com
De récentes fouilles menées dans mon dossier Préférences m'ont permis de déterrer des restes d'utilitaires et autres programmes que j'ai installés puis supprimés de mon système au cours des derniers mois. Ces fichiers de préférences orphelins possédaient des noms d'applications potentiellement intéressantes mais qui n'ont pas su mériter une place sur la liste des outils que j'utilise régulièrement. Ces mêmes fouilles ont permis de souligner l'existence de programmes que j'ai tendance à oublier, non parce qu'ils se trouvent profondément enterrés dans un dossier mais bien parce que leurs fonctions sont devenues pour moi un réflexe conditionné. Un de ces trésors est l'utilitaire "Default Folder" de St. Clair Software.
http://www.stclairsoft.com/ DefaultFolder/
Default Folder complète en les améliorant les traditionnelles boîtes de dialogues d'ouverture et de sauvegarde de fichiers de MacOS, mais aussi les menus des "Services de Navigation" apparus sous MacOS 8.5. Il permet d'accéder aux dossiers fréquemment utilisés sans qu'on ait à se frayer un chemin à travers la hiérarchie des dossiers. Cette fonction rend la manipulation de fichiers non seulement plus aisée, mais elle permet également, à court et moyen terme, de gagner un temps considérable.
Default Folder ajoute une rangée de quatre boutons dans la boîte de dialogue d'ouverture et de fermeture. Ces boutons apparaissent lorsque vous faites passer le curseur sur le nom du disque dur utilisé, dans l'angle supérieur droit du menu. En cliquant sur ces boutons, on fait apparaître des menus déroulants qui permettent l'accès aux dossiers utilisés récemment, à ceux qui ont été définis comme favoris par l'utilisateur, ainsi que de changer de disque dur courant et d'avoir recours aux utilitaires fichiers de Default Folder. Trois de ces boutons sont déjà intégrés aux Services de Navigation : les Favoris, les Raccourcis ( qui jouent un rôle similaire aux icônes de disque dur dans les boîtes de dialogue d'ouverture et de sauvegarde standard) et "Utilitaire", propre à Default Folder.
Default Folder crée aussi des dossiers "Favoris" et "Récents" dans le menu Pomme, et comprend un module pour la Barre des réglages permettant d'ouvrir d'un seul clic des dossiers profondément enfouis.
Une personnalisation sans défaut -- Le c¦ur de la puissance de Default Folder réside dans le fait que vous pouvez définir pour chaque programme un dossier bien défini vers lequel pointeront automatiquement les dialogues d'ouverture et de sauvegarde de fichiers. Par exemple, si l'utilisateur FileMaker Pro stocke toutes ses bases de données dans un dossier central, il pourra définir ce dernier comme dossier par défaut. On peut créer un dossier par défaut pour chaque logiciel que l'on utilise, ou bien indiquer un dossier que tous les logiciels vont utiliser. Voilà qui réduit le risque de sauvegarder par mégarde un fichier dans un endroit où l'on aura du mal à le dénicher plus tard. À partir du moment où le choix aura été fixé par l'utilisateur, le dossier par défaut apparaîtra à la première ouverture ou sauvegarde après le démarrage du logiciel. On peut aussi taper Commande-U ou sélectionner le premier élément du menu Favoris pour avoir accès à ce dossier à tout moment. Default Folder garde en mémoire le dernier fichier ouvert ou sauvegardé ce qui permet, par un accès rapide à votre répertoire sélectionné, d'éviter d'avoir à refaire le chemin d'accès vers votre dossier par défaut.
Balisez vos chemins d'accès -- Généralement je travaille sur quatre ou cinq projets simultanément, je passe donc la plus grande partie de mon temps à naviguer entre une poignée de dossiers. Pour ne pas perdre de temps je pourrais tous les ouvrir sur le bureau ou les définir comme des fenêtres-tiroirs au bas de mon écran mais je n'aime pas encombrer mon écran de choses que je n'utilise pas tout le temps, de plus j'ai déjà cinq fenêtres-tiroirs en bas de mon écran.
J'utilise une méthode bien meilleure : j'ai un accès direct à n'importe lequel de mes dossiers depuis la boite de dialogue d'ouverture ou de sauvegarde de fichiers grâce au menu "Favorites" de Default Folder. De plus, comme Default Folder associe un raccourci clavier (sur le clavier numérique) au menu "Favorites", c'est cette fonction que j'utilise le plus . Bien que le raccourci clavier ne peut être modifié (il se base sur la position de votre dossier dans la liste des Favoris) vous pouvez modifier l'ordonnancement de la liste par le biais des réglages de Default Folder . Ainsi, chaque fois que je veux me rendre dans le dossier de travail TidBITS, il me suffit de taper Commande-1 dans la boite de dialogue d'ouverture de fichiers. Cette fonction est également pratique en tant que marque page: si je dois aller dans un dossier qui est plus ou moins au même niveau d'arborescence que TidBITS (un autre projet par exemple) et que je suis en plein milieu d'autre chose ou dans un autre volume, il me suffit de taper Commande-1, et de remonter un cran dans l'arborescence pour trouver mon fichier. Il m'a suffit d'une ou deux minutes pour changer les réglages et transformer une opération nécessitant plusieurs clics souris en un simple raccourci clavier. De plus, étant un grand amateur de l'utilisation du clavier par rapport à la souris, j'apprécie le fait que Default Folder me permet de réduire le nombre de fois où je dois lâcher mon clavier et tendre la main vers la souris.
Une autre fonction qui me parait fondamentale et que j'ai découvert un jour par hasard, est le fait que, quand vous êtes dans une boîte de dialogue d'ouverture ou de sauvegarde de fichiers, vous pouvez cliquer sur n'importe quelle fenêtre du bureau et Default Folder vous y emmène directement. Bien sûr, j'essaye de limiter au maximum le nombre de fenêtre ouvertes sur mon bureau, mais il est parfois bien pratique de pouvoir naviguer entre différentes fenêtres et volumes et sauter de l'une à l'autre d'un simple clic de souris. C'est surtout pratique avec mes fenêtres-tiroirs, me permettant d'accéder ainsi à leur contenu sans peine. Ceci fonctionne également avec des fenêtres cachées derrière des applications ouvertes.
Dans la dernière version de Default Folder cette fonction a encore été améliorée : si vous cliquez en dehors de la boîte de dialogue d'ouverture de fichiers et gardez le doigt appuyé, apparaît alors un menu contextuel avec la liste de toutes les fenêtres ouvertes sur le bureau.
Groupes de dossiers -- Si vous naviguez souvent entre les mêmes dossiers, Default Folder vous permet de définir des groupes de dossiers, améliorant par là encore vos performances. Pour ma part, un seul groupe me suffit car je ne fais pas appel à un grand nombre de dossiers dans mon travail ; toutefois il me serait facile de diviser mon travail en deux groupes de tâches, celles ayant trait à la rédaction de mes articles et celles ayant trait à la conception graphique. Quand je me consacre à l'une de ces activités, je ne veux pas forcément être distrait par des éléments dans mes menus Default Folder qui n'ont rien à voir. Dans ce cas, il me suffirait de définir deux groupes de dossiers dans le Tableau de Bord "Default Folder" et y préciser les dossiers relatifs à chaque activité. Quand vous utilisez plus d'un groupe, vous pouvez passer de l'un à l'autre par le biais du menu "Utilitaires" ou par le biais d'un raccourci clavier (Commande-Option-2, par exemple). Les groupes de dossiers peuvent être exportés vers et importés depuis d'autres copies de Default Folder.
D'autres fonctions sous le capot -- Bien que Default Folder soit essentiellement destiné à naviguer entre des dossiers, quelques autres fonctions sont également disponibles. Depuis toute boîte de dialogue d'ouverture et de sauvegarde, on peut créer des nouveaux dossiers, renommer les fichiers et les dossiers, ou bien déplacer les fichiers vers la corbeille sans avoir à retourner au Finder. On peut aussi obtenir des informations sur chaque fichier, telles que sa taille, sa date de création et de modification, son extension de type et de créateur (ces derniers peuvent être modifiés par le mode "expert" de Default Folder).
Vous pouvez accélérer l'affichage des listes en choisissant de n'afficher que les icônes génériques. D'autres paramètres contrôlent la taille du menu "Recent", permettent d'afficher des fichiers de n'importe quel type en cliquant sur la liste avec la touche "Option" enfoncée, et permettent d'afficher les fichiers récents par ordre chronologique ou alphabétique. Default Folder travaille également en conjonction avec des utilitaires comme Apollo, DragStrip, DragThing, Dialog View et KeyQuencer pour accroître leurs capacités de navigation dans les dossiers.
http://www.dcs.qmw.ac.uk/~jeremyr/apollo.html
http://www.poppybank.com/DragStrip/
http://www.dragthing.com/
http://members.aol.com/jwwalker/pages/dv.html
http://www.binarysoft.com/kqmac/kqmac.html
En ce qui me concerne Default Folder est devenu un utilitaire indissociable de mon Mac. Quand je dois utiliser un ordinateur qui n'est pas doté de Default Folder son utilisation me paraît incommode et restrictive, m'obligeant à perdre du temps à me représenter mentalement l'arborescence des dossiers sur lesquels je travaille, plutôt que de me consacrer à la tâche que j'entreprends. Bien que d'autres utilitaires (tel que Action Files ; cf "Get a Piece of the ACTION Files" dans TidBITS-434 offrent des fonctions similaires, Default Folder est une application plus modeste qui ne tente pas d'accomplir toutes les tâches imaginables relatives aux fichiers. Le prix du partagiciel est de $25, et ce téléchargement de 930 Ko les vaut bien, au regard de tout ce qu'on peut en faire.
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04931
par Geoff Duncan geoff@tidbits.com
Ceci est un peu embarrassant, mais j'ai gardé une copie de presque tous les messages électroniques provenant de TidBITS que j'ai reçus depuis que j'ai rejoint l'équipe de rédacteurs, fin 1994. Bien sûr, je n'ai pas gardé les demandes de désabonnement, les avis de congés, les publicités et annonces commerciales, mais j'ai conservé presque tous les autres, en particulier les messages des lecteurs et les communications internes.
D'après ces archives, depuis février 1995, date à laquelle l'idée avait émergé de consacrer un article au bogue de l'an 2000 et les Macintosh, j'ai soigneusement évité de ne serait-ce qu'aborder le sujet. Pourquoi ? En partie parce que je ne trouve pas le sujet particulièrement intéressant. Bien que les ramifications de ce que l'on a fini par appeler "le bogue de l'an 2000" ou bien, aux USA "Y2K" (NdT: Y pour "year" et K pour 1000) soient étendues, en soi le fond de la question est aussi simple que peut l'être un problème informatique. De plus les matériels et logiciels Macintosh n'ont jamais eu de problèmes avec le passage au nouveau millénaire. En conséquence, il m'a toujours paru que de consacrer un article à la question des Mac et du passage à l'an 2000 était aussi pertinent que d'écrire sur les voitures et les dangers de conduire sur une autoroute. Bien sûr, pour certains lecteurs de TidBITS, ce type d'article pourrait se justifier mais d'une manière générale les gens ne lisent pas TidBITS pour y trouver ce type d'information.
Les choses ont changé depuis 1995. Le bogue de l'an 2000 est passé des conversations d'initiés dans les arrière-salles informatiques à la première page des journaux, émission de télévision et sites Web. Les opinions et analyses divergent largement à son sujet. Certains experts jouent les Cassandre et prédisent un chaos généralisé, certaines personnes allant jusqu'à fuir physiquement les centres urbains pour aller se cacher dans leur cabane au fond des bois. D'autres experts au contraire disent que tout ceci est exagéré et que le bogue n'aura qu'un impact limité, voire non-existant (notamment aux Etats-Unis) ; d'autres experts enfin pensent que tout ceci n'est qu'une vaste opération d'intox pour faire peur aux néophytes informatique et les convaincre d'investir des sommes considérables dans des mises à jour de matériel et enrichir les cabinets de consultants spécialisés. Cette impression est renforcée par le fait que la grande majorité des voix qui s'élèvent pour parler du bogue, semble incapable de prédire quelle va être la gravité - ou la futilité - des problèmes. On trouve de tout dans les discours des médias à propos de l'an 2000, créant ainsi chez bon nombre de personnes une impression d'agitation trépidante qui augmente encore avec l'approche de la fin du siècle.
Apple n'a pas ignoré l'anxiété croissante du grand public face à la fin du millénaire. En fait, Apple n'a eu de cesse de claironner le fait que le Macintosh est immunisé contre le bogue de l'an 2000, notamment par le biais de publicités irrévérencieuses, des sites Web, et même d'une publicité télévisée diffusée pendant le SuperBowl 1999.
http://www.apple.com/hotnews/features/hal.html
Bien que la morgue d'Apple l'ait rendu peu sympathique, elle est en grande partie justifiée. C'est vrai que dès sa sortie des chaînes de production en 1984, Macintosh était prêt à affronter la fin du siècle, un fait qui renforce encore les fanatiques de la pomme arc-en-ciel dans leur foi en la supériorité du Macintosh. Cependant, l'intégrité des matériels et logiciels Macintosh ne signifie pas nécessairement que les utilisateurs de Macintosh peuvent se reposer aveuglement sur la croyance que le Mac ne sera pas affecté par le passage à l'An 2000.
Définir le bogue de l'an 2000 -- Fondamentalement, le bogue de l'an 2000 concerne une incapacité du système à traiter correctement les dates après le changement de siècle. Cette information est différente de la croyance largement répandue que les problèmes du passage à l'an 2000 concernent les années à deux chiffres, l'ordinateur se croyant soudain revenu au XIXe siècle. La façon dont l'ordinateur traite l'omission des informations sur le siècle n'est qu'un sous-ensemble d'un problème plus vaste. Bien que les opinions varient à ce sujet, j'estime pour ma part qu'un programme est "compatible an 2000" tant qu'il traite correctement les dates incluant le siècle. En d'autres termes, si je tape "01-Jan-00" dans une application et que celle-ci interprète alors l'année comme étant 1900, je serai peut-être mécontent ou sérieusement incommodé, mais une année à deux chiffres peut en réalité être facilement interprétée comme n'importe quelle année divisible par 100, y compris 1200, 1600, ou 2300. Ce comportement ne sera pas considéré comme relevant du "bogue de l'an 2000" tant que le programme ne rejettera pas, ou pire interprétera mal "01-Jan-2000". Le premier cas provient d'un conflit entre les a priori du programme et mes espérances, tandis que le dernier provient d'un authentique problème de traitement des dates par le programme.
Les humains interprètent souvent les informations sur le siècle en fonction du contexte. Si vous avez un ticket d'avion daté du 5 avril 99, le sens commun vous dit que ce ticket ne se réfère pas à 1899, puisque les frères Wright n'ont pas réussi à faire décoller leur aéroplane "Kitty Hawk" avant 1903. Le contexte n'est pas aussi clair si vous avez un ticket de train avec la même date, à moins que, à défaut d'autres choses, des changements dans le tarif, dans le style typographique, et la nature du papier du ticket ne vous mettent sur la voie.
Les ordinateurs par contre, se contrefichent du contexte. Ils font uniquement ce que les programmeurs leur ont dit de faire. Dans de nombreux cas, les programmeurs ont indiqué aux ordinateurs : "quelle que soit la date saisie, elle appartient toujours au XXe siècle" ou "si une date indique un siècle, toujours partir du principe qu'on est au XXe siècle". Ce type de postulat pose problème si le programme ne mémorise pas l'information relative au siècle. Les implications sont énormes - certains systèmes peuvent tomber en panne ou produire des résultats inattendus car basés sur des calculs mathématiques faisant appel à la date, certains peuvent corrompre des données, d'autres peuvent vous ajouter un siècle sur des intérêts d'emprunt. De plus, puisque des micro contrôleurs faisant appel à la date sont présents presque partout, depuis les gros ordinateurs jusqu'aux cafetières, il est très complexe de dresser un tableau exact des systèmes qui auront des problèmes lors du passage au prochain siècle et des impacts que ces problèmes pourront avoir.
Vous me direz : comment des informaticiens ont-ils pu être aussi bêtes ? Et bien, dans certains cas ce n'était pas de la connerie. Parfois les informaticiens ont fait exprès de calculer l'année sur deux chiffres parce que cela leur permettait d'économiser de l'espace mémoire vive et de ne pas gaspiller de la puissance de calcul sur une information redondante : n'oubliez pas qu'en 1970, un mégaoctets de mémoire vive coûtait aux alentours de $3 millions et occupait plus de place qu'une boîte à pain. Dans d'autres cas, les informaticiens ne se soucièrent pas de l'avenir car ils ne pouvaient imaginer que leur logiciel serait toujours en usage dans quinze, vingt ou trente ans. Enfin, dans certains cas, les informaticiens étant aussi des humains après tout, il s'agissait tout bonnement de cas de connerie humaine.
Le Mac et le bogue de l'An 2000 -- Tant les matériels informatiques que les logiciels système du Macintosh sont compatibles An 2000 - il n'y a pas de "bombe à retardement millénariste" dans les entrailles de votre ordinateur. Vous pouvez vous en assurer en lisant le document détaillant la compatibilité An 2000 d'Apple, ainsi qu'en consultant la liste des applications testées et certifiées par Apple.
http://www.apple.com/about/year2000/
Bien que l'attitude pleine d'autosatisfaction d'Apple ait quelque peu occulté cet aspect des choses, la lecture approfondie du communiqué d'Apple permet de constater que la société garantit que les Mac n'auront pas de problèmes à passer le cap du nouveau millénaire mais qu'elle ne prend aucune responsabilité en ce qui concerne des logiciels réalisés par des tiers, voire des macro-commandes et des programmes informatiques "maison" écrits pour des besoins particuliers. Il semble évident qu'Apple ne peut offrir de garantie pour les produits d'autres sociétés mais elle peut au moins certifier que tant que ces programmes font appel à la routine de calcul de la date incluse dans le système du Macintosh - et la plupart des programmes Mac le font - ils ne devraient pas avoir de problème. Les programmes écrits pour les premiers Macintosh gèrent les dates depuis le 1 janvier 1904 jusqu'au 6 février 2040 ; la grande majorité des logiciels pour Macintosh écrits ces dix dernières années utilise une méthode de calcul de la date encore plus étendu qui peut gérer sans problème des dates allant de 30 081 avant notre ère jusqu'en 29 940 de notre ère, ainsi que les dates des calendriers non-grégoriens.
Les deux situations les plus communes dans lesquelles une application Macintosh n'utiliserait pas les routines "date" fournies par Mac OS sont,lorsqu'elle a besoin d'utiliser des dates sur un éventail plus large ou quand elle doit accéder à des données ou protocoles calendaires développés à l'origine pour un autre système d'exploitation. On pourrait citer comme exemple des programmes qui modélisent des processus qui se déroulent sur de très longues périodes de temps (telle la géologie ou l'évolution stellaire), ou la transposition sur Macintosh de programmes de généalogie, de statistiques, ou de marchés verticaux spécialisés qui doivent lire et écrire des informations calendaires utilisées par d'autres plate formes - ces programmes peuvent hériter de problèmes qui ne proviennent pas du Macintosh.
Votre attente quant à la conformité avec l'an 2000 peut être un autre problème. Une fois que le calendrier aura passé l'an 2000, vous verrez peut-être que certains programmes Macintosh interprètent les années sur deux chiffres comme si elles étaient du XXe siècle. Une fois encore, à moins que le programme ne rejette ou interprète de manière incorrecte une année sur quatre chiffres, je ne considérerais pas le programme comme défectueux, bien que ce comportement puisse être fastidieux - comme une barre d'outils non demandée ou une commande souvent répétée pour laquelle il n'existerait pas d'équivalent clavier. Certains programmes ont des "fenêtres de dates" qui précisent comment ils interprètent les années sur deux chiffres. Par exemple, le tableau de bord "Date & Heure" limite encore la saisie de l'utilisateur aux années comprises entre 1920 et 2019 afin de rester compatible avec le système 6. Les versions actuelles de Microsoft Excel gèrent les années sur quatre chiffres mais considèrent toute année sur deux chiffres qui serait inférieure ou égale à 29 comme appartenant au XXIe siècle, alors que celles supérieures ou égales à 30 sont considérées comme faisant partie du XXe siècle. De la même manière, les versions actuelles de FileMaker Pro gèrent les dates sur quatre chiffres, mais utilisent une fenêtre complexe pour les années sur deux chiffres, qui tourne autour de la première et de la dernière décade du siècle courant et du précédent. (Bien qu'il y ait encore des situations où FileMaker interprète les années sur deux chiffres employées par des formules ou des scripts comme étant du vingtième siècle.)
Je n'ai pas trouvé de ressource d'information traitant de manière exhaustive des questions tournant autour du Macintosh et de l'an 2000, mais Rich Barron tente d'en compiler une liste sur son site Macnologist ; par moment cette liste est quelque peu apocryphe, mais c'est un bon point de démarrage. Le meilleur endroit pour obtenir des informations sur une application particulière est encore son éditeur ou son développeur (à condition qu'ils existent encore).
http://www.macnologist.com/y2k/
Mais les Mac sont à l'abri ! Bien plus que le système en soi ou bien les grands logiciels commerciaux, le terrain le plus fertile pour l'irruption du "bogue de l'an 2000" sur le Macintosh est celui des utilitaires et applications développées localement, pour un besoin particulier. Les développeurs professionnels sont généralement au courant de la façon dont Mac OS traite les dates en interne ; mais les consultants, amateurs, stagiaires et pékins moyens du Macintosh ne le savent pas toujours ou n'ont souvent pas les outils nécessaires pour utiliser pleinement les capacités offertes par "l'outil" MacOS. De plus, comme ces gens ne sont souvent pas des développeurs chevronnés, ils courent plus le risque de faire des erreurs ou de partir de postulats trop simplistes quand ils font des calculs basés sur la date. Ceci aboutit à une situation où les outils informatiques et les logiciels Mac OS sont compatibles An 2000 mais les macro-commandes ou les programmes "maison" développés sur cette plate-forme ne le sont pas.
Par exemple, il y a quelques mois, une association charitable du voisinage m'a demandé de bien vouloir identifier et résoudre "un problème d'impression" dans leur programme de gestion des donateurs, programme développé il y a quelques années sur FileMaker Pro par un bénévole. Ce programme réalise des prévisions de rentrées financières sur la base des promesses de dons de leurs sympathisants, bon nombre d'entre eux versant des sommes à intervalles réguliers. Leur système n'imprimait plus de prévisions au delà de 1999. "Ce n'est quand même pas le bogue de l'an 2000 ?" me demandaient-ils. "On est qu'en janvier 1999 ! Et puis, les Mac sont censés être à l'abri du bogue !!!"
Il a suffit de passer quelques minutes à explorer leurs banques de données pour mettre au jour un problème typique posé par le passage à l'an 2000. Le système créait des numéros de donations à partir du numéro d'identification du donateur et du niveau de soutien, en y ajoutant (comme vous l'aurez deviné) le mois et l'année du don prévu. On avait donc des numéros du type "9904-4-1234", dans lequel "9904" faisait référence au mois et à l'année du don prévu. Ces préfixes de date étaient utilisés pour trier les dons. Il se trouvait que le système faisait ses prévisions de façon appropriée, mais qu'ils n'étaient pas triés de façon correcte et que la personne utilisant la banque de données ne savait pas comment les trouver. Je leur ai posé quelques questions supplémentaires et cela m'a permis de mettre en évidence le fait qu'ils avaient délibérément choisi ce format pour les numéros : il était conçu de façon à pouvoir être lu facilement au téléphone et à faire rapidement correspondre les numéros aux numéros de dons utilisés dans leur système de comptabilité sur papier, qui datait des années 1950. Il était facile de régler le problème, mais l'organisme a mis plusieurs semaines à choisir les changements qui marcheraient le mieux pour eux, étant donné que les numéros étaient utilisés à de nombreux niveaux dans leur structure de fonctionnement.
Ce problème s'est produit dans une banque de données fonctionnant sous FileMaker Pro, mais vous risquez de rencontrer des problèmes analogues avec divers outils, y compris, entre autres, HyperCard, SuperCard, AppleScript, FaceSpan, des utilitaires comme OneClick ou des langages de programmation internes, comme "Visual Basic for Applications" de Microsoft. Ces outils sont pourtant tous compatibles avec le passage à l'an 2000 ! De même, il est facile pour les utilisateurs de faire des erreurs dans les formules utilisées dans des tableurs comme Excel ou ClarisWorks, dans des scripts JavaScript faisant partie de leurs pages web ou à toutes sortes d'autres endroits.
Saut de confiance -- Pour les gens qui veulent voir au delà du 1er janvier 2000, n'oubliez pas que l'an 2000 est une année bissextile et que, par conséquent, les systèmes faisant appel à la date doivent tenir compte du 29 février 2000. Encore une fois, le Macintosh gère cette date correctement, mais quelques ordinateurs butent dessus - de fait, Connectix a dû mettre à jour Virtual PC en 2.1.1 (aujourd'hui en 2.1.2) parce que son horloge émulée échouait dans la reconnaissance de cette date.
http://www.connectix.com/html/vpc_updates.html
Le calendrier grégorien considère qu'une année est bissextile quand cette année est divisible par 4, sauf si cette année est divisible par 100 mais pas si elle est aussi divisible par 400. Ironiquement, le fait que l'an 2000 soit bissextile ne pose parfois aucun problème aux utilitaires familiers qui (s'ils tiennent compte des années bissextiles) considèrent généralement toute année divisible par 4 comme bissextile. Ainsi ils devraient considérer, à tort, 1900 et 2100 comme des années bissextiles, mais se comporter correctement avec l'an 2000.
http://es.rice.edu/ES/humsoc/Galileo/Things/gregorian_calendar.html
Si vous poussez plus loin, l'OS du Mac ne tient pas compte des sauts de secondes (les appareils courants ou les autres systèmes d'exploitation ne le font pas non plus). Les sauts de secondes sont un ajustement périodique fait aux horloges atomiques pour les maintenir en synchronisation avec la rotation de la terre, qui varie de deux millisecondes par jour.
http://maia.usno.navy.mil/eo/leapsec.html
http://maia.usno.navy.mil/eo/leapsec.html
Conseils d'ami -- Le Macintosh est remarquablement bien préparé pour l'an 2000. En général, les utilisateurs de Mac n'ont pas à s'inquiéter.
Si vous faites usage d'applications commerciales spécialisées, surtout celles connectées à un autre système d'exploitation, vous devriez vous informer d'éventuels bogues suite au passage en l'an 2000 auprès de votre fournisseur. Si vous faites appel à des macro-commandes artisanales ou des logiciels fabriqués sur mesure, vous devriez valider leurs fonctions ou en faire un test chronologique vous-même. Le test "trois-dans-un" de base pourrait se dérouler ainsi :
Faites une sauvegarde complète de votre Macintosh. Songez à désactiver tout logiciel ou programmation de sauvegarde automatique pour éviter toute confusion éventuelle avec les étapes suivantes.
Réglez l'heure de votre Macintosh à 11:59 PM le 28 février 2000.
Patientez une minute et voyez si le cadran de votre ordinateur a correctement passé le test de l'année bissextile.
Utilisez vos applications spécialisées comme vous le faites normalement en activant chaque caractéristique en profondeur. Il est difficile de proposer des conseils spécifiques mais vous aurez peut-être à créer et effacer des dossiers, faire des ajouts, trier et établir des comparaisons. évidemment, vous devrez faire attention aux fonctions de nature chronologique.
Bogue de l'an 10000 -- Disons-le tout de suite : oui, certaines applications Macintosh devront être révisées avant de passer aux années à cinq chiffres, même si Mac OS les gère sans problème. Mais vous pouvez être surs que TidBITS-384730 couvrira le sujet in extenso.
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