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TidBITS#669/03-Mar-03

TidBITS c'est mieux qu'un épisode de McGyver à la télé... quand Adam est parti à New York pour faire une présentation devant un public de macounets, il a découvert à son arrivée qu'il n'y avait pas de vidéo-projecteur. Lisez son article pour apprendre comment il s'est débrouillé pour projeter quand même ses belles diapos faites dans Keynote. On est bidouilleur où on ne l'est pas ! Egalement dans ce numéro, Kirk McElhearn se gratte les neurones et le bulbe créatif avec Inspiration 7. Au chapitre des nouveautés nous vous informons de la sortie de Bare Bones TextWrangler 1.0, ainsi qu'une mise à jour importante du logiciel interne (firmware) pour AirPort Extreme 5.0.3.

Sommaire:

Ce numéro est traduit de l'américain par les traducteurs bénévoles de TidBITS-FR : Brossollet Charles -- Delauney Jean-Louis -- Denonne Fréderic -- Furiet Bernard -- Gargantiel Jean-Marc -- Howland John -- Larose John -- Lazard François -- Lesnik Thierry -- Lortal Alain -- Mentzel Henri -- Mpondo Dicka Patrick -- Muthelet Jean-Philippe -- Ravaux Jacques -- Roux Philippe -- Seither Grégoire

NOUS CHERCHONS DES TRADUCTEURS !!!!! Ca ne vous prendra que 30 minutes chaque semaine, vous permettra d'améliorer votre anglais et d'augmenter votre karma macintoshien ! Venez rejoindre une bande de joyeux drilles amateurs de bonnes bouffes, bons vins et discussions éclairées ! Jetez un coup d'oeil aux consignes de traduction et contactez le coordinateur de la traduction: Grégoire Seither (gregoire@pobox.com).
< http://www.tidbits.com/tb-issues/lang/fr/consignes.html<


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MailBITS/03-Mar-03

Bare Bones présente TextWrangler 1.0 -- Bare Bones Software a sorti TextWrangler 1.0 , un éditeur de texte universel à 50 US$ qui n'a pas toute la richesse fonctionnelle (notamment les fonctions HTML) de son grand frère bien connu BBEdit, vendu lui 180 US$. TextWrangler peut ouvrir et éditer presque tous les fichiers texte, y compris ceux utilisant les polices Unicode (UTF-8 et UTF-16) et est doté d'une fonction rechercher-remplacer véloce compatible avec PCRE (Perl-Compatible Regular Expression) ainsi que la coloration de syntaxe, la gestion du protocole FTP et bien d'autres choses encore. La sortie de TextWrangler signifie par ailleurs la mort du gratuiciel BBEdit Lite; les propriétaires de BBEdit Lite peuvent faire la mise à jour vers la version complète de BBEdit pour 120 US$ jusqu'au 31-03-03. Pour aider les utilisateurs à comparer ses éditeurs de texte, BareBones a affiché un tableau comparatif des fonctions de TextWrangler et BBEdit 7.0 et de TextWrangler et BBEdit Lite 6.1. Une version de démonstration complète de TextWrangler 1.0 - valable 30 jours est téléchargeable et pèse 9.8 MO. [JLC]

<http://www.barebones.com/products/textwrangler/>
<http://www.barebones.com/products/bbedit/>
<http://www.barebones.com/products/bblite/>
<http://www.barebones.com/products/textwrangler/versus.shtml>
<http://www.barebones.com/products/textwrangler/vs_Lite.shtml>

Mise à jour 5.0.3 du logiciel interne d'Airport Extrême - Apple a sorti une mise à jour de 1 Mo pour le logiciel interne (firmware) de la nouvelle borne Airport Extrême afin de remédier à quelques problèmes.Les bornes mises à jour ne devraient plus redémarrer sans qu'on leur ait rien demandé, le nombre de connexions FTP via une borne est illimité et, surtout, elles devraient mieux résister aux interférences radio de la bande des 2.4 GHZ (comme celles de téléphones sans fil, de fours à micro-ondes, ou d'un dispositif Bluetooth). Auparavant, un réseau Airport Extrême pouvait devenir indisponible et ne pas se rétablir s'il était exposé des interférences excessives. Mon coauteur du livre "The Wireless Networking Starter Kit", Glenn Fleishman, a constaté que la mise à jour du logiciel interne réduit aussi la sévérité des problèmes qu'il avait constaté au cours de ses essais de bornes Apple.

<http://docs.info.apple.com/article.html?artnum=120191>

Cette mise à jour coïncide avec une mise à jour de logiciel interne de Broadcom, le fournisseur de puces radio d'Apple. Etant donné que des fabricants tel que Linksys utilisent les chips de Broadcom, on peut s'attendre à voir apparaître des mises à jour pour d'autres appareils 802.11g. L' élément important de la mise à jour Broadcom est que la société a obtenu depuis la certification 802.11b Wi-Fi, ce qui signifie que tous les dispositifs basés sur Broadcom ont intérêt à fonctionner correctement avec tous les dispositifs certifiés Wi-Fi 802.11b. Pour plus de renseignements sur les questions AirPort et AirPort Extrême, voir le "weblog" (journal en ligne) que Glenn tient en rapport avec notre livre. Il est également possible maintenant de télécharger une mise à jour en PDF sur AirPort Extrême et 802.11g qui apporte encore plus de nouveautés depuis que nous avons publié "AirPort Extreme: titillez le point G de votre réseau. " dans TidBITS-663). [ACE]

<http://wireless-starter-kit.com/airportblog/>
<http://wireless-starter-kit.com/pdfs/80211g_emergence.pdf>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=07047>


Comment bidouiller soi même son vidéo-projecteur...

par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>

Il y a quelque semaines j'ai fait une présentation à la Metropolitan New York Macintosh Alliance (MetroMac) et au Long Island Macintosh Users Group (LIMac). Toutes deux se sont bien passées, le public a posé de très bonnes questions, et j'ai à chaque fois passé un moment agréable. La méthode de MetroMac pour recruter de nouveaux membres m'a particulièrement amusé : n'importe qui pouvait participer à la loterie à laquelle on pouvait gagner des logiciels, des vêtements, ou des livres que j'avais écrits, mais si vous aviez gagné quelque chose sans être membre, il fallait adhérer pour pouvoir emporter son lot.

<http://www.metromac.org/>
<http://www.limac.org/>

Mais ce n'est pas de cela dont je veux vous parler. Laissez moi vous décrire une méthode pas banale pour organiser une vidéo-projection devant une salle comble mais dénuée de vidéo-projecteur, méthode élaborée au pied levée et par mes soins, lorsque je fus confronté à une telle situation. En effet, à mon arrivée à la réunion de MetroMac, le président, Chris Bastian, m'a dit qu'il n'avait pas pu réserver un vidéo-projecteur pour la soirée car un de ses collègues l'avait pris à la dernière minute pour faire une présentation dans la localité voisine d'Albany. (Chris m'a dit cela avec le ton du new-yorkais de souche qui pense qu'Albany est une bourgade aux antipodes où l'on utilise encore des chevaux pour faire tourner les générateurs électriques.) Il y avait une télé dans la salle, mais je n'avais pas les câbles adéquats pour la relier à mon iBook. Heureusement la salle n'était pas très grande, et mes diapositives n'étaient pas indispensables pour le public, j'ai donc du me résigner à ne pas pouvoir frimer avec mes zoulis diapos que j'avais faites dans Keynote.

Quelques minutes plus tard, un gars qui travaillait à la chaîne de télé NBC arriva, et apprenant que nous n'avions pas de projecteur, me dit que si seulement nous lui en avions parlé, il aurait pu apporter les câbles ad hoc pour se brancher sur la télé. Piqué au vif par le ton avec lequel il avait dit cela, laissant entendre que n'importe quel idiot qui aurait pris la peine de préparer correctement sa réunion aurait pensé à avoir ce type de câble sur lui, j'ai commencé à réfléchir à la manière d'utiliser la télé pour faire ma présentation. Quelques secondes après, j'avais une idée, mais cela impliquait monter une telle usine à gaz que j'ai préféré ne rien dire et me préparer en secret pendant la première partie de la réunion où je n'avais pas à intervenir. Voici comment je me suis débrouillé.

Bidouiller une présentation à la sauce McGyver -- Je disposais des outils suivants : mon iBook, ma présentation aux formats Keynote et QuickTime, le logiciel de capture d'écran Snapz Pro X édité par Ambrosia, mon appareil photo numérique Canon PowerShot S100, un lecteur de cartes USB Pocket DigiDrive de marque Addonics, et un câble pour brancher l'appareil photo sur l'entrée vidéo RCA d'un téléviseur. Normalement, je n'emmène pas ces deux derniers accessoires quand je vais faire des présentations, mais comme j'avais prévu par ailleurs de rendre visite à de la famillle dans le coin et de faire des photos, je les avais fourrés dans mon sac avant de partir.

<http://www.apple.com/keynote/>
<http://www.ambrosiasw. com/utilities/snapzprox/>
<http://www.powershot.com/po wershot2/s100/>
<http://www.addonics.com/products/flash_memory_reader/pocket_digidrive.a sp>

Je savais que je pouvais brancher l'appareil photo sur la télé, mais aussi que je pouvais copier des fichiers du iBook sur la carte CompactFlash du Canon en utilisant, non pas le câble USB ordinaire servant à brancher l'appareil photo sur le Mac, mais le lecteur de cartes USB. Je savais encore que je pouvais faire des copies d'écran au format JPEG de chacune de mes diapos Keynote à l'aide de Snapz Pro X, la question cruciale étant de savoir si je pouvais ruser pour les faire afficher comme des images par mon appareil photo.

J'ai d'abord essayé de lancer ma présentation Keynote et de faire des captures d'écran à l'aide de Snapz Pro X. Mal m'en a pris. Dès que j'ai lancé Snapz Pro, Mac OS X n'a plus voulu rien entendre. Après un redémarrage à froid, j'ai fait une nouvelle tentative, en utilisant cette fois un film QuickTime de sauvegarde, exporté depuis Keynote. Cette fois, Snapz Pro n'a eu aucun problème à prendre des clichés de la fenêtre du lecteur QuickTime.

Plutôt que de copier directement les images tel quel sur ma carte Compact Flash, j'ai commencé par leur donner des noms selon le format incrémental que l'appareil photo utilise d'habitude pour stocker ses propres clichés. Je me doutais bien que la machine ne reconnaîtrait pas n'importe quels noms de fichiers. Après ce petit détour, j'ai copié ces fichiers dans le bon ordre sur la carte Compact Flash, et une fois la carte dans l'appareil, j'ai eu le plaisir de pouvoir contempler mes captures d'écran dans le viseur. Petit inconvénient, il n'était pas possible de voir neuf miniatures à la fois, comme pour les photos normales, mais ce n'était pas le plus important. Quelques branchements plus tard, on pouvait admirer ma présentation sur la télé, avec une qualité plus que raisonnable. Honnêtement, je n'aurais jamais cru que ça puisse marcher.

Le seul petit problème que j’ai eu fut que la caméra s’arrêtait d’elle-même pour ne pas décharger sa batterie (j’avais emporté une autre batterie et un chargeur au cas où), j’aurais dû changer le réglage d’arrêt automatique mais dans l’affolement du moment, je n’y ai pas pensé, à la place j’ai rallumé la caméra à chaque fois que c'était nécessaire.

Si vous pensez être amené à utiliser ce truc de temps en temps, je vous recommande de tester d’abord votre caméra, elle pourrait ne pas être aussi facilement manipulable que la mienne, surtout si elle est d’une autre marque. Pensez aussi à emporter avec vous tout le matériel et logiciel nécessaires. Même si votre présentation ne sera pas aussi esthétique que si vous l’aviez faite avec Keynote et un projecteur, votre auditoire sera tellement impressionné par votre supertechnicité qu’il ne s'en rendra pas compte.

Commentaires sur Keynote --Même si je ne suis pas encore assez au point (ou sans doute pas compétent) pour tester complètement Keynote, je l’ai utilisé pour la première fois pour faire cette présentation, et dans l’ensemble, j’ai été impressionné. Je ne crée pas souvent des présentations, mais j’ai toujours eu des difficultés avec PowerPoint. Keynote s’est avéré bien plus fluide et facile à utiliser, et l’idée des guides automatiques est vraiment géniale. Quand vous êtes en train de positionner un objet, Keynote fait automatiquement apparaître un guide aligné sur le centre ou le bord des objets voisins. De temps en temps, j’avais besoin de rappeler à Keynote quel autre objet était important en le sélectionnant, et ensuite je revenais au texte ou au graphique que j’étais en train de positionner. Les transitions obtenues en simulant les faces d’un cube sont superbes ; Keynote peut aussi faire apparaître et disparaître des objets d’une vue donnée de différentes et astucieuses façons, même si j’ai du consulter un petit manuel pour en comprendre le principe.

Je suis quand même tombé sur trois problèmes avec Keynote. D'abord, vu que ma présentation couvrait des produits présentés à la Macworld Expo, j'ai utilisé les photos de presse des nouveaux produits d'Apple, vu qu'elles étaient de bien meilleure qualité que les images que je pouvais trouver sur le Web. Pas de chance, les photos de presse étaient énormes - 7 ou 8 Mo dans certains cas - et quand je les ai copié dans ma présentation, Keynote a gentiment stocké les fichiers haute-résolution dans le fichier qu'il crée (Control-Click dessus et ça vous propose le choix de voir ce que contient le paquet). A la fin, ma présentation pesait 76 Mo. Bien évidemment, j'aurais pu réduire la taille des images manuellement, mais il aurait été sympa que Keynote dispose d'une option lui permettant de le faire à ma place.

Ensuite, il manque à Keynote une option de texte que j'apprécie particulièrement dans PowerPoint. Quand vous ajoutez des puces à un bloc de texte, dans PowerPoint, il réduit automatiquement la taille de la police du texte entier si c'est le seul moyen qu'il trouve pour contenir le texte dans son bloc. Keynote ne fait pas ça, il vous oblige à jongler vous-même avec la taille des fontes si vous avez besoin d'un peu plus de place. J'encourage Apple à réfléchir au meilleur moyen de faciliter l'utilisation de Keynote à l'utilisateur qui se retrouve dans cette situation tout de même assez commune.

Enfin, bien que ses performances soient tout à fait optimales sur mon PowerMac G4 / 1GHz / bi-processeur, sur mon iMac G3/500 Mhz, Keynote bredouillait parfois et était très lent lorsque je déplaçais une diapo. Ce n'est pas très surprenant surtout en tenant compte du fait que certaines images étaient très lourdes, mais je vous encourage en tous cas à le tester sur le Mac que vous utilisez pour faire vos présentations au risque d'avoir de mauvaises surprises.

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Inspiration 7 met des étincelles dans vos neurones

par Kirk McElhearn <kirk@mcelhearn.com>

En fouillant dans les archives de TidBITS, j'ai trouvé intéressant le nombre de fois que l'application Inspiration est mentionné. Adam Engst, dans la première critique en 1992, se penche principalement sur ses fonctionnalités de schématisation et recommande le programme, bien qu'en émettant quelques réserves.

<http://www.inspiration.com/>
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=03113>

Ensuite vint Matt Neuburg, qui se penche sur la version 4 en 1993. Lui aussi s'est surtout intéressé aux fonctions de réalisation de graphes et d'arborescences, par contre j'ai été intrigué par les différences dans leur approche et la façons dont ils ont utilisé le programme.

<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=02542>

En 1997, Matt était de retour ; il s'étonnait de la survie d'Inspiration et sa conclusion était beaucoup plus positive que dans son article précédent. (Ce deuxième compte-rendu comprend une description, excellente et succincte, des principes de base du logiciel Inspiration - je ne les répèterait pas ici et vous recommande la lecture de l'article de Matt écrit en 1997 si vous voulez avoir une présentation systématique des subtilités des fonctions de création de schémas et de diagrammes dans Inspiration.)

<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=04586>

Matt a écrit une autre petite critique du programme en 2000 dans laquelle il met le point sur la nouvelle stratégie d'Inspiration (novatrice à l'époque) qui visait le marché des logiciels pour enfants et scolaires.

<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06025>

Alors pourquoi est-ce que prends à mon tour la plume pour vous parler d'Inspiration 7 ? Après avoir comparé avec Matt nos différentes approches de l'évaluation d'un logiciel, il m'a dit être ravi de le voir examiné par un regard neuf. A l’envers de beaucoup de logiciel qui ne se prêtent qu'à une ou deux utilisations, Inspiration est un logiciel ouvert à un point que chaque utilisateur peut en faire l'usage qui lui convient le mieux.

Un outil essentiel pour organiser ses pensées -- Que l’on l’utilise pour créer organiser son travail selon un plan, pour établir la topographie de ses pensées, pour dessiner des graphes d’organisation d’un projet ou pour rédiger son prochain roman, Inspiration fait preuve d’une approche inédite dans l’organisation des pensées et des informations. Puisque nous avons tendance à penser d’une manière non linéaire, l’imposition d’une structure linéaire sur nos idées peut nous empêcher d’explorer les liaisons et chemins de traverse qui peuvent nous mener dans des directions inattendues. Pour prendre l’écriture comme exemple, la méthode la plus commune pour lire un texte est de commencer au début et continuer jusqu’à la fin en passant par ce qui se trouve au milieu. Ceci fonctionne pour certains, mais c’est comme une autoroute à sens unique; on ne peut pas faire demi-tour et il est impossible d'aller flâner dans les ruelles qui pointent dans d’autres directions.

Avec un outil comme Inspiration, on peut adopter une approche différente.. Au lieu de se pencher sur l’aspect linéaire d’un texte, un auteur peut y jeter des idées dans n’importe quel ordre, puis les ordonner et regrouper en examinant les synergies qu’elles créent dans certaines relations, et voir comment différentes idées peuvent mener à d’autres. Les écrivains ne sont plus limités par les relations purement de cause à effet; les idées deviennent multidimensionnelles et peuvent être facilement réordonnées et remplacées.

Vous n'avez même pas besoin du logiciel Inspiration pour travailler de la sorte - un paquet de fiches bristol et un crayon suffisent. Vous écrivez vos idées sur les fiches, vous jetez le tout en tas et vous reclassez les fiches. Cependant, les habitués du travail sur ordinateur trouvent qu'il est plus commode d'utiliser un logiciel pour organiser les idées, en particulier parce qu'on peut ajouter du texte à une idée et qu'en bougeant une idée on bouge le texte qui va avec.

Comment fonctionne Inspiration -- La principale différence avec d'autres logiciels , c'est l'affichage en mode diagramme, dans lequel un schéma représente un réseau d'idées ("mind map", ndt). Les réseaux d'idées sont une invention de Tony Buzan, qui a écrit plusieurs livres traitant de créativité. Ils présentent les pensées, les idées ou les données sous forme graphique, chaque idée est figurée par un symbole d'une certaine forme, et des flèches représentent les relations entre les idées. Les idées peuvent être organisées de multiples façons : en liens de cause à effet, en flux ordonné, en arborescence, ou avec une "idée centrale " autour de laquelle tout s'organise.

<http://www.mind-map.com/>

L'intérêt d'Inspiration réside en sa capacité à employer des réseaux d'idées et à passer d'une vision en mode diagramme à une présentation linéaire du texte. On passe de l'un à l'autre d'un clic sur la barre d'outils ou avec un raccourci clavier. Après avoir créé des relations visuelles dans le diagramme, vous pouvez transformer votre tas d'idées inorganisées en un texte linéaire - en fait, quelle que soit votre méthode d'écriture, votre texte sera lu de façon linéaire (à moins, bien entendu, que vous composiez un hypertexte ).

Exemple pratique: cet article -- Peut-être le meilleur moyen d'expliquer comment fonctionne Inspiration est de vous décrire comment j'ai écrit le présent article. J'ai commencé à utiliser Inspiration en mode d'affichage Esquisse et y ai noté quelques idées de base. Exécutant la version 7 du programme pour la première fois, j'ai fait des notes sur les changements les plus visibles dans l'interface et les menus par rapport à la version précédente. Après avoir noté environ 10 points, je suis passé en mode d'affichage Diagramme, et j'ai examiné comment mes pensées s'organisaient entre elles.

A ce stade, je n'avais pas encore développé une structure globale pour l'article - simplement quelques points qui semblaient essentiels. En vue de diagramme, j'ai commencé à ajouter les éléments clés de la structure de l'article : dans mon article, je voulais parler du mode Esquisse et du mode Diagramme, je voulais expliquer comment on pouvait réarranger les idées dans les deux modes d'affichage, je voulais mentionner les changements (positifs et négatifs) dans l'interface, je prévoyais de mentionner les raccourcis clavier que le programme utilisé, et je voulais parler des fonctionnalités manquantes à mon avis.

Inspiration ne serait pas très utile s'il vous laissait seulement organiser des sujets et des concepts. Bien que ce ne soit pas un traitement de texte, il vous laisse écrire plusieurs pages de texte dans des fenêtres de notes, qui ressemblent un peu au "Aides Mémoire" de Mac OS (ces fenêtres sont visibles en mode diagramme). Les notes sont reliées au sujets - si vous êtes en mode diagramme, vous choisissez un symbole et cliquez sur le bouton Note dans la barre de menu pour afficher une fenêtre de note. Si vous êtes en mode Esquisse, vous appuyez simplement sur Retour à la fin d'un sujet et saisissez votre texte.

J'ai donc commencé à compléter mon article en ajoutant des notes aux différentes sections. Cela m'a permis de passer d'une section à l'autre, comme les pensées me venaient à l'esprit, et m'a laissé travaillé de manière non linéaire. Au fur et à mesure de ma progression, Je pensais à d'autres choses qui avaient besoin d'être mentionnées, comme les gabarits du programme et les symboles. J'ai donc ajouté de nouveaux éléments à mon diagramme pour ces deux idées, puis me suis replongé dans la rédaction.

De temps en temps je basculais à nouveau en mode Diagramme afin de réorganiser mes idées -quand vous créez de nouvelles idées en mode diagramme, elles peuvent être ou ne pas être dans l'ordre que vous souhaitez , du fait du type de diagramme que vous créez. J'ai tendance à créer des diagrammes informes, avec l'idée principale dans le centre et les autres idées germant en périphérie. J'essaye de les organiser de manière plus ou moins logique, généralement dans le sens des aiguilles d'une montre. Mais je finis souvent par les réarranger en vue soulignée. Quand je fais cela, si je change simplement l'ordre de mes sujets de premier niveau, le diagramme ne change pas. Mais si je déplace des sous sujets d'un sujet de premier niveau à un autre, la hiérarchie du diagramme s'ajuste en conséquence. Il faut un peu de temps pour s'habituer à ce système, et après avoir fait de tels changements vous devez parfois réorganiser votre diagramme. A première vue cela peut paraître fastidieux, mais pour ma part le fait de réorganiser mes diagrammes me donne une meilleure perception des interrelations entre les différentes sections d'un document, et une meilleure vue globale de celui-ci. Au lieu d'envisager le texte de façon linéaire, je vois une collection d'idées et je travaille en ayant cela à l'esprit.

Nouvelles fonctionnalités -- Cette version d'Inspiration regorge de nouvelles fonctionnalités, qui justifient pleinement son numéro 7.0. La plus importante est probablement la compatibilité Mac OS X 10, bien qu'en tant qu'application Carbon, elle soit aussi utilisable sous des versions précédentes de Mac OS, même aussi anciennes que le Système 7.1.

De nombreuses autres fonctions ont été ajoutées ou améliorées. J'ai mentionné plus haut la façon dont vous pouvez écrire des notes lorsque vous êtes en mode diagramme, grande amélioration par rapport à cette fonctionnalité dans la version précédente. Maintenant, vous pouvez vraiment rédiger des notes en mode diagramme, même si je préfère le faire en mode plan.

Le très utile Hyperlinks (Hyperliens) a été ajouté. Vous n'avez qu'à coller une URL sur votre diagramme ou votre plan et elle apparaît automatiquement comme un lien; cliquer sur un URL ouvre automatiquement votre navigateur Web par défaut. Si aucun élément n'est sélectionné dans le diagramme, vous pouvez coller une URL pour créer un nouveau sujet avec ce lien.

Vous n'êtes pas limité aux adresses Web, ce qui est bien utile. Si vous contrôle-cliquez un hyperlien, un menu contextuel s'affiche, qui contient une commande "Edit Hyperlinks" (Éditer un hyperlien); de là, vous pouvez éditer le texte visible d'un hyperlien et relier l'URL à une page Web, une adresse de courrier électronique, un fichier, ou un nouveau document d'Inspiration. Le lien vers un projet est particulièrement utile si vous utilisez Inspiration pour organiser un projet complexe, ce qui vous permet de référencer les documents gérés (tels que des feuilles Excel, par exemple) qui s'ouvrent dans leur propre application (notez que vous pouvez désactiver l'auto-détection d'URL et les liens actifs si vous ne voulez pas que les URL soient cliquables).

Le mode "Child" (une déclinaison du mode plan, avec un document mère et des documents enfants, NdT) , une fonctionnalité compliquée qui implique plusieurs fenêtres relevant du même sujet ou de la même idée, a été remplacé par "hypertext documents" (Documents hypertexte). Si vous avez des documents créés avec Inspiration 5 ou 6, le mode Documents hypertexte crée un dossier Hyperlinked Files (Fichiers liés) qui contient les documents individuels de chaque plan "enfant".

Changements d'interfaces - Inspiration 7 présente une nouvelle interface qui contient sa part d'améliorations, mais aussi certaines déceptions. Sa barre des menus et ses boutons ressemblent un peu trop à l'interface Windows XP, bien que l'adjonction d'une barre d'outils de formatage au bas de la fenêtre soit la bienvenue. Affichée en mode diagramme, la présentation rend plus facile le fait de savoir quels sont les sujets ayant des sous rubriques ou des notes, et il est par ailleurs simple de masquer les sous rubriques dans la présentation en diagramme.

La vue dépouillée a, elle aussi, subi des changements majeurs. Certains vont dans le bon sens tels que la barre à la gauche de la fenêtre indiquant plus clairement les sujets, sous sujets et notes. D'autres changements ne font que rendre les choses encore plus compliqués. Par exemple, la colonne de sélection vous indique quel sujet ou sous rubrique est sélectionné en surlignant une grande surface de votre document avec votre couleur de sélection par défaut. Passe encore pour de petites segments tels qu'un sujet unique, mais, quand on écrit un texte d'une certaine longueur en tant que note, je trouve ça assez dérangeant.

Certains oublis sont évidents. Je trouve que le manque de fonction copier-coller est quelque peu gênant, et une fonction de correction automatique serait la bienvenue (surtout sachant que cette fonction fait partie du système sous Mac OS X). Certains des raccourcis clavier, pour ne parler que d'eux, ne présentent que très peu d'intérêt. Je suis habitué à me servir de Pomme H pour masquer une application sous Mac OS X, alors que Inspiration utilise ce raccourci pour masquer un sous sujets, et j'ai donc « perdu » un grand nombre de sous sujets avant de comprendre ce qui m'arrivait. À mon avis, ce genre de raccourci généralisé ne devrait jamais être utilisé pour d'autres usages ; c'est un peu la même chose que si vous utilisiez un logiciel qui se servirait de Pomme C pour fermer une fenêtre.

L'utilisation peu logique des touches de fonction pour certains raccourcis est une autre entorse aux habitudes Mac. Certes, c'est courant dans le monde Windows, mais nous autres utilisateurs de la Pomme ne nous servons que très rarement les touches de fonction dans ce contexte. Le programme utilise aussi des raccourcis inhabituels composés de la touche Commande et de numéros comme par exemple Commande-9 pour le défilement à la sélection, entre autres combinaisons déroutantes. Par exemple, Afficher/Masquer les Notes est défini par commande-y, ce qui, dans certains programmes Mac est la combinaison pour 'Rétablir la saisie'. Afficher/Masquer la Barre d'Outils s'active par Commande-F8, alors que le Finder utilise Commande B pour sa barre d'outils ; un peu d'harmonisation aurait été bienvenue ici. Beaucoup de raccourcis clavier viennent clairement du monde Windows et ne tiennent pas compte des habitudes des utilisateurs du Mac.

La gestion des options et préférences est une concession de plus au monde Windows : si l'on choisit Préférences dans le menu d'Inspiration 7, une boîte de dialogue s'affiche, avec comme titre Options du Programme [Application Settings]. Sélectionnez Options du Programme [Application Settings] à partir du menu Utilitaires [Utility], et vous obtiendrez la même boîte de dialogue. C'est déroutant, mais il y a pire : l'option Réglages par défaut [Default Settings] dans le menu Utilitaires [Utility], qui ouvre un assistant censé vous guider dans les réglages du modèle par défaut. Et cela est non seulement long et complexe (contrairement aux versions précédentes), mais chaque fois que vous avez terminé avec l'assistant, le programme affiche une boîte de dialogue qui vous informe que vous avez modifié les réglages par défaut, puis ouvre un nouveau fichier, ce que vous ne souhaitiez peut-être pas. Même problème quand vous créez un nouveau modèle : vous devez passer par le même assistant, sauvegarder votre modèle, pour finalement aboutir à la même boîte de dialogue. Il aurait été préférable de combiner ces deux procédures, comme c'était d'ailleurs le cas dans la version précédente.

Les modèles d'Inspiration sont particulièrement utiles. Il s'agit de fichiers contenant des diagrammes et organigrammes préformatés, assortis de symboles ou cadres vierges, que vous pouvez utiliser à des fins pédagogiques ou professionnelles. Séparés en cinq groupes – Techniques de l'expression, Etudes sociales, Sciences, Gestion de projets, Capacités de réflexion – ces modèles vous donnent une bonne idée du travail qui peut être fait avec Inspiration. Un manuel de 60 pages présente chacun des modèles graphiquement, explique comment l'utiliser, et son intérêt particulier. L'application fournit aussi une multitude de symboles à utiliser dans les organigrammes. Personnellement j'utilise exclusivement des rectangles et ovales, mais j'imagine que cela aide beaucoup de personnes à identifier leur idée plus précisément, et surtout à la communiquer plus efficacement aux autres.

Doc, doc ! Es tu là ? En tant que rédacteur d'ouvrages sur l'informatique, je suis particulièrement sensible à la qualité de la documentation et pour un programme aussi particulier et complexe, un bon mode d'emploi est important. Bien que pas mal de personnes puissent comprendre un programme simplement en l'utilisant, le concept d'Inspiration est nouveau pour la plupart des gens et une bonne doc est un élément clé. Celle d'Inspiration comprend deux livrets - un manuel d'initiation et le guide des modèles - et quatre fichiers PDF : les deux ouvrages mentionnés plus haut, un manuel de l'utilisateur, et un guide des symboles qui peuvent être utilisés avec la vue par diagrammes.

Cette documentation me laisse un sentiment mitigé. Alors que les guides des symboles et des modèles sont pratiques, le manuel de l'utilisateur est dense et peu convivial avec ses chapitres entiers sans copie d'écran, ni illustration, ce qui en fait un ouvrage assez rébarbatif.

Conclusion -- Le problème avec un programme comme Inspiration est de l'intégrer dans votre façon de travailler. Chez moi les cadres sont comme des haies qui me guident dans mon processus de pensée souvent bordélique. Pouvoir travailler simultanément en mode diagramme et en mode texte me permet d'avoir des angles de vue différents pour une même idée. Les possibilités de ce genre de logiciels sont formidables. Pouvoir relier une page Web et des documents dans un même contexte permet de gagner un temps fou dans l'organisation des informations.

La question est de savoir si les utilisateurs vont s'adapter à ce concept. Pour beaucoup d'entre eux Inspiration représente une nouvelle manière de concevoir des documents sur leur ordinateur, et même un nouveau mode de pensée. Pour ma part, il y a longtemps que je suis adepte de cette façon de travailler. Le logiciel Inspiration est pour moi, un des rares outils d'écriture indispensable sur mon Mac, et avec cette nouvelle version compatible Mac OS X, il va le rester de nombreuses années encore.

Inspiration coûte 70 US$ et une version d'essai gratuite valable 30 jours est téléchargeable (15,6 MB).

[Kirk McElhearn est un écrivain et traducteur indépendant. Il vit dans les Alpes françaises. Il est co-auteur de "Microsoft Office v. X Inside Out", publié par Microsoft Press.]

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