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TidBITS#514/24-Jan-00

Cette semaine nous concluons enfin notre série de reportages de Macworld Expo, avec un article d'Adam qui passe en revue les chiffres présentés par Steve Jobs lors de son discours d'ouverture - notamment ceux ayant trait aux études de marché. Notre collaborateur Matt Neuburg (un lointain cousin de notre coordinatrice Monique - NdeMonique : première nouvelle...) nous propose un banc d'essai de Papyrus, un logiciel gestionnaire de bibliographies qui devrait rendre bien des services aux étudiants et chercheurs à travers le monde. Dans les nouvelles, nous vous informons du bénéfice de 183 millions US$ engrangé par Apple au dernier trimestre tandis que Connectix propose une mise à jour gratuite vers RAM Doubler 9.

Sommaire :

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Ce numéro est traduit de l'américain par:


MailBITS/24-Jan-00

Connectix sort une mise à jour gratuite pour RAM Doubler. -- Parmi les utilitaire les plus utiles qui ont souffert de problèmes de compatibilité avec MacOS 9, la première place revient probablement à Ram Doubler 8 de Connectix, qui remplace le gestionnaire intégré de mémoire virtuelle d'Apple et propose une technique plus efficace pour augmenter la quantité de mémoire disponible aux logiciels. Il le fait d'abord par la reprise de la mémoire non-utilisée par d'autres logiciels, puis par le compactage de la mémoire utilisée, et finalement par l'écriture du contenu de cette mémoire sur disque. (Pour plus de détails, voir "Free RAM Doubler 8 Update" dans TidBITS-439 et "RAM Doubler 2" TidBITS-351.) Connectix a enfin sorti une mise à jour gratuite pour Ram Doubler, qui ne rajoute aucune fonction nouvelle, mais le rend compatible avec MacOS 9. Si RAM Doubler vous manque depuis que vous utilisez MacOS 9, le téléchargement vaut le coup. Malheureusement, Connectix a aussi annoncé qu'il n'y a pas de projet de mise à jour vers MacOS 9 de son populaire utilitaire SpeedDoubler 8 ou de Surf Express Deluxe. [ACE]

http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=04992
http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=00837
http://www.connectix.com/p roducts/rd9.html
http://www.connectix.com /support/macos9.html

Apple annonce un bénéfice de 183 millions. -- Apple Computer a affiché un bénéfice net de 183 millions US$ pour le premier trimestre fiscal 2000. Les livraisons unitaires d'Apple ont augmenté de 46 % par rapport au même trimestre l'année dernière : Apple a vendu près de 1,4 millions de systèmes pendant ce dernier trimestre fiscal (dont 700 000 iMac et 235 000 iBook) et 51 % des ces ventes ont été faites en dehors des &Eacute;tats-Unis. Les réserves d'Apple s'établissent à 3,6 milliards US$ en liquide et en placements à court terme et ses stocks de matériel ne représent qu'une journée de production. Bien que ces chiffres indiquent une bonne santé financière, le bénéfice trimestriel n'aurait été que de 178 millions US$ sans quelques éléments exceptionnels. Apple a vendu cinq millions d'actions d'ARM Holdings pour un gain de 101 millions US$, a pris des charges de restructuration de 6 millions US$, et a attribué 90 millions US$ en "rémunération éxecutif" à Steve Jobs, leader par excellence du rebond, qui a reçu son propre avion Gulfstream V et dix millions de stock-options Apple. Ce n'est quand même pas mal pour un travail à temps partiel. [GD]

http://www.apple.com/pr/library/2000/jan/19q1results.html

NdT : Les lecteurs francophones pourront lire le communiqué en français annoncant les résultats financiers d'Apple à l'adresse suivante :

http://www.apple.com/fr/pr/resultatsq1.html

Résultats du sondage : en brasse coulée ou en crawl dans l'Aqua. -- Un seul bref aperçu a suffi pour que Aqua, la nouvelle interface de Apple pour MacOS X suscite des commentaires du genre "look rastaquouère" ou bien "une erreur de marketing comme celle que fut la modification de logo de Coca Cola avec son New Coke ". De leur coté, les lecteurs de TidBITS ont apporté leurs réponses au sondage de la semaine dernière, où nous demandions "Que pensez vous de la nouvelle interface pour MacOS X ?" Sur un total de 1 005 réponses, 40 % ont affirmé adorer la nouvelle interface, 34 % ne savaient trop que dire mais trouvaient cela globalement OK, 22 % admettaient être quelque peu inquiet et seulement 4 % ont exprimé un rejet clair et net. Bien que la sortie de MacOS X ne soit prévue que dans six mois au plus tôt, il semblerait qu'un grand nombre d'utilisateurs n'hésiteront pas à se jeter à l'eau... euh, à l'Aqua. [JLC]

Le petit jeu de la semaine : envoyer des pièces jointes vers Windows. -- Il est temps de faire à nouveau un jeu sur la page de TidBITS, et la question de cette semaine à confondu plus d'un petit nouveau (et causé de l'embarras chez bon nombre de vétérans). Généralement, joindre un fichier à un message électronique destiné à un autre utilisateur Macintosh ne pose aucun problème, surtout pour les personnes utilisant des logiciels de la dernière génération. Mais quelle est la meilleure methode d'encodage quand vous voulez envoyer une pièce jointe par courrier électronique à un utilisateur Windows ? Ce n'est pas une question facile et si vous tentez votre chance sur notre page d'accueil, nous vous donnerons la bonne réponse sur la page des résultats. [JLC]

http://www.tidbits.com/


Steve... refais-nous voir tes calculs.

par Adam C. Engst ace@tidbits.com

Moment fort de Macworld Expo à San Francisco, le discours d'ouverture de Steve Jobs a démarré avec une brève présentation chiffrée des résultats de la société, esentiellement des chiffres provenant d'instituts d'études de marché. Ces résultats, soigneusement choisis, n'ont pas été préséntés comme une froide liste de données économiques, mais plutôt comme une justification par Apple de ses stratégies actuelles et de ses choix pour l'avenir. Je vous propose d'y jeter un coup d'oeil, de voir en quoi ils concernent la communauté des utilisateurs Macintosh, et pourquoi Jobs voulait leur assurer une large publicité.

Mais d'abord, pour ceux d'entre vous qui s'étonneraient de cette insistance sur les statistiques lors de Macworld, il faut bien se rappeler que le discours annuel de Jobs attire un grand nombre de journalistes de la presse généraliste, et Jobs sait à quel point le fait de toucher ce public-là est crucial. Pour dire les choses simplement, les chiffres, ça se note facilement, ça reste en mémoire, et les journalistes non spécialisés peuvent donc aisément broder un article à partir de quelques données. Le fait que Jobs ait pris la précaution de livrer des chiffres optimistes sur les résultats de l'entreprise avant toute autre chose visait clairement à susciter des articles positifs dans la presse généraliste. Il y a deux ans seulement, les journalistes avaient l'habitude d'éreinter Apple à chaque occasion ; Jobs veut séduire la presse, et il n'y a pas de meilleure manière pour atteindre ce but que de livrer quelques bons chiffres aux journalistes, surtout lors d'une occasion où, comme à Macworld, ils ne peuvent pas poser de questions ensuite.

Portables et Grand public. -- En premier lieu, Steve Jobs s'est concentré sur le iBook et le PowerBook. Ensemble, ces deux modèles ont représenté 11% des ventes d'ordinateurs en novembre dernier aux USA. Steve Jobs a même mentionné que selon PC Data, le iBook était l'ordinateur portable le plus vendu aux USA durant la période octobre-novembre, mais il n'a pas cité de chiffres spécifiques pour le iBook. Fusionner les données sur les ventes d'iBook et de PowerBook a deux buts. Le premier est d'accentuer la popularité du nouveau portable (à l'encontre surtout des détracteurs de la première heure qui ont critiqué son aspect arrondi et ses spécifications restreintes). Le second est d'affirmer la vitalité de la gamme PowerBook vieille de 8 mois, en réponse peut-être aux rumeurs persistantes qu'un nouveau PowerBook allait être dévoilé à San Francisco même.

En réponse également aux critiques du iBook, Steve à présenté une étude effectuée par Apple qui montre que 56% des iBook achetés sont le premier achat d'ordinateur portable d'un ménage. Ce chiffre réconforte Appple dans sa stratégie de développer un ordinateur portable à l'attention du grand public, marché ignoré jusqu'à présent par les fabriquants, Apple y compris.

Les chiffres présentés lors du rapport financier trimestriel nous permettent d'encore mieux apprécier le tournant pris par Apple : près de 1 377 000 Mac ont été vendus durant son premier trimestre fiscal 2000. Parmi eux, 700 000 iMac et 235 000 iBook. Cela représente un total de 935 000 Mac aux couleurs acidulées ou 68 % du total des ventes. La plus grande part du gâteau (aux pommes) provient donc du segment grand public. Bien sûr, la gamme professionnelle des PowerMac G4 a beaucoup souffert des problèmes d'approvisionnement (Jobs n'a pas présenté d'études sur les ventes de G4) et la gamme des PowerBook G3 est la plus vieille machine de l'assortiment : elle a dû défendre sa peau face à un hypotétique et imminent successeur. Qui sait si le prochain trimestre ne nous réserve pas un retour en force de la gamme professionnelle ? Mais face à l'assiduité d'Apple sur le marché grand public, ce marché qui l'a ramené durablement dans la colonne créditrice, rien n'est sûr !

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05615

Les nouveaux Macintosheux. -- Ensuite, Jobs s'est tourné vers les statistiques présentant le profil des acheteurs de iBook et iMac. 11 % des acheteurs de iBook en étaient à leur premier ordinateur et 17% des acheteurs migraient d'un PC Windows vers Mac. Ces chiffres sont encore plus élevés chez les acheteurs de iMac avec 30 % de premier-achat et 14 % de convertis de Windows. C'est un chiffre qu'Apple aime bien mettre en avant : un quart des acheteurs de iBook et près de la moitié des acheteurs de iMac sont des convertis qui viennent du monde Windows. De plus, Apple prétend que 67% des acheteurs d'iMac déclarent n'avoir jamais envisagé d'acheter un autre type d'ordinateur.

Jusqu'à présent, dans certains articles de presse, on présentait le retour d'Apple comme étant le fruit de l'enthousiasme retrouvé des fidèles du Macintosh, mais vu le fort nombre d'acheteurs de iBook et d'iMac issus des rangs du PC Windows, Apple n'a pas de mal à prouver que, si le dernier carré des fidèles tient toujours, le iMac et le iBook ont attirés des centaines de milliers de nouveaux utilisateurs vers le Macintosh. Cette augmentation du nombre d'utilisateurs est tout bénéfice : elle fait plaisir aux analystes financiers et leurs journalistes ; elle fait un bon papier dans la presse grand public (et laisse entendre aux responsables qu'il ne serait pas mal de consacrer quelques autres articles au Macintosh) ; elle encourage les développeurs de logiciels pour Macintosh et elle rassure les utilisateurs de Macintosh qui craignaient l'isolement.

Quelles fonctions utilisent-ils ? -- Steve Jobs porta ensuite son attention vers l'utilisation des fonctions offertes par les nouveaux Mac, soit : les réseaux sans fil via AirPort et le montage vidéo numérique avec les iMac DV. 16 % des propriétaires de iBook possèdent aussi une carte AirPort. Ce pourcentage est très élevé, puisque les cartes Airport ne sont utilisables que dans un environnement possédant de multiples iBook (ou iMac) ou une base Airport. Malgré la simplicité légendaire de mise en réseau du Mac, Apple n'a presque jamais fait la promotion des fonctions AppleTalk et du partage de fichier personnel, il est très rafraîchissant de les voir faire la promotion de AirPort. Tonya et moi utilisons un iBook en association avec une base AirPort depuis plusieurs semaines. Malgré quelques difficultés embarrassantes dues à la version actuelle du logiciel AirPort, son utilisation crée une dépendance bienheureuse.

D'un autre côté, Steve Jobs a fait mention que 10% des propriétaires de iMac DV avait déjà réalisé un film au format numérique. 22% disaient vouloir le faire dans un avenir proche. Il lui semblait important de nous communiquer ces chiffres. J'ai été toutefois surpris que ce pourcentage soit si bas, étant donné l'accent mis par Apple sur les fonctions DV sans sa promotion. Le seul fait qu'Apple ait cru bon de mentionner que 22 % prévoyaient d'en faire l'utilisation indique peut-être qu'Apple est un peu déçu de ce 10 %.

Ayant eu l'expérience des sondages internes de TidBITS sur le sujet (dans lesquels 75 % des répondants se disaient intéressés ou très intéressés par ces fonctions) et sur les discussions via TidBITS-Talk, je m'attendais à des résultats plus élevé.

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05622
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=814
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05601

Pourquoi des chiffres si bas ? Magré la facilité d'utilisation de iMovie, il faut également disposer d'un caméscope numérique, ce qui n'est pas donné... et les gens qui ont déjà une caméra vidéo analogique peuvent avoir du mal à justifier financièrement l'achat d'un tel appareil après avoir déjà dépensé pas mal d'argent pour le iMac DV. Et même si ce n'est pas le cas, faire du montage vidéo numérique requiert un troisième investissement, le plus cher de tous : avoir le temps de le faire. Prenons notre cas. Nous avons un vieux caméscope JVC utilisant des bandes VHS-C. Comme tous les jeunes parents Tonya et moi faisons des vidéos de bébé. Et bien, c'est plus rapide pour nous d'utiliser le bon vieux caméscope et d'envoyer la cassette vidéo à la famille afin qu'ils se la fassent passer entre eux plutot que de faire un film numérique diffusé via Internet. Bien sur, avec iMovie nous pourrions faire des petits films de bien meilleure qualité... mais nous n'avons déjà presque pas le temps de mettre des _photos_ de Tristan sur sa page web, alors vous pensez vraiment qu'on va trouver le temps de faire du montage vidéo !

D'un autre coté, les nouveaux services offerts par Apple tel que le "iDisk" et l'utilitaire de création de site "iTool" (qui autorise la diffusion de vidéos en flux continu) vont contribuer à éliminer un des obtacles à la diffusion de longues séquences vidéo sur le web : le temps de téléchargement.

Le truc d'aujourd'hui, c'est le Net, coco. -- Jobs a ensuite décliné un certain nombre de chiffres afin de justifier l'accent mis sur Internet dans la commercialisation des iBook et iMac, selon ces chiffres 90% des utilisateurs d'iBook sont connectés à Internet et 70 % ont déjà acheté des produits et des services via le Net. Côté iMac les chiffres sont un peu différents avec 93 % de connectés à Internet - 62 % s'étant connecté dès le premier jour de leur achat de la machine - et 57 % faisant des achats sur Internet. Je suppose que le nombre moins important d'utilisateurs d'iMac qui achètent des choses sur Internet est lié au fait que les personnes qui achètent un iMac sont financièrement moins aisées que celles qui achètent un iBook et qu'ils ont souvent moins l'habitude d'utilser Internet. Après tout 11% seulement des acheteurs d'un iBook sont des novices en matière d'informatique tandis que pour 30% des acheteurs d'un iMac, il s'agit de leur premier ordinateur.

En résumé, ces statistiques sur les relations entre utilisation de l'Internet et la consommation révèlent que, non seulement les propriétaires d'iBook et d'iMac sont a peu près certains de passer du temps sur l'Internet mais qu'ils y dépensent aussi de l'argent. Il se peut que cela incite les analystes de Wall Street à considérer Apple comme étant entrée dans la catégorie désirable des entreprises "point com" (NdT : les nouvelles entreprises d'Internet, très cotées à la bourse), et ce travail de recherche va peut-être aussi encourager de grands sites Webs à concevoir leurs pages pour qu'elles soient agréables à voir autant sur Mac que sur Windows. Je reçois toujours de temps en temps des emails venant de personnes qui espèrent que les statistiques concernant l'usage de l'Internet par l'intermédiaire de Mac aideront à convaincre leurs créateurs Web de rendre les sites plus accessibles pour les utilisateurs de Mac - espérons que ces chiffres joueront ce rôle.

Pour finir, Jobs a aussi fait remarquer que le magasin en ligne d'Apple a réalisé des ventes de l'ordre de 300 millions de dollars US au dernier trimestre, amenant le total annuel à 1 milliard de dollars US. Comme les recettes totales pour ce trimestre étaient de 2,34 milliards de dollars, cela signifie qu'environ 13% des profits d'Apple proviennent directement de l'Internet. J'aimerais bien savoir combien de gens ont acheté leur premier iMac ou iBook par l'intermédiaire de l'Internet (via le magasin Apple), et quels sont les chiffres équivalents chez les amateurs de PCs.

Le Message est le Message. -- Il est temps de passer à confesse : beaucoup de sociétés, notamment les grosses qui investissent pas mal d'argent et d'efforts dans leur promotion, mettent en circulation des "phrases-clefs" pour accompagner le lancement de leurs produits ou autres. Dans les rencontres avec la presse et les présentations au public, le but n'est pas tellement de montrer le produit en lui-même, mais plutôt de vous instiller cette phrase-clef, ce message de façon si profonde qu'il en devient "le mot" intrinsèque, aussi bien dans les médias que chez les utilisateurs. J'ai été dans de nombreuses conférence de presse où j'avais très envie d'interrompre la si-jolie-présentation et de dire : "oui, je comprend que votre but est de proposer le meilleur produit de sa catégorie, celui qui va à la rencontre des besoins des utilisateurs d'aujourd'hui et qui est compatible avec toutes les dernières technologies d'Apple dans toute une variétés de couleurs acidulées. C'est le cas pour tout le monde. Maintenant, pourrions-nous parler des nouvelles fonctionalités de votre programme ?"

Le problème, avec cette approche, c'est que les bons journalistes et les utilisateurs qui réfléchissent un peu aiment bien se faire leur propre opinion et n'aiment pas trop se sentir manipulés. Mais il n'est pas obligatoire que cela ne fonctionne que de cette façon-là. Un publicitaire expérimenté - et s'il y en a un, c'est bien Steve Jobs - comprend qu'une meilleure approche est de proposer des produits bruts sélectionnés avec soin afin de laisser les gens se forger leurs propres opinions. Fournissant des résultats plus détaillés qu'en général, Jobs s'arrange pour guider l'opinion publique vers une direction positive tout en évitant d'asséner de lourds messages subliminaux. Ca semble avoir bien fonctionné - Apple a reçu des revues de presse élogieuses et le bouche à oreille positif fonctionne bien depuis le discours d'ouverture de Jobs.


Prix de la meilleure note de bas de page : Papyrus 8.0.7

par Matt Neuburg matt@tidbits.com

Tout au long de ma carrière universitaire, ce qui m'a paru le plus difficile lors de la rédaction de mémoires, c'est la gestion de la bibliographie. Pour ma thèse, en particulier, cela a été un cauchemar. Comme la plupart des thèses en sciences humaines, ma thèse comportait une critique approfondie des textes existants sur la question, c'est-à-dire un historique complet d'arguments et de contradictions concernant des centaines de questions sujettes à discussion. J'avais une énorme collection de grandes fiches percées de trous à la périphérie. Avec une poinçonneuse en forme de V et quelques aiguilles à tricoter, j'arrivais à retrouver les textes de référence portant sur telle ou telle question. Il fallait aussi que mon manuscrit suive très précisément les règles officielles de formatage pour les notes de bas de page et les citations, de peur que le terrible "secrétariat aux thèses" rejette le tout pour des raisons purement formelles.

J'aurais vraiment pu tirer profit d'un programme comme Papyrus de Research Software Design.

http://www.rsd.com/

Je n'avais jamais utilisé de logiciel commercial de gestion de bibliographie auparavant, alors, avant de me mettre à étudier Papyruys, je me suis mis à imaginer le système idéal qui m'aurait aidé dans mon travail de thèse et dans mes autres travaux écrits et j'ai décidé qu'il devrait avoir les caractéristiques suivantes :

Papyrus fait tout cela, et ajoute une cinquième fonction, qui de toute évidence est très utile dans cet ère de l'ordinateur, mais qui ne m'était pas apparue :

Je présenterai Papyrus en détail en fonction de chacun de ces aspects :

La base de données. -- La base de données de Papyrus est absolument splendide. L'interface est claire et intuitive, tournant autour de deux principaux types de fenêtres : la Référence (Reference), où vous éditez les références individuelles, et le Groupe (Group), qui liste un sous-élément des références enregistrées. Il a une utilisation très puissante d'objets tel que le glisser-déposer, le double-clic dans une fenêtre pour ouvrir une fenêtre liée, la navigation au clavier et d'autres convenances fort bien implémentées trop nombreuses pour être mentionnées.

Papyrus sait quels champs sont liés à chaque type de matériel (un livre, un article dans un journal, un article dans un livre, et ainsi de suite), et les présente ingénieusement comme des champs requis, des champs optionnels, et les champs très peu usités sont cachés à moins que vous demandiez leur affichage. Les champs textes utilisent les styles et WorldScript. Vous pouvez ajouter des champs et des types de matériel, mais vous n'en n'aurez probablement pas besoin.

Lorque vous éditez les entrées, l'intelligence de Papyrus vous évite des erreurs et tout travail inutile. Par exemple, il connait les champs qui peuvent se répéter (il peut y avoir plus d'un auteur, par exemple) et place automatiquement un espace pour y ajouter le suivant ; si vous oubliez la virgule dans le champ auteur (parce que vous oubliez que Papyrus attend le nom, une virgule puis le prénom) il le rajoute ; il fait automatiquement la distinction entre le prénom et une première initiale, comprend une prochaine virgule comme un ajout après le nom ("Dumas, Alexandre, Jr."), met les capitales pour vous, et ainsi de suite.

La base de données de Papyrus est vraiment relationnelle, de façon transparente et automatique. Ainsi, par exemple, pendant que vous entrez les références entières, Papyrus regroupe les noms d'auteur dans une structure interne séparée. Ainsi, les données additionnelles peuvent être associées avec un auteur ; de plus, vous pouvez changer un nom et propager ce changement dans toutes les référendces qui l'utilisent. Par ailleurs, cela permet une consultation intelligente : ayant entré un auteur dans une référence, il suffit de taper les premières lettres de ce nom dans une autre référence.

Vous pouvez effectuer des regroupements manuellement ou par l'intermédiaire d'une requête, les groupes et les requêtes pouvant être mémorisés. Encore plus important, puisqu'il est facile de sauvegarder et d'ouvrir un groupe listant une référence de projet, vous avez des chances d'avoir une simple base de données comprenant les références pour tous vos projets - de sorte que vous pouvez tirer profit des capacités relationnelles de Papyrus sur l'ensemble de ces références en une fois. C'est une brillante architecture.

Construire une citation. -- Papyrus établit des citations à partir d'un champ par l'intermédiaire d'un Format, un jeu d'instructions que vous entrez en partie à travers une série de dialogues et sous-dialogues, et en partie grâce à une formule, un algorithme du type de ceux employés avec le langage GREP, décrivant le résultat désiré en sortie. Ainsi, par exemple, pour demander que les auteurs apparaissent dans l'ordre "Nom" "virgule" "Initiales " avec un point et un espace après chacune, il faut répéter un même dialogue en cherchant les options voulues, mais pour demander que cet article apparaisse dans l'ordre "Auteur", point, espace, "Nom du journal en italique", virgule, "Série" (le cas échéant), "Numéro de volume en gras", et ainsi de suite, il faut construire une formule qui ressemble plutôt à une expression telle qu'on les trouve dans le logiciel "Nisus PowerFind". Papyrus est livré avec un grand nombre de formats, correspondants aux différents styles de citation tels que ceux de l'American Medical Association, du Forestry Chronicle, du Chicago Manual, et de Turabian ; on peut utiliser ou modifier l'un des ceux-là, ou construire les siens en partant de zéro.

En principe, c'est assez bon, mais je regrette que les moyens de décrire les résultats finaux manquent de généralité. Paypyrus semble dire qu'il sait mieux que nous ce qu'on veut faire : restez dans ses limitations et tout ira bien. Personnellement, je préfère les programmes qui donnent tout pouvoir à l'utilisateur. Le problème provient de trois causes :

Intégration avec les Traitements de Texte -- A un niveau élémentaire, Papyrus peut dialoguer avec pratiquement tous les traitements de texte du marché. Il est possible de copier/coller ( ou glisser/déposer) une référence bibliographique dans un document de traitement de texte. On obtient une référence dans un format déterminé. Et l'on peut exporter tout un groupe de références dans un format donné, comme MacWrite ou RTF, que la plupart des traitements de texte savent importer.

Mais si votre traitement de texte est Nisus Writer ou Microsoft Word, qui sont tous les deux scriptables, Papyrus se montre beaucoup plus puissant. Votre document peut contenir des abréviations pour les références, comme : [[6]], qui signifie "la référence numéro 6". Lorsque vous avez terminé la rédaction, Papyrus examine automatiquement votre document, et construit, sur la base de ces abréviations, la table des citations et la bibliographie. Par exemple, si [[6]] signifie "ma traduction de Lysistrata", alors Papyrus y substituera "(Neuburg 1992)" (NdT : Lysistrata... on voit bien que Matt est de la même famille que Monique...), et incluera la citation entière dans la bibliographie qui s'y rapporte. Dans mes tests, cela fonctionnait plutôt mieux avec Word qu'avec Nisus Writer.

Tout ceci est bien mignon, mais ce n'est pas suffisant. Et si vous rencontriez des bugs dans l'algorithme de substitution de Papyrus, ou dans ses capacités à scripter les traitements de texte (ce fut mon cas) ? Et si vous utilisez un autre traitement de texte, tel qu'AppleWorks ? Pour être tranquille, vous pouvez contourner de tels problèmes manuellement. Vous pouvez simplement exporter toutes vos références au format désiré, et les réintégrer dans votre projet. Mais ce serait une bien meilleure solution que Papyrus lui-même soit scriptable. On pourrait alors, par exemple, écrire un AppleScript ou un script OneClick qui examine le numéro dans la sélection actuelle, demande à Papyrus la citation pour ladite référence dans un format donné, et colle le tout dans votre document - ce qui revient concrètement à créer votre propre mécanisme d'intégration là où Papyrus n'y arrive pas.

Mais scriptable, Papyrus ne l'est pas - ce qui est d'autant plus ironique que la documentation de Papyrus se plaint en long, en large et en travers du manque de scriptabilité d'AppleWorks. Une fois encore, au lieu de s'ouvrir aux commandes de l'utilisateur, Papyrus s'approprie les commandes et pilote les autres logiciels par le truchement de scripts obscurs, que l'utilisateur ne peut voir, modifier ou contourner.

Prendre des notes. -- D'un autre côté, Papyrus est extrêmement prometteur en tant que logiciel de prise de notes, notamment à cause de la puissance de son outil de formulation de requêtes. Chaque référence peut être associée à des mots clefs multiples, et l'on peut définir des relations entre les mots clefs et entre les références entre elles et utilisers ces relations dans les requêtes. Ainsi vous pouvez définir une relation qui "contredit" une référence et ensuite faire une recherche qui ne vous renvoie pas seulement toutes les références répondant au mot clef (par exemple) de "déterminisme" mais aussi toutes celles qui contredisent cette référence. Cette fonctionalité remarquable qui permet de reconstituer la structure d'une argumentation contradictoire me rappelle le regretté logiciel MacEuclid, un logiciel pour leque je désespérais de voir un jour surgir un digne héritier.

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=02832

Malheureusement, cette même fenêtre, si pratique pour saisir de courtes citations est peu pratique pour saisir des phrases dépassant une ou deux lignes. De plus, il n'y a aucune véritable fonction d'hypertexte, permettant de créer des liens d'une phrase vers une autre. En conséquence je trouve Papyrus encore trop inconfortable pour prendre des notes, surtout quand on le compare avec un outil spécialisé comme "Palimpsest", voir un simple organisateur d'idées tel que MORE, Word ou PowerPoint. Papyrus aurait besoin qu'on revoie entièrement l'interface de son utilitaire de prise de notes ; et il ferait bien de s'inspirer de logiciels tel que MORE, Helix, ou In Control, par exemple en permettant qu'un champ de note soit un lien vers un fichier crée dans une autre application. Encore une fois, dans son refus de prendre en compte l'existence d'autres logiciels et de collaborer avec eux, Papyrus semble vouloir dire que non seulement il sait bien mieux que vous comment il faut faire les choses mais qu'en plus LUI sait mieux que vous ce que VOUS voulez faire.

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=00752
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=02381
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=02443

Importation de références. -- Papyrus sait importer automatiquement des références bibliographiques dans ses champs de saisie ; mais cette fonction d'importation utilise à nouveau les fonctions "Format" du logiciel et souffre donc des mêmes défauts. Par exemple, le langage de saisie de références (qui est le même que le langage d'exportation ce qui me parait être une décision étrange de la part des concepteurs), n'offre pas de formules du type "ou/ou" ni "réponse approchante". Une véritable commande Grep eut été vraiment utile ici (NdT : La commande Grep recherche un chaîne de caractères dans un fichier et affiche les lignes où cette chaîne apparaît) ; le Grep de Nisus Writer sait remettre une référence bibliographique en forme canonique bien mieux que Papyrus.

Les détails à soigner. -- Papyrus est un logiciel superbe, avec des qualités certaines de fiabilité, d'originalité, d'ingéniosité et de simplicité. Son apprentissage s'avère simple, et les manuels papier qui l'accompagnent sont parmi les meilleurs qu'il m'ait été donné de voir ; L'aide en ligne de même que les bulles d'aide sont très bien conçues. Je n'ai pas eu la place ici de parler des nombreuses et excellentes fonctions qu'il recèle. Certes ma bibliothèque contient des livres qui poseraient des problèmes aux styles bibliographiques acceptés par Papyrus, mais c'est vraiment un problème mineur. Quand on a un travail bibliographique à faire, des corrections de dernière minute sont inévitables. Si vous conservez beaucoup de références de textes, si vous produisez des textes où les citations bibliographiques en formats standards abondent, et si vous utilisez Microsoft Word, vous devriez essayer Papyrus.

Mais malgré toutes ses excellentes fonctions, Papyrus n'est pas l'outil de gestion bibliographique de mes rêves. Au cours de mes tests de Papyrus, j'ai constaté qu'il lui manque une qualité générale importante, c'est à dire l'ouverture aux autres logiciels et la possibilité de programmation que je recherche pour mes outils de travail quotidiens. Après tout, un logiciel de bibliographie est essentiellement une base de données, et j'ai déjà plusieurs logiciels de ce type, de même que d'autres outils, qui sont pilotables par le biais de scripts, et que je peux utiliser pour mettre au point un outil de gestion de références bibliographiques parfaitement personnalisé. Pour le moment, je dirais que c'est un peu un coup de pile ou face pour décider si Papyrus me fera renoncer à mes outils habituels. Mais quand Papyrus offrira un langage de formatage plus évolué, quand l'interface de prise de notes sera améliorée et que le logiciel sera scriptable et renoncera à sa philosophie restrictive quant à la liberté de l'utilisateur, je deviendrai certainement un accro.

Papyrus coûte 90 US$ ou 140 US$ avec les manuels. On peut télécharger une version de démonstration gratuite qui est limitée à 200 références. Le Système 7.0 ou supérieur est requis, et le logiciel occupe à peu près 11 Mo d'espace sur le disque dur (20 Mo avec la totalité de l'aide en ligne).

http://www.rsd.com/Mac.html


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