| Accueil | Archives francophones de TidBITS | Sommaire des quatre derniers TidBITS traduits | L'Equipe francophone de TidBITS
Au sujet cette semaine : un potpourri. Glenn Fleishmann analyse cette semaine le dernier Powerbook, Jeff Carlson nous fait réaliser combien il manque le système de fenêtrage du système Mac Os 9 sous Mac Os X. Egalement, Adam nous présente LinkBack, une nouvelle technologie "opensource" pour lier les données entre les applications. Enfin, une réflexion d'Adam concernant les technologies numériques, nos espérances sociales et la loi du copyright.
Sommaire:
Copyright 2005 TidBITS: Reproduction soumis à la licence Creative Commons
<http://www.tidbits.com/terms/> Contact: <editors#NOSPAM#@tidbits.com>
Ce numéro a été traduit de l'américain par les traducteurs bénévoles, de TidBITS-FR :Alain Lortal - Cyril Druesne - Fabrice Jaffré - Fréderic Denonne - Fréderic Verges - Grégoire Seither - Jacques Ravaux - Jean-Louis Delaunney - John Howland - Laurent Santos-Pimpao - Léon From - Luc Saint-Elie - Michel Staub - Patrick Mpondo-Dicka - Philippe Cols - Richard Monday - Sylvie Koullen.
NOUS CHERCHONS des TRADUCTEURS !!!!!Ca ne vous prendra que 30 minutes par semaine, vous permettra d'améliorer votre anglais et d'augmenter votre karma Macintoshien ! Venez rejoindre une bande de joyeux drilles amateurs de bonnes bouffes, bons vins et discussions éclairées ! Jetez un coup d'oeil aux consignes de traduction et contactez le coordinateur de la traduction : Laurent Santos-Pimpao (lsp#NOSPAM#@lymr.net).
<http://www.tidbits.com/tb-issues/lang/fr/consignes.html>
Cette édition de TidBITS est rendue en partie possible grâce au soutien financier de :
DES LECTEURS COMME VOUS ! ![]()
Vous pouvez aider à pérenniser TidBITS en participant à notre programme de donation volontaire. Cette semaine nous remercions tout particulièrement David Black, Edward Floden, and Joseph Walters pour leur généreux soutien financier !
<http://www.tidbits.com/about/support/contributors.html>
Tiens ! Il n'y a plus les publicités ? Ben non, vu qu'elles ne concernent que le lectorat états-unien, on s'est dit qu'on pourrait aussi bien ne pas les mettre... en attendant de trouver des annonceurs francophones éventuels.
Si vraiment cela vous dérange, faites le nous savoir.
Etant donné la pénurie de traducteurs bénévoles, nous avons décidé de ne plus traduire les MailBITS et autres brèves - d'autant que les informations qu'elles contiennent sont souvent déjà redondantes au moment de la publication de l'édition française de TidBITS. Si vraiment cela vous perturbe, faites les nous savoir... ou bien devenez traducteur TidBITS ! Il nous manque encore une quinzaine de traducteurs bénévoles pour assurer une traduction hebdomadaire de l'intégralité de l'édition TidBITS.
par Glenn Fleishman <glenn@tidbits.com>
J'ai demandé à Apple de me prêter un nouveau PowerBook pour tester en avant première les nouvelles fonctionnalités de ces machines rajeunies il y a quelques semaines : le pavé tactile ("trackpad") avec fonction de défilement, le détecteur de chocs pour les disques durs ("Sudden Motion Sensor"), et le rétro éclairage du clavier amélioré. Vous pouvez tout lire sur ces nouvelles fonctionnalités dans les plaquettes publicitaires Apple, mais c'est bien mieux de les essayer en avant-première.
<http://www.apple.com/powerbook/ >
L'utilisation du pavé tactile avec fonction de défilement est bien plus facile qu'on pourrait le croire. Vous déplacez deux doigts sur le pavé tactile pour simuler la molette de défilement d'une souris, et ça marche aussi bien horizontalement que verticalement ; le senseur n'a aucune difficulté à distinguer la présence d'un seul ou de deux doigts (j'attends depuis le lycée la reconnaissance tactile en 3D ; un interne a passé une année entière dessus, mais visiblement, c'est encore un peu tôt)
Apple annonce que le rétro éclairage du clavier est jusqu'à 10 fois plus brillant que sur les modèles précédents, et ils ont raison. Dans une pièce noire, à l'arrière de mon bureau, j'ai maintenu enfoncée la touche d'augmentation de la puissance du rétro éclairage, et la pièce s'est progressivement éclairée. Il est si lumineux qu'en fait, vous le réglerez au minimum dans la plupart des situations.
Pour le détecteur de chocs, qui range les têtes de lecture du disque dur s'il détecte une accélération soudaine, vous devez vous demander si j'ai lâché mon PowerBook depuis une certaine hauteur ? Hé, je vous rappelle que c'est une machine de prêt et que je suis sensé la rendre intacte. Donc, je ne l'ai pas fait. Mais je l'ai secoué et je l'ai lâché, et le disque a rangé et sorti ses têtes sans saccade. Pour un test plus amusant du détecteur de chocs pour le disque dur, vous pouvez aller voir l'enquête de Amit Singh sur les capacités du détecteur, y compris un logiciel qui s'adapte à la position du PowerBook (par exemple une fenêtre s'oriente toute seule en fonction de l'inclinaison du portable.
<http://www.kernelthread.com/software/ams/>
de Adam C. Engst <ace@tidbits.com>
N'avez-vous jamais collé un graphique dans un document en traitement de texte et plus tard le mettre à jour ? Quel pensum de d'ouvrir le fichier d'origine, faire les modifications, copier le nouveau graphique, reprendre le document en traitement de texte, supprimer l'ancien graphique et coller le nouveau ! Ça ne doit pas se passer comme ça - les applications peuvent partager des données d'élégante manière qui permet la communication entre les deux applications. En fait, dans des contextes limités, certaines applications le font déjà, généralement dans une suite de programmes d'une même compagnie. Mais une nouvelle technique open source, appelée LinkBack, promet d'étendre le lien de données à plus de programmes sous Mac OS X. Une telle technique serait la bienvenue, d'autant qu'Apple a fait divers tentatives infructueuses en la matière au fil du temps.
Si ça fait êtes dans l'univers Mac depuis assez longtemps, vous vous rappelez sans doute de la technique Publish & Subscribe (NDT: technique de mise à jour par abonnement utilisée notamment en mise en page sous XPress) d'Apple, qui est apparue sous système 7 en 1991 et permettait de "publier" des données - une image, du texte, un diagramme - à partir d'une application et de s'y "abonner" depuis une autre application - pratiquement, d'insérer une copie dynamique de la donnée publiée dans l'autre document. De cette façon, si vous modifiiez le graphique dans l'application "publiante", le document "abonné" recevait automatiquement lesdites modifications. Publish & Subscribe était une belle idée mais dès 1994, j'indiquais dans TidBITS qu'on allait à l'échec à cause d'une application limitée et d'un enthousiasme modéré de la part des développeurs.
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=01980>
Lorsqu'existait OpenDoc, une technologie qu'Apple introduisit à la Conférence Mondiale des Développeurs en 1994 et qui prit forme fin 1995 début 1996. Apple n'a jamais fait un bon travail d'explication d'OpenDoc, mais le principe était de mettre en place une interface focalisée sur le document. Elle consistait en de petits modules qui pouvaient être de différentes entreprises ‹ combinés pour fournir la puissance d'une application monolithique. La théorie était excellente : vous pouviez justement assembler le traitement de texte dont vous aviez besoin en ajoutant le meilleur module de recherche, et le meilleur module de tableaux, et ainsi de suite, et ils s'intégreraient sans accrocs dans la même interface. Malgré la popularité du programme d'Apple basé sur OpenDoc, CyberDog (un client Internet intégré), et le support de quelques entreprises telles que Nisus Software, la réalité ne rejoignit jamais la théorie, et Apple mit OpenDoc et Cyberdog en « maintenance » en 1997. La communauté OpenDoc essaya de négocier un « agrément de transfert de propriété » en échange de la poursuite de la livraison d'OpenDoc par Apple, mais l'accord échoua : le vice-président qui l'avait conclu avait quitté Apple.
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=02260>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=02239>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=01487>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=01245>
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04711>
Pendant qu'Apple travaillait en vain sur Publish & Subscribe et OpenDoc, Microsoft développa OLE (Object Linking and Embedding, Liaison et intégration d'un Objet), qui reste utilisé dans les applications actuelles de Microsoft, et Next créa Object Links en 1995.
<http://www.channelu.com/NeXT/NeXTStep/3.3/nd/ ReleaseNotes/ObjectLinks.htmld>
LinkBack, une technologie Open Source conjointement annoncée par Nisus Software, l'Omni Group, et BlackSmith, est une étape renouvelée dans la fourniture d'une liaison de données étendue au système. Avec LinkBack, qui apparaîtra dans les prochaines versions de Nisus Writer Express, OmniGraffle, OmniOutliner, Chartsmith, et Stone Create, si vous souhaitez modifier un graphique collé, vous double cliquerez simplement dessus pour l'éditer dans l'application d'origine. Après cela, vos changements seront automatiquement pris en compte dans le document auquel l'objet est destiné. Les données collées ne sont pas nécessairement des graphiques, cela peut être aussi du texte, tel que des valeurs d'actions que vous souhaiteriez mettre à jour automatiquement.
<http://www.linkbackproject.org/ >
Bien sûr, il reste à observer comment LinkBack fonctionne, et, en particulier, comment il résoudra les problèmes qui, par le passé, avaient tourmenté toutes ces technologies de liaisons. Évidemment, un support généralisé est extrèmement important, puisque les utilisateurs ne considéreront LinkBack que lorsqu'il sera largement répandu. La nature Open Source du projet devrait faciliter son adoption, surtout par les développeurs qu'Apple échauda, qui ne seront pas inquiétés par le fait que LinkBack dépende d'une seule entreprise. Que Linkback soit fiable et facile d'utilisation est également important, sinon, la technologie aura du mal à conquérir un public.
Alors, si vous êtes développeur, jetez un ¦il à LinkBack. Ne serait-ce que parce que les échecs passés des technologies poids lourds de liaisons de données d'Apple ne signifient pas que, à ce jour, nous autres, ne pourrions toujours pas employer une bonne solution.
par Jeff Carlson <jeffc@tidbits.com>
Quand Apple nous a balancé Mac OS X, ça a fait pas mal de remue-ménage. Un de mes collègues me faisait remarquer à l'époque que presque tous ses trucs pour Mac OS 9 deviendraient obsolètes à mesure que Mac OS X imposerait son empreinte. Certains comportements du nouveau système d'exploitation étaient suffisamment différents pour modifier complètement la façon dont nous utilisions les Macs depuis des années. Par la suite, plusieurs utilitaires sont apparus pour restaurer ces comportements de Mac OS 9. (voyez "Top Mac OS X Utilities: Restoring Mac OS 9 Functionality" dans TidBITS-622).
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=06763>
Ma transition vers Mac OS X fut suffisamment facile pour que je n'aie pas à recourir à ses ces utilitaires. A ma grande surprise, il ne m'a pas fallu longtemps pour m'adapter au nouvel ordre établi de Mac OS X. Un seul détail continuait à m'agacer, un détail que j'avais oublié parce que j'avais installé il y a longtemps l'utilitaire qui le corrige : le comportement par défaut des fenêtres de Mac OS X.
Problèmes engendrent Frustration -- Ces derniers temps, quand mon PowerBook s'est mis à se comporter bizarrement, j'ai été jeter un coup d'oeil aux programmes ouverts automatiquement au démarrage qui auraient pu causer les problèmes que j'observais. Parmi les utilitaires que j'ai désactivé se trouvait ASM (Application Switcher Menu) 2.0.2, un programme qui génère un menu d'applications comme celui qu'on trouvait dans Mac OS 9. Bien qu'ASM se soit finalement avéré hors de cause, je me suis rendu compte qu'il me rendait un service inestimable: quand je clique sur la fenêtre d'une application (comme Eudora ou le Finder), ASM amène au premier plan toutes les fenêtres du programme. Dans Mac OS X, le fait de cliquer sur une fenêtre n'amène au premier plan que la fenêtre en question, tandis que les autres fenêtres de l'application ne sont pas affectées.
En réalité, c'est uniquement cette raison qui, en premier lieu, me fit installer ASM; je ne suis pas vraiment un utilisateur du menu application. Mais supporter l'absence de cette fonctionnalité de fenêtrage m'affolait plusieurs jours.
Par défaut, les fenêtres de Mac OS X se comportent de manière absurde. Je garde quatre fenêtre d'Eudora ouvertes : ma boîte de réception, ma liste de boîtes à lettres, la fenêtre de Progression des tâches, et le Rapport des filtres. Si je suis dans une autre application et que je souhaite passer à Eudora, je veux voir l'ensemble des quatre fenêtres, et non pas seulement celle sur laquelle je cliquai.
Une réponse à ce comportement fut le retour d'Apple à des interfaces à une fenêtre, telles que celles d'iTunes, iMovie, et iPhoto. Mais un autre logiciel Apple ne peut être réduit à une fenêtre Final Cut Express, qui utilise au moins quatre fenêtres, inclue une préférence qui, à l'activation, amène toutes les fenêtres au premier plan - une autre méthode d'approche du problème. (D'autres développeurs, inspirés par cet exemple, pourraient peut-être ajouter une préférence similaire à leurs applications.)
Je pourrais cliquer sur l'icône de l'application dans le dock, mais c'est un déplacement de la souris vers une petite cible de l'autre côté de mon écran, et ce n'est toujours pas ce que je souhaite; cliquer sur l'icône du Finder, par exemple, crée une nouvelle fenêtre du Finder si il n'en existe pas déjà. Mais Mac OS X préfère empiler les fenêtres comme on mélangerait des cartes, les fenêtres réagissant en tant qu'entités distinctes et non en tant que parties d'applications. Et avoir une commande Tout ramener au premier plan dans le menu Fenêtre de chaque programme n'est pas très utile.
Ce qui manque est une simple préférence qui me permettrait de spécifier si l'ensemble des fenêtres d'une application émerge lorsque le programme est amené au premier plan. Pourtant, plusieurs utilitaires satisfont ce besoin particulier.
X-Assist -- En dépit de mes précédents commentaires, ce n'est pas un article sur ASM. Bien que je n'ai pas eu de problèmes avec lui, la dernière version gratuicielle a aujourd'hui quelques années. Une version béta 2.1 est disponible en partagiciel à 15 US$, mais a actuellement des problèmes avec Mac OS X Panther et semble ne pas avoir été mise à jour depuis un peu plus d'un an. Si ASM était l'unique solution que l'on puisse trouver, je serais heureux de le payer, mais je ne veux pas hériter de problèmes.
A la place, j'ai farfouillé quelque peu en ligne et j'ai trouvé X-Assist de Peter Li qui semble offrir beaucoup de fonctionnalités semblables à celles de ASM; telles que celles présentes dans une application de type Mac OS 9, ainsi qu'un menu hiérarchique pour accéder aux panneaux des Préférences Système. On y trouve aussi une architecture plug-in pour des fonctionnalités additionnelles et une liste d'applications récentes, mais franchement, j'ai désactivé toutes ces autres fonctionnalités. X-Assist amène mes fenêtres au premier plan de la manière que j'attends, et, bien que son numéro de version soit 0.7, il me semble aussi solide que du roc!
<http://members.ozemail.com.au/~pli/x-assist/>
Other Solutions -- Peu après, une version abrégée de cet article est parue dans ExtraBITS: plusieurs lecteurs ont écrit pour défendre le comportement Mac OS X des fenêtres ou pour recommander d'autres utilitaires procurant la même fonctionnalité que j'avais découverte dans X-Assist. A ma grande surprise, je n'ai pas pû retrouver un utilitaire qui amène seulement les fenêtres des applications au premier plan en groupes. Il s'agit d'une préférence ajoutée à d'autres fonctionnalités utiles dans des programmes tels que LiteSwitch de chez Proteron, DragThing de chez TLA System et Butler de Peter Maurer, entre autres. La plupart disposent également d'une option permettant de désactiver temporairement le réglage de préférence de fenêtre si l'on souhaite réactiver leur comportement normal.
<http://emperor.tidbits.com/ .3c5a36d9>
<http://www.proteron.com/ liteswitchx/>
<http://www.dragthing.com/>
<http://www.petermaurer.de/nasi.php? thema=butler&sprache=english&kopf=labor>
Et voici, pour finir, un autre exemple de ce qui fait qu'une préférence pour une personne peut constituer une irritation pour une autre. C'était pathétique de voir comment je pouvais me fâcher contre mon Mac, chaque fois que je "switchais" d'une application à une autre, pour ce que je percevais comme comportement insensé des fenêtres. Mais d'autres personnes, avec lesquelles j'ai pu être en contact la semaine dernière, ont clairement exprimé le sentiment qu'ells éprouvaient de voir les fenêtres se comporter maintenant comme des éléments ayant leur vie propre. A chacun son truc, je suppose, et s'il y a une morale à cette histoire, c'est peut-être qu'il aurait fallu qu'Apple permette, dès les premières versions de Mac OS X, d'au-moins retrouver - par une option de réglage, sinon par défaut - le comportement des fenêtres sous Mac OS 9, de manière à limiter les ennuis de ceux restant habitués à l'ancien mode de comportement. Hélas, on n'apprend rien à un vieux cheval ..., mais il existe un tas d'utilitaires réalisés par des tiers pour retrouver ce comportement.
par Adam C. Engst <ace@tidbits.com>
Il y a beaucoup de choses dans le monde dont on accepte la vérité, sans savoir exactement pourquoi-on le fait par intuition. Mais, si vous êtes une personne qui pense, il vous reste quand même un petit soupçon qu'on devrait pouvoir trouver une explication meilleure que "Mais c'est tout simplement scandaleux!" C'est le cas pour beaucoup de gens, moi y compris, en ce qui concerne la technologie qui permet la gestion des droits numériques (digital rights management - DRM). Même si nous n'avons pas l'intention de violer la loi sur les droits d'auteur en téléchargeant des morceaux ou des films à droite et à gauche, et en dépit du fait qu'il y en a beaucoup parmi nous qui gagnons notre vie par la production et la vente d'articles dont le droit de reproduction est réservé, nous restons scandalisés que les grands monopoles du spectacle et des médias dans le monde - le Cartel du contenu, on les a appelés - fassent tout leur possible pour assurer que tout morceau, tout film, toute émission télévisée soit entièrement protégé par une forme quelconque de DRM pour limiter l'accès et l'utilisation d'un contenu donné. Grâce à un discours fait par le professeur Dan Burk de la Faculté de droit de la University of Minnesota organisé par le Département d'informatique de Cornell University, je comprends mieux exactement pourquoi le phénomène DRM me rend mal à l'aise. Si vous vous intéressez généralement au sujet de DRM et la loi, je suggère que vous lisiez le brouillon qui a servi de base au discours du professeur Burk.<http://www.infosci.cornell.edu/about/Feb02.html>
<http://www.infosci.cornell.edu/about/burk.pdf>
Règles juridiques contre normes juridiques -- Comme le professeur Burk l'a expliqué, la loi est décomposée en deux aspects basiques : règles et normes. Une règle juridique est un impératif spécifique dans lequel l'ensemble des détails concernant l'application de loi a été pensé. En théorie, au moins, avec une règle juridique, le corps de la règle mentionne des détails comme les limites, les exceptions, les sanctions, etc. Et pour les contrevenants à la loi qui en résulte, il n'y a aucune dérive possible pour l'interprétation. Par exemple, considérons la loi sur la possession de drogue qui statue que les contrevenants attrapés avec plus de 5 grammes de marijuana récoltent trois ans de prison. Si quelques stupides gosses fumeurs de haschisch rentrent dans cette catégorie, indépendamment des autres circonstances, ils tombent sous le coup des trois ans de prison.
Cela contraste donc avec une norme juridique, qui essentiellement pose un objectif et fixe quelques directives afin de définir un comportement illégal, mais qui laisse un espace libre à l'interprétation. Ainsi, au lieu d'une loi rigide définissant exactement quel comportement est considéré comme illégal et indiquant une sanction spécifique, une loi basée sur une norme juridique déclarerait que la possession de drogue était illégale, mais laisserait une marge de manoeuvre dans les mains du juge pour décider si le crime mérite une sanction moindre (dans le cas du gosse fumeur de haschisch) ou une sanction plus importante (dans le cas d'un trafiquant de drogue connu et attrapé avec un kilo d'héroïne).
Je ne suis pas juriste, mais d'un point de vue du bon sens, je pense que la plupart des personnes préféreraient des normes juridiques aux règles juridiques. Après tout, les lois sont créées par des politiciens. Auriez-vous confiance en un politicien - même un parmi les plus honorables - travaillant sur des scénarii hypothétiques "et si" pour définir un crime et une punition ? Ou préféreriez-vous que les cas soient décidés par un juge avec les faits réels en main ? Prenons par exemple une loi que la plupart d'entre vous a probablement enfreint ces derniers jours, la loi sur la limitation de vitesse. Préféreriez-vous une loi qui appliquerait une contravention automatique de 200 US$, ou bien une loi qui donnerait à l'officier de police et au tribunal la possibilité d'apprécier le fait que conduire un blessé grave aux urgences représente une bonne raison de non-lieu ?
Comme le Professeur Burk me l'a fait remarquer dans un email ultérieurement, certaines personnes préfèrent les lois/régles aux standards pour la simple raison que les lois sont prévisibles, et que donc vous savez quoi en en attendre par avance. Il notait aussi que certaines personnes deviennent/se sentent concernées à propos des juges ayant trop de pouvoirs, bien qu'il me semble que la plupart des gens qui se plaignent de l' "activisme judiciaire" sont les politiciens, et sont faussés du fait de la compétition.
DRM: Ils sont les lois -- Revenons un moment en arrière. Créer un loi est seulement une des nombreuses façons par lesquelles les comportements socialement acceptables peut être encouragée. SI l'objectif de la Société est que les gens conduisent plus lentement et précautionneusement/sûrement, mettre des ralentisseurs sur la chaussée aurait le même effet, comme l'aurait aussi le fait de garder une route et des bas-côtés étroits. Bien sûr, ces stratégies ont d'autres inconvénients, comme de ralentir les ambulances ou rendre les manoeuvres difficiles pour les camions de pompiers, et ils ne n'empêchent absolument pas les comportements non voulus, ils les découragent seulement. Vous pouvez continuer à conduire rapidement sur des ralentisseurs ou le long de routes étroites. Dans cet ordre d'idée, de telles stratégies extra-légales s'apparentent aux standards - elles laissent du jeu dans le système.
les technologies DRM technologies tombent grosso-modo dans cette catégorie des méthodes extra-légales d'encouragement du comportement, mais il y a au moins une différence notable : les DRM, comme toute technologie, sont une incarnation d'une régle légale, pas un standard officiel. Il est tout bonnement impossible de créer une technologie DRM qui puisse évaluer et approuver des exceptions, aussi raisonnables ou légales puissent-elles être. Si vous voulez écouter une chanson achetée sur l'iTunesMusic Store sans enlever les DRM, vous devez utiliser un iPod ou iTunes sur une machine autorisée. Il n'y pas de jeu du tout.
This is a big deal because the law....
C'est un point très important parce la loi que DRM transcende est la loi des copyrights, et la loi des copyrights est un cas distinct de normes légales. La loi des copyrights permet toutes sortes d'exceptions, incluant l'utilisation raisonnable, la reproduction par des bibliothèques et des archives, et des performances musicales à des expositions (salons) agricoles ou horticoles (je me demande combien à bien pu coûter cette dernière exception?). De plus, dans tout cas d'infraction de droit d'auteur, le juge doit prendre en considération ce qui fut copié, comment il le fut, dans quel but, et les dommages encourus par le propriétaire des copyrights financièrement. Le Content Cartel aura beau essayer d'intégrer les deux sous la rubrique "piraterie"; il y a une grosse différence entre télécharger une chanson de Kazaa et, graver et vendre de milliers de DVD du dernier film d'Harry Potter.Si vous voulez maintenant comprendre pourquoi DRM flatte un si grand nombre de gens dans le mauvais sens du poil. C'est de changer la loi des droits d'auteur, qui est fondamentalement une loi raisonnable, en une loi sans si, et, car ou mais.
Il y a un autre aspect en la manière dont DRW se pose en loi. Peu importe que nous parlions de normes juridiques ou de normes légales, vous demeurez libre de faire ce que vous voulez et de demander l'absolution si vous êtes pris. En conséquence, plusieurs violations de la loi ne sont jamais notées, plusieurs autres ne se rendent jamais en cour parce que le coût d¹application pour la société est plus élevé que le bénéfice (un officier de police peut décider qu'il est plus important de conduire le blessé à l'hôpital que d'appliquer la loi sur la limite de vitesse).
Cependant, le corollaire à cet état est que nos lois s'étendent plus loin que nous en avions l'intention. Dépasser la limite de vitesse en tout temps est une violation technique du code de la route, mais personne ne pense réellement que pour faire respecter les limites de vitesse soit si important, les voitures informent automatiquement la police pour tout cas d'excès. De même, toute copie non autorisée d'un fichier média digital est techniquement une entrave à la loi des droits d'auteur, mais peu de gens hors de la RIAA (Recording Industry Association of America) croient que tout propriétaire de iPod doit être traîner en cour pour justifier légalement la copie de musique d'un Mac à un iPod.
Ainsi, dans le monde réel, nous avons l'habitude de demander pardon après avoir commis des actions qui, techniquement, contreviennent à la loi (et, pour être franc, nous sommes plutôt habitués à nous échapper avec de nombreuses infractions trop triviales pour justifier des poursuites). Dans le monde digital, en revanche, les DRM inversent le système, en nous forçant à demander la permission plutôt que de demander pardon. Quiconque a été adolescent sait à quel point c'est problématique - les parents sont rarement d'accord avec les trucs cool. Lorsque cela concerne les nouvelles technologies, le résultat final de l'obligation à demander la permission est que l'expérimentation et l'innovation sont supprimées. Si le premier Napster et les autres réseaux d'échanges en p2p n'avaient pas rendus l'industrie musicale folle de peur, croyez-vous qu'elles auraient donné leur accord à Apple pour créer l'iTunes Music Store?
Comme la plupart des systèmes de DRM s'appuient à la lettre sur la loi sur le droit de copie et préviennent tout comportement qui peut techniquement être une infraction, non seulement elles échouent dans la prise en compte des exceptions à la loi sur le droit de copie, mais elles ignorent également les attentes sociales en matière de mise en pratique des lois. C'est comme si les constructeurs automobiles équipaient toutes les voitures de limiteurs qui pourraient déterminer la vitesse limitée affichée sur n'importe quelle portion de route, et empêcheraient la voiture de dépasser cette limite, pour quelque raison que ce soit. Ce serait un terreau pour une révolte!
Une petite marge d'action?En fait, il y a une toute petite marge de man?uvre avec les contenus protégés par des DRM, comme les chansons de l'iTunes Music Store, et il s'agit du fait que presque toutes les parties de la technologie des DRM ont été craquées. Si l'on en croit le professeur Burk, BigChampagne, une entreprise de recherches de réseaux P2P, a trouvé qu'il fallait 4 minutes après la mise à disposition d'une chanson utilisant les technologies anti-copies pour que celle-ci apparaisse sur les réseaux d'échanges de fichiers. Vous pouvez ainsi acheter une chanson sur l'iTunes Music Store, effacer les DRM FairPlay d'une manière ou de nombreuses autres, et l'utiliser d'une façon qui autrement aurait été impossible.
Mais il se pose un problème lorsque vous cassez une technologie DRM : notre vieil ami le DMCA (Digital Millennium Copyright Act ‹ voir "The Evil That Is the DMCA" dans TidBITS-656. Le DMCA fait une distinction entre l'accès à un contenu et son usage (même si c'est une distinction un peu floue) et interdit le contournement de l'usage des technologies de contrôle. Par contre n'interdit pas le détournement de l'accès des technologies de contrôle ; l'idée est que c'est une échappatoire pour pouvoir utiliser du matériel acheté légalement. Mais le problème, c'est que le DMCA interdit l'achat d'outils pour contrevenir à la fois à l'accès et à l'usage des technologies de contrôle. En bref, vous pouvez légalement casser n'importe quel usage de technologie de contrôle, mais vous n'aurez aucune aide pour le faire, ni créer aucun outil vous le permettant. Autant dire que c'est une barrière que personne ne peut franchir légalement.
<http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=06997>
Il existe quelque espoir que les cours aient récemment perçu le danger derrière le DMCA. Dans son discours, le professeur Burk a fait référence à deux cas ou la cour d'appel s'est prononcée contre les plaignants brandissant le DMCA. Dans un cas, Chamberlain contre Skylink, Chamberlain avait porté plainte pour empêcher Skylink de faire du rétro-engineering du code nécessaire pour ouvrir la porte de garage de Chamberlain. Skylink était entrain de décortiquer le code pour l'utiliser dans un système universel d'ouverture des portes de garage. La cour a statué que le Congrès n'avait pas en tête avec le DMCA ce type de comportement anticoncurrentiel. Dans Lexmark contre Static Control, la cour a statué que Lexmark ne pouvait pas utiliser le DMCA pour empêcher Static Control de faire du rétro-engineering des puces nécessaires à la création de cartouche de toner compatibles avec les imprimantes Lexmark.
<http://www.eff.org/legal/cases/Chamberlain_v_Skylink/>
<http://www.eff.org/legal/cases/Lexmark_v_Static_Control/>
La morale de cette histoire, s'il y en a une, est que les technologies DRM ont des effets plus pernicieux qu'il n'y parait à première vue, du fait de la façon dont elles incorporent les réglementations et éliminent le facteur humain dans l'appréciation de la manière dont les lois sur le copyright doivent être interprétées et défendues. Cette prise de conscience ne change pas grand chose aux désagréments expérimentés par beaucoup de gens lorsque leur vie est rendue inutilement compliquée à cause des DRM, mais au moins, cela permet de formaliser pourquoi les DRM sont si souvent gênantes, le tout sans même prendre en compte les préoccupations liées au futur des expérimentations et de l'innovation.
PayBITS: Si l'article d'Adam vous a permis de comprendre comment les DRM
remettent en cause les lois sur le copyright et pourquoi c'est préoccupant,
envisagez de faire un don à l'EFF. <http://eff.org/support/>
Pour en savoir plus sur PayBITS: <http://www.tidbits.com/paybits/>
par l'équipe de TidBITS <editors@tidbits.com>
La deuxième URL sous la description des fils de discussion pointe vers la discussion sur notre serveur Web Crossing, l'accès le plus rapide.
Solutions de Bases de données partagées -- Quand ne association prend de l'ampleur, quel est le meilleur moyen de regrouper ses infos sans avoir plusieurs bases de données réparties sur plusieurs machines ?(9 messages)
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=2501>
<http://emperor.tidbits.com/TidBITS/Talk/359>
Une technique d'envoi differé de mot de passe --Une nouvelle méthode d'authentificatiiion en ligne pourrait éviter le vol des mots de passe sur l'internet. (8 messages)
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=2500>
<http://emperor.tidbits.com/TidBITS/Talk/358>
Timbuktu 8.0 adopte enfin le cryptage -- Une discussion de la nouvelle version du logiciel d'administration à distance de Netopia, incluant la nouvelle fonctionnalité Push d'installation pour une mise à jour facile de Timbuktu. (5 messages)
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=2498>
<http://emperor.tidbits.com/TidBITS/Talk/356>
Ménage de printemps dans la bibliothèque iTunes -- L'article d'Adam expliquant comment débusquer les doublons dans la bibliothèque iTunes a suscité une floraison de messages proposant d'autres solutions ainsi que des solutions annexes telles que la synchronisation de bibliothèques entre des postes différents et la modification simultanée des informations de plusieurs morceaux. (7 messages)
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=2497>
<http://emperor.tidbits.com/TidBITS/Talk/355>
Des alternatives à Site Crossing -- Nos lecteurs nous racontent leurs expériences avec d'autres gestionnaires de contenu en ligne dont le fonctionnement est proche du service Site Crossing, nouvellement proposé oar Web Crossing Inc. (16 messages)
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=2496>
<http://emperor.tidbits.com/TidBITS/Talk/354>
iPod fait de la concurrence au comptage de moutons -- L'article de la semaine dernière qui raconte la situation désastreuse de la vie sexuelle d'Adam et Tonya, obligés de faire appel à un iPod pour s'endormir le soir, a suscité quelques réactions (Tonya, si tu me lis, appelle moi...). Un lecteur nous recommande un oreiller muni d'un haut parleur tandis qu'un autre nous explique comment utiliser les livres audio pour retrouver le plaisir de la mamie qui nous lisait des histoire avant le coucher. Pas ce soir chéri, j'écoute le dernier Céline Dion... Non mais j'vous jure ! (3 messages)
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=2495>
<http://emperor.tidbits.com/TidBITS/Talk/353>
Autorisations multiples iTMS -- Plusieurs lecteurs se trouvent confrontés à des difficultés quand ils combinent des chansons du iTunes Music Store achetés sous différents comptes clients alors que d'autres ne signalent aucun problème pour ce cas de figure.(4 messages)
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=2494>
<http://emperor.tidbits.com/TidBITS/Talk/352>
Graveur DVD non-Apple -- Où vous trouverez des renseignements pour l'achat d'un graveur DVD ailleurs que chez Apple aussi bien en interne qu'en externe. (4 messages)
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=2493>
<http://emperor.tidbits.com/TidBITS/Talk/351>
Un serveur SMTP quand vous voyagez. -- Quand une lectrice s'installe à Pékin, elle a des problèmes pour envoyer des messages par son vieux serveur SMTP. TidBITS Talk part à sa rescousse!!(15 messages)
<http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tlkthrd=2492>
<http://emperor.tidbits.com/TidBITS/Talk/350>
Les publications et les sites web sans but lucratif peuvent réimprimer ou créer des liens vers nos articles en référençant leur origine. Pour les autres, contactez-nous, SVP. Nous ne garantissons pas l'exactitude de nos articles. Caveat lector. Les noms de publication, de produit et de société peuvent être des marques déposées. TidBITS ISSN 1090-7017.
| Accueil | Archives francophones de TidBITS | Sommaire des quatre derniers TidBITS traduits | L'Equipe francophone de TidBITS