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TidBITS#520/06-Mar-00

Les nouveaux modèles de Macintosh n'ont pas seulement changé de couleur et de forme, ils ont aussi changé leur façon de se connecter : FireWire et USB ont supplanté SCSI et ADB, rendant orphelins des millions de périphériques. Toutefois, les lecteurs de TidBITS utilisent toute une gamme d'adaptateurs pour redonner vie à leurs anciens matériels. Parmi eux, nous notons le Stealth Serial Port de GeeThree.com. Côté logiciel, Matt Neuburg revient sur ses obsessions passées en scrutant la nouvelle version 2.5 de Font Reserve. Par ailleurs, nous vous informons de la sortie de mises à jour pour Netscape Communicator, USB Overdrive et FaceSpan. Enfin nous nous penchons sur le brevet déposé par Amazon.com.

Sommaire :

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Ce numéro est traduit de l'américain par:


MailBITS/06-Mar-00

Communicator 4.72 corrige moult bogues. -- Netscape Communications a sorti Netscape Communicator 4.72, la dernière version de son application intégrée, comprenant un navigateur Internet, un gestionnaire de courrier électronique et un logiciel auteur de pages HTML. Contrairement à ce que les communiqués pourraient laisser croire, la version 4.72 ne comprend aucune nouvelle fonction. La plupart des utilisateurs n'a pas besoin de cette mise à jour, sauf si elle rencontre des problèmes particuliers, et Steve Dagley de chez Netscape nous a déclaré que les modifications sont minimes et isolées. Les améliorations les plus notables sont une version plus robuste du gestionnaire Bitstream d'affichage des polices de caractère, une meilleure vérification des signatures IMAP envoyées par certains serveurs de courrier IMAP, un meilleur traitement des sites SSL dont la clé d'authentification dépasse 2 048 bits, un meilleur traitement des images JPEG encodées en Base64 incluses dans les courriels, la correction d'un certain nombre de bogues générés par Javascript, un meilleur encodage des mots de passe et caractères ASCII. Enfin le module de lecture des forums électroniques ("news") a été corrigé et sait désormais gérer les identificateurs ("ID") d'articles précedemment chargés ("recycled"). Netscape Communicator 4.72 pèse 13,2 Mo en téléchargement et nécessite un Mac à base de powerPC tournant sous MacOS 7.6.1 au minimum. [ACE]

http://home netscape.com/download/index.html ?cp=djudepart
http:/ /home.netscape.com/eng/mozilla/4.7/relnotes/mac-4.7.html

Overdrive USB 1.3 est sorti. -- Alessandro Levi Montalcini a sorti la version 1.3 de "Overdrive USB", pilote universel des souris, manches à balai ("joystick") et manettes de jeux à port USB. (Voir "Pointing the Way with USB Mice, Part 2" dans TidBITS-507 et "Maximizing the Mouse" dans TidBITS-483 pour plus d'informations.) De nouvelles fonctions permettent de faire défiler des pages encore plus rapidment en utilisant la molette de défilement de certaines souris ou d'utiliser le mode "positionnement absolu" du pointeur des manches à balai et manettes de jeux. L'utilitaire reonnaît les pilotes standards USB fournis par Apple, ce qui augmente la compatibilité avec MacOS 9 et les nouvelles bibliothèques de routines pour les jeux ("Game Sprockets"). Ainsi, plus vous actionnez la molette de la souris, plus le document défile vite. USB Overdrive est un partagiciel à 20 US$ et ne pèse que 300 Ko au téléchargement. [ACE]

http://www.usboverdrive.com/
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05665
http://db.tidbits.com/getbits.acgi?tbart=05414

FaceSpan 3.5 est disponible. -- Digital Technology International a sorti la version 3.5 de FaceSpan, un générateur d'interface pour AppleScript et autres languages OSA. FaceSpan permet aux programmeurs de script de créer des applications à part entière et des script utilisants des éléments de l'interface du Mac tels des fenêtres multiples, des dialogues, du texte formaté, des barres de défilement, des onglets, des images, des animations et une myriade d'autres éléments. Les améliorations de FaceSpan 3.5 permettent, entre autres, de faire appel à des fenêtres préfabriquées (facilitant les utilisations multiples de fenêtres standards ou personalisées), de créer des fenêtres rondes, d'utiliser des fenêtres modales redimensionables ainsi que sauvegarder des fichiers de préférences directement depuis FaceSpan au lieu de se fier à la sauvegard interne. FaceSpan 3.5 offre également une série de modules externes pour la création de script (scripting additions) et d'utilitaires spécifiques pouvant être utilisés isolément ou en vue d'améliorer un projet FaceSpan. Cette nouvelle mouture offre de plus une documentation améliorée et un code source pour les formulaires, qui permet aux projets FaceSpan d'intégrer du code ressource comme par exemple des modules externes (scripting additions), des filtres des caractères saisis ou des défintions de contrôles. FaceSpan nécessite au minimum un système 7.0.1 et AppleScript 1.1, et un Mac équipé d'un processeur 68020. Mais un PowerPC équippé de MacOS 8.5 semble être plus judicieux. Pour 200 US$ FaceSpan est à vous. La mise à jour à partir de la version 3 coûte 50 US$ et 100 US$ pour ceux qui possèdent déjà la version 2. (Geoff Duncan, editeur technique de TidBITS a évalué FaceSpan 3.0 courant 1998 pour MacWeek ; les problèmes mentionnés avec les éléments de stockages ont été corrigés dans la version 3.0.1) [GD]

http://www.facespan.com/
http://macweek.zdnet.com/1221/rv_facespan.html

Amazon.com se voit attribuer un brevet pour son programme d'associés. -- Le 22 février 2000, le bureau des brevets des États-Unis (United States Patent and Trademark Office) a attribué à Amazon.com un brevet (la société avait l'avait déposé en juin 1997) pour son concept de site Web affilié. (Un concept d'affiliation consiste en un site qui offre une rétribution à un autre site qui lui réfère des clients). Le programme "Amazon.com Associates" permet à un site Web commercial ou non de s'enregistrer auprès d'Amazon.com comme partenaire. Ceci lui permet de pouvoir afficher sur son site un lien vers Amazon.com, des liens vers des livres spécifiques (offerts par Amazon.com) ou même un outil de recherche lié directement à Amazon.com. Par la suite, Amazon.com donnera une commission à son associé pour toute vente faite par une personne référée par lui. Un exemple se trouve sur notre page TidBITS BookBITS. Ce brevet, le numéro 6-029-141, donne théoriquement le droit à Amazon.com la possibilité de faire cesser toute utilisation d'un concept identique par un autre site Web sauf, bien sûr, si des redevances lui sont versées.

http://www.amazon.com/
http://www.patents..ibm.com/details?pn=US06029141__

Amazon.com possède aussi un brevet pour son approche de ventes et de suggestions de produits similaires "One-Click". Plusieurs marchands en ligne se sont indignés que la société ait pu se faire attribuer la propriété intellectuelle de techniques de vente déjà largement utilisées sur Internet. [MHA]

http://www.oreilly.com/ask_tim/amazon_patent.html
http://www.oreilly.com/ask_tim/bezos_0300.html

Sondage de la semaine : Vieux de la Vieille. -- C'est en bavardant avec Sue Nail de CE Software à l'exposition Macworld à San Francisco que Matt Neuburg et moi avons eu la surprise de recevoir des nouvelles de l'utilitaire "DiskTop" de Prairie Group. Ce petit logiciel qui offrait une alternative au Finder avait été écrit à l'origine par CE Software et mis à jour pour la dernière fois au début des années 1990... Malgré cela il se vend toujours et est régulièrement amélioré, même s'il n'est plus vraiment développé. Rejoignez-nous la semaine prochaine pour l'article de Matt sur DiskTop et une alternative en partagiciel, DiskTracker.

http://www.prgrsoft.com/pa ges/disktop.html
http://www.disktracker.com/

En attendant, nous serions curieux de savoir combien de temps les lecteurs de TidBits s'accrochent à ces programmes tant aimés mais d'une époque révolue. À notre avis, les vieux logiciels peuvent être classés en plusieurs catégories différentes :

http://www.semicolon.com/SQ.html >

En conséquence, notre question cette semaine est : "Quel est l'âge du plus ancien logiciel que vous utilisez régulièrement (que ce soit une application, un pupitre de commande, un accessoire, un jeu ou autre) ?" La meilleure façon d'en trouver la date d'origine est de jeter un coup d'oeil dans le menu "A propos de..." ou la fenêtre "Information" de ce logiciel afin de voir s'afficher la date du dépôt de copyright. Si cette méthode se révèle infructueuse, vérifiez la date de création ou la date de modification dans la fenêtre "Informations", mais rappelez-vous que ces dates ne sont pas toujours précises. Vous pouvez aussi rechercher les fichiers de type APPL (ou autre) et les classer par date, puis voir lesquels vous utilisez régulièrement. Une fois que vous avez trouvé votre logiciel le plus ancien, venez voter sur notre page d'accueil ![ACE]

http://www.tidbits.com/


Résultats du sondage : c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes !

de Adam C. Engst ace@tidbits.com

Le sondage de la semaine dernière qui portait sur les périphériques anciens que les utilisateurs ont repris sur leurs nouveaux Macs a fourni des résultats intéressants. Il y a eu à peu près un millier de votants qui ont voté 2 100 fois, ce qui nous indique que grosso modo ceux qui ont ajouté un adaptateur pour des périphériques anciens en avaient en moyenne deux à réutiliser.

http://db.tidbits.com/ge tbits.acgi?tbpoll=29

Les adaptateurs SCSI sont ceux qui ont eu le plus de succès, en général pour y connecter des périphériques de stockage ou des scanners, bien que les messages laissés sur TidBITS Talk semblent indiquer que les scanners ont atteint un niveau de prix suffisamment bas pour que l'achat d'un nouveau scanner soit devenu une alternative viable.

Deuxième au hit-parade, l'accès aux périphériques série, comme les modems ou les docks pour Palm, concerne 42 % de ceux qui ont répondu. Les gens ont choisi en général d'accéder à leur périphériques à travers des adaptateurs USB-série, bien que nous ayons eu jusqu'ici de bonnes expériences avec le Stealth Serial Port commercialisé par GeeThree.com. L'accès à un lecteur de disquette arrive en troisième position. Je m'étonne quand même de la fréquence de ce besoin, car si j'ai bien utilisé une fois une disquette depuis que je suis sur G4, ça m'étonnerait que cela se reproduise avant un bon moment.

Malgré les cris d'orfraie poussés à propos l'affreux petit palet fourni en guise de souris et le tout petit clavier qu'Apple livre avec tous ses Mac de nos jours, seuls 24% des participants au sondage ont affirmé avoir ajouté un adaptateur USB/ADB. Bien sûr, la norme ADB ait été en fait la dernière de ces technologies à disparaître, puisqu'elle était encore disponible sur les G3 blanc et bleu. De plus, les périphériques USB comme les claviers et les souris sont en général bon marché, et l'achat d'un nouveau clavier représente à peu près le même coût que l'achat d'un adaptateur. 20 % de ceux qui ont répondu au sondage ont fait l'acquisition d'un adaptateur pour un réseau Localtalk.

Les discussions sur TidBITS Talk ont tourné autour des différentes solutions que les gens ont choisies et puis ont rapidement dérivé vers la qualité des adaptateurs choisis. Je recommande fortement la lecture de ce fil de discussion avant l'achat d'un adaptateur pour votre vieux disque dur, votre imprimante ou le clavier dont vous n'arrivez pas à vous défaire.

http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tlkmsg=6132
http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tlkthrd=959

Seuls 10 % des participants ont affirmé qu'ils n'avaient pas eu à ajouter d'adaptateurs, ce qui est moins que je ne l'aurais pensé, mais il est probable que l'intitulé même du sondage ait poussé surtout ceux qui avaient acheté des adaptateurs, ou qui avaient trouvé d'autres solutions, à répondre.


Mangez du port si vous voulez !

par Adam C. Engst ace@tidbits.com

La révolution entamée avec les premiers iMac et poursuivie avec les G3 bleus et blancs, les Powerbook et les Power Macintosh G4 a réussi : Apple a éliminé les lecteurs de disquettes et les anciennes technologies comme le SCSI, l'ADB et les ports séries de la ligne Mac. Même si en général, je pense qu'Apple a fait le bon choix, il n'y a aucun doute que cette décision a été douloureuse pour les gens ayant des anciens périphériques. Un choix varié d'adaptateurs et de convertisseurs est apparu, offrant une possible continuité avec les nouveaux Mac, et à l'inverse aussi, avec des cartes USB et FireWire permettant aux anciens Mac de brancher des nouveaux périphériques.

Lire à l'arrière de la boîte. -- Je suis tombé sur un appareil assez étonnant de chez GeeThree.com, une petite start-up fondée par un ancien employé d'Apple - jadis responsable en partie de la conception visuelle des premiers PowerBook et Mac PPC. Le "Stealth Serial Port", à 50 US$, offre un port-série aux PowerMac G3 bleu et blanc, au Power Mac G4 (PCI Graphics et AGP Graphics), et aux iMac 233 MHz jusqu'aux 333 MHz (mais pas aux derniers iMac et iMac DV). Le Port-Série Stealth utilise l'emplacement du modem interne de ces Mac, remplaçant le modem interne s'il est présent et la fiche téléphonique par un mini-port DIN au standard RS-422 8. Ce qui le distingue des autres adaptateurs USB/série, c'est qu'il est compatible avec LocalTalk, vous permettant de continuer à utiliser les anciennes imprimantes LaserWriter, par exemple, ou bien le logiciel gratuit (mais parfois problématique) "LocalTalk Bridge".

http://www.geethree.com/
http://www.geethree.com/ localtalkbridge.html

Le Port-Série Stealth permet des taux de transfert jusqu'à 230,4 Kbps et est compatible avec la Comm Toolbox et les pilotes existants des périphériques utilisant le port série, donc vous n'avez pas besoin de nouveaux pilotes. Il fonctionne aussi avec des périphériques-série cadencés de façon externe, telle que les imprimantes série et les périphériques MIDI, à l'exception des périphériques qui nécessitent un connecteur mini-DIN neuf broches et qui tirent leur énergie du neuvième connecteur, tel l'ancien modem GeoPort. D'autres exceptions incluent l'Apple LaserWriter 310 (dont Apple a abruptement abandonné la compatibilité lors de la sortie de Mac OS 8.5, mais une rustine est disponible à l'URL ci-dessous) ainsi que l'appareil photo numérique Apple QuickTake 150.

http://www.comcat.com/~dave amy/LW310.html

La première limitation du Port-Série Stealth de GeeThree.com est l'obligation de remplacer le modem interne Apple éventuellement présent, donc ce n'est pas franchement une super solution si vous utilisez ce modem (bien que beaucoup de gens préfèrent utiliser un modem externe tiers que l'interne d'Apple). Le Port-Série Stealth fonctionne avec des connecteurs de port série, donc vous pourriez théoriquement attacher un connecteur multi-ports au Port-Série Stealth, puis passer d'un modem externe à un autre périphérique, par exemple une base de PalmPilot, ou un périphérique MIDI. L'installation dans les iMac est assez complexe et GeeThree.com recommande que cette opération soit faite par un revendeur Apple. Par chance, l'installation est bien plus simple pour les PowerMac qui proposent un accès beaucoup plus aisé au port modem et aux autres composants internes grâce à la conception de leur boitier.

Introduire la languette A dans la fente B. -- L'installation dans mon nouveau Power Mac G4 était encore un peu délicate, étant donné que j'ai dû enlever une boîte métallique qui retient le connecteur RJ-11 du modem, installer le port série Stealth dans la fente modem interne, le fixer avec des vis, passer un câble sous la carte vidéo, et visser le connecteur mini-DIN à 8 broches au boîtier. Ce n'était pas difficile, mais ça vaut la peine de faire attention, et pour enlever les vis minuscules de la petite boîte métallique qui enfermait le connecteur téléphone, il a fallu que je déterre un tournevis pour lunettes. Du côté logiciel, je n'avais qu'à glisser une extension port série Stealth dans le dossier Extensions et redémarrer.

Somme toute, je suis assez content du port série Stealth, puisqu'il m'a permis d'économiser 100 US$ en rayant le modem interne de mon bon de commande de fabrication, et d'utiliser un modem externe qui traîne chez moi pour les rares occasions où j'ai besoin de me connecter par modem. Je l'ai utilisé aussi pour relier une station d'accueil Palm V au Mac pour faire encore plus d'économies, puisque Palm vend l'adaptateur série Macintosh pour à peu près 12 US$ et le kit USB PalmConnect pour environ 48 US$. A chaque fois que j'ai eu l'occasion de l'utiliser jusqu'ici, le port série Stealth a marché à la perfection.

http://palmorde r.modusmedia.com/P5/P5-peripherals.htm

(Si vous vous demandez où GeeThree.com a bien pu trouver son nom, le fondateur était Bruce Gee, qui avait quitté Apple et, au début, avait lancé la firme comme une "entreprise passe-temps." Puisque le Power Mac G3 venait de sortir, il n'a pas pu laisser passer l'occasion de faire un jeu de mots. Alors il a décidé de faire continuer la plaisanterie en rattachant ".com" au nom juste pour pouvoir dire qu'il avait fondé une entreprise "dot com." Avec cet esprit facétieux, il s'est trouvé lui-même la victime, peu de temps après, d'une bévue d'attribution de nom. Il voulait enregistrer le domaine stealthserial.com, mais puisqu'il le faisait par téléphone, il a fini, à sa grande surprise, par avoir le nom stealthcereal.com. Il est amusant de noter que ce dernier est encore actif.)

http://www.stealthcereal.com/

Le port série Stealth de chez GeeThree n'attirera peut être que furtivement votre regard (NdT : "stealth" signifie furtif en anglais), mais il représente une solution élégante au problème de l'utilisation d'anciens périphériques-série avec bon nombre des nouveaux Mac. Et vous n'avez pas à vous faire du souci pour trouver celui qui s'harmonise avec le coloris de votre nouvelle machine.


Le Voyage Fontastique : Font Reserve 2.5

par Matt Neuburg matt@tidbits.com

Cela fait maintenant plus de trois ans que j'ai vu pour la première fois Font Reserve en action. Depuis deux années que je l'utilise (depuis la version 1.0.1), je ne m'en suis pas défait un seul instant, et je ressens la même chose qu'alors : "Oui c'est comme ça que la gestion des polices de caractère devrait se faire sur Mac !" Font Reserve est un utilitaire qui engrange vos polices de caractère et les rend disponibles - qu'il s'agisse des originaux, de copies de ceux-ci ou d'alias - au système, permettant l'activation et la désactivation des différentes polices. FontReserve vous permet de créer des groupes de polices, de les classer par catégories, de visualiser la table des caractères et l'apparence de chaque police, de rechercher et d'éliminer les polices corrompues ou entrant en conflit avec d'autres ressources systèmes. En bref, FontReserve vous permet de gérer votre bibliothèque typographique à la manière d'une base de données, par l'intermédiaire d'une superbe interface dotée de fonctions de tri et de filtrage.

http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=04180

La toute dernière version de ce logiciel, Font Reserve 2.5.2, s'installe (comme toujours) en un tour de main et est un délice à utiliser. Bon nombre d'améliorations ont été apportées depuis sa création il y a trois ans ; j'en avais relevé quelques unes dans un article MailBIT à propos de la version 2.0, mais il y en a d'autres que j'avais omises ou qui étaient plus récentes. Dans cet article, je vais donc essayer de dresser un panorama le plus large possible.

http://db.tidbits.com/ getbits.acgi?tbart=05172

Ainsi fonte, fonte, fonte... -- L'activation des polices est devenue de plus en plus rapide avec chaque nouvelle version, mais vous pouvez aussi sacrifier la vitesse en échange d'une plus grande sécurité en utilisant la fonction qui active une copie de la fonte plutot que l'original, rendant alors les corruptions de fontes impossibles (c'était le seul mode d'activation dans la version 1.0.1). Le "caveau", l'endroit où Font Reserve entrepose les polices, était auparavant invisible et difficile à gérer ; c'est maintenant un dossier ordinaire, et vous pouvez facilement choisir parmi de multiples caveaux. Les conflits de polices sont gérés de manière plus intuitive et plus flexible : vous pouvez ouvrir deux polices qui entrent en conflit l'une avec l'autre, mais si vous en activez une, Font Reserve désactivera automatiquement l'autre. Vous pouvez imprimer des échantillons de polices ("type books" catalogues de fontes). Les polices peuvent êtres triées et activées selon leur nom de valise ou alors individuellement, par famille mais aussi regroupées dans des ensembles définis par l'utilisateur.Vous pouvez également trier vos polices en fonction de leur propriétaire, leur catégorie typographique (sans sérif, script, etc.), mais aussi, et c'est nouveau, par éditeur ou vendeur. Le pilotage de l'application via AppleScript été amélioré, et de nombreux exemples rendent le processus plus clair.

En plus des quarante polices de caractère Bitstream fournies gratuitement, cette version de Font Reserve inclut un cadeau spécial : une copie de l'extension système "Action WYSIWYG" de Power On Software. On m'a dit qu'elle était fournie pour faire taire les récriminations dues au fait que l'utilitaire de sélection de fontes, "Such-and-such" ne fonctionne pas avec Font Reserve. En tout cas, c'est un sacré cadeau. Cette extension permet au menu "Police" de vos applications d'afficher chaque police dans son caractère propre et vous permet de voir votre liste de polices classé hiérarchiquement, avec des sous menus déroulant vous permettant d'accéder aux différentes familles de chaque police. Vous n'avez donc plus à vous débattre avec des menus déroulants interminables qui débordent de votre écran. "Action WYSIWYG" est facilement configurable : pour les polices individuelles, vous pouvez activer ou non l'affichage en WYSIWIG (c'est à dire que chaque police est affichée dans son caractère) et en changer la couleur et la taille. Ces changements peuvent se faire à un niveau global ou simplement pour des applications particulières, vous pouvez changer l'ordre d'affichage et éventuellement cacher un nom de fonte. (Mais malheureusement, vous ne pouvez pas créer de pseudo-familles, en mettant par exemple toutes les polices à symboles dans un sous-menu spécial "Dingbats" ; c'était une des fonctions que j'aimais le plus dans TypeTamer, un autre utilitaire qui malheureusement ne fonctionne plus sur ma machine).

http://www.impossible.com/typeta mer/

Il reste néanmoins, je l'admets, des aspects de FontReserve que je déplore. Si Font Reserve rencontre un problème (par exemple, vous ajoutez une police de caractère qu'il détecte comme corrompue), il ne vous en avertit pas ; vous devez penser à regarder le rapport généré. La documentation, bien que globalement bien faite, est parfois peu explicite sur ce qui peut poser problème (par exemple, il annonce que les fontes orphelines sont "virtuellement inutilisables" alors que je les utilise en permanence). De la même façon, la fenêtre du rapport ("log") annonce par erreur, lorsque vous testez vos fontes Système qu'elles sont présentes en double. La fenêtre de prévisualisation continue à ne pas mémoriser les réglages ; elle oublie sa taille et sa position quand vous la fermez, et si vous fixez une taille de prévisualisation à 24 points, la prochaine fois que vous regarderez votre police de caractère, elle aura repris sa taille par défaut. Font Reserve ne sait toujours pas gérer les macro-commandes pilotant les touches de fonctions (FKEY) - alors que celles ci se présent sous la forme de petites valises similaires aux valises contenant les polices de caractère. Quand on essaie d'importer une valise FKEY, le logiciel refuse de le faire et les classe parmi les polices de caractère. Les FKEY sont pourtant tout ce qu'il y a de plus banal dans le monde du Macintosh.

DiamondSoft et moi ne sommes pas non plus d'accord sur l'étendue idéale des pouvoirs de Font Reserve. Je souhaiterais que Font Reserve vous laisse définir des familles. Diamond Soft pense que ça ne fait pas partie des obligations de Font Reserve. Par exemple, ça serait génial de pouvoir dire à Font Reserve que Mishawaka Bold est la version en gras de Mishawaka (NdT : bold en anglais veut dire gras, pour une police de caractère), afin de fusionner deux listes de polices en une ; mais c'est impossible. De la même manière, dites à Font Reserve que vous lui apportez la police Helvetica au format TrueType, et qu'ensuite vous apportez la police Helvetica en 9 points au format BitMap, tout ça parce que vous voudriez utiliser la police BitMap en 9 points et la police TrueType dans les autres tailles, pour une meilleure lisibilité à l'écran. Le Mac vous permet de le faire, en temps normal - seulement si la bitmap et la TrueType sont dans la même valise de police (ce qui les unit dans une même famille). Mais Font Reserve ne veut pas le faire pour vous, et ne veut pas non plus utiliser simultanément les versions bitmap et TrueType ; c'est à vous de les combiner d'abord dans une valise, et de fournir cette valise à Font Reserve. Cette lacune me laisse bouche bée : j'avais cru comprendre que Font Reserve se proposait de gérer mes valises de police à ma place et non pas me forcer à les gérer moi-même.

De plus, Font Reserve n'est pas équipé pour fouiller mes disques durs, chercher les polices et me dire où elles se trouvent et de quoi elles ont l'air sans les importer. Je continue à utiliser Font Gander pour cela.

http://www.semplicesoft.com/g ander.html

Ainsi, j'aimerais que Font Reserve soit un outil de gestion de polices plus complet, qui me permettrait idéalement de ne plus avoir à toucher un fichier de police dans le Finder. D'un autre côté, je n'ai pas connaissance d'un autre utilitaire de gestion de polices qui fasse tout ce que je veux.

La version que j'aime. Ceci étant, je n'ai encore rien dit du problème que Font Reserve 2.5 essaye réellement de résoudre. Ou plus exactement, du double problème. Et qui n'est pas nouveau : on le rencontre depuis les débuts du Mac.

Même les premières versions de Font Reserve aidaient à résoudre le premier problème : une base de données Font Reserve peut contenir des alias, donc les polices étaient fournies par un serveur central. Néanmoins, cela nécessite une configuration en réseau local et, de plus, deux utilisateurs ne peuvent pas partager la même base de données. Chacun doit avoir sa copie de la base de données, et ces copies doivent être maintenues à jour par chaque utilisateur. Pour contourner ce problème, DiamondSoft développe le Serveur Font Reserve qui tourne sur l'Internet. Des utilisateurs multiples peuvent alors partager une base de donnée Font Reserve à gestion centralisée.

La fonction d'auto-activation a été introduite avec la version 2. Par le biais d'une extension, elle détecte, lors de l'ouverture d'un document, les polices utilisées dans ce document et active temporairement ces polices si nécessaire. Vous n'avez donc plus besoin d'ouvrir le document pour y découvrir les problèmes de polices pour ensuite les résoudre manuellement. Vous n'avez pas non plus besoin de charger préalablement toutes les polices du monde. Avec certains logiciels, ça ne marche pas. Mais DiamondSoft a pu régler la question dans un certain nombre de cas. Par exemple, il y a une Xtension pour QuarkXPress, et depuis peu un module externe (plug-in) pour Adobe Illustrator. Associez cela avec le Serveur Font Reserve, et vous commencez à entrevoir une équipe travaillant avec des polices partagées, sans accroc ni opacité.

Mais même cette solution-là ne nous donne pas la clef de notre second problème. Si vous ne disposez pas d'une version de la fonte absolument identique à celle qu'utilise un document, vous ne vous rendrez peut-être compte de rien, mais le document risque d'être modifié de manière très désagréable. Tout vient du fait qu'un document garde uniquement la trace du nom des fontes qu'il utilise, ce qui n'est évidemment pas suffisant pour les identifier. Pour compenser cette lacune, DiamondSoft propose une nouvelle solution technique, Font Sense, qui permet de sauvegarder l'ensemble des informations concernant les fontes utilisées, y compris le numéro de la version de la fonte et son origine. Une activation automatique permet de détecter cette identification et de charger la fonte correspondante.

Pour l'heure, cependant, Font Sense n'est rien de plus qu'une bonne idée, parce que les logiciels devraient tous être réécrits afin de pouvoir l'utiliser. Les seules exceptions sont les logiciels dans lesquels DiamondSoft a déjà pris en charge la gestion des fontes : les Xtensions de QuarkXPress et le module externe d'Illustrator ne se contentent pas d'utiliser l'activation automatique, ils savent en fait stocker les informations de Font Sense lors de la sauvegarde.

Font Sense peut vous paraître d'un usage un peu byzantin si votre utilisation des fontes est simplement domestique, c'est à dire que vous créez quelques documents à des fins de visualisation ou d'impression. Mais emmenez donc un de vos documents chez votre imprimeur, et vous découvrirez vite à quel point la question des fontes et de leur version peut devenir un vrai cauchemar. Allez faire un tour dans le monde de l'édition et vous verrez vite l'utilité de Font Sense. Du temps ou je m'occupais de la publication d'une revue de programmation, il était fréquent qu'on gâche complètement un numéro parce que quelqu'un dans l'équipe avait rédigé un papier sur une machine dont le numéro de version de la fonte Garamond ne correspondait pas à la nôtre. On aurait donné cher pour avoir un logiciel comme Font Reserve Server et la Quark XTension qui sait utiliser Font Sense... En conclusion, même si je n'ai pas pu les tester personnellement, ces techniques m'ont l'air bien intéressantes.

Un coup de douze sonne l'avenir. -- Pour citer mon film préféré : "Nous nous intéressons tous à l'avenir, car c'est là où nous passerons le restant de nos jours." Que nous réserve l'avenir en matière de typographie sur ordinateur ? Dans l'immédiat, qu'il s'agisse de votre ordinateur, à usage personnel ou en travail d'équipe en réseau, votre avenir peut s'éclairer en un tour de main : dès maintenant, utilisez Font Reserve.

Mais comme j'ai indiqué dans mon banc d'essai de la version 1.0.1, les polices sont un des principaux casse-tête de la composition informatique de documents, même si elles sont aussi un des principaux attraits de l'informatique, notamment depuis l'introduction du Mac. Mais Apple a fait très peu pour de moderniser la gestion des polices. Nous avons eu droit à un dossier "Polices" pour remplacer Font/DA Mover : oh, quel progrès ! Entre temps, les ordinateurs sont devenus un outil majeur non seulement pour la PAO, mais pour la publication tout court. Et même à la maison, Internet a bel et bien révélé le problème, à travers l'impossibilité familière de garantir un affichage cohérent d'une pages Web, puisque vous ne contrôlez pas les polices du lecteur ; pour ma part, j'ai des dizaines de documents comportant des symboles grecs, des lettres devanagari et des symboles phonétiques que j'aimerais bien mettre sur le Web, mais je ne peux pas.

Apple, qui prépare une refonte révolutionnaire de son système d'opération, peut jouer un grand rôle dans ce domaine. En effet, le système de polices évolue afin de permettre la gestion de systèmes d'écriture à double octet et le traitement des problèmes de la mise en page des polices sur plates-formes différentes ; et la technologie FontSync (camparable à Font Sense) a été intégré à MacOS 9, témoignant ainsi d'une prise de conscience tardive de la part d'Apple que l'identification rigoreuse des polices est cruciale pour ses consommateurs.

http://developer.apple.com/techpubs/macos8/TextIntlSvcs/FontSync/fontsync.html

Mais rien de tout ceci ne vous garantit que la bonne police de caractère sera disponible et activée lors de l'ouverture d'un document. De plus, pour l'instant aucune solution prend la direction qui me semble être l'unique viable : à l'avenir, la gestion des polices utilisées dans un document doit se faire non plus au niveau de l'utilisateur individuel mais au niveau du réseau global, par le biais d'un caveau commun de polices de caractère. DiamondSoft fait un grand pas dans cette direction avec Font Reserve, Font Sense et Font Reserve Server. Apple serait bien inspiré de s'associer à eux et de faire évoluer la gestion des polices dans le XXIe siècle.

Font Reserve coûte 90 US$ pour la version téléchargeable (120 US$ pour le CD avec une documentation imprimée ; 30 US$ pour la mise à jour depuis une version antérieure (40 US$ pour une mise à jour sur CD avec documentation imprimée). Font Reserve nécessite au minimum le Système 7.5, environ 6 Mo de RAM et 10 Mo d'espace disque dur pour une installation normale. Vous pouvez aussi télécharger gratuitement une version de démonstration, non limitée dans le temps, mais ne comportant pas toutes les fonctions.

http://www.diamondsoft.com/Demo/FRDemoGet.html


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