Après bien des rumeurs sur le mystérieux nouveau produit qu'Apple nous mitonnait, nous avons enfin pu découvrir l'iPod, un superbe petit lecteur de fichiers MP3 qui va sans aucun doute devenir la référence dans sa catégorie. Jeff Carlson a essayé ce petit bijou pour nous, et nous confie pourquoi, à sons avis, un seul petit problème risque d'empêcher l'iPod de devenir le succès qu'il mérite d'être. Également dans ce numéro, Dan Kohn nous dira pourquoi le cryptage des données ne permet pas de protéger les transactions financières en ligne. De plus, nous jetons un coup d'oeil à deux nouveaux produits : Windows XP et IPNetSentry 1.3.
Sommaire :
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Ce numéro est traduit de l'américain par l'équipe de traducteurs bénévoles de TidBITS-FR.
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Microsoft met Windows XP sur le marché. -- Microsoft a mis en vente la semaine dernière Windows XP, la première version du système d'exploitation Windows qui mixe la puissance industrielle qui sous-tend la ligne Windows NT/2000 avec la ligne grand public Windows 95/98/Me aux caractéristiques plus conviviales. Les réactions ont été franchement variées, avec certains jugements enthousiastes à propos de la nouvelle interface, des outils intégrés, et de la fiabilité améliorée, tandis que d'autres se plaignaient que XP paraissent en partie bâclé et inachevé, qu'il ne supporte pas beaucoup de périphériques existants et inclut des liens problématiques avec les services.NET de Microsoft.
Du point de vue de l'utilisateur de Macintosh obligé d'utiliser un PC, Windows XP est probablement une bonne chose, étant donné que beaucoup des changements apportés à l'obtuse interface de Windows résonnent plus comme une approche "Macintosh" dans la conception et la réalisation de l'interface. Des mises à jour sont disponibles, mais pratiquement, elles n'en vaudront probablement pas la peine pour les machines achetées il y a plus de quelques années, compte-tenu de problèmes possibles avec les anciennes plateformes matérielles et le faible coût des nouveaux PC. En ce qui concerne la comparaison Windows XP et MacOS X, et bien cela prendra du temps pour la réaliser, surtout parce qu'Apple a fait de MacOS X une cible évoluant rapidement, alors que Microsoft tend à délivrer des versions dotées d'évolutions notables moins fréquemment. [ACE]
http://www.microsoft.com/windowsxp/
http://www.forbes.com/forbes/2001/1001/118.html
http://www.zdnet.com/zdnn/stories/comment/0,5859,2819063,00.html
http://www.zdnet.com/products/stories/reviews/0,4161,2809517,00.html
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05809
IPNetSentry 1.3 : bien au-delà d'un usage personnel. -- Sustainable Softworks a sorti IPNetSentry 1.3, la toute dernière version de leur pare-feu personnel et logiciel de détection d'intrusion (voir "MacWorld SF 2001 Tendance : Pare-feu personnel dans TidBITS-564 pour plus d'informations sur les pare-feu personnels). La nouveauté de la version 1.3 est l'amélioration des performances dans des environnements à haut trafic, comme l'efficacité accrue de la fonction de contrôle de charge (des serveurs) qui stoppe le trafic des vers (virus) Code Red et Nimda, des filtres plus anciens (2000, pour 250 auparavant) qui tracent toutes tentatives d'intrusion et bloquent de futures attaques, une option qui ferme les connexions TCP intrusives et la capacité d'éviter la fonction d'accès à tous les disques, nécessaire dans les environnements réseau à haute performance. La mise à jour est gratuite pour les utilisateurs enregistrés.[ACE]
http://www.sust
works.com/site/prod_ipns_overview.html
http://db.tidbits.com/
getbits.acgi?tbart=06281
by Jeff Carlson jeffc@tidbits.com
Dans la vidéo promotionnelle d'Apple, créée pour son nouveau lecteur audio, le vice Président d'Apple pour le Design industriel, Jonathan Ive dit, "Notre but était de concevoir le meilleur lecteur MP3 possible." En regardant l'iPod, il est évident qu'ils y sont totalement parvenus - mais à 400 US$ la chanson, la grande question est de savoir si l'iPod sera une "success story" comme l'iMac ou une cuisante leçon comme le Cube G4.
l'iPod, ouvrez les portes de la gloire. -- L'iPod est un balladeur audio de 185 grammes (6,5 onces) en acier inoxydable. Grâce à un mince disque dur de 5 Go, le périphérique mesure seulement 5,7 cm (2,4 pouces) de large, 10 cm (4 pouces) de haut et moins de 2,5 cm (1 pouce) d'épaisseur. Le disque est capable de stocker environ mille morceaux au format MP3 (ou plus selon les taux de compression), transférés par le biais de la connexion Firewire. Apple affirme que la bande passante fournie par le Firewire permet de transférer le contenu d'un CD de musique en dix secondes, alors qu'une collection complète de MP3 devraient prendre entre cinq et dix minutes (pour autant que votre collections puisse y entrer). L'iPod supporte aussi bien les formats WAV que AIFF et peut être mis à jour pour ajouter d'autres formats audio.
Avec ses 32 Mo de mémoire cache, l'appareil affiche vingt minutes de protection, bien que la RAM soit plutôt pensée comme un immense cache qui laisse le disque tourner à bas régime, économisant ainsi les batteries. L'iPod utilise une batterie intégrée au Lithium-ion qui est capable de supporter dix heures de lecture en continu. Elle peut être rechargée à 80 % de sa capacité en une heure à peu près, et totalement en trois heures. Comme il utilise FireWire, l'iPod se recharge quand vous le connectez au Mac ; il peut également conserver d'autres données, comme un disque dur ordinaire, lorsque vous le mettez en mode disque FireWire.
L'iPod n'est en aucun cas le premier lecteur MP3 basé sur un disque dur du marché (voir "Archos Jukebox 6000 Challenges Nomad Jukebox" [Le Jukebox 6000 d'Archos défie le Jukebox Nomad, NdT] dans TidBITS-592
http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06521
Dans la tradition de l'esthétique minimaliste d'Apple, l'iPod a un écran LCD carré, monochrome, et rétro-éclairé de 2 pouces (env. 5 cm), et une large zone circulaire qui contient 4 boutons (Lecture/Pause, Avance Rapide, Retour Rapide, et Menu), une molette qui tourne dans les deux sens, avec un bouton au centre pour sélectionner l'item souligné. Un bouton sur le dessus, marqué Hold (garder, conserver, NdT), bloque les contrôles de façon à ce que vous ne puissiez pas changer accidentellement de chanson en heurtant l'appareil (ce qui est probable : l'iPod n'a pas de clip ceinture, donc il restera dans vos poches).
L'interface est une pure splendeur - et je ne dis pas cela uniquement parce qu'elle s'appuie sur cette délicieuse grand-mère, la police Chicago. Appuyez sur n'importe quel bouton et l'iPod s'allume pour vous proposer son menu de base. Vous pouvez choisir une liste, un artiste ou un titre, accéder aux réglages de l'appareil ou demander le "À propos" et avoir des informations sur l'iPod. Les concepteurs y ont d'ailleurs caché un Šuf de Pâques (Easter egg) : quand l'écran "À propos" est affiché, appuyez quelques secondes sur le bouton central et vous aurez une version du jeu de briques (Breakout). Utilisez la molette pour faire vos choix dans la liste et appuyez sur le bouton central pour les sélectionner. Pour remonter dans la hiérarchie, appuyez sur le bouton Menu.
http://www.apple.com/ipod/userinterface.html
Maintenir le bouton Menu enfoncé pendant deux secondes déclenche le rétro-éclairage de l'écran LED. Surprise : cet écran est très blanc, contrairement au bleu tendre de la vidéo promotionnel d'Apple. Il est tellement blanc qu'il peut presque faire office de lampe de poche ! Pendant que vous écoutez un morceau, vous pouvez connaître le temps restant en appuyant sur le bouton central et modifier le volume en tournant la molette. Quand l'iPod n'est pas en activité, il s'éteint automatiquement au bout de deux minutes. Vous pouvez aussi l'arrêter manuellement en appuyant sur Lecture/Pause pendant deux secondes.
Une autre fonctionnalité des logiciels de l'iPod propose une minuterie de mise en veille, qui permet d'arrêter le fonctionnement après une durée définie par l'utilisateur, ainsi que la possibilité d'arrêter le bruit de la mollette de défilement. Je suis surpris que le logiciel n'offre pas la possibilité d'équilibrer manuellement la gauche et la droite des écouteurs, ou qu'il n'y ait aucun moyen d'obtenir une balance par défaut avec les autres appareils, mais bon, je vais être indulgent, c'est une version 1.0.
Synchro des sons. -- Si l'iPod était juste un autre appareil pour copier des morceaux, il n'y aurait pas besoin de s'y intéresser plus avant. Un de ses autres attraits, c'est sa synchronisation automatique avec iTunes 2 (disponible début novembre en téléchargement gratuit pour MacOS 9 et X). Quand l'iPod est connecté au Mac pour la première fois, iTunes peut lui transmettre toute vos compiles, et les connexions ultérieures vont synchroniser automatiquement vos listes entre le Mac et l'appareil, mais on peut aussi choisir de passer des morceaux du Mac à l'iPod manuellement. Par contre, on ne peut pas copier des morceaux depuis l'iPod sur le Mac, comme l'indique la FAQ d'Apple et ma propre expérience (l'option "montrer le fichier du morceau" dans le menu fichier est désactivé quand on navigue dans l'iPod).
http://www.apple.com/ipod/pdf/iPod_FAQ-b.pdf
iTunes utilise le numéro de série de votre iPod pour identifier votre bibliothèque musicale iTunes et définir son propriétaire. Quand j'ai branché l'iPod dans mon G4, une boîte de dialogue est apparue pour me signaler que ma bibliothèque musicale iTunes ne correspondait pas à celle qui était enregistrée dans l'iPod et que mon ami Glenn Fleishman avait définie (il fait une critique de l'appareil pour le Seattle Times). J'avais le choix entre utiliser ma bibliothèque, ce qui aurait eu pour conséquence d'effacer tout et de synchroniser ma liste, ou de continuer sans toucher à rien. Comme j'empruntais seulement l'iPod pour très peu de temps, j'ai choisi de ne pas synchroniser, ce qui a entraîné l'affichage des chansons de l'iPod dans iTunes en gris. Pour ajouter mes propres chansons favorites, j'ai du passer en mode manuel après avoir cliqué sur un bouton qui n'apparait au bas de l'écran à droite que lorsque l'iPod est branché pour accéder aux préférences d'iTunes avec iPod.
À partir de là, j'ai pu ajouter mon propre choix de chansons, ce qui a été aussi rapide qu'Apple le clame dans ses publicités. la copie de l'équivalent d'un CD de musique a pris à peu près treize secondes (l'iPod a besoin de quelques secondes pour initialiser la connection) ; la copie de cent deux chansons (à peu près 398 Mo) a pris une minute et demie ; et la copie du reste des chansons de mon PowerBook, 3 Go, a pris onze minutes. Je n'ai pas pu atteindre les limites de la capacité de stockage du disque, 4,6 Go, mais d'après la notice de l'iPod, iTunes sait détecter un risque de dépassement de capacité de stockage et vous propose alors de passer en mode manuel.
Du FireWire dans votre poche. -- L'iPod emploie le port FireWire pour se connecter à votre Mac, vous pouvez ainsi l'utiliser comme tout disque dur de votre bureau. Apple a conservé la séparation des espaces de stockage audio des espaces de stockage des autres données en enregistrant les données musicales dans un répertoire caché. Cela signifie que vous ne pourrez pas écouter de fichiers MP3 si vous les copiez du bureau vers l'iPod.
Apple n'incite pas à l'utilisation des spécificités du mode disque du FireWire, ce mode apporte pourtant un plus incontestable. Vous pouvez emporter votre discothèque avec vous mais que diriez-vous de balancer une copie de vos dossier de messagerie, de documents chiffrés ou de numéros de série de logiciels protégés par un utilitaire de stockage de mots de passe sur le disque dur ? Avec un disque dur de 5 Go dans votre poche, vous n'aurez pas besoin d'emmener de disques Zip ou de copier de gros fichiers via Internet quand vous devez vous déplacer.
Le seul inconvénient à utiliser le mode disque du FireWire réside dans la nécessité de déconnecter manuellement le disque dur depuis le bureau du Finder (ou en utilisant le bouton éjecter de iTunes). En effet, en débranchant l'iPod sans cette intervention, il y a un risque de perte de données.
Du FireWire dans votre poche. -- L'iPod emploi le port FireWire pour se connecter à votre Mac, vous pouvez ainsi l'utiliser comme tout disque dur de votre bureau. Apple a conservé la séparation des espaces de stockage audio des espaces de stockage des autres données en enregistrant les données musicales dans un répertoire caché. Cela signifie que vous ne pourrez pas écouter de fichiers MP3 si vous les copiez du bureau vers l'iPod.
Apple n'incite pas à l'utilisation des spécificités du mode disque du FireWire, ce mode apporte pourtant un plus incontestable. Vous pouvez emporter votre discothèque avec vous mais que diriez vous de balancer une copie de vos dossier de messagerie, de documents chiffrés ou de numéros de série de logiciels protégés par un utilitaire de stockage de mots de passe sur le disque dur ? Avec un disque dur de 5 Go dans votre poche, vous n'aurez pas besoin d'enmenez de disques Zip ou de copier de gros fichier via Internet quand vous devez vous déplacer.
Le seul inconvénient à utiliser le mode disque du FireWire réside dans la déconnexion manuelle du disque dur depuis le bureau du Finder (ou en utilisant le bouton éjecter de iTunes). En effet, en débranchant l'iPod sans cette intervention, il y a un risque de perte de données.
iTunes 2. -- La nouvelle version de iTunes apporte bien plus que la compatibilité avec l'iPod. En l'occurrence, iTunes 2 incorpore finalement un égaliseur dix bandes (qui était disponible dans son prédécesseur SoundJam). Les utilisateurs peuvent choisir entre vingt-deux réglages préétablis, ou ajuster manuellement les réglages et les enregistrer. Vous pouvez même associer un réglage particulier à un morceau de musique (ouvrez les informations du morceau de musique, cliquez sur le panneau d'options et choisissez le réglage d'égaliseur). L'égaliseur peut provoquer des distorsions dans le rendu sonore, dépendant du morceau de musique joué et du mixage de l'enregistrement, qui peuvent être éliminées en diminuant la pré-amplification du son. iTunes 2 permet aussi de graver des CD de MP3 pouvant contenir jusqu'à cent cinquante morceaux de musique au format MP3, et inclue un "cross fader" qui permet de mixer deux morceaux de musique entre eux sans faire de blancs. Avec MacOS X, l'icône iTune dans le Dock permet de contrôler la répétition et la sélection aléatoire des morceaux musicaux.
Selon le site web d'Apple, iTunes grave des CD audio jusqu'à deux fois plus vite qu'auparavant, mais n'ayant pas de graveur, je n'ai pas eut la possibilité de tester cela. Dans les préférences de iTunes, on trouve également un curseur d'intensification du son ("Sound Enhancer"). L'effet semble être désactivé lorsque cela est réglé au plus bas, mais plus cela augmente, plus iTunes introduit une séparation dans le champ stéréophonique, un peu comme l'effet "3D" de certaines mini chaînes hi-fi. L'intensification du son peut induire des distorsions et des anomalies dans le son, mais cela rend le son plus clair ou mieux défini, particulièrement sur des petites enceintes ou à faible volume.
L'iPod n'est destiné qu'aux Mac. -- Apple a subit de nombreuses critiques du fait que l'iPod ne fonctionne que sur des Mac équipés de ports FireWire - les ordinateurs tournant sous Windows ou Linux en sont exclus. Cette décision a suscité de nombreuses réactions, tant il paraît suicidaire de la part d'Apple d'ignorer le marché juteux des PC pour un produit qui n'a aucune raison de n'être utilisable que sur un Mac. Les utilisateurs multiplateforme ont exprimé leur consternation, bien que comme certains l'ont remarqué, si un PC est équipé de haut-parleurs externes, il n'est pas plus difficile de les brancher à un iPod que de connecter celui-ci à un ordinateur.
Steve Jobs a déclaré qu'Apple examinerait la possibilité d'un iPod compatible PC plus tard, et a ajouté qu'il ne s'était écoulé que neuf mois entre la conception et la finalisation du produit, or un délai si court n'a peut-être pas laissé de temps pour intégrer cette compatibilité. Il est aussi possible qu'Apple ait choisi d'éviter le marché des PC pour ne pas avoir de problèmes de stock, car les fêtes de Noël approchent - si les disques durs Toshiba de 1,8 pouce qui équipent l'iPod sont peu disponibles ou si Apple n'était pas sûr de ses capacités à susciter une demande assez forte, il n'est pas choquant qu'elle se soit concentrée sur le marché des utilisateurs de Mac.
On ne peut pas dire qu'Apple ait l'habitude de favoriser le marché Windows. Par exemple, Apple n'a pas facilité la tâche aux utilisateurs de Windows qui voulaient utiliser la station Airport, même si les programmes nécessaires ont été disponibles rapidement. J'imagine qu'il se passera la même chose avec iPod : quelqu'un finira par trouver comment écrire correctement sur le disque dur depuis n'importe quelle machine sous Windows ou Linux et les pilotes seront ensuite disponibles partout. Ensuite, comme avec la station Airport, d'autres sociétés copieront le design Apple et vendront ces pseudo iPod à une fraction du prix de l'original. Il paraît donc raisonnable pour Apple de se concentrer sur les utilisateurs du Mac, afin de leur donner la meilleure expérience possible, plutôt que de diluer ses efforts sur diverses plates-formes.
Je suis venu, je l'ai vu... j'ai pas pu. -- Je pense réellement qu'Apple a créé le meilleur baladeur audio du marché. Il est mince et élégant et je me demande comment j'ai pu aimer mon Rio 500 avec ses 64 Mo de RAM. Malheureusement, il coûte la bagatelle de 400 US$ et c'est son plus gros problème. Bien sûr, vous me direz que tout est toujours 100 US$ trop cher ; je passerais donc sur vos fantasmes du genre "Si seulement quelqu'un pouvait m'offrir un iPod...". Le problème de l'iPod à 400 US$, c'est que ce prix est totalement justifié et en même temps trop élevé.
Si vous regardez de près les caractéristiques de l'iPod, et en tenant compte de son design high-tech et de sa taille (le plus petit est souvent le plus cher), le prix semble assez raisonnable. Et quand vous remarquez que le prix de son disque dur Toshiba 1,8 pouce est lui-même de 400 US$, le iPod devient presque une bonne affaire. Comme le faisait remarquer Marshall Clow sur la liste de discussion TidBITs, on peut facilement imaginer que l'iPod est un lecteur de MP3 gratuit qui dissimule un disque dur aisément transportable.
Mais ne nous voilons pas la face, payer 400 US$ pour un lecteur de MP3 est à la limite de l'acceptable, même si c'est le meilleur jamais inventé. La plupart de ceux à qui j'en ai parlé me disent qu'à 250 ou 300 US$, ils en auraient déjà commandé un. Combien sont prêts à dépenser 400 US$ juste pour un lecteur audio, notamment quand on sait que le lecteur Nomad Jukebox 20GB de chez Creative stocke quatre fois plus que l'iPod pour le même prix. Si l'on fait l'impasse sur le design ultra fin de l'iPod, de son interface utilisateur supérieure et de sa batterie longue durée, on accepte facilement un appareil plus gros surtout si cela peut faire gagner 100 US$ ou plus.
D'ailleurs, qu'en pensez-vous ? Sur notre page d'accueil, le sondage de la semaine vous demandera combien êtes vous sérieusement prêt à payer pour l'iPod.
Je suis impatient de voir l'avenir de l'iPod, notamment dès qu'il y aura assez d'exemplaires pour que vous, clients potentiels, puissiez enfin le voir et le toucher par vous-mêmes - Les publicités d'Apple sont alléchantes, mais vous ne pourrez pas vous faire une idée de la taille minuscule de l'iPod tant que vous ne l'aurez pas en main.
by Dan Kohn
"Doveriai no proveriai." (croyez-y mais vérifiez.)
- proverbe Russe, cité par Ronald Reagan
Souvent, quand un contenu devient un bien public, les créateurs de ce contenu (ou du moins les industries chargées de l'enregistrement et de la publication qui prétendent les représenter) ont été amenées à croire que le cryptage peut protéger leurs revenus. Comme je l'ai fait remarquer dans le premier de ces essais, c'est l'innocence des agneaux que l'on emmène à l'abattoir.
http://db.tidbits.com/
Pourquoi tous les contenus deviennent ils des biens publics ? Ces contenus ont été essentiellement non concurrenciels jusqu'à présent, je veux dire que je peux copier votre CD de musique ou un logiciel pour quelques centimes ou moins, et vous n'êtes désavantagé en aucune façon. (Bien sûr, l'auteur de ce contenu peu se sentir un peu lésé par ce "vol", mais tant que que je ne raye pas vos CD, il n'y aucune raison que vous vous inquiétiez si je vous les emprunte pour quelques minutes). En fait, le concept central de la numérisation - convertir tout le contenu en une série de 0 et de 1 - nécessite de le rendre infiniment copiable sans la moindre perte de qualité.
La seule chose devenue claire ces dernières années (bien que la Recording Industry Association of America - la RIAA - soit toujours la tête dans le sable) c'est qu'un contenu digital est aussi "non excludable". Bien sur, dix millions de dollars ont été dépensés dans une variété de moyens de rendre les contenus digitaux incopiables. Des filigranes que l'on ne peut soit disant pas enlever sont incrustées dans les images pour détecter les copies (par exemple, le SDMI et la Macrovision), le contenu est crypté de façon à ne pouvoir être vu que par un logiciel de rendu autorisé (par exemple, DVD CSS et les systèmes de gestion des droits digitaux de Microsoft and Real Network utilisé dans l'industrie musicale par les concurrents de Napster, PressPlay et MusicNet), ou une sorte d'enregistrement est nécessaire pour l'activation (par exemple, Office et Windows XP).
http://www.riaa.org/
http://www.sdmi.org/
http://www.macrovision.com/
http://www.dvdcca.org/
http://www.pressplay.com/
http://www.musicnet.com/
L'encryptage est totalement futile. -- Le problème avec la sécurité de ces approches est que, comme le souligne Bruce Schneier -encrypteur de son état, il n'y a fondamentalement que deux types d'utilisateurs : la grande majorité contre qui n'importe qu'elle forme de protection contre la copie fonctionnera, et les pirates (hackers) expérimentés, contre lesquels aucune technologie ne fonctionnera. Votre technophobe de mère fait partie de la première catégorie, et votre geek de neveu est l'exemple type de ce qu'est la seconde catégorie. Pourquoi les hackers ne peuvent-ils être stoppés par l'encryptage ? Si le but était juste de transférer un fichier d'un point à un autre sans que personne ne puisse en voir le contenu, l'encryptage serait parfait. Mais les clients n'écoutent pas, ou ne regardent pas, les versions encryptées des fichiers. (Je l'ai fait et ça ne ressemble à rien). Ils regardent le fichier normal, non crypté. Donc, quelque part tout près de l'utilisateur final, le contenu doit être décrypté. Et ce dés-encryptage se fait en général sur des PC où des hackers expérimentés peuvent observer cette opération, instruction par instruction, et changer ces instructions pour autoriser la duplication du contenu décrypté.
Dit de façon différente, aussi longtemps que l'intention finale est de fournir un contenu à un client (et heureusement, même la RIAA est toujours en train de le faire), alors, il est impossible d'empêcher un pirate déterminé d'essayer d'en découvrir le contenu non crypté et d'en faire ce qu'il veut. "Essayer de sécuriser [des données numériques] c'est comme essayer de rendre l'eau solide", disait récemment Schneier. "Les bits sont copiables par définition."
Au début de l'année 2000, un Norvégien de seize ans, Jon Johansen, était dépité parce qu'il voulait pouvoir regarder des films DVD en utilisant le lecteur DVD de sa machine Linux, mais l'industrie du cinéma n'avait pas autorisé de décodeurs pour Linux. À l'aide de quelques contacts anonymes sur Internet, il a donc craqué le système de protection contre la copie utilisé par tous les DVD, ce qui lui permettait de les jouer sur sa machine, et, entre parenthèses, d'en faire des copies parfaites et illimitées. (Un peu tardivement, la police norvégienne a en fait saisi son ordinateur à la demande de la Motion Picture Association of America quelques jours après qu'il a distribué le code sur Internet.) Il serait à propos de se demander alors quelles sont les chances qu'un système de protection contre la copie réussisse lorsque n'importe quel ado avec une connexion Internet arrive à le craquer en son temps libre.
Mais les nouvelles sont encore plus tristes pour des auteurs comme moi qui risquons de vouloir qu'on nous rembourse pour notre travail. Nombreux sont ceux dans l'industrie de la musique qui pensent qu'un taux de protection de 98 % est acceptable, de même que les grands magasins prévoient un certain niveau de perte (vols, etc) dans leurs stocks. Cela peut marcher pour les grands magasins parce que leurs biens sont concurrenciels ; même si quelques voleurs à l'étalage obtiennent leurs produits gratuitement, tous les autres doivent encore payer. Le problème pour la RIAA est que le contenu non concurrenciel signifie craquer une fois et distribuer partout. Cela veut dire qu'il suffit d'un seul hacker intelligent qui supprime les systèmes de protection pour tout le monde. A ce moment-là, votre neveu peut soit distribuer ses piratages dans un format facile à utiliser que même votre mère pourrait installer, soit, plus directement, distribuer tout simplement le contenu non crypté.
Le support publicitaire ? -- Si le contenu ne peut pas être protégé par l'encryption, il y a peut être d'autres solutions pour élaborer un produit économiquement viable. Et pourquoi pas la publicité ? Après tout, les spots télé ne sont pas concurrents, et sont auto-financés. Malheureusement, non. Tout d'abord, et ce dû au matraquage, l'impact des bannières de pub a chuté de façon vertigineuse, les rétrocessions financières des clics sur ces bannières sont tombés de 0,4 % à 0,1 %. Pas surprenant, étant donné que les surfeurs fuient ces bandeaux et font tout pour les ignorer. Les tarifs sur les sites très fréquentés ont chuté de 40 cents à moins de 0,1 cent l'affichage une des causes de la reconversion de nombreux anciens employés de ces sociétés d'après Starbucks Barista.
Du côté des éditeurs de contenu, c'est encore pire. La récession a rendu encore plus difficile, en particulier pour les publications sans lectorat fidèle, d'attirer les annonceurs, même à bas prix. De plus il existe des logiciels comme WebWasher qui détectent automatiquement les bandeaux publicitaires sur n'importe quelle page web et les éliminent, ce qui au passage accélère le chargement de la page (tout comme un feuilleton télévisé de trente minutes se visionne en vingt-deux minutes sans les publicités). Les logiciels de blocage remplacent les publicités, censées subventionner le contenu, par du blanc, à quoi les budgets prévisionnels des éditeurs se mettent à ressembler. Les logiciels ne sont pas parfaits, mais ils s'améliorent et sont déja suffisamment efficaces pour instiller la peur dans l'âme des éditeurs et des annonceurs.
http://www.webwasher.com/en/products/wwash/functions.htm
Même les firmes de savon qui ont financé tant d'années des dramatiques quotiduennes peuvent commencer à reconsidérer les bugets publicitaires pour les dix prochaines années, dans la mesure où les enregistreurs de vidéo numérique comme TiVo sont de plus en plus répandus. Il permettent aux téléspectateurs d'avoir leurs shows favoris facilement stockés sur un disque dur, sur lequel ils peuvent être commodément rejoués à la convenance du téléspectateur (plutôt que du programmeur). Imaginez établir votre propre programme de spectacles plutôt que de le voir dicté par des chefs de réseau morveux à LA ou à New York. De plus, ces appareils vous permettent d'éviter les publicités en quelques clics de commande, faisant ainsi s'effondrer les fondations de cinquante ans d'une industrie d'émissions rentable. Les nouveaux enregistreurs basés sur des PC comme SnapStream supportent même le partage des spectacles enregisrés via internet, permettant à la vidéo de prendre place à côté des MP3 sur les nouveaux réseaux d'utilisateur à utilisateur qui remplacent rapidement Napster. Pourquoi programmer votre soirée autour d'un programme de diffusion et vous asseoir devant des publicités qui engourdissent l'esprit, lorsque le spectacle est disponible quand vous le voulez avec les publicités effacées ? Un monde rempli d'enregistreurs de vidéo numérique est un monde dans lequel le veau couché sur son canapé est libéré des coups du sort de la programmation de télévision (comment osent-ils mettre ce nouveau spectacle prometteur contre Survivor !), et encore une fois est autorisé à faire des vrais choix sur comment, quand et quoi regarder. [Pour en savoir plus sur TiVo, voyez l'article en deux parties d'Andrew Lawrence "TiVo : Liberté en changeant de moment" et s'assurer de lire la discussion approfondie des TidBITS sur la manière dont les enregistreurs de vidéo personnelle sont en train de changer la publicité. -Adam]
http://www.snapstream.com/
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbser=1204
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=1461
Y a t-il des catégories quelconques de contenu desquelles des individus puissent être exclus ? Seulement deux que je puisse identifier. La première est montrer des films dans les salles de cinéma. Avec un investissement conséquent dans la distribution numérique, et même un investissement plus conséquent encore dans la sécurité physique dans la salle, les studios devraient être capables de distribuer des films sans qu'ils soient immédiatement copiés sur lnternet (mais méfiez-vous de ces projectionnistes/hackers de seize ans). L'autre catégorie semblerait être les services web où le logiciel est partagé dans des composants qui sont approximativement couplés et distribués sur Internet. Quand vous interagissez avec beaucoup d'autres ordinateurs, votre identité peut être continuellement réaffirmée (c'est ce que Microsoft projette avec Hailstorm), rendant presque impossible d'éviter de payer. Mais n'importe quel logiciel qui supporte un mode non connecté (tel qu'un système d'opération), peut être aisément ( selon les standards des hackers) modifié de telle sorte qu'il n'"appelle" plus "la maison" pour s'assurer de l'authenticité. Le système d'enregistrement de Windows XP a été "cracké" de telle façon qu'un simple programme supprime la nécessité d'un enregistrement en ligne, et ce, six mois avant même que le logiciel soit même officiellement sorti.
Le contenu ne sera vraiment un pur bien de consommation public pendant les dix prochaines années jusqu'à ce que les connexions haut-débit soient omniprésentes, rendant anodins de transférer de gros fichiers. Mais, alors que le processus s'accélère déjà (Napster a commencé avec les étudiants qui ont déjà des connexions haut-débit et quelques nouveaux programmes peer-to-peer de services de partage de fichiers conçus explicitement pour télécharger de très gros fichiers en tâche de fond), il peut valoir la peine de demander pourquoi quelqu'un créerait du contenu quand les vieux modèles pour être payé ne marchent pas. La réponse devra attendre un prochain article.
[Dan Kohn est un partenaire général avec Skymoon Ventures. Ses articles sont annoncés via dankohn-subscribe@yahoogroup s.com et peuvent être discutés via dankohn-discuss-subs cribe@yahoogroups.com.]
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