| Accueil | Archives francophones de TidBITS | Sommaire des quatre derniers TidBITS traduits | L'Equipe francophone de TidBITS | Consignes pour traduire TidBITS | LexBITS |

logo de TidBITS

TidBITS#631/20-Mai-02

Pensez-y à deux fois avant de mettre un nouveau CD audio dans votre Mac. Adam jette un oeil sur les labels musicaux qui traitent le consommateur comme un criminel en créant délibérément des CD audios corrompus qui peuvent scotcher votre Mac. Également dans ce numéro, Matt Neuburg considère Layout Master comme un outil digne d'être ajouté à la boîte à outils du webmestre. Nous avons aussi bavé d'envie devant la nouvelle version en rack du Xserve d'Apple, et noté l'arrivée de nouveaux iBook accélérés, de PopChar X, et de Now Up-to-Date & Contact 4.2.1."

Sommaire :

Copyright 2001 TidBITS Electronic Publishing. Tous droits réservés.
Information : info@tidbits.com Commentaires : editors@tidbits.com


Cette édition de TidBITS est rendue en partie possible grâce au soutien financier de :


Ce numéro est traduit de l'américain par l'équipe de traducteurs bénévoles de TidBITS-FR.

NOUS CHERCHONS DES TRADUCTEURS ! ! ! ! ! Ça ne vous prendra que 20 minutes par semaine, vous permettra d'améliorer votre anglais et d'augmenter votre Karma Macintoshien ! Venez rejoindre une bande de joyeux drilles amateurs de bonnes bouffes, bons vins et discussions éclairées ! Jettez un coup d'oeil aux consignes de traduction et contactez le coordinateur de la traduction : Grégoire Seither.


MailBITS/20-May-02

No TidBITS Issue 27-May-02. -- On dit qu'il n'y a pas de repos pour les braves, mais faut pas pousser ! Donc, TidBITS et moi prenons une semaine de vacances méritées pendant les congés du Mémorial Day (quelque chose comme le 11 novembre américain), qui, par pur concours de circonstances, coïncident avec la semaine de la fête d'anniversaire de Jeff Carlson, notre responsable d'édition, et avec la Mac Mania Geek Cruise (la "croisière des Fondus du Mac", NdT), qui occupe toute mon attention. En fonction de mes possibilités de connexion à bord, et de mes moments de libre, TidBITS Talk (le forum bien connu de TIdBITS, NdT) risque d'être un peu diminué, mais, en général, évitez-moi l'embarras des réponses tardives ou manquantes, en gardant les mails privés les moins essentiels pour la deuxième moitié de juin. TidBITS sera de retour avec le numéro du 3 juin 2002. [ACE]

Apple accélère les iBook. -- Apple vient d'annoncer une mise à jour de la ligne des iBook qui ajoute des processeurs plus rapides, 512 K de cache de niveau 2, une carte graphique ATI Mobililty Radeon plus puissante, AGP 2X et 16 Mo de mémoire vidéo, des disques durs plus grands et un nouveau port vidéo. Vous pouvez maintenant acheter un iBook à écran 12,1 pouces avec un processeur G3 à 600 ou 700 Mhz, et un disque dur de 20, 30 ou 40 Go ; le modèle avec écran 14,1 pouces embarque un processeur à 700 Mhz, et 30 ou 40 Go de disque dur. Avec les deux modèles, vous pouvez choisir entre un lecteur de CR-ROM et un combo graveur de CD-RW/lecteur de DVD, et choisir combien de mémoire vous voulez (ça démarre entre 128 et 256 Mo, et le maximum est de 640 Mo). Les deux modèles conservent également leurs deux ports USB, leur port Firewire, la compatibilité avec Airport, un modem 56k V90, un port Ethernet 10-100 base-T, et un micro et des haut-parleurs intégrés. Les prix démarrent à 1 200 US$ pour le 12,1 pouces, et à 1 650 US$ pour le 14,1 pouces. Malgré le fait qu'il n'y a aucune amélioration révolutionnaire, ces changements font d'un très bon ordinateur une machine encore meilleure. [ACE]

http://www.apple.com/ibook/

Now Up-to-Date & Contact 4.2.1 ajoute la fonction Prendre-et-Partir. -- Power On Software a sorti Now Up-to-Date & Contact 4.2.1, une mise à jour gratuite uniquement pour les utilisateurs sous MacOS X de leur célèbre agenda et carnet d'adresses. Dans une tentative courageuse d'augmenter le nombre de traits d'union entre les publications Mac, Now a récupéré la fonction Prendre-et-Partir (traduction approximative pour Grab-'n-Go, NdT) qui existait dans la version du programme sous MacOS 9. Avec cette fonction, vous pouvez sélectionner un texte par Ctrl+clic dans une application qui gère les menus contextuels (malheureusement, un petit nombre de celles que j'utilise) et créer avec de nouveaux rendez-vous, de nouvelles tâches, ou d'autres types d'événements dans Now Up-to-Date. Les utilitaires QuickDay et QuickContact sont aussi améliorés, disposent maintenant de menus appropriés et peuvent être glissés avec la touche Pomme) vers un nouvel emplacement dans la barre de menus. Enfin, vous pouvez déplacez le dossier Now Up-to-Date & Contact à d'autres endroits que la racine du dossier Applications. La mise à jour gratuite pèse 16 Mo au téléchargement ; les mises à jour à partir de versions antérieures coûtent 50 US$, et une nouvelle version complète coûte 120 US$. [ACE]

http://www.poweronsoftware.com/products/nudc/
http://poweronsoftware.com/download/dlNUDC.asp

Cric, crac, et PopChar X. -- Les fans nombreux et enthousiastes du vénérable PopChar, l'utilitaire de Günther Blaschek ont été récompensé pour leur patience, quand il a sorti cette semaine la nouvelle version pour MacOS X. PopChar X est une application en tâche de fond qui installe un petit "P" dans le coin en haut à gauche de la barre de menus ; en cliquant sur ce "P", on ouvre une fenêtre qui montre les caractères de n'importe quelle police, leur valeur numérique en code ASCII et les raccourcis-clavier nécessaires pour les taper. Cliquer sur un caractère l'insère dans l'application courante.

http://www.macility.com/products/popcharx/

Malheureusement, on ne peut afficher que les caractères ASCII, c'est-à-dire les 230 premiers caractères de la police, alors que beaucoup de polices MacOS X ont des centaines, voire des milliers de caractères (voyez "Deux doigts de Cherry : Unicode et MacOS X, chapitre 2" dans TidBITS-625). Par ailleurs, on ne peut pas changer la position du "P", ce qui peut générer des conflits avec d'autres utilitaires, par exemple MaxMenus, qui utilisent le coin de la barre des menus. Blaschek nous a assuré que ces difficultés seraient résolues dans une prochaine version. PopChar X coûte 30 US$, ce qui vous donne droit à une licence du programme sous MacOS 7.1 et les versions ultérieures ainsi que des mises à jour gratuites pendant deux ans. [MAN]

http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06780
http://www.proteron.com/maxmenus/


Apple sort le serveur en rack Xserve

par Mark H. Anbinder mha@tidbits.com

La semaine passée, Apple a sorti une nouvelle gamme de serveurs empilables. On peut les commander dès à présent sur le magasin Apple en ligne et ils seront disponibles à partir du mois de juin. Le serveur Xserve 1U (une unité de haut) propose un ou deux processeurs PowerPC G4 à 1 GHz, jusqu'à 2 Go de mémoire SDRAM DDR, jusqu'à 480 Go d'espace disque sous forme de quatre unités ATA/100 échangeables à chaud, deux ports éthernet gigabit, trois ports FireWire, deux ports USB et un port série DB-9. Le boitier de 48,3 x 4,4 cm permet de monter jusqu'à 42 unités dans une étagère standard de 42U et ne nécessite aucun outil particulier pour ajouter ou modifier des composants. Côté programmes, Xserve offre une version de MacOS X Server avec un nombre illimité de licences (d'une valeur de 1 000 US$ dans le commerce). Cette version de MacOS X est préconfigurée avec le serveur web Apache, un serveur mail, un serveur de streaming Quicktime, WebObjects, MySQL, de même que des serveurs de fichiers et d'impression pour des clients sous MacOS, Windows et Linux. Apple y a également inclus Server Monitor, une application qui vérifie en permanence l'état de divers éléments internes et alerte l'administrateur en cas de problème.

http://www.apple.com/xserve/

Les prix démarrent à 3 000 US$ pour une configuration d'entrée de gamme dotée d'un seul processeur G4 à 1 GHz, 256 Mo de mémoire vive DDR et un disque dur de 60 Go. La configuration moyenne vaut 4 000 US$ et est dotée de 512 Mo de RAM et un DD de 60 Go. Pour 7 800 US$ vous obtenez le modèle haut de gamme, en rack, bi-processeur, doté de 2 Go de RAM et et quatre disques durs de 120 Go. En même temps que Xserve, Apple présente ses nouvelles offres en matière de contrat de maintenance : elle propose un contrat sur trois ans qui inclut quatre heures d'intervention sur site pendant les heures de bureau. Elle propose également en option un contrat "Pièces de rechange" AppleCare qui permet aux administrateurs de disposer d'un stock de pièces détachées afin de remettre sur pied le plus vite possible un serveur dont la présence en ligne est vitale.

Par le passé toutes les tentatives d'Apple de prendre pied sur le marché du serveur d'entreprise ont rapidement échouées. Souvenez-vous des Apple Workgroup Servers tournant sous MacOS, du Apple Network Server tournant sous AIX (une variante d'Unix à la sauce IBM) sans oublier un serveur PPC tournant sous Novell Netware qui ne vit jamais le jour. Pourtant ces dernières années les efforts d'Apple pour mettre sur pied une offre crédible en matière de logiciels serveurs ont été conséquents (proposant par exemple MacOS X Server 1.x basé sur Rhaposdy ou bien plus récemment MacOS X Server 10.x basé sur Darwin). Xserve représente une combinaison étonnante de matériel performant et d'un solide logiciel serveur, le tout à un prix intéressant. Le prix sera néanmoins un obstacle pour séduire les administrateurs Unix qui ont pour habitude d'acheter l'unité centrale Pentium la moins chère possible considérant qu'un serveur n'a pas besoin de faire des étincelles. Mais ceux qui attachent de l'importance à la qualité du matériel, qui veulent des composants solides, une alimentation électrique qui ne les lâchera pas au premier coup de chaleur, des fonctionsd'administration conçues pour une utilisation professionnelle... ces utilisateurs-là se penchent avec beaucoup d'intérêt sur Xserve. Cela ne nous étonne pas. A TidBITS comme chez bon nombre d'intervenants sur le forum TidBITS Talk nous ne rêvons que d'un seule chose : nous procurer un XServe.

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=1655


Mon Mac a un disque audio coincé en travers de la gorge

par Adam C. Engst ace@tidbits.com

Vous avez l'habitude d'écouter des CD audio à partir de votre Mac ? Attention. Un certains nombres de maisons de disques ont mis sur le marché des disques audio corrompus, sciemment, en Europe et aux USA, qui ressemblent à des CD normaux et même, peuvent fonctionner dans certains lecteurs de CD (voir le site de Fat Chuck sur les CD corrompus et celui sur la campagne pour les Droits Numériques, pour en voir la liste). Mais si vous ignorez ce fait ou ne vous rendez pas compte de la mention "Ne fonctionne pas sur PC/Mac" sur l'emballage - quand bien même elle serait présente - vous pourriez avoir une très mauvaise surprise.

http://fatchucks.com/z3.cd.html
http://uk.eurorights.org/issues/cd/bad/

Ces disques audio sont équipés d'un système anti-copie (un terme plus approprié que "système anti-piratage") qui les rend incompatibles avec le format Red Book qui défini le standard Compact Disc. Le résultat attendu est que ce CD devrait jouer normalement dans une platine CD mais pas dans un lecteur de CD informatique. (voir "Copyright : qui devrait en profiter ?" sur TidBITS-618 pour plus d'informations sur ce sujet).

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06729

Qu'un disque qui, de cette manière, ne fonctionne pas, c'est déjà bien embêtant en soi, mais la mauvaise surprise est que vous risquez de ne plus pouvoir l'éjecter du tout. Apple a récemment fourni un article dans sa base de données Knowledge Base à ce sujet, proposant un certain nombre de trucs pour s'en sortir quand même, spécialement avec les nouveaux Mac qui manquent d'un système d'éjection mécanique. Pire encore, d'après des rapports envoyés à la Campagne pour les Droits Numériques, ces disques audio risquent de planter certains Mac et de causer un écran gris à d'autres, si le disque est toujours inséré dans le lecteur au redémarrage.

http://docs.info.apple.com/article.html?artnum=106882
http://uk.eurorights.org/issues/cd/docs/celdion.shtml

http://docs.info.apple.com/article.html?artnum=106882
http://uk.eurorights.org/issues/cd/docs/celdion.shtml

Si le CD ne veut toujours pas sortir du lecteur une fois que vous avez essayé toutes les suggestions d'Apple, il faudra que vous portiez votre Mac chez un réparateur agréé et qu'il l'en sorte à la main. Dans la version originale de l'article Knowledge Base, Apple avait joint un commentaire disant que la réparation ne serait payée ni par votre garantie ni par AppleCare, ce qui, bien qu'extrême, était tout-à-fait compréhensible. Après tout, la faute de cet état de choses retombe tout d'abord sur les maisons de disques qui ont fabriqué et distribué ces CD défectueux, et ensuite à l'utilisateur qui l'a inséré dans son lecteur de CD, et très peu enfin à Apple qui a supprimé le trou d'éjection manuel sur certains Mac. Toutefois, dans une situation où Apple avait l'avantage du point de vue moral, leur remarque sur les garanties a attiré l'attention des gens sur Apple plutôt que sur les fabricants de ces CD ; on a donc modifié l'article Knowledge Base en supprimant la remarque. (On ne sait pas ce que cela signifie pour les remboursements sous garantie ou AppleCare). Vous pouvez lire l'original dans un article du Mac Observer de la semaine dernière.

http://www.macobserver.com/article/2002/05/10.10.shtml

Tous frais d'extraction de CD défectueux payés par l'utilisateur devraient être à la charge des maisons de disques. Il y a une différence énorme entre "Ne marchera pas sur Mac/PC" et "Ne pas insérer en Mac/PC au risque de rendre l'ordinateur inexploitable". En plus, les marchands de CD devraient afficher de grands avertissements près de ce genre de disques, ou ils pourraient bien, eux aussi, courir le risque d'endosser cette responsabilité. Il est clair que les utilisateurs ne devraient pas insérer ces CD défectueux dans leurs ordinateurs, mais c'est vraiment du domaine du possible de manquer l'avertissement (et qui lit de près l'extérieur de ce qui a tout l'air d'un CD normal ?). Et, même en sachant que le CD ne fonctionnera pas, il y en a qui mettront le CD par curiosité, juste pour savoir ce qui se passera.

Monopoles impitoyables. -- Je ne sais pas ce qui me tirlipote le plus dans cette situation. En tête de liste vient la façon avec laquelle les monopoles musicaux traitent les consommateurs : comme des voleurs et des pirates. Les utilisateurs d'ordinateurs ne sont d'ailleurs pas les seules victimes, étant donné que nombre de lecteurs ordinaires de CD ou de DVD ainsi que les autoradios-lecteurs de CD, connaissent des difficultés avec ces disques audio corrompus. Certaines sociétés pensent que le client a toujours raison ; ces maisons de disques semblent penser que le client est toujours un criminel.

Mais cette bêtise est-elle pire que l'arrogance bornée de ces technologies anticopies, en particulier quand elles sont utilisées dans une partie seulement du monde, face aux réseaux d'échanges directs de fichiers ? Une recherche rapide montre que de nombreux morceaux de la bande-son du film Spider-Man, un des albums signalés comme corrompus sur le site de la Campagne pour les Droits Numériques, sont d'ores et déja disponibles au téléchargement. Une personne seule peut faire une copie d'un disque audio - même s'il lui faut ajouter une conversion analogique-numérique au processus - et la placer sur les réseaux de partages de fichiers. Pire encore, certains disques étant connus comme corrompus, j'imagine nombre d'utilisateurs d'ordinateurs préférant télécharger des copies des musiques plutôt que d'acheter le disque, rien que pour éviter les problèmes.

De plus, il suffit de couvrir avec un marqueur noir ou de l'adhésif électrique la piste extérieure d'un de ces disques corrompus pour pouvoir le lire sur un ordinateur. Autrement dit, une main ferme et un stylo feutre suffisent pour neutraliser cette technologie de prévention des copies. Quelle sécurité !

http://www.theregister.co.uk/content/54/25274.html

La palme revient à ceux qui, parmi tous, traitent les clients comme des criminels. Déjà, croire que les technologies de prévention des copies ne peuvent pas ou ne vont pas être cassées, et penser qu'elles pourraient faire une quelconque différence est vraiment arrogant et relève de l'ignorance, mais traiter vos clients comme des criminels, c'est non seulement les encourager à agir en criminel, mais aussi empoisonner à la source les ventes futures, même pour les CD qui ne comportent pas de technologies de prévention des copies. Je sais déjà que mon dégoût pour le cartel des maisons de disques a clairement refroidi mon enthousiasme à acheter de la musique, sauf à l'acheter directement auprès des musiciens indépendants, et je ne suis pas le seul à avoir de tels sentiments.

Les criminels du DMCA et de l'EUCD. -- J'ai employé à dessein le mot "criminels", parce que selon le Décret Américain des Droits de Copie du Millénaire Digital (the U.S. Digital Millennium Copyright Act, DMCA - si vous voulez rire, allez jeter un coup d'oeil sur les parodies du tube YMCA ci-dessous), circonvenir une technologie de protection des droits d'auteur, quelle que soit la raison, est un délit criminel. Il y a eu plusieurs cas bien connus qui implique la DMCA. Pour un aperçu, lisez le rapport récent de la fondation Electronic Frontier où on décrit les conséquences du DMCA après trois ans. La directive des droits d'auteur de la Directive Européenne des Droits de Copie (The European Union Copyright, EUCD) contient de nombreuses gloses similaires et génère le même genre de protestations.

http://whichwayup.org/writing/ymc a/
http://ww w.usethesource.com/Parodies/01/08/04/1121207.shtml
http://www. eff.org/IP/DMCA/20020503_dmca_consequences.pdf
http://uk.eurorights.org/issues /eucd/

Un rayon de lumière vient du député américain Rick Boucher (Démocrate de la Virginie) qui a l'intention d'introduire un projet de loi de modification du DMCA pour donner droit à casser les technologies de prévention des copies afin de jouir des droits d'usage. Boucher n'essaie pas légaliser toutes les copies - ce serait toujours un délit de copier quelque chose avec l'intention de violer les droits d'auteur d'un ouvrage. Il est difficile de dire si son projet de loi a des chances contre les couches profondes des cartels cinématographiques et musicaux, mais si on en juge d'après la liste des initiatives technologiques et cybernautiques de Boucher, sur son site web, il sait de quoi il parle et il pourrait être le meilleur espoir d'action au Congrès américain.

http://www.house.gov/boucher/docs/fairuse.htm
http://www.house.gov/boucher/internet.htm

Lancement de Creative Commons. -- Un autre point lumineux dans le récent lancement du projet de Creative Commons, que j'ai mentionné dans "Une série de bons concepts" ; précédemment dans TidBITS-617. Creative Commons est une organisation à but non lucratif fondée sur l'idée que certains écrivains, artistes, musiciens et cinéastes souhaiteraient partager leurs créations plutôt que d'exercer toutes les restrictions de la loi des droits d'auteur, qui, du fait du DCMA, sont draconniennes.

http://www.creativecommons.org/
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06720

Creative Commons a pour projet de créer ue application basée sur le web qui aidera les créateurs de contenu à mettre leur travail dans le domaine public ou à produire des licences flexibles qui permettent de copier et de réutiliser les travaux faisant l'objet d'un copyright. De plus, ils travaillent sur une manière de labéliser les travaux des créateurs avec des métadonnées qui clarifient les termes d'utilisation.

Ce que j'aime dans cette approche est qu'elle met en avant l'aspect de la création qui souhaite une audience - quand j'écris, je le fais parce que, plus que n'importe quoi d'autre, je veux que les gens lisent mes mots. Oui, j'ai besoin de gagner ma vie avec mes écrits, mais j'ai décidé de le faire de diverses manières tout en gardant TidBits libre pendant plus de 12 ans. Ce que j'ai fait avec TidBits n'est pas de la science de pointe, et bien qu'il ne s'agisse pas d'un modèle que chacun devrait, ou pourrait, émuler, il montre que le concept de partager ses travaux de création et gagner sa vie ne sont pas mutuellement exclusifs, comme un si grand nombre de lobbies de l'industrie voudrait vous le faire croire. Nous verrons quel sera le succès de Creative Commons, mais j'ai de grands espoirs pour eux, j'ai moi-même l'intention d'utiliser leurs services dans le futur.

Cependant, l'aspect le plus intéressant de Creative Commons, peut-être, est qu'ils apportent une certaine créativité aux fins commerciales du débat sur le droit de copie. Nous irions tous mieux si autant de créativité était apportée aux les modèles financiers qu'aux tentatives artistiques et à la création des technologies anti-copie.


Layout Master remet les choses à leur place

by Matt Neuburg matt@tidbits.com

Layout Master 1.1, de Western Civilisation, est un logiciel d'un genre que j'apprécie vraiment : il ne fait qu'une chose, mais il la fait superbement. Comme son programme associé, Style Master, que j'ai chroniqué dans TidBITS-501, cette chose unique a un rapport avec la création et l'édition des feuilles de styles en cascade (CSS), le supplèment au HTML qui devient de plus en plus une façon de dicter les détails formels de vos pages Web. Les deux programmes se chevauchent complètement avec respect dans l'aire du CSS dont ils sont en charge : Layout Master s'occupe des propriétés de position, de fond, et de bordure ; Style Master gère toute la feuille de style en cascade, y compris ces trois aspects. En théorie donc, vous pouvez travailler sur votre CSS en utilisant seulement Style Master ; mais vous ne le voudrez pas, parce que Layout Master vous laisse éditer les propriétés d'alignement de la seule façon qui ait intuitivement un sens - visuellement.

http://www.westciv.com/layout_master/
http://www.westciv.com/style_master/
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05602

Interlude historique. -- Si vous savez tout sur les feuilles de style, vous pouvez sauter cette section de la revue. Son but est d'expliquer ce que sont les feuilles de style, en les replaçant dans une perspective historique, et en résumant les avantages et les inconvénients de leur utilisation.

Au permiers jours du web, HTML était un langage très pauvre ; il n'y avait presque pas de règles. Cet état de fait avait deux conséquences majeures. D'abord, HTML était inadapté à mettre en page autre chose que la forme la plus basique des pages web, qui pouvait consister uniquement en une succession de paragraphes séparés, à l'occasion, par une image. Il n'y avait pratiquement pas de possibilité, pour le concepteur, d'imposer un style et de positionner précisément aucun de ces textes. Aussi, il était difficile de rendre l'aspect d'une page web intéressant ou même beau. Évidemment, on pouvait seulement imaginer l'aspect qu'aurait une page, puisque les réglages définis par l'utilisateur de chacun des navigateurs pouvaient facilement contrecarrer toute tentative de conception rationnelle ou esthétique.

Ensuite, les développeurs de navigateurs compensèrent cette limitation en innovant. Par essence, ils forcèrent simplement l'évolution du HTML en introduisant unilatéralement leurs contributions. Dans certains cas, ces innovations furent bonnes : l'introduction, par Netscape, des balises de tableau et de fontes de caractères, par exemple, fit pousser aux webmestres un grand soupir de soulagement. Mais ces innovations furent introduites aléatoirement, conduisant à une situation dans laquelle il était presque impossible de déterminer comment serait rendue une page selon les navigateurs et les plateformes (et même selon les versions de navigateurs). Les webmestres passaient leur temps à jurer et à effectuer des contorsions pour tester et retester leurs pages sous toutes les conditions imaginables.

La réaction à cette situation a été un effort technique et culturel graduel, mais massif, pour faire amener le web à dépasser les limites des standards, en offrant des règles bien définies de ce en quoi doit consister l'HTML et de ce que doivent être les responsabilités d'un navigateur pour les interpréter. Le WWC (the World Wide Web Consortium, le consortium d'établissement des normes du web, NdT) est devenu de fait le lieu d'organisation de la rationalisation des standards, de la clarification des règles des différentes versions du HTML et des langages qui lui sont liés, et d'offre d'outils de validation automatique, de façon à ce que les webmestres puissent savoir de façon sûre si leurs pages correspondait au HTML légal ou non. Tout aussi important, les nouveaux navigateurs comme Mozilla se sont engagés explicitement à suivre ces normes. Bien sûr, si vous utilisez toujours d'anciens navigateurs, vous ne tirez pas bénéfice de cette situation, mais je trouve personnellement que c'est génial. J'ai fini de m'ennuyer à tester mes pages avec chaque navigateur ; ça m'a pris des années d'amener ces pages à respecter les standards, mais maintenant je n'ai qu'à les valider comme "HTML 4.01 Transitionnel", et si un ancien navigateur ne sait pas les gérer, je m'en fiche - et je soupçonne de nombreux auteurs web de penser la même chose.

http://archive.webstandards.org/
http://validator.w3.org/
http://www.mozilla.org/docs/web-developer/

Nous arrivons maintenant à la place des feuilles de style en cascade, dans tout ça. Les spécifications des feuilles de style en cascade ont été développées et présentées en deux étapes, appelées CSS1 et CSS32 (CSS3 est dans les cartons). Comme d'habitude, je simplifie, pour être didactique, donc n'envoyez pas de lettres, s'il vous plaît...

http://www.w3.org/Style/LieBos2e/history/

CSS1 concerne principalement le format des caractères et paragraphes : police, taille, alignement, interligne, marge des paragraphes. CSS2, mis à part quelques innovations orientées média et linguistique qui ne nous intéressent pas ici, perfectionne surtout le "modèle visuel de formatage" pour les pages web. Ceci signifie que vous isolez les éléments de la page - un mot, une image, un paragraphe, un paquet de paragraphes ou je ne sais quoi - et décidez où exactement ils doivent se placer sur la page. Ainsi, le positionnement qui était auparavant du ressort de tableaux et de cadres, voire même carrément impossible, peut dorénavant être réglé à l'aide de CSS. (Mais les tableaux et cadres ne sont en aucun cas abolis, simplement ils ne servent plus au positionnement).

Pour un exemple, allez voir la page d'accueil de W3C sur les CSS. Si vous utilisez un navigateur récent, vous devriez voir une boîte de navigation qui flotte en transparence dans le coin supérieur droit de votre fenêtre, même si vous faites défiler la page. Cela est réalisé grâce au positionnement "fixe" de cet élément.

http://www.w3.org/Style/CSS/

Malheureusement, aucun navigateur n'a implémenté la totalité des spécifications CSS2, et le positionnement est une de ces zones grises que la majorité des navigateurs gèrent partiellement ou avec de nombreux bugs, et encore. Mais la compatibilité va en s'améliorant ; et quand vous serez prêts à intégrer le positionnement CSS2 dans vos pages web, Layout Master sera la pour vous aider.

Comment ça marche ? -- L'utilisation de "Layout Master" est des plus simples ; à l'aide du didacticiel inclus, vous pouvez apprendre le maniement du logiciel en moins d'une heure. Son fonctionnement est similaire à celui d'un logiciel de dessin. A l'ouverture, un document vide s'affiche, semblable à une feuille blanche. Sélectionnez la command e "New Positioned Element" et un rectangle apparaît ; déplacez le avec la souris à l'endroit voulu, ou cliquez ses extrémités pour en modifier la taille. Les rectangles peuvent également être alignés automatiquement ou positionnés à intervalles réguliers l'un de l'autre. Le fait de double-cliquer un des rectangles fait apparaître une palette flottante présentant toutes ses propriétés : Position, Fond, Cadre... et permettant la modification de chaque valeur ; Une bouton d'aide situé à coté de chaque propriété permet d'afficher une fenêtre d'aide en ligne expliquant l'utilité de la propriété. Certaines propriétés disposent d'une alerte qui met en garde contre les problèmes de compatibilité avec les différents navigateurs. Dans une palette appelée "Elements editor" vous pouvez modifier l'ordre des calques et surtout la très importante hiérarchie des imbrications de tous les éléments de page. Pour ce faire "Layout Master" a fait appel à la présentation la plus logique et intuitive qui soit : une liste déroulant hiérarchique avec des niveaux et des sous-niveaux d'éléments.

Si vous regardez le code source vous verrez qu'une page crée dans "Layout Master" n'est rien d'autre qu'un document texte, une page codée en HTML (ou si vous préférez en XHTML). Chaque rectangle sur la page est en fait une balise DIV ; les informations relatives à la feuille de style peuvent être intégrées à chaque balise ou bien être regroupées dans une balise STYLE dans la section HEAD de la page, voire, pour plus d'efficacité, dans une ou plusieurs feuilles de style commune à tout un site. Comme il génère des documents HTML et étant donné qu'il sait interpréter et afficher du code HTML et CSS, "Layout Master" s'intègre sans problème dans votre panoplie habituelle d'outils de création HTML. En conséquence vous n'êtes pas obligé de créer votre document dans "Layout Master" et pouvez partir d'un document existant ; "Layout Master" sait non seulement ouvrir et modifier un document crée dans une autre application mais en plus il enregistre les modifications sans mettre le souk dans les autres balises propriétaires (NDT : pas comme PageMill ou MS FrontPage). Un document ouvert dans "Layout Master" peut être édité et modifié simultanément avec un autre logiciel tel que Style Master ou BBEdit ; quand vous enregistrez les modifications dans l'autre logiciel et revenez à la version ouverte dans "Layout Master", celle ci est mise à jour automatiquement.

La procédure consistant à envoyer votre document dans un autre éditeur pour y continuer le travail est en fait la meilleure démarche pour ajouter du contenu à votre page. Après tout, un document HTML ne contenant que des balises DIV apparaîtrait comme vierge dans votre butineur ; c'est ce qui se trouve entre les balises DIV qui fait le contenu de votre page. Par conséquent, une démarche typique sera de définir la position globale de chaque élément de votre document dans Layout Master, puis d'utiliser BBEdit ou un autre éditeur pour introduire du code HTML dans ces éléments. Néanmoins, Layout Master vous permet de mettre du contenu dans votre document par d'autres moyens. Exemple : vous glissez du texte ou un fichier image dans un document Layout Master, et hop, vous voilà avec un nouvel élément avec votre texte ou votre image comme contenu. On peut aussi éditer du contenu manuellement à l'intérieur de Layout Master, mais l'interface vous permettant de le faire est très simple, et le manuel du logiciel vous recommande de n'utiliser cette procédure que pour des corrections minimales.

Bien sûr, il est également possible d'envoyer un document depuis Layout Master pour le prévisualiser dans n'importe quel navigateur. Layout Master possède un mode de prévisualisation, mais celui-ci est assez primitif et ne rend pas bien compte de l'aspect final de la page. De plus, il est toujours recommandé de vérifier l'aspect de la page dans un navigateur : Layout Master n'offre qu'un environnement visuel assez schématique, et ne cherche pas la perfection de ce côté-là.

Bref, ce que Layout Master essaie de faire est de vous montrer comment vos éléments sont placés sur la page et quelles relations ces éléments entretiennent entre eux, ainsi qu'une procédure rationnelle, fiable et facile pour gérer l'organisation de votre page. Et le logiciel y réussit superbement. Le restant de la gestion de votre page devra dépendre d'autres programmes ; et comme Layout Master s'intègre merveilleusement à d'autres logiciels, cela ne pose aucun problème particulier. Comme je le disais au début de cet article, Layout Master ne fait qu'une seule chose, et la fait bien- et n'en est que plus agréable à utiliser.

Conclusions. -- Layout Master n'est pas un logiciel natif de MacOS X, ce qui devrait encourager les utilisateurs d'anciennes versions de MacOS. En fait, Layout Master reste perfectible avec l'environnement Classic de MacOS X. Par exemple, le texte d'aide s'affiche de façon déformée et la prévisualisation dans un navigateur MacOS X natif ne fonctionne pas. Ce qui est assez logique vu que Layout Master ne comprends pas les paquets de MacOS X ! Cependant, ce n'est pas un réel problème du fait que les documents de Layout Master sont en HTML et peuvent donc être ouverts manuellement dans n'importe quel navigateur. En outre, il est possible de transférer dans BBEdit des documents générés par Layout Master et de les visionner ensuite dans le navigateur de son choix. Il y a d'ailleurs fort à parier que vous utiliserez ces programmes de façons conjointes.

Personnellement, je dois avouer que, même si j'apprécie Layout Master, je ne me sens pas prêt à utiliser plus d'éléments positionnés dans mes pages Web pour la simple raison qu'Internet Explorer 5.1, le logiciel de navigation le plus répandu, n'affiche pas toujours correctement ces éléments. Le travail avec les cordonnées nécessite beaucoup d'astuces et je sais par expérience que quand je les utilise, je m'arme d'une bonne dose de patience. Layout Master me sera d'un grand secours le jour où il me facilitera le placement des objets en utilisant les feuilles de styles et en travaillant avec d'autres outils HTML et d'autres navigateurs. Si le placement d'objet dans les pages vous intéresse, et si vous voulez vous passer de tableaux dans les tableaux alors vous devez essayer Layout Master.

Layout Master coûte 50 US$, 80 avec Style Master Pro. Une démonstration de 30 jours est téléchargeable. Un manuel d'utilisation et un tutoriel sont disponibles en ligne. La configuration minimale requise est un PowerPC sous MacOS 8 avec 4 Mo de mémoire vive (10 Mo sont recommandés).

http://www.westciv.com/layout_master/download/



Les publications et les sites web sans but lucratif peuvent réimprimer ou créer des liens vers nos articles en référençant leur origine. Pour les autres, contactez-nous, SVP. Nous ne garantissons pas l'exactitude de nos articles. Caveat lector. Les noms de publication, de produit et de compagnie peuvent être des marques déposées. TidBITS ISSN 1090-7017.

Accueil | Archives francophones de TidBITS | Sommaire des quatre derniers TidBITS traduits | L'Equipe francophone de TidBITS