Quels sont les effets d'Internet sur les petits enfants ? Positifs ou négatifs ? Cette semaine, le docteur John Laurence Miller, spécialiste du développement infantile nous propose son analyse en la matière. De son côté, Jeff Carlson teste pour vous les services d'imprimerie via Internet. À la rubrique nouveautés, Apple propose une remise pour MacOS X et met en vente les nouveaux PowerBook G4 Titanium selon le calendrier prévu. Enfin Chuck Shotton ressuscite son vénérable logiciel serveur pour Macintosh, MacHTTP.
Sommaire :
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Ce numéro est traduit de l'américain par:
Apple offre un rabais aux testeurs de la version bêta de MacOS X. -- Apple a agréablement surpris son monde en envoyant un courriel aux acheteurs de la version Public Beta de MacOS X pour leur proposer un rabais de 30 US$ ( ce qui représente le prix qu'ils ont payé pour acquérir le système) sur MacOS X lors de son lancement le 24 mars prochain, ce qui ramènera le prix à 100 US$. Pour bénéficier de ce rabais, il faudra pré-commander le logiciel système sur l'Apple Store en passant par un lien Internet contenu dans le courriel et ce lien n'est valable que pour un seul acheteur, pour une seule licence MacOS X, et seulement jusqu'au 14 mars 2001. Malheureusement, le message au format HTML ne s'est pas affiché chez moi dans Eudora ; d'autres logiciels de courrier pourraient avoir le même problème. Si l'image correspondant au lien ne se matérialise pas dans le message que vous avez reçu, affichez le code-source du message et suivez le lien store.apple.com. Dans Eudora, on peut visualiser le code-source en utilisant le bouton "Blah", ou en choisissant dans le menu Fichier le choix "Visualiser dans un Navigateur". Voilà à quoi s'exposent tous ceux qui envoient des messages au format HTML, et si mes lecteurs cherchent à s'assurer une lisibilité universelle sur toutes les plate-forme, ils feraient bien d'en rester au bon vieux format texte.[ACE]
Des PowerBook G4, mais au goutte à goutte. -- Apple a commencé à livrer des PowerBook G4 Titanium à ses clients impatients, bien qu'il soit encore difficile d'avoir des informations précises sur les dates de livraison. Aux alentours du 22 janvier, Apple annonçait à ses clients que les PowerBook seraient livrés quarante-cinq jours après la date de la commande. Avant ça, Apple parlait de vingt et un ou trente jours. Mais, bonne surprise, la semaine dernière beaucoup de clients ont vu leurs PowerBook arriver, les premiers livrés étant ceux qui avaient commandé le plus tôt. Il semble qu'Apple fasse envoyer les premières machines directement depuis le fabricant à Taiwan pour que les PowerBook arrivent plus vite dans les mains des clients et que la promesse de Steve Jobs, qui avait parlé de livraisons dès fin janvier, puisse être tenue. Des nouvelles encourageantes, donc, puisque une des principales faiblesses d'Apple ces dernières années a été son incapacité de satisfaire la demande lors de la sortie de nouveaux produits. (voir "PowerBook Titanium Burns Bright" dans TidBITS-563). [JLC]
http://www.apple.com/powerbook/
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06269
Chuck Shotton ressuscite MacHTTP. -- Chuck Cotton, l'auteur du premier serveur web pour Macintosh, insuffle une nouvelle vie à ce bon vieux MacHTTP, logiciel qui fut naguère un précurseur en matière de serveurs Mac et l'offre gratuitement à la communauté Mac. Jadis, quand Internet en était encore aux balbutiements, Chuck avait bâti son expérience avec MacHTTP, expérience qui lui fut précieuse quand il partit chez StarNine collaborer au serveur WebSTAR - racheté depuis par la société ACI-4D. Chuck a quitté StarNine il y a quelque temps pour se consacrer à sa propre société, BIAP Systems, dont le produit phare est "GOtrieve", un logiciel de recherche automatisée d'informations. Il a néanmoins trouvé le temps de réaliser une mise à jour de MacHTTP, nouvelle version qui résoud certains problèmes de performances mais surtout qui est diffusée sous une nouvelle licence : son utilisation non commerciale est désormais gratuite. Le serveur web MacHTTP n'apporte pas des performances de haut niveau ni les fonctionnalités poussées de produits comme WebSTAR ou WebTen (de la société Tenon). Mais voilà, il est gratuit, la plupart d'entre nous n'a pas besoin de si grandes performances, et c'est finalement sympa de retrouver ce vieil ami qui a autrefois gagné le prix "Apple Cool Tools". Chuck envisage même de mettre MacHTTP en licence Open Source. Vous pouvez télécharger MacHTTP2.3 (498 Ko) sur le site web MacHTTP.Org [ACE]
http://www.machttp.org/
http://www.webstar.com/
http://www.biap.com/
http://www.tenon.com/products/webten/
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=01799
par Jeff Carlson jeffc@tidbits.com
Il était temps que je change de carte de visite. Bien que mon adresse professionnelle ait changé mi-1999, je m'en suis tiré en donnant des cartes de visite TidBITS avec l'adresse et le numéro de téléphone barrés. Je me suis rendu compte que les informations importantes étaient mon adresse électronique et l'adresse web, alors à quoi bon réimprimer des cartes ? De plus, la plupart de mes correspondances ont lieu par téléphone ou en ligne, alors j'utilise mes cartes de visites surtout dans des salons professionnels, où je les donne à des gens qui les empochent sans les regarder et qui, une fois rentrés chez eux font comme moi et les perdent dans une grosse pile de cartes de visite. Mais TidBITS est seulement une partie de ma vie professionnelle, alors je ne peux pas donner une carte TidBITS lorsque je me présente sous une autre casquette.
J'ai toujours apprécié les cartes de visites du point de vue artistique : comment les gens font-ils pour rendre unique une chose si ordinaire ? Comment pourrais-je rendre ma carte de visite assez originale pour que quelqu'un (peut-être un prospect) en fasse un autre usage que de la lancer sur une pile de cartes de visite impersonnelles. Encore plus important, comment le faire à moindre coût ? Et pour faire le difficile, comment le faire en ligne avec un minimum de complications ? Je ne peux pas parler objectivement de l'originalité de ma carte de visite (bien que j'aie été complimenté sur ce point), mais je dois dire que le processus a été plus facile abordable et rapide que j'avais escompté.
Le grand style. -- Avant de me lancer dans les détails de l'endroit où je les ai fait imprimer et combien cela m'a coûté, j'ai besoin de vous décrire brièvement le visuel de ma carte de visite pour vous donner une idée de quoi nous parlons. En refondant mon site Internet, j'ai fait une première ébauche du visuel de ma carte de visite pour "Never Enough Coffee Creations". Elle est composée de deux bandes de couleur, noir et jaune moutarde, qui prennent toute la largeur de la carte. Elle comporte également mon logo, une tasse de café en couleur avec une ombre portée (un élément important pour moi mais qui pourrait poser quelques problèmes en raison des teintes sombres de l'image) Enfin, la carte contient le texte de mes coordonnées, en police Adobe Minion et Adobe Myriad.
http://www.necoffee.com/tidbits/necc_bizcard.html
Ce n'était pas mon premier essai d'impression de cartes de visite : la première fois, il y a de cela plusieurs années, j'en avais fait faire en une seule couleur. Elle me coutèrent les yeux de la tête et le résultats fut en dessous de mon attente. Cette fois-ci, j'étais prêt à dépenser un peu plus pour avoir des cartes en couleur et qui correspondent exactement à ce que je voulais. Finalement il n'en fut rien, je m'en sortis gagnant autant au niveau de la qualité que du prix.
Je pose mes cartes -- J'ai remarqué que tous les types de service, de l'imprimerie à la plomberie, donnent de meilleurs résultats si on expose explicitement ses besoins, et d'autant plus quand la concurrence dans le domaine est rude. Dans mon cas, un collègue de bureau, l'illustrateur Jeff Tolbert, s'était récemment fait imprimer des cartes de visites et me conseilla Copy Craft, un imprimeur texan.
http://dir.yahoo.com/Business_and_Economy/Business_to_Bus iness/Printing/Business_Cards/
http://www.copycraft.com/
http://www.jefftolbert.com/
Copy Craft facture 100 US$ pour mille cartes en quatre couleurs, imprimées en résolution 300 ppp (dpi) à l'encre résistante à l'eau sur du papier glacé cartonné de type 10 point C1S Super Premium Kromekote. Vous paierez un peu plus cher si vous souhaitez imprimer quelque chose au verso, ajouter une photo numérisée ou choisir un fond de couleur s'alliant avec les styles de polices utilisés. Les prix de Copy Craft sont basés sur l'envoi d'un original directement utilisable ; si leurs techniciens doivent, pour une quelconque raison, apporter des modifications à votre planche, un supplément vous sera facturé.
Comme d'autres membres de l'équipe TidBITS, je suis toujours à l'affût de services offerts sur le web qui permettent de gagner du temps et de ne pas se casser la tête. Bien que Copy Craft soit basé au Texas, la seule chose que j'eus à faire fut de fournir un fichier lisible et imprimable par leur machines. Cela m'épargna la besogne de me ballader en voiture en ville, de parcourir l'annuaire des imprimeurs et de rassembler et comparer les devis.
Il fallait ensuite résoudre le problème suivant : quel type de fichier créer ? J'ai supposé qu'ils seraient capables de traiter les fichiers provenant de n'importe quel programme moderne d'édition. En vérifiant leur FAQ, j'ai pu vérifier que c'était bien le cas. La maquette visuelle posait toutefois quelques problèmes. J'avais commencé par dessiner la carte en utilisant Freehand de Macromedia, ce qui me permettait de manipuler facilement les caractères en gardant la précision des tracés vectoriels. J'avais également créé deux larges bandes colorées et importé le fichier TIFF de la tasse de café qui me sert de logo. Malheureusement, en vérifiant le rendu général au format PDF (une méthode de vérification de plus en plus efficace), je me suis aperçu que le noir du logo ne correspondait pas au noir du fond, et que les bords de l'image TIFF se voyaient.
http://www.copycraft.co m/troubleshooting.html
Grâce à une solution orginale, j'ai réussi à simplifier la suite des opérations. J'ai reconstruit la carte sous Photoshop 6 et j'ai ainsi pu masquer les zones du logo qui devaient être complètement noires. En les montant sur une couche au-dessus du fond noir, j'ai pu les superposer au fond et ainsi en estomper les bords. Encore mieux, grâce à Photoshop 6 et à ses contrôles typographiques, je pouvais manipuler le texte comme je le voulais car, par défaut, Photoshop 6 considère le texte comme un objet vectoriel.
http://www.adobe.com/product s/photoshop/
Après avoir mis le texte en place, avec une couche par section, j'ai utilisé la commande "Convertir en tracé" de Photoshop (cette commande se trouve dans le sous-menu "Options de palette" du menu "Couche"). Ainsi, le texte, bien que traité comme une image, était calé dans un mode de rendu vectoriel, ce qui permettait une impression contrastée et sans pixellisation. En plus, il n'était plus nécessaire d'envoyer les polices avec le fichier ou d'exporter toute l'image au format EPS (PostScript encapsulé).
Pour adapter le fond perdu de l'arrière-plan, j'ai agrandi la taille de l'image d'un huitième de pouce sur tout le pourtour. J'ai également éclairci le logo en ajustant les niveaux sur le calque du logo (une modification de couche adapte l'apparence d'un calque virtuel sous le calque source sans changer les valeurs du calque original). Enfin, je me suis assuré que les autres spécifications requises par Copy Craft étaient en ordre, comme les paramètres d'encre d'impression en SWOP (couché), et converti le fichier aux couleurs CMJN.
http://www.copycraft.com /printquestions.html
Après vérification avec un de leurs vedeurs que Jeff Tolbert m'avait recommandé, j'ai pu envoyer le fichier au format Photoshop à Copy Craft (vous devez travailler avec un vendeur pour placer une commande, mais ce n'est pas du tout fastidieux de traiter avec un commercial : j'ai juste échangé quatre ou cinq courriels avec lui et les réponses à mes questions arrivaient sans tarder).
Épreuves ou audace. -- Les cartes de Jeff Tolbert furent d'abord imprimées trop sombres, aussi ai-je décidé de dépenser 35 US$ de plus pour obtenir une épreuve à sublimation. Copy Craft propose aussi une épreuve PressMatch pour 50 US$. J'ai envoyé mon fichier sur le serveur FTP de Copy Craft et ai reçu l'épreuve quelques jours plus tard.
Même si la qualité de mon épreuve bon marché n'était pas terrible, elle n'était pas trop éloignée du produit fini. Cela m'a aidé à déterminer que je devrais un peu éclaircir ma tasse de café, mais aussi non, ce ne serait pas aussi utile. Le jaune moutarde de l'arrière-plan n'était pas aussi dense que la carte finie, et le texte était étriqué. La couleur jaune n'était pas vraiment un problème pour moi, puisque j'arrivais encore dans les coloris que je souhaitais. Néanmoins, si vous êtes pointilleux sur la précision des couleurs, je vous recommande l'épreuve de meilleure qualité (comme que je n'en ai pas commandé, je ne peux répondre a priori pour sa précision ; mais l'épreuvage PressMatch à tendance à être de loin plus précis que l'impression à sublimation). Après avoir éclairci quelque peu le logo, j'ai téléchargé le nouveau fichier via FTP et croisé les doigts.
Cinq jours plus tard, mes cartes arrivaient, comblant mes attentes. Par coïncidence, TidBITS a imprimé des nouvelles cartes plus ou moins en même temps, et donc j'ai maintenant de nouvelles cartes TidBITS - avec la bonne information de contact. Mon seul problème est maintenant de savoir comment écouler 1000 cartes ! Si vous me rencontrez à la prochaine MacWorld Expo, je vous en prie, insistez pour m'en demander une douzaine.
par John Laurence Miller jlmny@erols.com
Internet est-il un endroit sûr et sain pour les enfants ? Beaucoup de parents ont peur que non.
Beaucoup d'entre nous pensent la même chose que Tonya Engst quand elle mentionna récemment dans un article de TidBITS les "sentiments mitigés" face aux "potentiel d'immersion d'enfants (et adultes) dans certains sites web, jeux vidéo mais aussi de la télévision" (voir "Parenting with a Net" dans TidBITS-556) Son attention a été attirée par un rapport de l'Académie américaine de pédiatrie (American Academy of Pediatrics) recommandant que les enfants de moins de 2 ans ne soient pas exposés à la télévision. Un autre débat est né par ailleurs suite à la publication d'un rapport largement distribué et intitulé "Fool's Gold : A Critical Look at Computers in Childhood." [NDT : Poudre aux yeux : un regard critique sur l'impact de l'ordinateur sur la prime enfance].
http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06211
Pour un certain nombre de raisons, je m'intéresse énormément aux questions que Tonya soulève. La plus importante d'entre elles est personnelle - j'ai une fille et je suis concerné par les effets induits que peut avoir une éducation dans une famille où les deux parents sont de gros utilisateurs d'Internet. J'ai aussi un intérêt professionel, ayant passé une bonne partie de ma carrière comme spécialiste du développement infantile. De plus, je travaille actuellement en tant que Directeur de l'Apprentissage dans une grosse entreprise Internet dédiée aux enfants et mes responsabilités m'obligent à définir du contenu et veiller au maintien d'un certain niveau de qualité pour CleverIsland.com, notre site web. Je dois m'assurer que notre site est réellement sûr et offre aux enfants entre trois et huit ans une véritable expérience éducationnelle.
Tout ce qui brille n'est pas d'or. -- C'est dommage que beaucoup de gens n'aient lu que le rapport "Fool's Gold" et aucun autre projet de recherche sur les ordinateurs et les enfants. Le rapport "Fool's Gold" insiste longuement sur les méfaits de l'utilisation d'ordinateurs par les enfants - bien plus qu'aucun autre article qui a attiré l'attention des médias. Certaines de ses affirmations sont choquantes. Par exemple il prétend que les ordinateurs posent un grave problème de santé pour les enfants, qu'ils entravent le développement intellectuel des jeunes enfants et qu'ils détournent les enfants de l'activité physique active. La lecture de ce genre d'affirmations inquiéterait certainement tout parent qui prend ses responsabilités à coeur !
Pourtant, le fait que quelqu'un ait écrit quelque chose ne garantit pas forcément que ça soit vrai. La grande majorité des experts dans l'enseignement primaire et dans le développement infantile considèrent le rapport "Fool's Gold" comme un pamphlet polémique et trouvent que ses conclusions n'ont aucune valeur. Contrairement à ce qu'il prétend, la majorité d'entre nous est persuadée que l'ordinateur représente un outil puissant pour favoriser, et non pas gêner, le développement intellectuel des enfants. En plus, l'atteinte à la santé d'un enfant ou à son développement social paraît minime à la plupart d'entre nous, tant qu'on utilise l'ordinateur d'une manière responsable. Pratiquement tous les conseils d'administration d'écoles publiques et toutes les écoles privées comptent augmenter l'utilisation des ordinateurs par les élèves d'écoles élémentaires, et le gouvernement fédéral des États-Unis attribue 425 millions de dollars chaque année pour aider à mettre ces projets en oeuvre. La grande majorité des experts considèrent cet engagement comme un des développements les plus positifs dans l'enseignement aux États-Unis aujourd'hui.
Est-ce que cet accord pour ainsi dire unanime entre les experts prouve que les soucis exprimés dans l'article "Fool's Gold" sont sans fondement ? Les experts dans tous les domaines ont parfois tort. J'invite donc tous ceux qui s'intéressent à la question à lire l'article lui-même et à analyser l'évidence qu'il présente. Vous trouverez, à mon avis, que les preuves qu'il offre consistent plutôt en citations qu'en données solides, en opinions plutôt qu'en faits. Regardons quelques-unes des questions qu'il pose.
http://www.allianceforchildhood.net/projects/com puters/computers_reports_fools_gold_contents.htm
Le livre ou l'ordinateur ? -- Est-ce que les ordinateurs ont un impact positif ou négatif sur les enfants ? Permettez-moi d'avancer l'idée que la question elle-même est un peu farfelue. Comme le dit le professeur Seymour Papert du MIT - un pionnier dans le domaine des ordinateurs et de l'éducation, le fait même de poser ce type de question trahit une façon de penser "technocentrique". La pensée technocentrique imagine la technologie comme étant une force qui agit de façon autonome sur les enfants --alors qu'elle est une ressource que les gens peuvent utiliser aussi bien à bon qu'à mauvais escient. Il est plus juste de se demander si les enseignants ou les parents utilisent les ordinateurs d'une façon utile ou au contraire dangereuse pour leurs enfants. De même, il est raisonnable de se demander s'il existe de meilleures façons d'utiliser les ordinateurs.
Pour mieux comprendre le côté farfelu de la question, imaginez que quelqu'un vous demande si les livres ont un impact positif ou négatif sur les enfants. Vous voyez immédiatement que la question est absurde. Cela dépend de toute évidence du livre dont vous parlez, de la question de savoir s'il correspond à ce qui intéresse l'enfant et si son niveau de difficulté est approprié.
Nous considérons généralement les livres comme étant quelque chose de positif. Cependant, il existe de nombreux livres que vous ne voudriez pas mettre entre les mains de vos enfants : les livres trop faciles ou trop difficiles, les livres de qualité inférieure ou encore les livres qui traitent de sujets requérant un niveau de maturité plus élevé. De surcroît, les gens qui tirent la sonnette d'alarme au sujet du fait que l'ordinateur a tendance à "couper les gens du monde réel" semblent oublier que la capacité qu'a un livre de couper son lecteur du monde est tout aussi grande, sinon plus. Malgré tout cela, nous ne nous inquiétons pas des dangers de la lecture. Je pense que nous devrions avoir la même attitude vis-à-vis des ordinateurs.
Qu'en est-il des risques pour la santé ? -- Le rapport "Fool's Gold" traite abondamment des risques pour la santé des enfants liés à l'utilisation de l'ordinateur. D'après ce rapport, l'enfant risque de souffrir de microtraumatismes répétés, de fatigue des yeux, d'obésité, d'isolement sur le plan social et - pour certains - de problèmes à long terme dans le développement physique, affectif ou intellectuel.
Que dit la recherche ? Si l'on en croit l'Académie Américaine de Pédiatrie (American Academy of Pediatrics), les enfants passent beaucoup de temps à surfer sur le Net, mais il n'y a pas de recherches effectuées concernant les conséquences de cela, spécifiquement sur les jeunes enfants". L'Académie prévoit de financer la première étude sur le sujet, une modeste investigation de 50 000 US $ d'un an sur les questions relatives à l'utilisation de l'ordinateur et de son impact sur les développements moteurs.
J'apprécierais volontiers un programme de recherche plus ambitieux. 50 000 US$ ne financent pas beaucoup de temps de chercheurs médicaux. Des études plus importantes sont nécessaires si nous souhaitons obtenir des réponses définitives. Pourquoi ne dépensent-ils pas plus ? Il est possible, naturellement, que les pédiatres en tant que profession, vivent encore dans le passé et dès lors défaillent à apprécier les dangers représentés par les nouvelles technologies. D'un autre côté, il est aussi possible que ces risques eux-mêmes ne soient simplement pas aussi importants.
Influence des ordinateurs sur le développement intellectuel. -- Le rapport "Fool's Gold" indique que nous n'effectuons cependant pas assez de recherches sur les effets des ordinateurs sur le développement intellectuel. Qu'est ce qu'il leur faut de plus ? Durant les vingt-cinq dernières années, le rôle des ordinateurs dans l'apprentissage des enfants et leur développement a été un sujet majeur pour les psychologues et les chercheurs en éducation. On a même créé un nouveau champ d'investigation, ordinateurs et enseignement, dédié entièrement à cette problématique. Il y a de nombreuses polémiques sur la façon d'utiliser les ordinateurs dans l'éducation. Mais le fait que cela ait un effet positif ne fait plus question. Dans "Child Development", un ouvrage de référence dans le domaine de la psychologie du développement, les auteurs Michael Cole et Sheila R. Cole débattent de ce sujet et concluent :
"De nombreuses études ont montré que les ordinateurs peuvent avoir une influence positive dans la classe quand ils sont convenablement utilisés. Le challenge, aujourd'hui, est d'apprécier ce potentiel, en faisant un usage efficace de ces nouvelles technologies dans la vie quotidienne de l'éducation de chaque enfant."
Le problème pour réfuter l'affirmation que les ordinateurs empêchent la croissance intellectuelle est de savoir précisément par où commencer. Les arguments sont accablants. Mon ouvrage préféré sur le sujet est la méticuleuse étude de cas par Robert Lawler sur l'apprentissage de sa propre fille, "Computer Experience and Cognitive Development : A Child's Learning in a Computer Culture" (NdT : je ne sais s'il existe une version française du livre, mais le titre signifie : L'expérience de l'ordinateur et le développement cognitif : un apprentissage d'enfant au sein d'une culture informatique). De plus, pour chaque sujet académique (et pour de nombreux sujets non académiques tel que la dactylographie), il est possible de créer un logiciel qui apporte une aide significative aux étudiants. Il existe de nombreux programmes qui aident les enfants à "penser habilement" et aux effets mesurables par les tests de QI. Un bon exemple est la série des CD-Rom "I Spy" produits par Scholastic, qui apprend à développer son acuité visuelle en se conformant aux règles édictées par les tests de QI les plus célèbres.
http://www.amazon.com/exec/obidos/ISBN%3D0470201932/tidbitselectro00A/ >
http://www.scholastic.com/ispy /cdroms/
Pour moi, l'exemple le plus frappant est l'apprentissage des mathématiques par ordinateur. Par nature, un ordinateur est une machine mathématique - mais elle offre aussi à la plupart des enfants pas mal d'occasion de s'amuser. Apprendre les mathématiques sur un ordinateur comble la brèche entre le monde physique concret et le monde abstrait des symboles mathématiques. C'est particulièrement important quand on pense que tant d'enfants sont intimidés par les mathématiques. Je voudrais recommander, comme outil d'enseignement des mathématiques, des logiciels qui utilisent le langage de programmation "Logo" (par exemple le logiciel "Lego Mindstorms") ainsi qu'un certain nombre de CD-Rom - j'aime bien le "Reader Rabbit Interactive Math Journey" (NdT : le voyage mathématique interactif du Lapin Lecteur) produit par The Learning Company - et un certain nombre d'activités mathématiques du site web CleverIsland.com.
http://mindstorms.lego.com/
http://www.learningcompanyschool.com/school/products/imj.htm
Ordinateur contre vie sociale. -- De nombreux parents s'inquiètent du fait que leurs enfants puissent être tellement scotchés à leur ordinateur que cela ne leur laisse plus l'occasion de trouver le temps de jouer avec d'autres enfants. Il y a trois réponses à ces inquiétudes. Premièrement, c'est le problème de toute passion, pas seulement de l'informatique. Très peu d'enfants sont si passionnés par un livre qu'ils passent tout leur temps à le lire alors que leurs parents voudraient les voir jouer dehors. Pas mal d'entre eux passent une grande partie de leur temps à écouter de la musique, et un très grand nombre d'enfants passent la majeure partie de leur temps à regarder la télévision.
Deuxièmement, l'ordinateur peut influencer positivement les contacts sociaux : par le biais du courrier électronique, les enfants peuvent connaître des gens dans le monde entier, et ceci constitue un enrichissement qu'aucun autre média ne permet d'obtenir.
Enfin, si un enfant passe son temps devant un ordinateur, la faute en est souvent aux parents, pas à la technologie. On retrouve ici encore la question du technocentrisme. Les parents doivent prendre la responsabilité de dire à leurs enfants quand il est temps de faire autre chose, comme pour la télévision, les jeux vidéo et les activités similaires.
Quels sont les meilleurs sites pour enfants ? -- Comme Tonya, je suis peu disposé à mettre des enfants de moins de trois ans devant internet, pour une raison bien simple : il faut savoir manipuler une souris pour bien utiliser internet (et parfois même le clavier), et c'est très difficile pour les tout-petits. Une fois qu'ils peuvent se débrouiller sur Internet, il y a un tas de bons sites web que les petits peuvent découvrir. Sachez tout de suite que pour accéder à la plupart de ces sites, il vous faudra télécharger Flash ou Shockwave.
Mon préféré, naturellement, est celui que j'ai participé à créer, CleverIsland.com. Je l'aime surtout car il a un programme ambitieux on peut y faire plus de choses que sur la plupart des autres, avec plus d'interactivité et un graphisme plus élaboré. Ce qui me plait, c'est qu'il parvient à intégrer le plaisir aux objectifs pédagogiques. Enfin, toutes les activités proposées ont une même caractéristique : ce sont des jeux intégrés à une histoire. Un des inconvénients est que Clever Island est un site payant, qui coûte 40 US$ par an et par famille, mais on peut l'essayer gratuitement pendant un mois.
Un autre bon site payant pour les jeunes enfants est Disney Blast. Ce site Disney est le meilleur de tous. Il mêle brillamment musique et animations et propose des jeux vraiment très amusants. Les gamins apprécieront également la présence des personnages familiers propre à Disney [NdT : Picsou ?]. Au revers de la médaille, on peut regretter un déficit dans les objectifs éducatifs, surtout quand on compare à d'autres. Enfin, il n'y a que peu de différence entre la version payante (Disney Blast) et celle gratuite (Disney Go). Disney Blast coûte 40 US$ par an et offre une démonstration de dix jours.
[Disney vient d'annoncer qu'il allait fermer son portail go.com. À ce jour, les autres sites orientés contenus de Disney devraient continuer. Mais l'intégration de Disney Blast dans l'offre Internet de Disney ne reste pas claire. -Geoff]
Il existe aussi bon nombre de sites gratuits de bonne qualité pour les enfants. ALFY.com, un produit de mon entreprise, est probablement le plus facile d'utilisation pour les petits enfants. Il repose entièrement sur les visuels et ne comporte qu'un minimum de texte. Ce qui marche le mieux, ce sont les jeux et les histoires interactives.
J'aime aussi Kids Edge, propriété de Knowledge Universe, un des plus produits pour enfants les plus ambitieux et innovatifs. (Leur division LeapFrog fait un produit appelé LeapPad qui est, à mon humble avis, l'outil le plus amusant qui existe pour apprendre la phonétique aux enfants.) J'aime ce site tant pour ses jeux que pour sa section adultes. On y trouve des discussions sérieuses (pas les platitudes qu'on voit partout) et de bonnes réponses aux inquiétudes des parents.
http://www.kidsedge.com/
http://www.leapfrog.com/
Les activités sur le site gratuit nickjr.com, géré par Nickelodeon (une chaîne de télévision cablée pour les jeunes, NdT), ont tendance à être propres, simples et gentilles. Les enfants de quatre ans les adorent. SesameWorkshop.org (le nouveau nom de Children's Television Workshop) est également très attrayant. Les CD-Rom pour enfants d'âge préscolaire produits par SesameWorkshop sont parmi les meilleurs. Baby and Me, un de leurs CD-Rom, est, à mon avis, le meilleur qui existe actuellement pour l'introduction aux ordinateurs des enfants en dessous de trois ans. Mon seul reproche à SesameWorkshop.org est qu'il n'a pas encore l'imagination étincelante de ses produits hors-web.
http://www.nickjr.com/
http://www.sesameworkshop.org/
http://www.mattelinteractive.com/store/product.asp?OID=4142522&SC=1105647&CID=254
Le potentiel d'Internet. -- À mon avis, la vraie question - sans réponse - n'est pas celle des dangers d'Internet pour les jeunes enfants mais plutôt celle de son potentiel. L'histoire nous a appris que les nouveaux média ont un potentiel énorme pour enrichir la vie des enfants. La révolution du cinéma a permis la création du Magicien d'Oz et de Mickey Mouse. La révolution de la TV a amené la création de Rue Sésame (Sesame Street). Il est certain qu'Internet est aussi révolutionnaire que la télévision et le cinéma. Quand les produits d'Internet seront aussi imaginatifs que ceux de Jim Henson et de Walt Disney, quelle forme auront-ils ?
Le temps nous le dira. Je pense que le meilleur service qu'Internet rendra aux enfants sera en tant qu'outil dans leurs études et comme stimulus de la pensée. Les auteurs du rapport "Fool's Gold" ont absolument tort de dire qu'Internet bloque le développement intellectuel. Bien au contraire, Internet nous donne à tous, enfants ou adultes, un accès sans précédent à tout un monde d'informations et d'idées. Ceux qui montreront aux enfants comment jouir de ces connaissances livreront le potentiel d'Internet à tous ses utilisateurs, quel que soit leur âge.
[Le docteur John Laurence Miller est psychologue de profession, il est directeur pédagogique de la société ALFY, Inc., dont le site est dédié aux enfants. Il enseigne également la psychologie du développement à New York University.]
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