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Après l'effervescence du MacWorld Expo, tournons-nous vers des matières qui posent réflexion, notamment le bouquin de Glenn Fleshman ainsi que celui de Andy Hertzfeld touchant les récits de l'aurore d'Apple et du Macintosh. Matt Neuburg analyse et explique pourquoi Audio Hijack Pro est plus utile que cela en laisse présager à première vue.
Sommaire:
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Andy Hertzfeld a des histoires à raconter, des douzaines d'histoires. Si vous avez possédé un Mac 128K, si vous en avez désiré un, ou si vous avez admiré le travail que cachait cette boîte extraordinaire, le nouveau livre de Hertzfeld, Révolution dans la Vallée, vous plaira : c'est un voyage magique et pittoresque à travers l'expérience d'un des hommes qui a donné naissance au Mac.
<http://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/0596007191/tidbitselectro00/ ref=nosim/>
Cet ouvrage est une conséquence du site de Hertzfeld, Folklore.org, dans lequel il raconte, depuis juillet 2003, des bouts de passé jusqu'à présent jamais révélés. Ou tout du moins pas avec autant de détails. Le site lui-même présente des démos de logiciels qu'il a développé, et où tout le monde peut raconter l'histoire collective, en y laissant des notes et des anecdotes. Comme Folklore.org continue à fonctionner sur ce principe, si vous trouvez des erreurs dans le livre ou si vous n'êtes pas d'accord avec telle ou telle interprétation de Hertzfeld, vous pouvez aller sur le site et commenter l'anecdote en question.
Depuis qu'il a quitté Apple après la commercialisation du premier Mac, la carrière d'Hertzfeld a été intéressante. Il a aussi un certain nombre de comptes à régler; le plus souvent, il préfère positiver. En gros, le livre raconte toutes les tâches ingrates qui ont abouti à sortir un ordinateur censé réaliser toute une série de tours de magie, touchant tant au matériel qu'au logiciel, et à faire en sorte que tout fonctionne. Apple venait de subir de réels échecs auparavant, et continuait à avoir des difficultés dès qu'il s'agissait d'emballer un nombre excessif d'innovations sous le même boîtier (l'Apple III, Lisa) tout en proposant une machine performante à un prix raisonnable.(Hé, vous autres fanas de Lisa, moi je n'y suis pour rien: c'est Steve Jobs qui a débauché les membres de l'équipe Lisa pour les faire travailler sur le Mac, signant ainsi l'arrêt de mort de la première machine. Hertzfeld raconte que Rich Page, le concepteur de Lisa, à l'occasion d'une des premières réunions conjointes des équipes Mac et Lisa s'est mis à hurler: "Vous êtes complètement inconscients!... Le Mac va torpiller Lisa! Et par la même occasion, il va torpiller Apple !" Quant à vous autres, fanas de l'Apple III... suis-je bête ! Il ny jamais eu de fanas de l'Apple III. Il est vrai que je me suis amusé à entrer quelques données dans un Apple III vers 1980, mais ça ne m'a pas permis de bien évaluer la machine.) Hertzfeld n'a pas construit son livre autour d'un récit linéaire; on voit bien qu'il s'inspire à la base d'anecdotes et de petites histoires tirées d'un site web. D'abord son fil narratif situe agréablement entre de petites histoires distrayantes, revisitant le passé pour en extraire quelque nouveau joyau. Ensuite il a puisé dans certains des commentaires sur son site Folklore.org pour en parsemer son livre, utilisant parfois même ceux qui n'étaient pas du tout conformes à ses souvenirs. En fait le livre aurait pu s'enrichir davantage grâce à cet aller-retour narratif dans la mesure où certains commentaires du site web vont droit au but; d'autres sont chargés d'émotion; d'autres enfin un peu naïfs quant à la véracité de certaines anecdotes.
Le Héros du fouineur -- Le livre a bien sûr son héros et son méchant, et à peine quelques figures du bien et du mal. Le héros, c'est Burrell Smith, le bizarre et hilarant génie bricoleur qui est arrivé avec la plupart des idées les plus étranges et les plus réussies pour exprimer au mieux les performances de la carte mère du Macintosh. Il mérite également l'amour éternel des possesseurs de Mac pour avoir essayé sans succès, d'insérer un port d'expansion et une RAM amovible dans le premier Mac.
Jobs et Jeff Raskin, le père conceptuel du Mac, étaient d'accord pour dire que le Mac ne devrait pas avoir une embase supplémentaire parce que ça augmenterait et le coût, et la complexité. Smith s'était entendu dire par Jobs qu'il n'y aurait aucune possibilité pour que le Mac ait ne serait-ce qu'un port ." Mais Hertzfeld note que " Burrell ne se laissait pas facilement contrarier. Après en avoir discuté avec Brian [Howard], ils décidèrent de l'appeler la 'prise de diagnostic' plutôt qu'une embase, arguant du fait que cela ferait gagner de l'argent lors de la fabrication si les appareils de test pouvait accéder au bus processeur pour diagnostiquer les erreurs de fabrication. " Mais l'ingénieur chef Rod Holt découvrit le subterfuge. " Ce truc est une embase, hein? Vous essayer de planquer une embase! ...Ben non, ça n'arrivera pas!"
Eh oui; nous devrons attendre jusqu'au Macintosh II pour avoir un port à part entière. Et, ô surprise, une entreprise fondée par quelqu'un qui n'est autre que Burrell Smith - une petite firme nommée Radius - tire un avantage incroyable de ce slot pour offrir des cartes graphiques avancées qui permettent d'établir la prédominance du Mac dans la micro-édition et l'illustration (Lorsque j'ai travailllé au Centre de l'Image Créative de Kodak, au début des années 90, nous avions au moins quelques centaines de milliers de dollars en cartes Radius et en moniteurs). Hertzfeld note sur son site, en réponse à un commentaire, que Smith est maintenant presque anonyme et s'est retiré des affaires quand il a quitté Radius il y a plusieurs années .
D'autres membres de l'équipe ont également quitté le monde de la technologie. Bill Atkinson, par exemple, est devenu photographe à plein temps, après des années de travail intensif. Je l'ai rencontré en 1991 au Centre de l'Image Créative, où il assistait à une soirée spéciale design en compagnie de John Sculley et d'une foule de designers, photographes et illustrateurs (c'est là que j'ai entendu un employé de Kodak expliquer à John Sculley, pendant qu'il lui faisait la démonstration d'un logiciel effroyable, que les commandes clavier étaient meilleures que les commandes à la souris. Et Sculley de répondre doucement: "Non, elles ne le sont pas"). La description que fait Hertzfeld d'Atkinson le montre aussi piquant que sensible malgré le fait que le rôle d'Atkinson dans le projet Lisa ait été largement ignoré, et bien qu'il ne veuille pas être mis à nouveau sur la touche.
Parmi d'autres héros mineurs, il y a Bud Tribble, qui en même temps qu'il poursuivait ses études de médecine, écrivait un logiciel de gestion de la mémoire (Tribble a quitté Apple, ensuite a rejoint Hertzfeld à Eazel, pour finalement revenir chez Apple il y a environ deux ans).
Le méchant PDG -- Et là, vous vous attendez à lire Steve Jobs,c'est ça? pas du tout.
Le méchant de l'histoire, c'est Bob Belleville, le responsable technique du Mac pendant les deux dernières années de Hertzfeld chez Apple. Hertzfeld nous brosse un portrait assez caricatural et méchant de Belleville. Il a peut-être été un mauvais dirigeant ou bien pas à la hauteur de sa responsabilité, je ne sais pas si on peut aller jusque là, mais son personnage est le moins étoffé dans tout le livre. Tous les autres ont leurs côtés originaux et intéressants même quand ils maltraitent Hertzfeld. Belleville est sa bête noire, et il le décrit en méchante nullité.
Ce qu'il y a aussi d'intéressant c'est la manière positive dont Jef Raskin apparaît dans le livre. Raskin a consacré beaucoup d'efforts depuis son départ d'Apple - bien avant la commercialisation du Mac- à essayer d'empêcher Apple et d'autres d'effacer son nom des livres d'histoire de l'informatique où il tient à son titre de géniteur intellectuel des concepts qui sont au coeur du Macintosh. Raskin mérite sa place au premier rang: il a réuni en un seul projet financé des idées qu'il creusait et enseignait depuis les années soixante. Le fait que Jobs l'ait privé du contrôle du projet et que le Macintosh final ait eu des différences remarquables avec sa vision initiale et ses choix matériels ne doit pas faire apparaître son rôle comme moindre.
Hertzfeld décrit Raskin en dirigeant amusant et créatif dont les manières professorales et l'autorité ont permis de réunir une équipe autour d'une vision commune et unique. Sans Raskin, d'après Hertzfeld, l'ordinateur Lisa serait devenu le vaisseau amiral d'Apple, bénéficiant d'améliorations progressives plutôt que de choix révolutionnaires. Le choix de Jobs en faveur du Mac fut un succès parce qu'il ne cessait de gérer dans les moindres détails le projet pour le meilleur et pour le pire- en tout cas le projet avait une équipe suffisamment nombreuse, un financement adéquat et son attention constante.
Steve Jobs finit par distraire Hertzfeld et par apparaître comme une caricature sans épaisseur. Mais c'est sans doute le seul Steve Jobs que quiconque ayant travaillé avec lui a eu l'occasion de connaître. Jobs pousse son équipe à travailler à des heures impensables, fait des modifications de dernière minute, et s'obstine sur des décisions techniques absurdes. Lorsque Smith montre une maquette du design de la dernière carte mère Jobs répond " Cette pièce est vraiment mignonne, mais regarde les barrettes mémoire, c'est affreux. Les lignes sont proches les unes des autres. " Lorsqu'un ingénieur fait remarquer que personne ne verra la carte mère, Jobs réponds, " Je la vois ! Et je veux qu'elle soit aussi jolie que possible, même si elle est à l'intérieur de la boite. Un grand ébéniste ne va pas utiliser du bois de mauvaise qualité pour le dos d'une commode, même si personne ne le verra jamais. " (Il est clair que Jobs n'a jamais été ébéniste.) Il fait réaliser à l'équipe une jolie carte mère, et lorsqu'il s'avère qu'elle ne fonctionne pas, ils reviennent au design fonctionnel initial.
Encore plus caractéristique, Jobs s'engage dans des voies sans issue, comme un lecteur de disquettes (3,5 pouces, dessiné par Alps.. heureusement certains chez Apple avaient gardé la tête froide et maintenu une relation avec Sony (qui fournissait les lecteurs de disquette 3.5 pouces), ce qui a parfois impliqué d'enfermer un ingénieur japonais dans un placard, dans un des immeubles d'Apple lorsque Jobs faisait une apparition inattendue.
D'un autre côté, Jobs prend effectivement un nombre de décision clé tout au long du processus de développement, décisions qui faisaient du Mac ce qu'il était, depuis le design des boîtiers, jusqu'à certains aspects de ses performances. Ce type ne pouvait pas s'empêcher de pousser, mais il savait tirer le meilleur de ses ingénieurs, un trait qu'il a apparemment conservé jusqu'à aujourd'hui. >
Hertzfeld décrit un dîner qu'il a partagé ainsi que quelque autres personnages clés d'Apple avec Jobs, après que Sculley a organisé le mini-coup d'état dans le conseil d'administration, au terme duquel Jobs bien que restant président en titre du conseil d'administration avait perdu tout contrôle sur l'entreprise. C'est sans doute l'image la plus humaine de Jobs que l'on trouve dans ce livre. Il est clair en lisant cette anecdote, que Jobs ne se trouverait plus jamais en situation de se faire virer de nouveau par qui que ce soit.
Bill Gates, lui aussi, est dépeint comme un méchant ; paraissant souvent sous la forme de Coyote, il déforme les mots et utilise sa baguette magique pour s'emparer des brevets et des idées.
Le Voyage de Hertzfeld - C'était passionnant de lire les récits à la première personne de Hertzfeld du développement du logiciel pour Thunderscan, une tête de scanneur de rechange pour la tête d'impression de l'ImageWriter, construite par une société qui avait besoin de lui pour la rendre rapide et emballant ; et de Switcher, l'outil original de changement de contexte qui permettait de laisser tourner plusieurs programmes en même temps sur le Mac.
Je me rappelle mon émotion d'avoir mon premier Macintosh Plus, et je me souviens d'avoir acheté un kit de mise à jour avec plus de mémoire vive (bande désélectrifiante, tournevis Allen long et outil pour ouvrir le boîtier), et d'avoir été ébahi en voyant ces signatures à l'intérieur du boîtier pendant que j'installais ces énormes quatre Mo de mémoire vive.
Je ne peux pas dire que Hertzfeld n'ait pas un bons sens de sa propre valeur, mais la majorité des histoires qu'il raconte ont les autres pour sujet. Il ne se met pas au centre du récit, sauf pour certains incidents qui sont parmi les plus pénibles ; ceux-ci en général impliquent Steve Jobs qui exige quelque chose ou qui le met dans une situation où d'autres lui demandent de ne pas faire attention à Steve Jobs, qui était, en principe, son patron le plus élevé.
Hertzfeld termine le récit avant son arrivée chez Radius, avant la fondation de General Magic et son retour ultérieur chez Eazel en compagnie d'un grand nombre de développeurs originaux de chez Apple. Nous ne connaissons pas au juste ce qui lui advient au cours de ces 20 dernières années parce que l'intérêt général porté à la société Apple ne s'étend pas forcément à ces autres firmes. Et il est possible que la loi de préscription sur la vérité brute (telle qu'il la voit) sur ce qui s'est passé il y a 20 ans soit encore valable aujourd'hui.
par Matt Neuburg <matt@tidbits.com>
Audio Hijack Pro, de Rogue Amoeba, est un très bon programme, mais il me semble que même les pages web de ses développeurs n'expliquent pas vraiment pourquoi. Le problème conceptuel est que Audio Hijack est ambivalent, il fait deux choses totalement différentes et quand on en lit les caractéristiques, si on n'est pas particulièrement intéressé par son premier usage, le deuxième peut facilement passer inaperçu. En fait, cette seconde fonctionnalité est super sympa et même unique à ma connaissance.
<http://www.rogueamoeba.com/audiohijackpro/>
Commençons par le commencement -- La première chose que fait Audio Hijack est facile à décrire: il enregistre dans un fichier son, tout son généré par un ordinateur. Pour en voir l'utilité, il suffit de penser aux sons qui passent par l'ordinateur que l'on aimerait bien pouvoir capturer. On peut écouter une station radio sur internet en utilisant RealPlayer (émission en temps réel ou enregistrement). Avec RealPlayer, il n'y a aucun fichier son: on télécharge un tout petit fichier pour commencer, mais il s'agit simplement d'une URL. Le son lui-même n'existe qu'au moment où il passe. Mais comme ce son provient de l'ordinateur, on peut l'enregistrer avec Audio Hijack Pro. De la même façon, on peut enregistrer la bande sonore d'un DVD qu'on est en train de regarder. Et ainsi de suite, si une application peut générer du son sur l'ordinateur, on peut l'enregistrer.
Audio Hijack Pro capture le son dans divers formats de fichiers compressés ou non: AIFF 16 bits, AIFF 24 bits, MP3, AAC ou le nouveau format Apple losless (ALAC). La source du son ne doit pas être nécessairement une application: l'entrée par un port fait également l'affaire. Donc, si un son entre via le micro intégré, le port line in, ou le port USB via une boite à son telle que l'iMic de Griffin ou RadioSHARK ou encore n'importe quel engin plus sophistiqué, vous pouvez l'enregistrer. Par exemple, si je veux me laisser une note audio, je peux dire à Audio Hijack Pro d'enregistrer à partir du micro interne au format super-compressé MP3 32 KBps et simplement parler à mon ordinateur. A l'autre bout de l'échelle de qualité et de taille de fichier, je peux numériser une cassette audio ou un disque vinyle de musique classique en l'enregistrant au format AIFF 24 bits à partir de ma boite USB Tascam, elle-même connectée à ma chaîne hi-fi.
<http://www.griffintechnology.com/products/imic/>
<http://www.griffintechnology.com/products/radioshark/>
<http://www.tascam.com/Products/US-122.html>
Même si tout ça vous intéresse, vous pourriez quand-même hésiter à payer 32 US$ pour Audio Hijack Pro. Je vous l'accorde, 32 US$, ce n'est pas tellement, mais il y a d'autres solutions encore moins chères. Il y a le petit frère Audio Hijack (version non-pro) qui fait la même chose pour 16 US$ seulement. La principale différence c'est qu'Audio Hijack n'enregistre que des fichiers AIFF 16 bits. Votre seul choix consiste à régler la fréquence d'échantillonnage. AIFF est quand-même le meilleur format pour éditer vos fichiers son et vous pouvez toujours utiliser iTunes ou n'importe quel programme compatible QuickTime pour convertir d'AIFF vers un autre format après coup. Il est donc légitime de se dire que la possibilité d'enregistrer directement dans un fichier compressé n'est pas un grand avantage. De plus Audio Hijack a de la compétition. WireTap Pro, le nouveau programme d'Ambrosia Software (qui remplace l'ancien WireTap) ne coûte que 19 US$ et peut enregistrer dans divers formats. Il y a aussi Jack OS X qui est gratuit mais qui nécessite une autre application pour générer le fichier son final et réclame plus de mise au point. Finalement, si vous voulez juste enregistrer le son qui entre dans votre ordinateur, vous pourriez vous contenter d'Amadeus II à 30 US$. Il enregistre le son, vous permet de l'éditer (avec notamment l'élimination des clicks et des pops et l'application de nombreux autres filtres et effets) et il sauve dans plus de formats tout en coûtant moins cher qu'Audio Hijack Pro.
<http://www.rogueamoeba.com/audiohijack/>
<http://www.ambrosiasw.com/utilities/wiretap/>
<http://www.jackosx.com/>
<http://www.hairersoft.com/Amadeus.html>
Branchez-le, branchez-le -- Cela nous amène à la seconde tâche exécutée par Audio Hijack Pro : il peut traiter numériquement le son pendant qu'il l'enregistre. Il réalise cela au moyen de modules additionnels, dont certains sont fournis avec Audio Hijack Pro, et d'autres sont déjà présents sur votre ordinateur (vous pouvez bien sûr en installer d'autres). En effet, un des secrets les plus bien gardés de Mac OS X est qu'il inclut un certain nombre de modules incroyablement puissants de traitement du signal, dont notamment un équaliseur graphique à 31 bandes, un compresseur, un limiteur, et des filtres passe-haut et passe-bas. Si vous avez utilisé GarageBand vous avez dû avoir remarqué ces effets, mais ils sont également disponibles dans n'importe quelle application de son compatible AudioUnits - y compris donc Audio Hijack Pro. Et les AudioUnits ne sont pas les seuls modules additionnels supportés par Audio Hijack Pro. Il a son propre format de module additionnel, appelé 4FX, et vient avec près de deux douzaines de fonctions, dont la grande majorité pour l'ajustement du gain et la balance. De plus il reconnaît les modules LADSPA, un format en provenance de Linux ; de nombreux modules LADSPA gratuits sont disponibles, et une bonne poignée est livrée avec le logiciel. Pour finir, Audio Hijack Pro accepte les modules additionnels VST, dont beaucoup sont commerciaux et gratuits.
<http://www.apple.com/ilife/garageband/mix.html>
<http://www.ladspa.org/>
<http://www.kvraudio.com/get.php?mode=results&st=q&s=8>
Un point remarquable est que vous pouvez appliquer plusieurs effets à la fois. Cela marche comme un simple panneau de bord : vous pouvez appliquer les effets en série, en parallèle ou les deux. L'interface est merveilleusement efficace : c'est une simple grille, qui fonctionne comme une séquence de colonnes - tous les effets présents dans la colonne 1 sont appliqués en parallèle, avant de les appliquer en série dans la colonne 2, et ainsi de suite. Le son en provenance de votre ordinateur passe à travers les effets avant que vous ne l'entendiez et avant qu'il soit enregistré. Ainsi vous pouvez contrôler ce que vous faites au son avant de l'enregistrer. Et pendant que vous l'écoutez, vous pouvez couper ou lancer n'importe quel effet juste en appuyant sur un bouton, pour comprendre en quoi il modifie votre son ; et vous pouvez essayer chaque ajustement en gain, ou autre paramètre permis par l'effet.
De plus, il faut avoir à l'esprit que vous n'êtes pas contraints à appliquer vos effets lors de l'enregistrement originel du son. Vous pouvez aussi simplement enregistrer le son sans effet pour commencer, puis jouer cet enregistrement pour en réaliser un nouveau auquel vous appliquerez des effets. En effet, vous pouvez appliquer des effets à un enregistrement que vous n'avez pas de prime abord créé vous-même. Cela signifie que Audio Hijack Pro peut fonctionner comme un laboratoire de post-production étonnamment bon marché. Laissez-moi vous dire que, par exemple, j'ai obtenu un MP3 d'un des vieux Goon Shows radiodiffusés. C'est bon, mais j'aimerais adoucir un peu plus le son, et supprimer quelques hautes fréquences. Alors je lis le MP3 à l'aide d'iTunes, que j'ai "hijacké" avec Audio Hijack Pro, en appliquant les effets Excitifier et LowPass. Au fur et à mesure de l'écoute, j'ai ajusté les paramètres des effets jusqu'à obtention d'un résultat me convenant; puis je suis revenu au début du MP3, ai réglé Audio Hijack Pro pour qu'il enregistre un MP3 de la même qualité que l'original, et lance la lecture selon ce procédé. Une fois cela fait, j'ai eu un nouveau MP3 qui sonne un peu mieux. (transformer un MP3 en un autre MP3 provoque habituellement une baisse de qualité, puisque le format MP3 est destructeur, mais dans ce cas, l'effet général est positif car le maintien d'une certaine fidélité n'est pas primordial.) Encore une fois, au plus haut sommet de la qualité sonore, j'ai pu commencer avec un AIFF de 24 bits enregistré à partir d'un vinyle LP et joué par iTunes, en appliquant de petites égalisation et compression et, à la fin, un effet d'oscillation, et en enregistrant un AIFF de 16 bits; voilà, j'ai simplement utilisé Audio Hijack Pro pour produire un disque audio. (Et, en plus de tout cela, je peux graver un disque audio directement depuis Audio Hijack Pro.)
Toutefois, il y a, bien entendu, d'autres moyens d'appliquer des effets, d'autres moyens de produire. Dans un programme tel qu'Amadeus II, vous sélectionnez simplement une portion de son, et appliquez les effets directement : les calculs sont faits, et le son est réécrit. L'inconvénient de l'approche d'Audio Hijack Pro est que l'effet est appliqué en temps réel : la seule façon d'appliquer un effet à un son est de jouer celui-ci in extenso, ainsi le temps nécessaire à l'application de l'effet est celui du son. Mais cet inconvénient est son avantage - l'effet est appliqué en temps réel. Cela signifie que vous pouvez écouter l'effet pendant qu'il est appliqué, et ajuster en temps réel (par exemple, vous pourriez vouloir augmenter la compression pour une partie d'un enregistrement de manière un peu plus importante que pour une autre). De plus, je ne connais pas d'autre application bon marché telle que celle-ci vous permettant d'appliquer de multiples effets en parallèle et à la suite aussi simplement qu'Audio Hijack Pro.
Plus que l'oreille ne peut en entendre -- Audio Hijack Pro est plein de fonctions supplémentaires et de possibilités auxquelles je n'avais même pas songé jusqu'ici. Vous pouvez enregistrer la sortie son de plus d'une application à la fois (chacune étant redirigée individuellement vers son propre fichier), ou enregistrer une application tout en écoutant une autre via vos haut-parleurs. Vous pouvez réglez un enregistrement pour qu'il s'arrête automatiquement après une certaine durée de temps - excellent pour éviter à un fichier son de devenir énorme pendant que vous êtes distrait par le téléphone. Vous pouvez régler Audio Hijack Pro pour enregistrer telle application à telle heure et pendant tant de temps - pratique pour enregistrer l'émission de Car Talk via la radio Internet pendant que vous êtes sorti pour une course. Vous pouvez avoir des enregistrements automatiquement divisés en plusieurs fichiers au fur et à mesure de la création, que ce soit à intervalles déterminés, ou pendant les longs silences (pour les séparer alors comme des morceaux, par exemple). Vous pouvez faire en sorte qu'Audio Hijack Pro indique à l'application son quel fichier ouvrir (ou quel programme AppleScript lancer) avant de commencer l'enregistrement - ainsi vous pouvez régler RealPlayer pour basculer sur la station de radio Internet désirée, par exemple. Vous pouvez aussi lui avoir fait lancé un script AppleScript après que l'enregistrement soit terminé, pour post-produire le fichier d'enregistrement (en l'ajoutant, peut-être à une liste de lecture iTunes particulière).
Vu à la pleine lumière de ce qu'il peut faire, Audio Hijack Pro semble une bonne affaire à 32$ US. Le logiciel est constamment amélioré. Le manuel pourrait être plus complet, mais le support est excellent ainsi que les forums d'utilisateurs modéré patiemment et secourablement par les développeurs. Un système intelligent de démonstration vous permet d'essayer avant d'acheter : le logiciel fonctionne normalement, mais ajoute quelques statismes à tout enregistrement dépassant approximativement les 10 minutes jusqu'à ce qu'il soit enregistré. Le téléchargement fait moins de 3 Mo. Audio Hijack Pro requiert Mac OS X 10.2.7 ou ultérieur.
<http://www.rogueamoeba.com/forum/cgi-bin/
forumdisplay.cgi?action=topics&forum=Audio+Hijack+Pro+Talk&
number=2&DaysPrune=45>
<http://
rogueamoeba.com/audiohijackpro/download.php>
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