Bon, alors, c'est quoi WebObjects et d'où ça nous vient ce truc-là ? Lisez donc la première partie de l'article de Jonathan Rentzsch qui vous dira précisément ce qu'est cet outil et en quoi il se distingue de ses concurrents sur le marché de la création d'applications pour le Web. Au programme également cette semaine, notre Adam voit rouge en lisant une étude sur " la mainmise du marché" sur l'Internet, et en plus nous vous racontons tout sur les mises à jour IPNetSentry 1.1.1, Rewind 1.2, BBEdit Lite 6.1.1 et icWord 1.2.
Sommaire :
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Ce numéro est traduit de l'américain par l'équipe de traducteurs bénévoles de TidBITS-FR. NOUS CHERCHONS DES TRADUCTEURS !!!!! Ca ne vous prendra que 20 minutes par semaine, vous permet d'amelliorer votre anglais et d'augmenter votre Karma Macintoshien ! Venez rejoindre une bande de joyeux drilles amateurs de bonnes bouffes, bons vins et discussions éclairées ! Jettez un coup d'oeil aux consignes de traduction et contactez le coordonateur de la traduction: Grégoire Seither.
Rewind avance vers 1.2 -- Power On Software a mis à jour son utilitaire à 100 US$ qui permet de revenir à un état précédent du système et des fichiers, en cas de problème ou d'erreur (voir "Macworld SF 2001 Trend: Cool Utilities" dans TidBITS-564). Rewind 1.2 apporte la possibilité de limiter la taille des archives Rewind (l'historique des changements effectués sur les fichiers lors de l'utilisation du Mac), améliore la stabilité des applications qui gèrent la mémoire d'une façon particulière, gère correctement les images disque de Virtual PC 4, et corrige quelques problèmes. Bien que la mise à jour soit gratuite, vous devez fournir votre numéro de série pour télécharger la version complète de Rewind 1.2 comprenant le manuel (un fichier de 7 Mo). Rewind tourne sur Mac OS version 8.1 à 9.1 et requiert au moins 10 % de votre espace disque pour fonctionner. [JLC]
<http://www.poweronsof tware.com/products/rewind/>
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06280>
icWord 1.2 gère les caractères 16 bits -- La récente mise à jour d'icWord 1.2 de Panergy, un utilitaire pour visionner et imprimer les document Microsoft Word, est maintenant capable de lire les fichiers crées par la version Extrême Orient de Microsoft Word, soit les documents en chinois, en japonais, en coréen et tous les langages codés en 16 bits. Parmi les autres ajouts, on note la gestion des sons, l'affichage des notes de bas de page et la lecture des fichiers-texte en Unicode. Panergy a également amélioré la compatibilité avec les graphiques intégrés de Word, l'édition des tableaux et l'espacement des paragraphes. La mise à jour est gratuite et le téléchargement pèse 2 Mo. [ACE]
<http://www.icword.com/>
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06074>
IPNetSentry 1.1.1 trace les intrus -- Sustainable Softworks a sorti IPNetSentry 1.1.1, une mise à jour mineure du pare-feu personnel de la société (voir "Macworld SF 2001 Trend: Personal Firewalls" dans TidBITS-564). Cette version apporte une fenêtre affichant les derniers 32Ko d'événements de l'historique, et la possibilité d'éviter l'écran de démarrage en gardant la touche Commande enfoncée lors du lancement de l'application IPNetSentry Companion. Plus intéressant, IPNetSentry permet, lorsqu'il détecte une intrusion, de retracer un cheminement Internet vers l'adresse IP de l'intrus, ce qui peut faciliter l'identification de l'origine de l'attaque. Le retraçage du cheminement Internet est effectué par le biais d'IPNetMonitor, un autre outil de Sustainable Softworks. Bien que la mise à jour d'IPNetSentry soit gratuite, IPNetMonitor coûte 30 US$, mais il est aussi inclus dans quelques offres spéciales à prix promotionnel. IPNetSentry 1.1.1 est un téléchargement de 1,2 Mo et requiert Mac OS 7.6.1 et Open Transport 1.0 au minimum ainsi qu'un Mac PowerPC. [ACE]
<http://www.sust works.com/site/prod_ipns_overview.html>
<http://www.sustwork s.com/site/prod_ipmonitor.html>
<http://www.sustworks.com/si te/bundles.htm>
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06281>
Les bogues de BBEdit Lite sont corrigés dans la version 6.1.1 -- Bare Bones Software vient de sortir BBEdit Lite 6.1.1, une mise à jour destinée à corriger les bogues de leur éditeur de texte gratuit. BBEdit Lite 6.1.1 se rappelle maintenant des modifications apportées à la police par défaut, tient compte des options de recherche à travers plusieurs fichiers, permet le défilement dynamique sous MacOS 8.1 ou plus ancien, améliore les performances du Presse-papier sous Mac OS X et élimine un problème de plantage lié à la commande de retour à la ligne forcé. Cette mise à jour est téléchargeable sous forme d'un fichier de 4,3 Mo; elle nécessite un Mac Power PC. [ACE]
<http://www.barebones.com/products/bbedit_lite.html>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06448>
par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>
Récemment, Jupiter Media Metrix affirmait dans un rapport provocant daté de Mars 2001 que 50% du temps passé en ligne aux Etats-Unis (aussi bien au travail qu'à la maison) était consacré a la viste de sites de seulement 4 sociétés. Il y a deux ans, en 1999, 11 compagnies se disputaient la même part de marché. Ce qui est encore plus provocant, c'est que les sociétés qui accaparaient 60% du temps passé en ligne n'étaient que 14 en mars 2001, contre 110 en mars 1999.
<http://www.jup.com/company/pressrelease.jsp?doc=pr010604>
Les quatre sociétés les plus visitées sont AOL Time Warner (32%), Microsoft (7,5%), Yahoo (7,2%), et Napster (3,6%). Du point de vue d'un observateur étranger à ces mammouths de l'Internet, je trouve ce rapport troublant à cause de ses conclusions implicites. J'en arrive finalement à une conclusion diamétralement opposée à celle du rapport, ce dernier prétendant qu'il est possible de dominer le marché Internet.
Conclusion n. 1: tout le temps passé en ligne à la même importance -- Dans le résumé du rapport, Jupiter Media Metrix n'explique pas la méthodologie employée mais une note permet de deviner à quel point les minutes passées en ligne ne sont pas comparables. Le pourcentage d'AOL Time Warner semble extrêmement élevé, mais cela s'explique par le fait que les deux tiers de ce temps est utilisé dans des technologies propriétaires telles que l'email et la messagerie instantanée. Si on supprime ce temps, AOL Time Warner reste en tête du classement mais son pourcentage passe à 10,7%. Aucune des autres sociétés n'exerce le même genre de contrôle sur les communications pour pouvoir inclure celles-ci dans le calcul (à l'exception de Juno, une société de moindre calibre qui offre un service d'email propriétaire). Le rapport n'explique pas non plus si oui ou non l'email standard et la messagerie instantanée non-propriétaire sont pris en compte dans le calcul du temps passé en ligne. En ce qui me concerne par exemple, je passe beaucoup plus de temps dans Eudora que dans n'importe quelle autre application Internet.
En fait, dès que vous commencez à penser à ce qu'est une "minute-utilisateur" vous pouvez vous demander pourquoi Napster est inclus là-dedans de toute façon. En ajoutant les gros fichiers MP3 aux très nombreux utilisateurs du Net qui utilisent encore des modems, vous pouvez vous rendre compte à quel point ces minutes-utilisateurs sont nombreuses sur Napster. S'il est raisonnable d'inclure les temps de connexion passés sur AOL Time Warner dans le calcul, vu qu'AOL utilise un logiciel propriétaire ce qui leur permet de balancer de la pub ou d'affecter l'utilisation de l'internaute dans sa globalité, la majeure partie de l'utilisation de Napster, d'un autre côté, ne se fait certainement qu'en arrière-plan, invisible et ignorée jusqu'à ce que le téléchargement soit fini.
Conclusion n. 2: Les Internautes ne sont que sont des moutons connectés. -- TidBITS existe au départ pour aider à transmettre l'information entre les acteurs individuels qui composent la communauté Internet Macintosh. Ce qui veut dire l'interaction constante entre nos lecteurs, qui sont des êtres intelligents, intéressants, ayant choisit de passer du temps à lire et à répondre à nos articles. C'est un échange constant et, bien que notre système éditorial serait certainement à revoir si nous avions des millions de lecteurs, je suis toujours en train de pleurer lorsque je vois des expressions du style "contrôle de la minute-utilisateur" ou "rentabiliser l'utilisateur".
L'implication sous-jacente à ce rapport semble être que l'utilisateur n'aurait pas de choix quant à ce qu'il fait, qu'il serait forcé d'utiliser les services des quatre gros. J'utilise pas mal Yahoo, mais c'est parce que j'apprécie les services offerts par Yahoo ainsi que le design ergonomique, pas parce que Yahoo m'aurait de telle ou telle façon rendu otage de ses services. En fait, mon impression est que les internautes sont incroyablement inconstants et qu'il ne faudrait pas beaucoup de temps pour que n'importe lequel de ces quatre-là descende vite fait de son piédestal dans le classement. Napster est déjà en train de subir cette descente actuellement, à cause de sa première défaite dans la bataille légale qui l'oppose à l'industrie du disque, parce qu'il a réduit la quantité (et l'accessibilité) des médias très populaires qui étaient auparavant disponibles à travers leur service. De plus, d'autres services sont en train de remplir rapidement la place laissée vacante par le retrait de Napster.
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06346>
Pour quiconque évoluant dans la filière média de l'internet, je replacerai le contexte entier en termes de besoin de gagner de l'argent et de garder la fidélité des utilisateurs en-ligne. Il y a certainement des moyens d'encourager les internautes à n'utiliser que les services d'une société unique, allant de l'interface propriétaire d'AOL à la technologie "push" de Microsoft sur les bureau de Windows [MSN], mais, au fond, tout cela revient à devoir proposer des services de qualité ayant de véritables attraits pour les utilisateurs.
Conclusion n. 3: Le reste d'Internet est inintéressant -- Qu'en est-il des minutes des utilisateurs qui ne sont pas "contrôlées" par ces 14 sociétés ? Ils n'en font même pas mention dans le rapport, et pourtant, je serai prêt à parier que si vous demandiez aux gens ce dont ils se rappellent d'une session en ligne, il y plus de chances que ce soit un message électronique personnel, ou une page ou un service web inhabituels , et non le portail insipide qui donne la météo du jour. Ce qui différencie Internet des autres véhicules de médias de masse c'est qu'il est extrêmement profond. Pensez combien la télévision, la radio, les films, et même les livres, les logiciels et les magazines sont superficiels. Dans ces autres sphères, il y a relativement peu de producteurs et les barrières à la production restent hautes. En théorie, une telle situation laisse le marché créer de la qualité, mais comme nous l'avons vu, cela signifie au contraire que le marché fait valoir seulement le plus petit dénominateur commun.
Ceci n'implique pas que le contenu indépendant soit bon, car la plupart ne l'est pas. La loi de Sturgeon prétend que 90% des nouvelles de science fiction sont débiles, mais en fait cette loi peut s'appliquer à tout le reste: 90% de n'importe quoi est débile. Etant donné le nombre limité de chaines de télévision, si 90% des émissions de télévision sont débiles (une estimation optimiste) alors les 10% d'émissions intéressantes restantes ne représentent pas grand chose. Par contre, dans le cadre d'Internet, étant donné la taille de l'océan de débilité, même 10% représentent encore une masse impressionante de contenus intéressants.
Dans le débat récurrent qui oppose "qualité" à "quantité", le point de vue ci dessus est important. Le simple fait qu'il y a une quantité énorme de sites Internet représentent une garantie contre l'uniformisation des contenus et la perte subséquente de qualité, contrairement aux autres médias où les nombreux obstacles matériels interdisent souvent au plus grand nombre l'accès à la publication.
Conclusion n. 4: Les monocultures de l'information sont positives -- Y-a-t-il des leçons à tirer du rapport de Jupiter Media Metrix ? Oui mais pas celles auxquelles les auteurs pensent. Ils montrent qu'une domination importante du marché est possible sur Internet, malgré le nombre infini de "chaînes", comme ils le disent si désuètement. C'est vrai, mais pas particulièrement intéressant, pour la simple raison que la plupart des services largement utilisés sur Internet, ont été dupliqués de nombreuses fois avec peu de variations. Gros titres des nouvelles, cours des actions, annuaires téléphoniques, services cartographiques, courrrier électroniques fondé sur le Web, moteurs de recherche, services de comparaisons d'achats - et j'en passe, et cela a été fait par de nombreuses sociétés différentes. Donc lorsque vous regardez Yahoo, MSN, AOL, and Netscape, ils offrent tous grosso modo le même contenu et les mêmes fonctionnalités, et celui qu'une personne donnée utilise est vraisemblablement dû à une préférence personnelle ou un facteur extérieur quelconque. Le fait que d'autres sociétés offrant des services similaires sont tombées dans l'oubli ou ont été rachetées n'est pas vraiment une révélation ni même, franchement, d'un grand intérêt.
La diversité des informations est le principal atout d'Internet, mais les services et les contenus offerts par les grands groupes en ligne sont l'équivalent, en terme d'information, des monocultures de l'agriculture extensive. Les monocultures agricoles ont des taux de rendement élevés, mais au prix d'une plus grande sensibilité aux maladies et d'une pollution accrue de l'environnement. À mon avis, dans le monde de l'information, des données, de la connaissance et de la pensée, la situation n'est pas loin d'être la même. Parmi les comparaisons biologiques souvent utilisées entre le monde agricole et celui de l'informatique, citons le cas du virus informatique qui se propage en un clin d'oeil grâce à la quasi monoculture de Microsoft Windows et Microsoft Outlook. Dans un autre domaine citons la reconnaissance par le grand public de l'existence de concepts mémétiques, des concepts "dans l'air du temps" qui se propagent par eux-même, via une forme de "contagion des esprits". (NdT. C'est probablement ce que Louis Pauwels appelait le "SIDA mental" - un précurseur le Loulou !!!)
Si vous appliquez cette analogie au domaine de la pensée et de l'information en général vous vous rendez compte qu'Internet, et plus particulièrement l'Internet qui n'est pas issu d'une monoculture des grands groupes de communication, est un terreau important pour la croissance de notre intelligence. Pourquoi? Car l'évolution ne peut se faire que si on lui fournit des matières premières à partir desquelles elle peut travailler. C'est la raison pour laquelle notre système d'évolution des espèces par croisement sexuel s'est avéré aussi performant - le nombre énorme de combinaisons d'ADN possibles assurant un constant renouvellement des possibilités et un vaste champ d'expérimentation. L'information disponible sur Internet peut être considérée comme l'ADN des idées nouvelles. Sans cet apport de nouvelles idées nous stagnons et finissons même par mettre en péril la survie de notre espèce. N'hésitez donc pas à prendre les chemins de traverse d'Internet, d'en explorer les contre-allées et les chemins borgnes, il en va de la sauvegarde de l'intelligence de notre espèce !
par Jonathan "Wolf" Rentzsch <tidbits@redshed.net>
Il fut un temps où AppleScript était, aux yeux des connaissseurs, le petit élément qui faisait la différence entre Mac OS et les autres systèmes d'exploitation. Apparu au tout début du Mac, Applescript représentait une innovation technologique encore loin d'être démodée, même si elle fut largement ignorée par le grand public, reconnue uniquement par une poignée d'enthousiastes. La situation a évolué ces dernières années: AppleScript a eu les honneurs d'un discours de Steve Jobs lors de l'ouverture d'un Salon MacWorld; par contre il n'est pas encore clair jusqu'à quel point AppleScript sera compatible avec Mac OS X. Quoi qu'il en soit, AppleScript n'est plus un concept ésotérique, connu seulement d'une poignée d'initiés. C'est le moment qu'à choisi Apple pour dévoiler une nouvelle arme secrète: WebObjects.
Jadis, lors des jours sombres de la déchéance de NeXT, WebObjects était la dernière vache à lait qui permettait à la société de survivre. Ce n'était pas un produit grand public bon marché: la licence en connection illimitée se vendait 50 000 US$. Mais même à ce prix là WebObjects restait compétitif, comparé à d'autres produits similaires.
L'an dernier, à l'ouverture de la World Wide Developer Conference (WWDC), Steve Jobs fit sensation en annoncant que WebObjects serait désormais vendu au prix unique de 700 US$. Bien sûr, aux yeux du grand public WebObjects n'est pas aussi "glamour" que iTools ou iDVD, néanmoins, la chute de son prix fit dresser l'oreille aux spécialistes et attira l'attention. Lors de la WWDC de cette année, Apple a complété l'offre en sortant WebObjects 5, re-écrit entièrement en Java, ce qui le rend particulièrement intéressant pour des utilisateurs de Mac OS X ou de Mac OS X Serveur.
<http://www.apple.com/webobjects/>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05950>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06440>
Avant que nous parlions de WebObjects plus spécifiquement, il est utile d'avoir une bonne compréhension de l'une des classes de logiciels WebObjects : les serveurs d'applications. Cet article propose un bref historique des serveurs d'applications et offre un survol des différentes architectures de logiciel utilisées par WebObjects et ses concurrents. La prochaine parution se focalisera sur WebObjects y compris ses trois outils principaux et ses points sensibles .
Les serveurs d'application -- WebObjects fut le premier serveur d'applications - un environnement pour le développement et le déploiement des applications accessibles à partir d'un navigateur web.
De plusieurs façons, les serveurs d'applications représentent un retour vers le temps des gros ordinateurs. A l'époque, une grosse machine unique faisait tout, tandis que de multiples terminaux bon marché se connectaient à cet ordinateur. Les terminaux étaient des ordinateurs extrêmement légers - ils se contentaient d'afficher des textes reçus et de transmettre à l'ordinateur central les appuis touches.
La révolution des ordinateurs personnels a donné aux utilisateurs la possibilité de faire tourner leurs propres logiciels, les libérant de la tyrannie des systèmes d'informations centralisés, un véritable sacerdoce. Mais une chose amusante arriva sur la route de la révolution : les gens désiraient partager leurs informations et leurs programmes.
Le partage de données personnelles et centralisées aident les gens à partager leurs informations, mais le partage de programmes pose, lui, problème. Les programmes développés pour une plate-forme ne tournent pas sur une autre. Des logiciels doivent être achetés, installés et maintenus pour chacun des ordinateurs, augmentant dramatiquement les coûts et la complexité. Les programmes doivent aussi être spécialisés pour manipuler les différents types de données; par exemple, les informations partagées ne devraient être atteintes qu'au travers de programmes qui peuvent garantir la validité des données, telles que les bases de données personnelles.
Puis la toile apparut. Le message était en html et le support, le http. N'importe quel ordinateur peut récupérer des documents émanant d'un autre ordinateur, diminuant les problèmes de plate-formes. Mais le plus excitant était que la toile permettaient aux utilisateurs de mettre au point des programmes accessibles à tous en utilisant le rudimentaire support du html pour l'entrée des données.
Peu après, les Macs du studio et les PCs de la comptabilité pourraient accéder au même formulaire de demande de congé, servi par une boîte Unix des Ressources humaines. Quoi d'autres, la capacité à communiquer entre plate-formes, signifie que l'installation et la maintenance de logiciel se passerait sur le serveur central de la société. Lorsqu'un bogue est fixé ou une fonctionnalité ajoutée, seul le serveur doit être mis à jour - tous les clients disposeront instantanément et automatiquement de la mise à jour la prochaine fois qu'ils l'utiliseront.
"Les clients légers" - des ordinateurs bon marché faisant tourner des applications réduites comme un navigateur ou des interpréteurs Java - capturent tous les signaux. Pourquoi gaspiller des ressources sur des ordinateurs individuels sur un réseau alors que l'on peut les gérer au niveau central comme les système mainframe d'antan? Mais pour alléger les clients, il faut renforcer les serveurs. Les serveurs contiennent toute la logique du programme aussi bien que toutes les données des utilisateurs. Plusieurs utilisateurs dans la société (ou dans le monde!) pourraient simultanément harceler les serveurs nuit et jour.
Les programmeurs sont confrontés à des calendriers serrés pour le développement de logiciels, une complexité logicielle surprenante, et la contrainte que le serveur ne se plante pratiquement jamais. NeXT fut dans une position unique pour créer et vendre des outils et services qui solutionnait ces problèmes.
NeXT était réputé, depuis le début, comme offrant quelques uns des outils les plus pointus disponibles. Fondamentalement orienté-objet, ces outils permettaient un développement rapide d'applications complexes. Et les applications NeXT tournaient aussi bien sous Unix que sous Windows NT - des systèmes d'exploitation industriels robustes bâtis pour ce genre de missions critiques. NeXT fournit tout cela pour créer WebObjects.
Trois fondements -- Les serveurs d'application repose sur trois composantes: l'interface; la logique applicative et l'accès aux données.
L'interface est ce que l'utilisateur voit et ce avec quoi il interagit. Typiquement, c'est le HTML que l'on voit dans son navigateur Web, même si Java peut aussi fournir une interface.
La logique applicative est composée de règles et de procédures orientées "métier". Par exemple, c'est la logique applicative qui vous empêchera d'acheter un livre dans une librairie en ligne, si le bouquin n'est plus publié. Les applications contiennent des centaines ou de milliers de telles règles . Quand ajouter une taxe. Quel montant de taxe ajouter. Quelle doit être la taille de la boîte à utiliser pour la livraison. Est-ce que la carte de crédit est valide? Une vente en cours doit elle s'appliquer à l'achat actuel? et ainsi de suite.
Enfin, l'accès aux données est la portion de l'application qui interagit avec la base de données pour créer, visualiser, mettre à jour ou supprimer des informations. Comme je le mentionnais dans "Relational Databases and Mac OS X" (Mac OS X et les bases de données relationnelles) dans <TidBITS-580>et <TidBITS-581, le milieu des affaires préfèrent les bases de données relationnelles pour ce type de travail.
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbser=1197>
WebObjects n'est plus tout seul sur le marché des applications. Il y a désormais de nombreux "players", qui diffèrent principalement sur la manière dont ils séparent les trois principes fondamentaux décrits ci-dessus. Étudier les différents modèles est instructif : on peut clairement voir l'évolution de leur conception. Ce que j'ai trouvé le plus impressionnant c'est que tous ces modèles évoluent doucement vers une esthétique commune : celle de WebObject.
Poursuivons avec l'évolution légèrement artificielle des serveurs d'applications. J'exposerai le principe de chacune d'elles, et parlerai de certains modules. Certains sont libres, "open source". D'autres coûtent des dizaines de milliers de dollars par processeur. Bien que ces exposés soient faits à la hâte, très généralisés et certainement rapidement obsolètes, ils vous donneront tout de même une idée du paysage actuel.
L'Âge de Pierre : logique d'abord, tout est lié étroitement -- La conception Âge de Pierre se caractérisée par l'accent mis sur la logique de création de pages dites "dynamiques". Presque tous les langages de programmation peuvent savent gérer les résultats d'une requête (certains de ces langages, les plus courants, sont C, Perl, AppleScript, et Java).
Ces applications Web sont dirigées vers une source de données pour répondre à la requête. Certaines peuvent chercher "manuellement" l'information dans un fichier, d'autres vont générer une requête SQL sur la base de la requête envoyée par le client, et la soumettre à la source de données.
Mon intention n'est pas de déprécier la conception "logique d'abord" en l'appelant Âge de Pierre, j'essaie simplement par là d'indiquer son âge (c'est la première qui a été développée) et sa complexité (pas tant que ça). La conception Âge de Pierre est facile à mettre en oeuvre et tout ce qui est facile d'emploi a ses avantages. Les programmeurs la trouvent naturelle et obtenir une page dynamique est facile et rapide puisque tout est regroupé au même endroit. Pour les applications gourmandes en calculs, la conception Âge de Pierre est la meilleure./P>
Mais la structure informatique de l'Age de Pierre n'est pas sans défauts. Le premier de ces défauts est que les codes permettant d'accéder aux données sont imbriqués dans la structure informatique du document. Des technologies ont été développées pour contourner les limitations imposées par le fait que les accès aux bases de données sont encodés en dur dans les documents. Les développeurs utilisant C et C++ sous Windows (ainsi que sur Mac, mais dans une moindre mesure) se servent de Microsoft Open Database Connectivity (ODBC), les développeurs Java utilisent Java Database Connectivity (JDBC) tandis que les développeurs Perl utilisent Database Interface (DBI).
Il est important de comprendre que ces technologies ne vous permettent que de localiser et de vous connecter à une base de données. Quand il s'agit d'échanger des données et de communiquer avec une base de données, vous devez toujours écrire vos routines SQL et les intégrer à la structure logique de votre programme. Étant donné que SQL s'appuie sur des noms de tableaux et des numéros de lignes et colonnes codés en dur, il vous revient de vous assurer que votre base de données est toujours synchrone avec les requêtes qui vont lui être adressées.
L'autre défaut de l'organisation de pages avec le code impbriqué dans le contenu est le fait que le contenu de la page est lié à un code précis. Si vous devez servir ce contenu à différents publics, doté de différents matériels, c'est à vous d'écrire un code qui satisfasse tous les besoins et à maintenir ce code à jour.
Enfin, le dernier défaut des structures informatiques héritées de l'Âge de Pierre est que l'interface du programme est intégrée dans la structure même du document. Ceci signifie que seul un développeur peut modifier l'aspect d'un programme ou sa façon de présenter l'information.
Parmi les exemples d'outils de programmation hérités de l'Âge de Pierre on nommera AppleScript, C/C++, Java, JavaScript, Perl, Python, et VisualBasic, destiné au seul Windows (NdT. encore heureux, qu'y se le gardent !!!). Tous ces outils sont des langages de programmation, ils se concentrent donc sur la structure d'un programme, la représentation d'opérations logiques et de décisions binaires. Par contre ils sont nettement moins performants quand il s'agit de gérer des accès à des tables de données ou générer dynamiquement des interfaces de représentation de ces données. Les versions plus récentes de ces outils s'appuient sur ces langages pour gérer la partie logique d'une application Web.
L'âge du Bronze: place à l'interface -- Après avoir codé des centaines et des centaines de pages dynamiques les développeurs se retrouvèrent face à une situation intéressante. Dans la plupart des cas la partie "dynamique" de leurs pages n'était qu'un mince voile constitué d'instructions logiques et d'échange de données, masquant un immense corpus d'instructions HTML définissant l'interface. De plus, les commerciaux et les créatifs ne cessaient de leur casser les pieds pour qu'ils modifient certains aspects visuels de cette interface.
Les développeurs sont connus pour être des adeptes du moindre effort. Confrontés à ces exigences ils inversèrent simplement le paradigme qui régissait la programmation à l'Âge de Pierre. Au lieu d'intégrer l'interface dans la structure du document ils intégrèrent la structure du document dans l'interface. Vous vous retrouviez donc avec des pages constituées essentiellement d'HTML, parsemées de balises propriétaires définissant la structure logique du document. Soulagés, les développeurs pouvaient confier leurs usines à gaz de code à des créatifs Web confirmés (c'est à dire ceux qui sont capables de travailler directement en code HTML sans utiliser l'un de ces nombreux outils WYSIWIG qui détruisent les codes non conformes). À condition de ne pas toucher aux balises logiques, les créatifs pouvaient enfin changer l'aspect visuel d'une page sans avoir à passer à chaque fois par un développeur.
Les éditeurs de logiciels ne s'y trompèrent pas et sortirent très vite des outils de création de pages Web WYSIWYG qui ne touchaient pas aux codes logiques et permettaient donc même à une personne ne connaissant rien à HTML de modifier l'aspect visuel d'une page sans détruire la savante architecture logique qui la sous-tendait.
Tout comme l'Âge de Pierre, l'avantage des outils de l'âge du Bronze provient du fait qu'il sont faciles à manier et que tout est regroupé dans un seul fichier. Mais si les nouveaux outils de l'âge du Bronze apportaient une solution à certains problèmes des outils antérieurs, ils ne réglaient toujours pas les deux principaux problèmes: les procédures d'accès et de traitement des données sont toujours imbriquées dans le contenu de la page (qu'il s'agisse des codes définissant la structure ou ceux définissant l'interface) et il est toujours quasiment impossible de partager des ressources de code entre plusieurs pages sans avoir à les dupliquer.
Parmi les outils représentatifs de cet âge du Bronze on citera Active Server Pages (ASP), Java Server Pages (JSP), Lasso et PHP. Ces outils parsèment le code HTML de leurs propres codes, imbriquant les deux. Les balises utilisées varient en fonction des outils: ASP utilise Visual Basic, JSP utilise Java, Lasso se sert des balises de son propre langage tout comme PHP qui utilise également des balises propriétaires.
Bien sûr, avec un peu d'huile de coude et des ajustements ici et là il est tout à fait possible de faire évoluer ces outils vers l'Ère industrielle, mais aucun d'eux n'a été conçu pour cela. Bien que JSP et PHP tournent bien sous Mac OS X, seul l'outil Lasso est véritablement 100% compatible Macintosh. Non seulement il tourne en environnement Mac OS Classic mais en plus il sait extraire des informations directement de bases de données FileMaker Pro et 4D. Les versions futures de Lasso tourneront directement sous Mac OS X.
L'ère industrielle: discriminer pour distinguer -- Au fur et à mesure que les projets informatiques devenaient plus importants et plus complexes, le modèle de développement par duplication de fichiers, hérité de l'âge du Bronze engendrait des cauchemars de développeur.
Chaque fois qu'un bogue était repéré ou bien qu'on ajoutait une nouvelle fonction, les développeurs devaient revenir individuellement sur chaque fichier afin d'y intégrer la modification. Les développeurs se voyaient donc contraints de mettre en place des systèmes de suivi qui répertorient toutes les copies et toutes les variantes... ou alors de faire confiance à leur mémoire pour ne rien oublier. Très vite la qualité des programmes s'en ressentit, étant donné que leurs entrailles ressemblaient dorénavant à un plat de spaghettis enchevêtrés, chaque nouille représentant une ligne de code légèrement différente de l'autre.
Le modèle de développement de l'Ère industrielle résolut la question de la duplication du code en séparant la logique informatique de l'interface. Mais elle ne changea pas le fait que l'accès aux données est toujours imbriqué dans la structure logique elle même. On reste donc confronté aux mêmes problèmes de synchronisation que ceux de l'âge du Bronze.
Parmi les outils représentatifs de cette nouvelle Ère industrielle, on citera Cold Fusion, WebLogic, WebSphere mais aussi des outils issus de l'âge du Bronze et remis au goût du jour. Ainsi, toujours avec une bonne dose d'huile de coude mais surtout une rigoureuse discipline de programmation vous pouvez appliquer le modèle de développement de l'Ere industrielle à des projets développés sous Active Server Pages, Java Server Pages et PHP. Lasso permet également de développer des programmes JavaScript coté serveur, qui viennent compléter son langage de balises propriétaire.
Malheureuseusement, mis à part Lasso, aucun de ces outils n'est vraiment disponible pour le Mac. Cold Fusion sépare la structure du contenu en créant des fichiers distincts sur le serveur à l'aide de CFScript un langage propriétaire proche de JavaScript. WebLogic et WebSphere ont été développés à partir des spécifications de "Enterprise Java Beans" (EJB) et ne s'adressent donc qu'à des pages Java Server. Même si théoriquement rien ne vous empèche d'imbriquer les codes WebLogic et WebSphere directement dans les pages, la plupart des personnes qui ont travaillé un tant soit peu avec ces deux outils se gardent bien de le faire.
L'Âge del'information : tout est équilibré et séparé -- L'Âge del'information sépare tout : l'interface, l'analyse et l'accès aux données sont autonomes et interagissent par le biais de canaux architecturaux explicites.
On peut donner un groupe de pages à une boîte de conception Web extérieure sans lui donner l'analyse commerciale. L'informaticien fou, dans sa pièce du fond, peut bidouiller le code sans avoir besoin de s'embêter avec la coordination des couleurs des pages, ou sans savoir quelle marque de base de données est utilisée. Les gens de la base de données peuvent déplacer et renommer leurs bases de données, leur tables et leur colonnes sans craindre de casser les applications Web.
Et un développeur peut travailler extrêmement vite
Mais l'Âge del'information n'est pas sans défaut : tout y est dispersé à différents endroits. Il n'est souvent pas évident immédiatement de voir comment la modification d'une chose en change une autre, et l'apprentissage en est beaucoup plus difficile.
Les deux seuls exemples d'outils de l'Âge del'information qui me viennent à l'esprit, sont les versions personnalisées de Lasso et de WebObject. Bien que Lasso vous protège contre SQL et permette la séparation de vos applications d'analyse en JavaScript de son interface, il rentre dans le modèle des applications de l'Âge del'information. C'est le seul produit qui fait traverser l'Âge deBronze pour atteindre l'Âge del'information, et ça c'est intéressant. On peut commencer avec les modèles de l'Âge deBronze relativement faciles à comprendre, puis se mettre à des modèles de l'Âge del'information si nécessaire. Il est sûr qu'il y a beaucoup de travail pour cette évolution, mais c'est une option qui n'existe tout simplement pas dans les autres outils.
Bien que WebObject soit encore plus compliqué à apprendre que Lasso, et nbe fonctionne pas dans l'environnement Classic il surpasse Lasso en termes de maturité et de puissance. Dans la prochaine livraison, je parlerai plus précisément de ce qu'offre exactement WebObject.
[Jonathan "Wolf" Rentzsch est l'incarnation de Red Shed Software, et organise chaque mois une rencontre de développeurs Mac dans le Nord-Ouest de l'Illinois.]
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