| Accueil | Archives francophones de TidBITS | Sommaire des quatre derniers TidBITS traduits | L'Equipe francophone de TidBITS | Consignes pour traduire TidBITS | LexBITS |

TidBITS Logo

TidBITS#502/18-Oct-99

Les récentes décisions d'Apple de réduire la vitesse de ses nouveaux modèles Power Mac G4 vous met en rage ? Vous n'y pigez que pouic ? Matt Deatherage fait le tri dans la mêlée et tente d'analyser ce qui s'est passé et pourquoi. Adam nous raconte sa journée à Internet World et au menu Nouveautés nous vous informons du bénéfice trimestriel de 111 US$ engrangé par Apple ainsi que des sorties de Keyspan Digital Media Remote, Action Files 1.5 et SoundJam MP 1.1.1. Le sondage de cette semaine : le montage vidéo numérique vous intéresse-t-il ?

Sommaire :

Copyright 1999 TidBITS Electronic Publishing. Tous droits réservés.
Information : info@tidbits.com Commentaires : editors@tidbits.com


Cette édition de TidBITS est rendue possible en partie grâce au soutien financier de :

Ce numéro est traduit de l'américain par:


MailBITS/18-Oct-99

Apple annonce un bénéfice de 111 millions de dollars. -- Apple Computer vient d'annoncer un bénéfice net de 111 millions de dollars sur un chiffre d'affaires de 1,34 milliard pour l'année fiscale 1999. Les résultats pour le quatrième trimestre d'Apple ont chuté de 14% par rapport au même trimestre de l'année dernière, mais les revenus et les bénéfices d'Apple en 1999 ont augmenté par rapport à 1998, où ils étaient de 309 millions de dollars sur 5,9 milliards de dollars de chiffre d'affaires. La marge d'Apple pour ces quatre trimestres était à un bon 28,7 %, mais les bénéfices du quatrième trimestre correspondent à une période de restructuration et à la vente des actions détenues dans ARM Holdings plc. sans lesquelles le profit net d'Apple aurait été de 90 millions. Les ventes internationales n'ont été responsables que de 35 % des bénéfices d'Apple ce trimestre. Bien que les résultats d'Apple surpassent techniquement les prévisions des analystes - après avoir prévenu quelques semaines auparavant qu'il fallait s'attendre à moins - Apple attribue la baisse de ses revenus au changement de sa gamme et aux problèmes d'approvisionnement du processeur PowerPC G4 de Motorola. Des rumeurs à propos de la sortie imminente de nouveaux modèles ont été un autre facteur et ont poussé certains clients à retarder leur décision d'achat. Apple s'attend à un quatrième trimestre plus profitable. [GD]

http://www.apple.com/pr/library/1999/oct/13q4results.html
http://www.apple.com/pr/library/1999/sept/20q4earn.html

Keyspan propose une télécommande pour les logiciels multimédia -- Keyspan vient de sortir une télécommande pour les logiciels multimédia. C'est un appareil émetteur/récepteur permettant de piloter à distance les lecteurs multimédia tels QuickTime, MP3, CD-ROM et DVD. On branche le récepteur sur un port USB. Il capte des signaux infrarouges émanant de la télécommandeet les envoie au récepteur qui les convertit en frappes de touches du clavier. L'appareil est préconfiguré pour les applications courantes, mais peut être opérationnel sur toutes les applications. Disponible chez tous les revendeurs Keyspan au prix de 79 US$. [ACE]

http://www.keyspan.com/products/usb/remote/

Action Files 1.5 semet au diapason des "Navigation Services" d'Apple -- On Software vient de sortir Action Files 1.5, nouvelle mise à jour de son utilitaire de gestion des fichiers, qui ajoute des fonctions aux boîtes de dialogue "ouvrir" et "enregistrer" ( voir "Activez-vous avec les actions Files" dans TidBITS-434 pour l'article complet concernant Action Files 1.0). La version 1.5 est compatible avec les Navigation Service (nouvelles boîtes de dialogue qu'Apple a présenté avec Mac OS 9). Elle ajoute une sélection de nouvelles fonctions, et améliore les performances. ainsi que la compatibilité avec Mac OS 9. Elle intègre également les éléments "récent" et "favoris" à Action Menus, un autre utilitaire dérivé de Now Menus (composant de l'ancien paquetage Now Ulitities). Si vous êtes possesseur de la version 1.0 vous pouvez télécharger gratuitement la mise à jour vers 1.5 (2,1 Mo), sinon il vous en coûtera 30 US$ pour la version éléctronique ou 40 US$ pour la version CD-ROM. [GD]

http://www.poweronsw.com/site2/html/products/af.html
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=04931

SoudJam MP 1.1.1 est compatible avec Mac OS 9. -- Casady & Greene sortent une mise à jour gratuite de SoundJam MP, un encodeur lecteur MP3 complet (voir "That MP3eaceful, Easy Feeling, Part 2" dans TidBITS-501). Ce petit saut de la version 1.1 à 1.1.1 cache en fait un certain nombre de modifications et des corrections de bogues. Parmi les nouveautés de SoudJam 1.1.1 on peut noter la compatibilité avec Mac OS 9, l'amélioration des options à l'encodage, une optimisation du tri personnalisé, la possibilité d'utiliser des pistes multiples dans certains flux ("streams") et une commande "Lire les informations" dans la fenêtre du lecteur pour le morceau en cours de lecture. La mise à jour fait 1,5 Mo. [ACE]

http://www.soundjam.com/
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05603

Ventes internationales d'Apple : résultats de la devinette. -- La devinette de la semaine dernière testant vos connaissances sur le pourcentage des ventes d'Apple effectuées hors des frontières des États-Unis a été ratrappée en milieu de semaine par la publication du rapport financier trimestriel d'Apple. Pour le troisième trimestre, les ventes internationales d'Apple représentèrent 45 % des ventes totales, alors que pour ce dernier trimestre, ceux-ci ont chuté à 35 %. Probables causes invoquées pour expliquer cette importante baisse : le problème de disponibilité des iBook et des Power Mac G4 ainsi que l'accroissement probable des ventes sur le marché de l'éducation qui se manifeste plus précocément aux Etats-Unis. En gros, 45 % des lecteurs connaissaient la "bonne" réponse, 32 % ont surestimé et 22 pour cent sous-estimé cette part. [ACE]

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05607

Le sondage de la semaine : La vidéo numérique, ça vous tente ? -- Avec les nouveaux ordinateurs iMac DV et le lociel iMovie, Apple parie sur l'émergence d'un marché de la vidéo numérique grand public, les utilisateurs de caméras vidéo numériques voulant traiter et monter leurs séquences. Ce n'est pas la première incursion d'Apple dans ce domaine, la configuration de montage vidéo basée sur le Performa 6400 était déjà une première tentative, tentative qui échoua d'ailleurs. Cette semaine notre sondage pose donc la question suivante : les nouvelles capacités de l'iMac DV en matière de montage vidéo numérique vous intéressent-elles ? [ACE]

http://www.tidbits.com/


Quoi de neuf à Internet World NY 1999 ?

par Adam C. Engst ace@tidbits.com

La semaine dernière j'ai passé une semaine au Salon "Internet World" de New York City. Cela se passait au Jacob Javits Convention Center, là où s'était déjà déroulée la dernière édition de Macworld en juillet. C'était une expérience intéressante, d'autant plus que j'avais pris la peine de lire l'article de Matt Neubrug et son compte rendu de l'édition 1997 du Salon "Internet World" à Los Angeles.

http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=00695

La première chose qui m'a frappée, c'est l'étendue du Salon. Il y a deux ans et demi, Matt remarquait qu'on ne se pressait pas dans les allées, mais la semaine dernière, à Internet World le Salon occupait un espace énorme, quatre à cinq fois la surface de Macworld Expo et on se bousculait néanmoins devant les stands. Ce n'est pas étonnant si on y réfléchit : non seulement Internet a continué à croître à un rythme soutenu mais en plus il est de plus en plus pris en main par les grandes sociétés et la masse des consommateurs grand public.

Point communs. -- On peut dire que le "Commerce en ligne" était la préocupation commune de tous les participants au Salon, il semblerait que chaque stand essayait de décliner le mot "e-commerce" à sa sauce personnelle - le nombre d'outils et de services proposés pour la mise en place d'un commerce en ligne était surprenant. Quasiment tout le monde se présentait comme "LA solution globale", mais il suffisait parfois de jeter un coup d'oeil à la fiche technique ou de glaner ici et là les réponses données aux questions posées par des curieux pour se rendre compte que, dans la plupart des cas, ces affirmations étaient quelque peu exagérées.

D'autres domaines logiciels ont fait leur apparition - vu le nombre de boîtes créant ce genre de logiciels, il semblerait que la tendance actuelle soit de penser que le courrier électronique vocal va être un marché juteux. Personnellement, je le sens assez mal. Eudora Pro a proposé un moment le module externe PureVoice pour l'envoi de courrier audio et mes tests m'ont amené à penser qu'il combine les désavantages du courriel et du courrier vocal. Je suis certain que la plupart de ces produits sont de purs bijoux technologiques, mais je ne vois pas ce que l'utilisateur y gagnerait - le courrier vocal est synonyme de gros fichiers, d'impossibilité de faire une recherche sur contenu et l'absence d'informations qualitatives, absence qui handicape sérieusement l'archivage et la recherche dans ces messages.

http://www.eudora.com/

Plusieurs sociétés étaient sur le point d'annoncer des logiciels ou services en ligne pour gérer des listes de cadeaux, une idée qui m'intéresse d'autant plus que cela fait plusieurs années que je remets à plus tard un projet de base de données pour les idées cadeau dans ma famille. Mon idée était bien plus vaste que ce que ces services proposent - comme par exemple mettre en place un système qui permettrait de savoir si le cadeau choisi ne l'est pas déjà par une autre personne - cependant, je pense que d'ici à peu près un an nous aurons de quoi gérer de manière très sophistiquée nos listes de cadeaux.

http://www.giftgenie.com/
http://www.ivebeengood.com/

Plusieurs kiosques font la promotion de produits censés vous aider à créer une communauté virtuelle autour de votre site Web. Ces compagnies ne semblent pas comprendre que de telles communautés s'organisent naturellement autour d'échanges sur des sujets communs. De bons outils peuvent vous aider à améliorer une communauté existante, mais une communauté ne se crée que quand des personnes aiment se rassembler pour discuter entre elles sur un sujet commun... elle ne se crée pas par magie simplement parce qu'on place un forum sur un site Web. Des outils aussi simples que les listes de discussion par courriel suffisent, pour bien des participants, à créer un sentiment d'appartenance à une communauté.

Idées qui sortent de l'ordinaire. -- Même si j'écris surtout à propos du Macintosh, je me tiens au courant des tendances d'Internet par l'entremise de journaux, magazines et contacts. Malgré cela, j'ai été surpris du nombre d'exposants dont les noms ne me disaient rien... exposants qui avaient souvent un point commun : la non disponibilités de leurs produits. Le très grand nombre d'exposants et dont bon nombre m'étaient totalement inconnus, m'a forcé à accélerer le pas et parcourir les allées au pas de charge, m'arrêtant seulement quand un kiosque réussisait à attirer mon attention.

Je suis tombé en arrêt devant un stand dont le nom à attiré mon regard - et j'en suis bien content, car il promeut une idée dont je n'avais jamais entendu parler. La société Savedaily.com a pour but de faire faire des économies aux particuliers lorsqu'ils utilisent Internet pour faire leurs courses (et voilà le commerce électronique qui s'en mêle !). Voici comment ça marche. Savedaily.com a des accords avec quatre-vingts gros négociants sur Internet... En conséquence, ils vous proposent de convertir une petite partie du montant de vos achats en bons d'achats, bon d'acaht que Savedaily.com investit pour vous dans une ou deux sociétés d'investissement. Vous pouvez également directement placer des sommes modestes - au minimum 5 US$ - en ligne dans ces sociétés d'investissement, à n'importe quel moment, sans avoir à vous casser la tête avec versements minimaux, agents de change et frais de commission.

À mon avis c'est une idée géniale. Il reste à voir si Savedaily.com ou une autre société en ligne saura prospérer et se maintenir à long terme, puisqu'il est impossible de s'assurer de la qualité des sociétés d'investissement de Savedaily.com, voir de la stabilité de la société Savedaily.com elle même. Mais s'il s'avère que c'est une idée qui fonctionne, de plus grandes boîtes d'investissement pourraient bien s'y intéresser.

http://www.savedaily.com/

D'autres fascinantes idées de produits vinrent de InfoCharms, un électron libre du Media Lab du MIT qui projette de commercialiser des produits de communication internet sans fil intégrés naturellement dans des vétements prêts à porter mais aussi de haute-couture. Le stand d'InfoCharms avait un petit air "Professeur Tournesol" tout à fait charmant, avec des membres du Media Lab et d'autres laboratoires de recherche qui présentaient des gadgets tout aussi tentants les uns que les autres, comme cette paire de lunettes dotées d'un minuscule écran "tête haute" de 320 par 240 pixels attaché à un verre. Leur principale attraction, que j'ai malheureusement ratée, était le "Brave New World Unwired Fashion Show" (Défilé de Mode du Meilleur des Mondes Sans Fil - un jeu de mot avec "unwired" qui signifie "sans fil, débranché" mais aussi "déjanté"), qui mettait en valeur des périphériques informatiques innovants par le fait qu'ils sont "portables" dans le sens de "mettables" comme des vêtements. Ils les présentaient comme on présente traditionnellement la haute-couture : dans un défilé, portée par des jolis mannequins.

Bien que je n'ai pas pu voir les matériels sur le stand d'InfoCharms, je lis dans leur documentation qu'ils prévoient de commercialiser le "Mémobadge" (Meme Tag) sur lequel j'écrivais dans "Walking the Meme Streets of the ACM" dans TidBITS-458. Maintenant appelés "Smart Badges" (Badges intelligents) ces petits badges vous permettent de garder une trace de qui vous rencontrez dans un Salon commercial ou une Foire et d'échanger, dans les deux sens, des informations avec ces gens. Je suis impatient d'essayer ces Mémobadges.

http://www.infocharms.com/
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05203

Démos. -- Il est clair que les sociétés dont les activités se rapportent à Internet ont beaucoup plus d'argent à jeter par les fenêtres que les sociétés distribuant des produits pour Macintosh qui exposent à Macworld Expo. Il était courant de voir des distributions gratuites et des démos très sophistiquées. La société Cable and Wireless avait monté une impressionnante présentation dans laquelle un animateur impassible psalmodiait les avantages qu'il y avait à travailler avec Cable and Wireless tandis qu'une troupe d'artistes en blanc à l'aspect fantômatique jonglait, dansait et se promenait sur la scène de façon parfaitement synchronisée avec la litanie du présentateur. Par exemple, quand le présentateur s'est mis à parler de la fiabilité du réseau central de "Cable and Wireless", il a laissé tomber une grosse balle argentée dans une trappe à un bout de la scène, à traversé la scène tout en débitant son discours commercial "avec nos concurrents, vous ne savez jamais à quoi vos données vont ressembler à la réception" et a attrapé un gros poisson en plastique qui a surgi d'une autre trappe.

RADWare a également attiré les foules avec son numéro où un présentateur exposait intelligemment la gamme de produits de la société (logiciels "pare-feu", logiciels de répartition des charges et logiciels de surveillance de réseau) assis sur un grand vélo monocycle et s'extirpant d'une camisole de force. Dans les salons professionnels, il n'est pas rare de voir des présentations intelligentes ou des acrobaties publicitaires, mais dans ce cas la combinaison des deux a captivé les gens qui passaient.

Réflexion faite. -- Il est difficile de tirer des conclusions de mon court passage à Internet World. Mis à part l'article de Matt, je n'ai pas d'éléments de comparaison avec les expositions précédentes, mais j'ai l'impression qu'Internet World est assez différente d'une année à l'autre, en fonction de ce qui est à la mode sur Internet à ce moment là. Ceci étant dit, d'un point de vue du spectacle cela valait le coup de venir pour une seule journée à New York, et je ne peux qu'encourager les personnes voulant se tenir au courant des avancées d'Internet de se procurer un laisser passer pour le Salon Internet World quand celui-ci passera près de chez vous.

Par contre, n'allez pas à Internet World si vous espérez y trouver une présence significative de la part de Apple ou du Macintosh. Quelques sociétés ont présenté des produits sur des iMac et des PC, mais beaucoup d'autres étaient "PC-only" (pour PC seulement), ne fonctionnaient pas avec les navigateurs Web Macintosh, ou ignoraient superbement le Macintosh d'une manière générale. Une société vendant des solutions de sécurité pour Windows NT arborait un panneau disant "Votre serveur NT vous empèche de dormir ?" ; alors que je lisais de la documentation sur ce stand, un vendeur m'interpella avec la même question. J'avais gardé suffisamment de présence d'esprit pour lui répondre que, tout comme l'armée des Etats-Unis, je ne me faisais pas de mouron pour la sécurité de mon serveur puisque j'utilisais des serveurs Mac OS. J'ai eu plusieurs conversations approfondies à propos de l'unique Power Mac G4 en évidence dans le Salon mais d'une manière générale je n'ai rencontré que très peu de visages connus de l'industrie du Macintosh dans les allées du salon. En matière de communauté, Macworld Expo est largement plus intéressant qu'Internet World.


Chute de la vitesse des Power Mac G4s

par Matt Deatherage mattd@gcsf.com

Prenant acte de la disponibilité limitée des processeurs PowerPC G4 de Motorola, Apple a reconfiguré sa gamme de Power Macintosh G4. Les nouveaux systèmes sont identiques, en tout point, à ceux présentés le 31 août 1999 - y compris le prix - à l'exception des processeurs PowerPC G4 dont la vitesse est réduite de 50 MHz par rapport aux specifications initiales. L'entrée de gamme à 1 599 US$ est encore construite autour d'une architecture PCI ; les deux modèles de haut de gamme (à 2 499 US$ et 3 499 US$) gardent leur architecture AGP, un double port USB, une plus grande bande passante système, et des lecteurs DVD en standard. Apple a aussi annoncé que IBM doit lancer la fabrication de processeurs G4 à partir de la première moitié de l'an 2000, ces processeurs étant utilisables dans les modèles Apple, ce qui diminuerait les risques pour Apple de ne disposer que d'une seule source de processeurs PowerPC G4.

http://www.apple.com/pr/library/1999/oct/13g4.html
http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=05546

Comment réagir face à ces changements ? Les clients y sont perdants quelle que soit la façon d'examiner les choses, mais selon que vous considérez la chose d'un point de vue ou d'un autre, vous pouvez penser que les acheteurs n'ont pas de chance ou qu'ils sont victimes des circonstances. Examinons la situation sous trois angles différents.

Le point de vue d'Apple. -- Apple est tombé sur deux os avec sa gamme Power Macintosh G4 : en premier lieu, les prix des barettes DRAM ont doublé depuis juillet, deuxièmement il y a une pénurie des processeurs nécessaires pour construire les machines qui répondraient aux caractéristiques présentées à l'origine. Les lois régissant l'offre et la demande fonctionnent parfaitement dans ce cas. Apple a rencontré un succès exceptionnel avec ses nouvelles machines Power Macintosh G4 et la demande pour les machines au prix actuel est très forte... mais sa capacité à répondre à cette demande est limitée. Il y a donc pénurie, et normalement une situation de pénurie est synonyme d'augmentation de prix : plus un ordinateur est cher, moins les gens vonts en commander, réduisant la demande. Et une demande réduite signifie qu'il y aura moins de listes d'attente. Si Apple ne faisait rien, les listes d'attente s'allongeraient, et les clients devraient poireauter jusqu'à ce que Motorola s'organise pour répondre à la demande.

Mais il ya deux façons d'augmenter les prix. Vous pouvez le faire franchement ou bien vous pouvez modifier le produit vendu. Apple a choisi le deuxième chemin, redéfinissant les caractéristiques du haut de gamme PowerPC G4 pour s'aligner sur les performances des trois processeurs disponibles. Et oui, cela signifie une réduction de vitesse de 50 MHz, mais il aurait suffi qu'Apple pose clairement la question à ses clients : préférez-vous patienter pendant des mois que le modèle que nous vous avions annoncé au départ soit prêt ou voulez-vous un modèle identique maintenant, sauf qu'il sera environ 10 % plus lent ? Posée comme cela la question est bonne et elle remet la décision entre les mains du client, seul légitime en fin de compte à prendre cette décision. Apple annonce que les processeurs 500 MHz G4 seront disponibles au premier trimestre 2000. En conséquence, la première "accélération" de la gamme Power Macintosh G4 ne sera qu'une remise au niveau annoncé initialement.

Apple n'est pas plus heureux de cette situation que ses clients. Cependant, dans un sens, la démarche manque de franchise et est dictée par les avanies des modèles du haut de la gamme. L'ancienne configuration G4 à 400 MHz sera disponible en quantité raisonnable, et le 400 MHz bas de gamme aura des délais de livraison décents, de l'ordre de quelques semaines. En ce qui concerne ces systèmes la question "Vous le voulez maintenant ou plus tard ?" est d'autant moins crédible que l'on pouvait les acheter jusqu'à maintenant à un meilleur prix.

Permettre aux clients de choisir s'ils veulent attendre ou bien se rabattre sur des ordinateurs plus lents mais disponibles dans de meilleurs délais est une bonne démarche - voire même valable - dans le cas des clients des modèles haut de gamme qui ne sont pas encore sortis. Pour le reste de la ligne de produits, le changement de stratégie n'a pour seule conséquence d'augmenter les prix, ce qui est très mal perçu, surtout dans un milieu, l'informatique, où la tendance serait à la baisse des prix et l'augementation des performances.

Colère en perspective. -- Les consommateurs ont de bonnes raisons d'en avoir marre des reconfigurations d'Apple : quoi qu'il arrive, les clients, se retrouvent avec des performances moindres pour un prix plus élevé. La semaine dernière, on pouvait acheter dans n'importe quel magasin informatique aux USA un G4 à 400 MHZ pour 1 599 US$. Cette semaine, avec la même somme, on revient avec un modèle à 350 MHz, soit 88 % de la vitesse d'horloge de l'autre, alors que les premiers modèles à 400 MHz sont encore largement disponibles.

A mesure que l'on monte vers le haut de gamme, la nouvelle politique tarifaire d'Apple semble de plus en plus ridicule. Je cite un article de MacWEEK : "Les utilisateurs qui étaient prêts lundi à payer 2 499 US$ pour un Power Mac G4 à 450 MHz, par exemple, doivent maintenant payer la même somme pour une unité centrale à 400 Mhz par ailleurs identique, ou bien débourser 1 000 US$ supplémentaires pour un système cadencé à 450 Mhz qui offre les caractéristiques qu'ils espéraient (mis à part 128 Mo de Ram supplémentaires)."

http://macweek.zdn et.com/1999/10/10/editorial.html

Tout cela est totalement faux. La machine à 450 Mhz que l'on paie aujourd'hui 3 499 US$ n'est pas tout à fait la même que le modèle original à 450 Mhz et qui coutait 2 499 US$. Dans la mesure où le modèle à 450 Mhz représente maintenant le haut de l'offre Apple, il a été considérablement musclé. Le nouveau modèle à 3 499 US$ est livré avec 256 Mo de mémoire au lieu de 128 ; un disque dur Ultra ATA/66 de 27 Go au lieu de 20, un lecteur DVD-RAM au lieu d'un DVD-ROM, par ailleurs il n'est pas équipé d'un modem 56 K vu que pour ce type de configuration, le besoin d'un modem est souvent minime. Pour amener un 450 Mhz tel qu'ils avaient été d'abord annoncés à ce niveau survitaminé d'équipement rajouterait 650 US$ à la facture. Donc, la comparaison devrait s'établir entre un système à 3 149 US$ et le système actuel à 3 499US$, et pas entre des configurations très différentes les unes des autres, juste parce qu'elles partagent le même microprocesseur.

Prétendre que les deux machines coûtent 1 000 US$ de plus est inexact aux trois-quarts. Une seule configuration permet de comparer ce qui est comparable - le modèle à 450 MHz AGP Graphics. L'ancienne et la nouvelle version ne sont livrées que dans deux vitesses d'horloge - 400 MHz et 450 MHz - mais l'ancien modèle 400 MHz s'appuyait sur l'architecture PCI Graphics alors que la nouvelle version 400 MHz se base sur AGP Graphics, ce qui empêche une vraie comparaison. En configuration identique, le nouveau modèle 450 MHz AGP Graphics systems n'est que 350 US$ plus cher - une augmentation de 14 %. Je suis d'accord avec vous que 350 US$, cela ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval, mais cela ne justifie pour autant les appels aux meurtre entendus ici et là.

Mais l'incohérence d'Apple ne s'est pas arrêté là. Je reçois aujourd'hui un communiqué d'Apple qui fait en partie marche arrière : ils annonçent qu'ils honoreront toutes les commandes de Power Macintosh G4 passées chez Apple ou des revendeurs avant le 13 octobre 1999, à condition que ces commandes aient fait l'objet d'une sorte de transaction (versement d'arrhes ou bon de commande). Encore un faux pas - l'usage du terme légal "transaction" donne l'impression qu'Apple veut surtout se prémunir contre des actions en justice éventuelles, alors qu'elle devrait donner l'impression de s'efforcer de suivre dans la voie tracée par Steve Jobs : "Même les bonnes sociétés se trompent parfois. Mais les vraiment bonnes sociétés réparent leur erreurs."

http://www.apple.com/pr/library/1999/oct/18g4orders.html

Cependant, Apple a déjà significativement endommagé son image aux yeux des acheteurs de G4, qui étaient légitimement en colère et troublés dans la perspective de commander à nouveau une machine chez Apple ou ses revendeurs. De plus, le fait qu'une configuration commandée des mois auparavant puisse coûter maintenant plus cher simplement du fait qu'Apple n'a pas décidé de livrer cette configuration maintenant alors que d'autres personnes ont déjà reçu des machines vendues pour l'ancien prix, n'a pas appaisé la colère des usagers.

Les clients qui ont commandé des configurations à 400 MHz ou 450 MHz vont maintenant les recevoir, avec des spécifications conformes à leur commande originale, au prix original. Ceux qui ont commandé des configurations G4 à 500 MHz se verront proposer une configuration à 450 MHz identiquement équipée si ce n'est la vitesse d'horloge, mais pour 350 US$ de plus - l'exacte différence de prix établie ci-dessus. Apple n'accepte pas de commande pour les configurations à 500 MHz pour l'instant, il n'y a donc pas de liste d'attente comme il a été rapporté précédemment, d'après une conversation aujourd'hui avec le porte-parole d'Apple Matt Hutchison.

La perspective analytique -- Quelque part entre Charybe et Scylla se trouvent les difficiles problèmes qu'Apple essaye de résoudre avec ses initiatives maladroites. La société fait face à une formidable demande pour des machines, demande qu'elle ne peut satisfaire. Si elle maintient ses listes d'attente sur les configurations existantes, elle retarde ses recettes d'un nouveau trimestre et perd potentiellement des ventes pour des clients qui veulent tout de suite des machines aux performances haut de gamme. La seule façon de remplir les carnets de commandes est d'éliminer le problème d'approvisionnement et d'utiliser les processeurs disponibles.

Apple ne peut se permettre de réduire artificiellement la demande en détournant l'attention des modèles de Power Macintosh G4, car la part de marché est encore un point-clé dans la perception d'Apple par le public. De plus la montée des prix de la DRAM met aussi la pression sur la compagnie. Si Apple avait réduit les prix en même temps que la vitesse des processeurs, elle se retrouverait avec un énorme retard de commandes non honorées pour des machines à bas prix, dotées de RAM chère et qui ne génèrent pas les profits dont elle a besoin pour tenir les engagements de son plan de redressement. Apple ne peut se permettre de transformer sa gamme de produits générant une forte marge en une gamme faible génératrice de marge pour laquelle elle ne peut honorer les commandes.

D'un point de vue service de clientèle, Apple veut prévenir tout retard de livraison, donner aux clients ce qu'ils désirent, et vendre des tonnes de machines. Ils ne peuvent rien accomplir de tout cela avec les configurations précédentes. La puce PowerPC G4 à 450 MHz est la puce la plus rapide qu'Apple peut acheter et elle n'est pas aussi disponible que les modèles plus lents. Mais Apple avait fait de la puce à 450 MHz son modèle de milieu de gamme. C'est un problème. Apple avait planifié une stratégie à trois niveaux, avec les processeurs les plus chers et les moins disponibles dans les plus chères des configurations. Le fait d'instaurer une sélection par le prix réserve ces modèles à ceux qui ont besoin et peuvent s'en payer la puissance. Le problème de Motorola, cependant, place le véritable processeur haut de gamme dans la configuration de milieu de gamme.

Apple était bloquée pour une configuration haut de gamme et devait ajuster sa gamme de produit en accord. Si les machines à 450 MHz sont les plus rapides que la compagnie peut construire, elle ne peut pas vraiment vendre une machine haut de gamme à 3 499 US$ et une machine milieu de gamme à 2 499 US$ les deux ayant la même vitesse de processeur. Les différences de prix peuvent sembler valables à certains, mais le critère de différenciation perceptible par la majorité est la vitesse d'horloge, mesurée en Mégahertz. Pour pouvoir offrir une machine de milieu de gamme à environ de 2 499 US$, Apple aurait sa gamme de prix et pourrait proposer une machine à 350 MHz pour 1 299 US$ voire moins. Mais cela aurait fait interférence avec les achats d'iMac, aurait semé la confusion dans l'âme des acheteurs d'entrée de gamme et pulvériserait les marges. Vous vous doutez bien qu'Apple ne veut pas entendre parler de cela.

MacWEEK.com note que l'analyste Lou Mazzucchelli est passé par des pensées similaires. Si Apple avait réduit les prix sur les configurations, elle aurait stimulée la demande. Ce qui aurait entraîné de nouveaux embouteillages dans la fabrication, embouteillages dont Apple ne veut plus entendre parler.

http://macweek.zdnet.com/1999/10/10/configs.html

L'éditorial de MacWEEK s'interroge un peu pompeusement : "Apple pense-t-elle vraiment pouvoir trouver une seule personne qui appréciera cette décision ?" C'est la mauvaise question - la bonne question à poser est "Quelle autre solution Apple aurait pu proposer à ses usagers ?" Des prix plus bas signifient des marges de bénéfice plus bas. Or, si pour l'instant les analystes financiers font les yeux doux à Apple, il suffirait de l'annonce d'un trimestre de mauvais résultats pour que cette situation change et que s'installe l'impression que les consommateurs ne sont plus prêts à payer les prix "élevés" que Wall Street associe traditionnellement à Apple. Bien sûr, le directeur financier d'Apple, Fred Anderson a les moyens de faire face à une telle situation, d'autant qu'elle ne devrait pas durer plus de trois mois, mais cela comporte un risque, et un risque qui pourrait se répercuter sur toute la gamme. Car si Apple commence à proposer temporairement des Power Macintosh G4 à des prix avoisinant ceux des iMac, bon nombre de personnes voudront qu'une telle offre perdure. Et cela ne sera pas bon du tout pour les bilans financiers Apple.

Les critiques n'offrent pas d'alternative raisonnable sur le plan technique. Étant donné qu'Apple ne peut baisser ses prix, est-ce qu'ils auraient du garder les configurations telles qu'annoncées au départ et laisser poireauter les gens ? Je ne pense pas que cela aurait été réaliste. Le vrai problème est qu'Apple n'a pas su gérer correctement la demande de ses clients. Apple semble s'être enfermé dans un point de vue où, quoi qu'elle dise, les clients auraient mal réagi à l'annonce des modifications de gamme, elle a donc balancé son annonce et l'a laissée se débrouiller toute seule... L'éditorial de MacWEEK n'a pas aimé cela : "En adoptant une position fuyante à propos de cette modification technique en soi relativement mineure, Apple court un réel danger de s'aliéner ses principaux utilisateurs professionnels et de perdre les ventes "impulsives" que l'effet d'annonce des nouveaux modèles G4 avait généré dans un premier temps."

Mais la mauvaise gestion de ses flux tendus par Apple est moins grave comparée au fait que la société n'a pas su communiquer sa décision au public : elle aurait dû faire comprendre que son but était de satisfaire ses clients en leur fournissant le plus rapidement possible des ordinateurs dotés de performances élevées, mais à des prix répondant aux lois de l'offre et de la demande. Tout le monde peut comprendre que les produits rares puissent coûter plus cher. Apple aurait simplement pu dire ceci : "Ces prix compensent non seulement la hausse de prix exorbitante des mémoires DRAM, mais encore correspondent au véritable prix de ces machines et offrent des performances pratiquement identiques... De plus, elles sont disponibles rapidement. Dès que les problèmes de production des systèmes PowerPC G4 seront résolus, nous augmenterons la disponibilité de ces machines, tirant ainsi les prix vers le bas et vous proposant un rapport qualité prix encore plus avantageux... à noter toutefois que les ordinateurs que nous vous proposons aujourd'hui sont toujours les plus rapides de leur catégorie".

En fait, l'annonce d'Apple dit un peu cela, quand on lit entre les lignes. Elle dit que les nouvelles configurations "dépendent de la disponibilité des processeurs G4 de chez Motorola" et sont proposées "en réaction aux retards de Motorola dans la production de ses processeurs G4 à 500 MHz, ce qui ne les rend pas disponibles avant l'année prochaine." Le problème vient du fait qu'Apple à lié ses nouveaux modèles au seul et unique processeur G4, en faisant cela Apple s'est mis sous la coupe de la loi de l'offre et la demande, il a suffi que des problèmes surviennent sur une partie de la gamme pour que la totalité de la chaîne G4 soit bloquée, s'attirant ainsi les foudres de ses clients.

http://www.apple.com/pr/library/1999/oct/13g4.html

Quel que soit le point de vue adopté, Apple est perdant dans l'histoire - ils ont annoncé des ordinateurs G4 à un moment où non seulement Motorola ne peut suivre la demande mais en plus les prix des mémoires DRAM crèvent le plafond. Ils se voient donc dans l'obligation de réajuster leurs prix pour répondre à l'augmentation des coûts et, en même temps, ils doivent limiter la demande des clients pour faire face à la pénurie. Pour cela ils n'ont qu'une seule solution : augmenter les prix. Mais il était idiot de prétendre que le problème ne concernait que les 500 MHz et de ne pas communiquer de façon adéquate sur les changement apportés aux autres configurations, qui touchent un plus grand nombre de consommateurs. Cela a contribué à augmenter le nombre de mécontents. Mais bon, il est vrai aussi que, quelle que soit la façon dont Apple allait annoncer la nouvelle de sa gaffe, elle allait se faire incendier par ses clients professionnels.

Mais il faut savoir mesure garder, même dans les incendies.

[Matt Deatherage est rédacteur en chef de MWJ, une lettre d'information hebdomadaire réputée, traitant de façon approfondie des sujets ayant trait au Macintosh. Il se prépare activement à la sortie quotidienne de ce journal. Vous trouverez un dossier complet sur MacOS 9 dans l'édition de la semaine prochaine. Si vous voulez en savoir davantage sur MWJ, laissez-vous tenter par un abonnement gratuit pour trois numéros, inscrivez vous à l'URL ci dessous.]

http://www.gcsf.com/


Les publications et les sites non-commerciaux à but non lucratif peuvent reproduire ou établir des liens sur ces articles dans la mesure où référence est faite à leur origine. Tout autre doit nous contacter. L'exactitude de nos articles n'est pas assurée. Caveat lector. Les noms de publications, de produits et de sociétés peuvent être des marques déposées. TidBITS ISSN 1090-7017.

Accueil | Archives francophones de TidBITS | Sommaire des quatre derniers TidBITS traduits | L'Equipe francophone de TidBITS